Comme je vous l’avais mentionné plusieurs fois lors de la mise en place du taux plancher, la stratégie de la BNS est risquée. Je vous avais annoncé l’abandon du taux plancher avec l’euro le jour de sa mise en place par la BNS. Il a fallu 3 ans et demi pour qu’il saute devant la force du marché.

Les banques centrales, dont la BNS, n’ont pas, malgré ce que certains pensent, tout pouvoir.

La période de défiance vis à vis de leurs politiques commence.

Pour revenir à la BNS, c’est la première fois depuis……15 ans que la banque centrale procède à une hausse de taux (à -0,75% on pouvait peut-être s’y attendre).

Désormais, ce sera seulement -0,25% de ponction sur le cash. Les caisses de pensions respirent de ce côté là, mais on continue de perdre de l’argent sur le cash des retraites, etc.

Comme je l’avais aussi mentionné, ce n’est pas la taux d’intérêt à court terme qui est le plus important mais c’est le taux réel ! (adapté de l’inflation). Par « chance » la Suisse subit une inflation moindre par rapport aux autres pays. Cet état de fait est dû uniquement à la force du Franc Suisse.

Ce qui fait de la Suisse un des pays le moins impacté par l’inflation actuelle avec des taux réels de -3,2%.

Qu’en est-il de l’exposition de la BNS aux marchés financiers et l’impact de la dernière hausse de taux inattendue de la part de la BNS ?

La première réaction est apparue sur les devises (ô surprise !). Le Franc Suisse s’est renforcé contre toutes les devises du monde. Ce mouvement ne fait, bien évidemment, pas l’affaire de la BNS.

Pour rappel le bilan de la BNS est d’environ 135% du PIB (seul le Japon fait mieux avec 137%)

Imaginez l’effet sur ce ratio si le PIB se contracte comme durant la période 2014-2016.

Concernant les investissement de la BNS, pour le premier trimestre le résultat est de -6,2% https://www.snb.ch/en/iabout/assets/id/assets_perform

Pour mémoire, la BNS affiche une exposition aux marchés comme suit :

Avec un bilan à fin avril de 1’066 milliards de CHF dont 955 Milliards en devises étrangères (38% en Euro et 37% en USD), l’exposition aux devises étrangères est grande. Pour information, les obligations détenues ont une duration de 4,5 ans environ, ce qui leur donne une faiblesse à des hausses de taux.

Concernant les actions, l’exposition est de 25% de la taille du bilan, ce qui revient à 266 milliards de CHF

Sachant que les marchés chutent entre 15 et 30% depuis le début de l’année, on verra les dégâts à la publications des résultats pour le premier semestre.

Il se peut que la BNS doivent vendre des milliards d’actions : https://www.zerohedge.com/markets/shock-decision-snb-hikes-rates-first-time-15-years-warns-it-may-sells-billions-stocks

On se réjouit (pas vraiment en fait) de connaître la performance à fin juin sachant qu’à ce jour les portefeuilles moyennement exposés (60/40 ou 60/30/10) affichent des résultats aux alentours de -18% en USD (ce qui sera probablement plus bas pour des portefeuilles en CHF)

Les dernières décisions de hausses de taux dans le monde ont été prises afin de contrer l’inflation, alors que nous sommes plutôt en stagflation.

Ce que je constate c’est que désormais les chiffres de croissances ne sont pas si bons et que les taux (à 10 ans notamment) on tendance à refluer depuis le 16 juin, date de l’annonce de la BNS.

Une récession à venir ? L’avenir nous le dira

Je vous rassure nous sommes encore et toujours dans un environnement de taux historiquement bas

Happy Investing

9 Responses

  1. les banques centrales font fausses route, pilotée par des dynosaures. Qui, dans leur jeunesse, en 1972, ont appris que la hausse des taux faisait baisser l’inflation. GRAVE ERREUR.

    C’est vrai lorsque c’est l’excès de demande qui provoque la hausse des prix (comme le fut, en 1972 la hausse des prix dans l’immobilier de crainte que son épargne soit bouffée par l’inflation). C’est d’ailleurs une étape par laquelle nous allons passer prochainement.

    Mais c’est faut lorsque c’est l’insuffisance d’offre qui provoque la hausse de prix comme c’est le cas actuellement. On le voit avec le rallongement des délais de livraison. Dans ce cas, c’est l’insuffisance de l’offre qui provoque la hausse des prix.

    Et de n’est surtout pas en haussant le loyer de l’argent, qui va se répercuter sur les coûts de production et modérer la demande que se trouve la solution.

    A la retraite toutes ces momies de la finance !

  2. Si vous prenez les banquiers centraux pour des momies attendez de voir la suite !
    Le système capitaliste est à bout de souffle il a besoin d’un effondrement (une bonne guerre) pour se relancer ! Les banquiers centraux sont juste là pour actualiser les besoins du capital ! Ils ne sont ni incompétents ni dépassés ils sont juste là pour actualiser les besoins du capital jusqu’à l’effondrement ! Et cela dure depuis longtemps reconstruction crise guerre reconstruction crise guerre !!!

  3. Au cours spot 1 EURO = 1 CHF

    Plus de supputations, on est dans le concret et le dur.

    Cela risque d’être le nouveau ‘cours plancher’ (non officiel) de référence de la BNS. La BNS, qui aura probablement tout essayé, n’est plus un bouclier mais déjà une passoire. Je peux comprendre qu’elle ‘laisse tomber’ l’EURO pour plutôt acheter de l’USD pour compenser de futures pertes dans le ‘panier devises’ du bilan à venir.

    L’EUR devient incontrôlable. Saviez-vous que l’inflation est déjà actuellement à 22% en Estonie ? Et pourtant leur monnaie est l’EURO. Donc cette devise n’est pas un rempart contre l’inflation, donc pourquoi le CHF le serait-il ? Parce que notre pays est moins endetté et pourrait mieux encaisser une plus forte hausse des taux pour combattre l’inflation avec plus de vigueur que la moyenne en Europe déjà très endettée.

    En tant qu’entrepreneur en Suisse dont les clients proviennent à 95% de l’étranger, ne me demandez pas quel est mon niveau d’optimisme pour les 6 prochains mois voire plus.

    «Mieux vaut prendre le changement par la main, plutôt que d’attendre qu’il vous prenne à la gorge.» (W. Churchill)

    Plus facile à dire qu’à faire,

  4. OK, soyons plus terre à terre que Churchill :

    « Dans la mentalité chinoise, une crise est toujours une opportunité. Le mot chinois pour crise est constitué de deux caractères : l’un signifie le danger, l’autre l’opportunité ».

    Plus facile à dire qu’à faire mais plus inspirant.

  5. Le plus mauvais à venir ne se trouvent pas dans ses propos et c’est exprès (je ne parle pas du changement climatique qui est largement au-dessus même d’un hypothétique conflit nucléaire).

    Quand au covid il a bon dos, si Madame parle des 2 variants actuels, il n’a jamais tué aussi peu de personnes et c’est tant mieux. Surtout qu’en automne il y aura une campagne de rappel adapté à l’omicron.

    Même dans nos démocraties, leur rôle premier est de maintenir coûte que coûte le système, pas de dire la vérité aux administrés.

    Je veux parler des futures tournures ‘désagréables’ que va prendre dans nos contrées la guerre des dictateurs (et encore ils ne se sont pas encore tous réunis dans leur syndicat du crime) envers l’Occident. Et naturellement pas que l’énergie. Je pense que c’est mieux de préparer à l’avance la population et l’économie de changements importants parce qu’en haut lieu ils savent déjà ce qu’il va se passer mais le garde pour eux.

    Mais ce n’est que mon avis personnel,

    «La dictature c’est ferme ta gueule, et la démocratie c’est cause toujours.» (Coluche)

  6. Je l’avais déjà mentionné (neutralité) il y a 2 mois à la louche ici (je ne sais plus sur quel sujet de @Crottaz), ce n’est pas un article connexe :

    12h35 : Le conflit en Ukraine érode la légendaire neutralité suisse

    https://www.20minutes.fr/monde/3325671-20220714-guerre-ukraine-direct-defile-14-juillet-place-sous-signe-guerre-portes-europe

    Défense – Sondage complémentaire « Sécurité 2022 » : perception plus critique de la neutralité, pessimisme accru et popularité de l’armée à la hausse en lien avec la guerre en Ukraine

    https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-89703.html

    On y vient gentiment, et ce n’est pas terminé.

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