Notre noble Banque Nationale Suisse annonce ce matin une perte pour le premier semestre de 95,2 Milliards de CHF.

Comme dirait le capitaine Haddock : « Mille milliards de mille sabords »

Comment Ecrire Mille milliards de mille sabords ?

Mille milliards de mille = 1 000 x 1 000 000 000 x 1 000 = 1 000 000 000 000 000, le sabord étant une ouverture quadrangulaire pratiquée dans la muraille d’un navire, et servant soit de passage à la volée des pièces (armes ou rames), soit de prise d’air pour les chambres et les batteries.

Revenons à notre mouton

le lien du communiqué : https://www.snb.ch/fr/mmr/reference/pre_20220729/source/pre_20220729.fr.pdf

Ce sont donc 95’000 millions de CHF de perte comptable. cela représente (si on estime la population suisse à 8,5 millions d’âmes) 11’200.- CHF par habitant.

Les pertes ont été subies sur les changes (10,3 milliards), les marchés actions(44 milliards) et obligataires (48,7 milliards). Heureusement, la BNS a beaucoup d’or (je plaisante) pour contrebalancer ses pertes avec un apport doré de 2,4 milliards.

Un peu plus choquant, c’est la diminution de 50% des fonds propres. La moitié des fonds propres est partie en fumée.

Et le bilan a fondu à moins de 1’000 millards de CHF.

Cela signifie que la BNS possède environ 400 milliards d’euros (env.40% du bilan) ce qui finalement n’est plus trop grand chose par rapport à la masse monétaire M2 européenne (5,3%) mais quand même….

source : https://tradingeconomics.com/euro-area/money-supply-m2

je ne sais toujours pas comment cela va finir.

Un avantage du CHF fort, c’est que l’inflation nous impacte moins que chez nos voisins, mais pour combien de temps le CHF restera-t-il fort ?

Une petite théorie de mon esprit tordu mais sincère.

Imaginez que vous êtes un énorme Hedge Funds et que vous jouer une partie de poker avec (ou contre) la BNS.

La BNS vous montre ses cartes !

Sachant qu’un beau jour la BNS devra se séparer des USD et des EUR, vous continuer de faire monter le CHF (ou chuter les monnaies EUR et USD, de toute façon le marché s’en charge avec vous car l’endettement de ces pays est beaucoup plus élevé que celui de la Suisse) et dans le futur vous engrangerez un gain en rachetant les devises EUR et USD bien plus bas. Et c’est quand la BNS se sera séparée de ces devises que le CHF s’affaiblira.

Ou alors c’est une volonté de le BNS de faire entrer la Suisse dans l’EUR car il se peut qu’un jour elle ne puisse plus faire autrement.

Mundus Vult Decipi

Happy Deceiving

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7 Responses

  1. les journalistes devront changer de vocabulaire : ne plus parler de réserves de change mais de placements risqués en devises étrangères.
    … et les cantons devront changer leurs attentes : ne plus se réjouir d’un versement mais envisager une recapitalisation de la BNS

  2. @Frank Babacool : +1, bien vu

    Et vous auriez pu également rajouter que les impôts vont augmenter en 2024 (ou en 2023 après publication du bilan tout aussi désastreux du S2 2022 de la BNS) parce que la Confédération et les cantons devront laisser filer leurs endettements respectifs, et que le chômage va commencer à prendre l’ascenseur fin T1 2023 et que d’ici la fin 2022 le L d’essence sera proche des 3 Francs (et toujours pas de subventions ‘énergie’ disponibles de Berne pour soulager la population parce qu’une majorité de nos politiciens Suisses allemands protestants disent ‘NEIN, toujours en train de pleurer et de réclamer des sous ces Romands’), et pour finir en Suisse il faudra envisager de sortir de sa zone de confort (au sens propre comme figuré), nos autorités nous vendront cela comme une ‘adaptation plutôt positive mais nécessaire’ (à prononcer en français mais avec un fort accent Suisse allemand) mais dans les faits ce ne seront que des contraintes supplémentaires (du genre du plan de ‘sobriété énergétique’ pondu par Mr Macron à l’adresse de la population en France, une terminologie des plus douces et gentilles pour éviter la gronde ou le chaos).

  3. L’essentiel de l’inflation en europe est du à l’augmentation du cout de l’énergie du en grande partie par le choix plus que discutable de merckel à des fins purement électoralistes de stopper le nucléaire en Allemagne. Jetés dans les bras de la Russie pour le gaz , l’Allemagne voit le cout de sa production augmentait de plus de 30%.Les mêmes crétins écologistes ayant sévi aussi en France, le savoir faire français dans le nucléaire s’est petit à petit délité. La Suisse, grâce à l’énergie hydrolique,(entre autre) souffre d’autant moins de l’inflation que sa monnaie progresse. Est ce que la BNS peut lutter contre l’augmentation du Franc Suisse ? POurquoi pas ? Elle fournit du franc suisse contre de l’euro et du dollar. Son bilan ? A qui cela importe vraiment ? Si les suisses allemands sont aussi visionnaires que les allemands avec leur dogme totalement mercantiliste qui ne pouvait exister qu’aux conditions :1) guerre interdite 2) mondialisation heureuse et perpétuelle 3) on lèche les bottes des américains et des chinois pour leur marché, des russes pour leur énergie et on contrôle autant que possible les vélléités d’autonomie européenne en bloquant tout effort militaire commun et en soutenant non seulement les disparités fiscales outrancières (IS Irlandais, luxembourgeois et néerlandais) , la main mise des GAFA et en évitant la création de géants européens. Bien sûr, tout cela est largement facilité par l’incompétence des gouvernements français successifs, désireux de distribuer des subsides à crédit plutôt que de remettre le pays sur le droit chemin. Au risque de vous choquer encore, je ne suis plus vraiment sûr que la suisse est encore quelque chose à gagner à rester « neutre » plutôt que d’essayer de faire valoir ses droits au niveau européen. Les monnaies sont des conventions politiques et l’euro, avec ses défauts, reste une monnaie jeune qui représente déjà 30% des échanges mondiaux. Pour ma part, je préfère que la suisse reste hors union car cela me permet de vous refiler mes euros……

  4. Commentaire indirectement non connexe :

    « 14h58 : Moscou refuse que l’Ukraine soit représentée en Russie par la Suisse
    La Russie a annoncé avoir refusé que la Suisse représente diplomatiquement Kiev sur le territoire russe, estimant que Berne avait « perdu son statut neutre » en sanctionnant Moscou pour son offensive militaire contre l’Ukraine.

    Le porte-parole de la diplomatie russe, Ivan Netchaïev, a confirmé que la Suisse avait demandé l’aval de Moscou pour y représenter les intérêts ukrainiens. »

    https://www.20minutes.fr/monde/3336331-20220811-guerre-ukraine-direct-reunion-aujourdhui-conseil-securite-centrale-zaporojie

    Remarque: pourquoi faut-il que je tombe sur de la presse étrangère pour apprendre cet évènement somme tout important de politique étrangère suisse (rien par exemple sur le fil news de google version presse ‘CH’) ?

    J’avais déjà dans un précédent article mentionné que rien n’est éternel, même la posture de neutralité de la Suisse et surtout son maintien.

    @Crottaz : ‘Ou alors c’est une volonté de le BNS de faire entrer la Suisse dans l’EUR car il se peut qu’un jour elle ne puisse plus faire autrement.’

    Cela peut être non un évènement précis (votre exemple, d’ordre économique) mais une somme d’évènements (CHF trop valorisé mettant à mal l’économie CH + reprise des sanctions US / UE, remise en cause du pilier de la politique étrangère par une puissance membre du conseil de sécurité + problème d’approvisionnement énergétique l’hiver prochain + … ) qui fera bouger (évoluer) les lignes, sous-entendu clairement choisir son camp.

    Le temps de se rendre compte que le temps de la neutralité ne le sera plus (selon le plan mis en place au 19° siècle par des familles riches en Suisse allemande, profitons de la neutralité pour être encore plus riches d’une autre manière puisque nous n’aurons jamais accès à nos propres colonies et avoir le monopole de
    leurs richesses).

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