Une dépression déflationniste semble inévitable

Billet invité Monsieur U.

Les pays du G10 nagent dans un océan de dettes. Une grande partie de ces dettes ne seront jamais remboursées. Une dépression déflationniste me paraît donc inévitable dans de nombreux pays.
Pour avoir une vue d’ensemble de l’endettement des pays du G10
À noter, la position peu envieuse de la Suisse dans ce classement des pays les plus endettés par rapport à leur PIB. Bien que les dettes existantes de son secteur public ne représentent que 40% de son PIB, le secteur bancaire (avec notamment les deux Frankensteins que sont l’UBS et le CS) ainsi que le très important endettement des ménages (hypothèques principalement) font que le pays a une dette totale de près de quatre fois son PIB.
Comment de nombreux analystes et économistes peuvent-ils encore pronostiquer de la croissance économique dans le futur ? Des années de récession pour nettoyer le système de toutes ces dettes me paraissent malheureusement inévitables…
Pourquoi, dans un premier temps en tout cas, faut-il craindre la déflation plutôt que l’inflation ou l’hyperinflation (des prix) malgré l’ahurissante quantité de “monnaie” qui a été créée par les banques centrales ?
Avez-vous entendu parler de Farinet, Joseph-Samuel de son prénom (1845-1880) ?
C’était un faux-monnayeur qui sévissait en Valais et qui a été condamné à la prison pour avoir fabriqué de fausses pièces de 20 centimes (près de 2 francs de valeur actuelle). Pour moi, les banquiers centraux actuels sont aussi, en quelque sorte, de faux-monnayeurs; mais eux, ils ne risqueront jamais la prison. En effet, dans les régimes de monnaies fiduciaires que nous connaissons depuis des décennies, ils oeuvrent en toute légalité et avec la bénédiction de la plupart des politiciens.
Avant que la crise actuelle ne commence, le plus grand créateur de monnaie a été le système bancaire (par le mécanisme du crédit). Les banques étant en pleine crise (au bord de la faillite), ce sont les banques centrales qui ont pris le relais. Que vous jetiez un oeil sur les chiffres de la banque centrale américaine, japonaise, européenne, anglaise ou suisse, partout vous pourrez remarquer un gonflement ahurissant de leur bilan respectif dû à une création de “monnaie” à partir de rien.
Ces milliers de milliards créés ne signifient-ils pas un retour prochain de l’inflation (une hausse importante des prix) voire de l’hyperinflation (une hausse phénoménale des prix) comme s’en inquiètent la plupart des commentateurs qui s’expriment sur le sujet ? En effet, ces excès de moyens monétaires par rapport à l’offre de biens et services devraient avoir pour conséquence une hausse des prix (et donc une perte de pouvoir d’achat des monnaies).
Je crois que ces analyses oublient de mentionner quelque chose d’important. Si les banques centrales peuvent créer pratiquement autant de moyens monétaires qu’elles le veulent, elles ne maîtrisent pas leur utilisation. Donc, l’analyse de ce problème ne doit pas s’arrêter à la quantité de monnaie en circulation mais tenir compte de sa circulation effective dans l’économie, ce que les gens en font. Là intervient la notion de vitesse de circulation de cette monnaie, ou de vélocité (velocity en anglais).
Je vais prendre un petit exemple un peu absurde pour illustrer cela. Si M. Philipp Hildebrand, président de la BNS (Banque Nationale Suisse), un grand copain à vous, vous fait livrer par camion cent milliards de francs en billets de mille fraîchement imprimés, et que vous décidiez de les stocker dans votre cave sans dépenser un seul de ces billets, quel en serait le résultat ? Quantité de nouvelle “monnaie” créée (à partir de rien) : cent milliards de francs. Vitesse de circulation de ces cent milliards : zéro !
Je vais maintenant prendre un exemple bien réel, celui des Etats-Unis, illustré par quelques graphiques  :
La banque centrale américaine, la Fed, s’est engagée dans un vaste plan de soutien au système financier et à l’Etat fédéral en faisant tourner “sa planche à billets” électronique. Elle a fabriqué une énorme quantité de “monnaie” (à partir de rien) et son bilan a explosé.

Cette nouvelle “monnaie” apparaît dans les mesures de masse monétaire comme M1 ou M2 dont la progression s’est accélérée ces dernières années.

Où est allé toute cette “monnaie” ?
Les premiers bénéficiaires ont été les banques. Politiciens et banquiers ont une relation particulière et s’entre-aident depuis des décennies sur le dos du reste de la population; les uns ont le privilège de pouvoir créer de la “monnaie” à partir de rien par un simple jeu d’écritures comptables, les autres leurs ont accordé ce privilège car ils peuvent payer une partie de leurs promesses électorales avec cette “monnaie”. Qu’ont fait les banques de toute cette “monnaie” ? Pas de nouveaux crédits, car après avoir pris des “bouillions” par leurs propres fautes (à force d’avoir trop prêté), elles sont devenues très conservatrices. D’ailleurs, la demande de nouveaux crédits de la part du secteur privé est quasi inexistante; le système est saturé de dettes et les entreprises n’ont guère envie d’investir pour développer leurs capacités dans le climat actuel. Les banques ont principalement fait deux choses : placer des sommes énormes auprès de la banque centrale
et prêter d’autres sommes énormes à l’Etat fédéral.
Laisser son argent moisir sur un compte de la banque centrale, c’est comme le mettre dans sa cave. Aucun impact sur les prix (et l’activité économique). Donc une grosse partie des milliards créés n’ont eu aucune influence inflationniste.
L’Etat fédéral a été l’autre principal bénéficiaire. Une grande partie de l’argent créé (à partir de rien) par la banque centrale a en effet servi à financer ses dépenses en très forte augmentation (politique keynésienne de soutien et d’intervention tout azimut qui a connu une accélération sous l’ère Bush junior et encore plus sous l’ère Obama), ceci soit directement, soit indirectement. En effet, d’une part la banque centrale a financé directement l’Etat par monétisation de ses dettes et d’autre part, les banques, comme j’en ai parlé au paragraphe précédent, ont dirigé une partie de cet argent créé au financement de l’Etat. Et qu’a fait l’Etat de tout cet argent ? Toutes sortes de dépenses dont la productivité totale doit être proche de zéro (et peut-être même négative). À part certains investissements qui seront productifs  un jour (infrastructures par exemple), le gros des dépenses va à l’assistanat de plus en plus généralisé, aux fonctionnaires de plus en plus nombreux (dont la productivité globale est certainement négative) et à l’armée (la plus grande armée du monde installée dans une centaine de pays, qui se bat sur plusieurs fronts et qui est destructeur de richesses). L’argent dépensé par le gouvernement entre bien dans le système économique et a donc une certaine influence. Une influence principalement sur les biens de première nécessité comme la nourriture, l’énergie et la santé, dont les prix augmentent généralement d’année en année. Mais pour le reste, l’effet me semble marginal.
Toute cette “monnaie” créée (à partir de rien, je le répète une nouvelle fois, chose qui n’est possible que dans le système de monnaie fiduciaire que nous connaissons), a donc une certaine influence sur certains prix. Pourquoi n’a-t-elle pas d’influence sur tous les prix et donc provoquer une inflation galopante ? À cause du niveau exorbitant de dettes accumulées ces dernières décennies, dettes qui étouffent par leur poids (le service de ces dettes, soit le paiement des intérêts et du principal) de plus en plus de particuliers, d’entreprises et même de collectivités publiques. Cela a un effet dépressionniste et déflationniste qui s’oppose à l’effet inflationniste de la création de nouvelle “monnaie”. Nous assistons donc à un combat titanesque entre inflation et déflation. D’un côté les Etats et leurs banques centrales qui dépensent et créent de la “monnaie”, dans des proportions gigantesques, et de l’autre principalement le secteur privé qui a accumulé tellement de dettes qu’il ne peut plus les supporter, et, par le biais des faillites qui se multiplient, provoque une destruction de “monnaie”. D’un côté, on crée de la “monnaie” pour soutenir un système condamné à la faillite (en réalité, on ne fait que d’acheter du temps à crédit), de l’autre, on en détruit ou on refuse de l’utiliser (on dépense moins, on épargne plus). Résultat : on n’utilise plus autant la “monnaie” et sa vitesse de circulation diminue.
Cela a pour effet d’annuler tout ou partie, selon le moment, les effets inflationnistes que cette “monnaie” nouvellement créée pourrait ou devrait avoir.
Dans le texte, j’ai mis le terme “monnaie” entre guillemets car pour moi, la “monnaie” qui a cours légal dans le régime actuel n’est en réalité que de la fausse monnaie. On peut en fabriquer à partir de rien. Elle perd de sa valeur continuellement (sauf durant de rares périodes de déflation). Bien que la valeur ce cette “monnaie” ne repose sur rien, les gens l’utilisent parce qu’ils peuvent l’échanger contre des biens ou services. Un jour, cela risque de changer et les gens perdront totalement confiance si l’on n’entreprend pas une réforme monétaire radicale.
Cette crise, son ampleur et tous les excès qui lui sont associés (déficits, niveau des dettes, développement phénoménale du système financier, importance de la spéculation, déviances malhonnêtes de toutes sortes), n’ont été possibles à ce degré que parce que notre “monnaie fiduciaire” n’est pas une monnaie honnête. J’espère sincèrement que l’on retournera rapidement à une monnaie honnête, comme celle que l’on a connue durant la période de l’étalon-or, seul frein à tous ces excès. Si ce n’est pas le cas, on risque le chaos et peut-être même la fin de la civilisation occidentale…
Bonne chance et joyeuses fêtes !
Monsieur U.
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61 réflexions au sujet de « Une dépression déflationniste semble inévitable »

  • 23 décembre 2011 à 16 h 38 min
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    Bravo et merci pour ce long billet. Une dépression inflationniste veut-elle dire que l’épargne, l’argent posé sagement sur un compte bancaire, va prendre de la valeur ou en perdre?

  • 23 décembre 2011 à 16 h 45 min
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    Merci pour votre analyse, c’est un raisonnement que je cherchais et que je n’avais pas encore trouvé. En effet, je reste dubitative devant les gens qui disent qu’il faut continuer à s’endetter (je pense par exemple à l’achat immobilier) avec des montants exhorbitants et qu’ils vont s’annuler tous seuls, par le mécanisme de l’inflation. Je n’arrivais pas à comprendre aussi ceux qui disent que l’on vit une inflation par la création de monnaie de la BNS. En effet, ce que l’on voit depuis 6 mois est une déflation (baisse des prix dans les magasins, baisse de salaires dans certains secteurs (banque)). Donc où est effectivement cette inflation ?

    Olivier, pourquoi tout le monde craint l’inflation ? J’avoue ne pas avoir fait d’études en économie, mais je me dis que si les prix baissent dans certains secteurs (je reviens à mon exemple de l’immobilier), ou pour différents articles, ce sera bien pour le consommateur car les salaires ne vont pas augmenter.

    Merci de prendre le temps de nous poster tous ces articles.

  • 23 décembre 2011 à 16 h 46 min
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    Erreur dans mon post précédent: je voulais dire: pourquoi tout le monde craint la déflation ?

  • 23 décembre 2011 à 16 h 58 min
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    Joyeux Noël

  • 23 décembre 2011 à 17 h 25 min
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    C’est une jolie analyse logique,mais la réalité me semble plus confuse!Bonne fête de Noël.

  • 23 décembre 2011 à 17 h 41 min
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    Le diagnostic est correct, mais l’argumentation en partie erronée:

    – la monnaie n’est pas créée par les banques centrales (et jamais par elles seules), mais par les banques commerciales, lorsqu’elles attribuent des crédits, que ce soit aux privés ou aux collectivités publiques (Hartley Withers: “loans make deposits” = les crédits font les dépôts);

    – ce n’est pas la “masse monétaire” qui compte, mais la quantité totale de crédit (l’auteur le reconnaît implicitement lorsqu’il écrit que les faillites détruisent de la “monnaie”: ce n’est pas de la monnaie qu’elles détruisent, mais des **avoirs**, qui correspondent toujours à des **dettes** (actifs = passifs);

    – la banque centrale ne crée rien du tout, elle escompte des titres d’emprunt déjà existants (normalement de bonne qualité, sauf en période de crise comme aujourd’hui dans l’eurozone ou en 2008 aux USA);

    – la conclusion est la même: la banque centrale, à elle seule, est totalement impuissante.

    J’invite vivement l’auteur à lire l’article suivant:

    http://debitisme.blogspot.com/p/le-ba-ba-de-leconomie.html

    P.S.: le haut niveau d’endettement pour la CH est en partie trompeur, car une bonne partie de cette dette est est due par des privés fortunés pour des questions d’optimisation fiscale (cela dit, on observe un début de bulle immobilière).

    @ Miller

    C’est donc bien dépression DÉflationniste. Lapsus hautement révélateur: à force de toujours parler d’inflation partout…

    @ Kate

    Votre question initiale était beaucoup plus pertinente: pourquoi “tout le monde” craint l’inflation et achète de l’or (cf. son prix, qui s’est multiplié par 6 en même pas 10 ans)? Parce que “tout le monde” n’a pas compris comment le système fonctionne, ce qui n’est guère étonnant quand ceux-là même qui sont censés enseigner la matière ne l’ont pas compris non plus.

    Si les prix baissent (et c’est indiscutablement le cas en CH présentement), c’est bon pour les consommateurs, mais catastrophique pour les producteurs endettés.

  • 23 décembre 2011 à 18 h 21 min
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    Monsieur U, bravo pour votre article. Juste une question qui m’épate c’est le premier graphique. La source vient de Morgan Stanley et sur le site d’une université américaine qui ne précise en rien comment ce graphique a été calculé. C’est plutôt gênant.

  • 23 décembre 2011 à 18 h 51 min
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    @ Larry

    Merci pour ces précisions

    Je soutiens que l’on est plutôt en stabilité qu’en déflation. Voir:

    http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/05/02.html

    L’avenir?
    Personne ne peut le dire (ce serait trop facile)
    Mais selon moi, un mix de déflation (tous produits et services non indispensables) et d’inflation (tous ce qui est indispensable)
    La preuve dans quelques mois ou années

    La grande question à laquelle Monsieur U. ne répond pas et qui est la SEULE vraiment importante (je le cite):
    “Des années de récession pour nettoyer le système de toutes ces dettes…”

    Quel va être ce “nettoyage”?

    Je trouve un peu facile de nous bombarder de notions très intéressantes, mais de passer comme chat sur braise sur le “nettoyage”

    Quand vous avez provoqué une immense “coulée de boue” (c-à-d de la dette à profusion) qui a submergé tout le village “finance” de la planète, le nettoyage qui devra suivre est bien la démarche-clé dans la continuation de l’activité humaine

    Et ce nettoyage-là, personne ne l’a encore défini, ni même évoqué (si justement, Monsieur U. l’a évoqué: un bon point pour lui)

    Au contraire, on continue de développer le crédit avec:
    -Des taux très bas
    -Des montages financiers toujours plus sophistiqués (QE, FESF etc.) qui ne font que remuer, voire multiplier cette boue de dettes d’un endroit à l’autre, mais toujours dans ce village Finance

    Où évacuer la boue?
    Comment l’évacuer?
    Par qui ?
    Selon quel procédure?

    Je te le dis: Dans la mouise on est, dans la mouise on va encore être un moment

    Comme dans les inondations, la boue qui s’installe dégrade les fondations et freine tous les processus (déflation), mais en même temps sollicite beaucoup de monde pour juste maintenir les principales fonctions (inflation dans certains domaines)

    Productivité en forte baisse, les efforts étant portés sur le sauve-qui-peut

    Et ces boues toxiques ressemblent à des déchets radioactifs: du déni, personne ne veut se salir à y toucher

    Et que le premier qui me dit qu’il faudrait “une bonne guerre” pour relancer la machine soit envoyé au front avec ses fils et paye de sa personne en première ligne

    Les ressources pour bien passer le cap?
    -Le maximum d’autarcie énergétique, alimentaire, aquifère, industrielle etc.
    -Une défense militaire et civile crédible (avec le système actuel, ce n’est pas gagné)
    -Une police, une justice et des politiciens intègres
    -Un système de formation efficace

    Une chose me paraît sûre: on n’est même pas au début du commencement des bouleversements considérables que la situation induite depuis des décades a provoqué

    Il manque pour l’instant un ou deux vrais capitaines genre De Gaule ou Churchill (ce n’est pas que je les apprécie, mais en temps de crise, il faut des visionnaires et qui ont des burnes)

    Les placements financiers dans tout cela: le jonglage habituel entre les infos et les rumeurs, le long – le court, le put – le call, juste dans un contexte en évolution pour ne pas dire en révolution (cf. probables Arrêtés fédéraux urgents en Suisse et Décrets présidentiels ailleurs)

    Bonnes Fêtes

  • 23 décembre 2011 à 19 h 23 min
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    @Olivier
    Merci pour ce billet passionnant à qui veut tenter d’y comprendre un p’tit bout
    @Larry
    pouvez-vous svp commenter le cas japonais, exemple type d’économie déflationniste sur une longue période…avec une monnaie très recherchée actuellement.
    quel peut être l’apport positif de la déflation une fois acté la perte de valeur des avoirs boursiers?
    une nouvelle forme d’équilibre et de juste valeur reprend place, non?

  • 23 décembre 2011 à 19 h 42 min
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    @ Larry

    Merci pour vos remarques.

    J’aurais sans doute dû préciser ce que j’entendais par monnaie et m’en excuse. Je parle de monnaie au sens large; cela va de la pièce de monnaie ou du billet de banque jusqu’au solde de votre compte bancaire (qui lui peut provenir d’un crédit que la banque vous aurait accordé).

    Les banques centrales créent de la monnaie. Quand la Fed achète (monétise) des obligations du Trésor US, elle crée de la monnaie. Selon les chiffres au 21 décembre dernier, la Fed détient pour un peu plus de 2’628 milliards de dollars de dettes du Trésor US. Elle a acheté cela avec de l’argent qu’elle a créé à partir de rien.

    Les banques commerciales créent elles aussi de la monnaie par le mécanisme du crédit. Je l’ai bien mentionné dans mon texte. Cela a d’ailleurs constitué la plus grande source de création monétaire de ces dernières décennies. Le rôle des banques centrales a été principalement de facilité ce processus. Mais maintenant que les banques commerciales ne veulent plus prêter, les efforts des banques centrales dans ce domaine n’ont aucun effet. Elles sont impuissantes comme vous le faites justement remarquer.

    Oui, vous avez raison, c’est le niveau d’endettement qui compte. Tellement de choses ont été financées à crédit ces dernières décennies. Mais les dettes ont un coût, il faut les servir, soit payer les intérêts et le principal. De moins en moins de débiteurs le peuvent et c’est la spirale déflationniste qui s’enclenche. Faire faillite ou rembourser ses dettes détruit du crédit, donc de la monnaie au sens large. De plus, dans le cas de la faillite, le bien acquis est généralement revendu ce qui a tendance à pousser son prix à la baisse.

    Meilleures salutations et joyeuses fêtes.

  • 23 décembre 2011 à 20 h 56 min
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    Ce billet est intéressant, quoique n’apportant rien de nouveau, mais il passe à mon avis totalement à côté du fond problème.
    Il faut reculer d’un pas pour voir le tableau de façon plus globale.
    L’économie, ce sont des agents qui créent de la richesse et qui se la partagent. Ce qui compte c’est la quantité de richesses produites et qui en bénéficie.
    La quantité de richesses produites peut varier en fonction de pas mal de facteurs, mais la dette est un facteur qui pousse plutôt au travail et au calme social. Une personne endettée, c’est très bon, d’un certain point de vue, cynique. Elle va bosser, et en silence.
    Du côté de la répartition des richesses, nous savons tous que le monde n’a jamais été aussi violent, les catégories de personnes capables de profiter de la globalisation ayant prospéré fortement au détriment des autres. Les salaires des cadres dirigeants des multinationales ont atteint un niveau stratosphérique.
    Quand les richesses produites sont captées par une trop petite partie de la population, deux issues sont possibles : la révolte ou la capitulation et le retour au féodalisme pour des centaines d’années.
    Pour se révolter, il faut avoir un objet contre lequel se révolter. Les salariés Chinois de Foxconn qui se sont révoltés et ont obtenu 30 ou 50% d’augmentation de salaire ont-ils gagné ?
    Non, car Foxconn, au lieu d’exécuter son plan de passer de 1 million à 2 millions de salariés, a décidé de baisser le nombre à 500,000 salariés en utilisant plus de robots. Les usines robotisées peuvent être installées n’importe où.
    La capitulation de la grande masse de la population est à mon avis l’option la plus probable. Dans ce cas de figure, une minorité confirme son pouvoir global et la majorité dominée essaie de travailler pour la minorité, les autres étant maintenus dans un état proche de la survie, avec une faible productivité. C’est le féodalisme.

    Déflation ou inflation ? Mais peu importe ! Ce n’est plus le point.

    « Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner » Warren Buffet

    Après des troubles sociaux pour la forme, le péquin moyen verra son pouvoir d’achat baisser et il y a fort à parier qu’il obtiendra des hausses de salaire symboliques ou autres incitations pour éviter qu’il ne soit complètement désespéré et prêt à tout, sachant que le prix des biens augmentera d’un autre côté plus vite via l’inflation pour matérialiser sa perte de pouvoir d’achat. La déflation me semble politiquement impossible car ce serait ajouter l’insulte à la blessure, comme disent les anglois.

    Il est possible que ce scénario mette quelques années à se mettre en place, la déflation faisant initialement son apparition.

    Sur ces propos réjouissants (ça dépend de quel côté on est), joyeuses fêtes à tous !

  • 23 décembre 2011 à 21 h 25 min
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    Ce qui m’étonne le plus c’est que la création monétaire par les banques centrales a atteint une progression parabolique actuellement à son paroxysme. Les limites du possible sont-t-elles atteintes ?

  • 23 décembre 2011 à 21 h 35 min
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    @ Fred

    Les chiffres de l’OFS indiquent bel et bien -0,2% pour l’évolution des prix à la consommation pour le mois de novembre et la réalité est sans doute encore plus déflationnaire, cf. les Qoqa, DeinDeal et autres DealRadin qui cassent les prix quotidiennement, tous les jours de l’année (à mon avis un changement de paradigme dans le commerce de détail). Et on ne parle pas des achats à l’étranger, de plus en plus fréquents.

    Le mix inflation-déflation, c’est la situation actuelle, mais ça ne va pas durer éternellement, les prix à la consommation sont toujours les derniers à chuter. On a eu un avant-goût de ce qui nous attend en 2009, où absolument tout a chuté (sauf les obligations d’État AAA), y compris et surtout les matières premières. Et l’USD a augmenté le plus, comme aujourd’hui à nouveau, vu que 70% des dettes mondiales sont dénominées dans cette monnaie (donc plus de faillites et plus de déflation en USD que dans les autres monnaies).

    Concernant les pronostics, on peut dire avec certitude que le système actuel ne peut survivre qu’avec toujours plus de dettes étatiques et que celles-ci ont une limite mathématique (payement des intérêts = PIB). Dans la pratique, la banqueroute intervient bien sûr toujours bien avant qu’on atteigne cette limite, en fait dès que l’acheteur marginal d’obligations étatique fait défaut et que les cours s’effondrent (ce qui parallèlement fait exploser les taux d’intérêt et empirer les choses très rapidement). Il suffit que les prix se mettent à baisser fortement quelque part pour mettre la machine à faire chuter les dominos en branle.

    Pour ce qui est du “nettoyage”, il s’agit bien sûr d’un immense euphémisme, je pense que l’auteur en est conscient. Les politiciens visionnaires, je n’y crois pas trop. Churchill et de Gaulle savaient que les USA allaient intervenir, ce qui relativise quand même fortement leur prétendu courage.

    Placements financiers: la plupart des gens ne sont pas trader, mais de simples investisseurs “à long terme”. La seule chose qui devrait monter en valeur ces prochaines années, c’est le cash.

    @ boris

    La situation japonaise est à la fois prémonitoire et à la fois pas vraiment: le monde va lui aussi vers la déflation, mais contrairement au J, il n’y aura pas de monde extérieur vers lequel on pourra encore exporter. Je m’attends donc non pas à une longue stagnation, mais bien plus à une contraction violente et rapide.

    L’effet de la déflation, à ce niveau d’endettement, est tout simplement dévastateur et un crash désordonné doit être éviter à tout prix. Ce à quoi on fait face, ce n’est pas un remake des années 1930, c’est plutôt la chute de Babylone telle que racontée dans la Révélation de Jean (également appelée Apocalypse).

  • 23 décembre 2011 à 22 h 37 min
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    @ Monsieur U

    Ma définition de la monnaie est la suivante: un titre d’emprunt accepté comme moyen de payement (le degré de liquidité peut bien sûr varier d’un titre à l’autre). Cela signifie que si untel, réputé solvable, écrit un chèque et que celui-ci est accepté comme moyen de payement, il crée de la monnaie. Les “superpoints” de Coop, les points cumulus de Migros, les miles des compagnies aériennes, tout ça, c’est de la monnaie. Les actions, les immeubles, la propriété foncière, bref: tous les actifs financiers peuvent, dans certaines circonstances, être acceptés comme moyen de payement (ou à tout le moins être vendus contre du cash à brève échéance, donc très rapidement être convertis en monnaie, ce qui en fait de la quasi-monnaie). Surtout, ils participent à ce que les économistes appellent l'”effet de richesse”: plus la valeur de mes actifs augmente, plus je me sens riche et plus je suis capable de payer un prix élevé – et vice-versa.

    La Fed n'”achète” pas les bonds du Trésor, elle les escompte contre du moyen de payement légal (MLP). Pour les banques commerciales, ce n’est qu’un échange d’actifs, elles n’ont pas un kopeck de plus dans leur bilan, l’effet est donc nul. La création monétaire a lieu bien avant, lorsque ces mêmes banques ont acheté ces mêmes bonds du Trésor au Trésor, soit crédité l’État fédéral US. Ce n’est que lorsque la banque centrale escompte *directement* la dette étatique contre du MLP que qu’elle participe au processus de création monétaire (qui est *toujours* le fait de 2 parties: le créancier et l’emprunteur). Cette situation est absolument exceptionnelle (D 1923, Zimbabwe 2008).

    Le rôle des banques centrales a été, dès le départ, celui de “bailleur de dernière instance” lors des crises financières, dans le but d’éviter les runs bancaires, ou lorsque l’État ne trouvait plus personne auprès de qui s’endetter.

    Joyeuses fêtes à vous aussi.

  • 23 décembre 2011 à 23 h 13 min
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    @ Amora

    Comme vous l’avez certainement compris, ce graphique représente les dettes globales de chaque pays (par rapport à son PIB), dettes du secteur public et privé. Celles du secteur privé sont ventilées en trois catégories : ménages (households), entreprises non financières et entreprises financières (banques, assurances).

    Il est important, en tout cas pour des questions essentielles, de se faire sa propre opinion et donc de faire ses propres analyses. À l’ère d’internet, il est bien plus aisé de le faire mais cela prend du temps.

    Je peux confirmer que ce graphique est exact pour certains pays seulement.

    Je dois vous avouer que je ne me suis jamais intéressé de près à la situation de la Nouvelle-Zélande, du Canada, de l’Australie, de la Norvège ou de la Suède.

    Pour ce qui est de l’Europe, je ne me suis intéressé qu’à certains membres de l’Union et à la Suisse. Pour la Grande-Bretagne, je n’avais pas obtenu le même résultat et vais devoir m’y remettre un jour (c’est au niveau du secteur financier que j’ai une différence, sans doute une erreur de ma part).

    Je vous encourage vivement à vérifier si ce graphique est exact et de nous faire part de vos découvertes.

    Pour les Etats-Unis, c’est facile; vous trouverez tout à l’adresse suivante :

    http://www.federalreserve.gov/releases/z1/current/

    Pour la Suisse, si ma mémoire est bonne, tout peut se trouver sur le site suivant :

    http://www.snb.ch/

    Pour les autres pays, je vous conseillerai d’aller sur le site de leur banque centrale respective et surtout, sur le site de la Banque des Règlements Internationaux dont l’adresse est :

    http://www.bis.org/

    Commencez par ce site d’ailleurs et jetez un oeil sur leurs publications avant leurs statistiques (pour vous éviter du travail).

    Faites ça après les fêtes si vous avez l’habitude de les fêter (histoire de ne pas les gâcher).

    Dans une récente publication de la Société Générale, ils avaient encore ajouter, à toutes ces dettes, toutes les promesses futures (retraite, santé) de certains de ces Etats-providence. Une seule conclusion s’imposait à sa vision : le modèle de l’Etat-providence va bientôt disparaître… Cela fait peur. En effet, la grande majorité des gens ont fait confiance aux Etats et ces derniers vont soit faire faillite, les uns après les autres, soit revenir sur leurs promesses…

    Meilleures salutations et joyeuses fêtes !

  • 23 décembre 2011 à 23 h 20 min
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    @ André

    “L’économie, ce sont des agents qui créent de la richesse et qui se la partagent.”

    Non, c’est (avant tout) des entrepreneurs qui s’endettent à des fins productives et qui doivent financer leurs emprunts.

    “Ce qui compte c’est la quantité de richesses produites et qui en bénéficie.”

    Non, ce qui compte, c’est que le service de la dette puisse être assuré. L’argent n’étant créé que par voie d’emprunt (donc avec intérêt) et l’argent pour payer l’intérêt manquant toujours, l’économie a besoin de nouveaux emprunteurs additionnels tous les jours.

    “la dette est un facteur qui pousse plutôt au travail et au calme social”

    Uniquement la dette **privée** (qui est effectivement vitale, cf. plus haut), pas la dette étatique (qui elle est fatale).

    L’augmentation de l’inégalité salariale est la conséquence de plusieurs facteurs, certains positifs (comme la mondialisation), la plupart négatifs: l’oligopolisation qui concentre le pouvoir des top managers (et donc leur capacité à s’auto-octroyer des salaires surfaits) d’un côté, le chômage de masse de l’autre, qui contraint les travailleurs à accepter des salaires de plus en plus bas. Ces 2 phénomènes sont la conséquence de l’endettement étatique et du cycle inflation – désinflation – déflation qu’il entraîne.

    Ce qui est bien plus révoltant que l’inégalité des salaires, c’est celle des revenus et fortunes due – directement et indirectement – à l’endettement étatique, qui engraisse les riches sans que ceux-ci ne soient obligés de faire le moindre effort (avant de les ruiner lorsque l’État fera banqueroute, bien sûr).

    Les masses se révolteront vraiment (une minorité a déjà commencé) lorsque l’État fera banqueroute et ne pourra plus payer les salaires des fonctionnaires et les rentes des rentiers (y inclus ses créanciers). C’est exactement comme-ça que la Révolution française a démarré (banqueroute en 1788).

    “Déflation ou inflation ? Mais peu importe ! Ce n’est plus le point.”

    Au contraire, c’est capital tant pour l’économie dans son ensemble que pour les épargnants-investisseurs. Une déflation aurait (ou plutôt, hélas, aura) des conséquences fatales pour les entreprises, les ménages et les États (sur-)endettés.

    “La déflation me semble politiquement impossible”

    C’est l’inflation qui est économiquement impossible (ou presque), cf. l’article et ma 1ère réponse. La seule inflation possible, c’est la dévaluation, mais elle est politiquement très délicate, au point qu’elle n’interviendra très probablement pas avant qu’il ne soit déjà trop tard, hélas.

    “Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères.”

    Il faut toujours faire attention à la date de tels propos. Évidemment qu’après un immense rallye boursier, les riches sont à nouveau plus riches (mais pas encore autant qu’ils l’étaient en 2007, au sommet de la bulle). Après le prochain crash, il n’y aura plus que très peu de riches, qui auront par contre une fortune phénoménale en termes réels (avant la banqueroute d’État, qui ruinera définitivement tout le monde).

  • 24 décembre 2011 à 0 h 43 min
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    @ Fred

    À propos de ce nettoyage dont j’ai fait mention :

    Il est difficile de parler de tout en quelques paragraphes. Ce qui me paraît évident, parce que c’est mon “pain quotidien” depuis plus de 24 ans, ne l’ai pas pour tous et je l’oublie parfois, désolé.

    Le niveau extrême de dettes doit diminuer. Il y a deux possibilités : une partie sera remboursée, l’autre jamais ou qu’en partie.

    Ces dettes ont permis de créer une certaine illusion de richesse. En effet, ces dettes ont permis à de nombreuses personnes ou entreprises d’acheter des choses qu’ils ne pouvaient se payer et faire monter leur prix. Le mécanisme s’inverse un jour et c’est la déflation… Un excès de dettes conduit à la déflation, période de liquidation de dettes et de baisse des prix. Vous pouvez trouver un exemple historique concernant le niveau de dettes totales par rapport au PIB aux USA à l’adresse suivante (par exemple) :

    http://www.creditwritedowns.com/2011/09/total-private-market-debts-decline-should-be-a-glaring-warning-sign.html

    @ Larry

    Désolé d’insister mais je maintiens (car j’en suis certain) que la Fed achète aussi des bons du Trésor et d’autres agences du gouvernement, et qu’elle ne fait pas qu’en prendre à l’escompte.

    http://www.federalreserve.gov/

    Avec son or et ses autres placements (notamment placements en devises étrangères), cela constitue ses actifs et ce qu’il y a en contrepartie de ses passifs qui eux comprennent notamment les billets et pièces en circulation.

    Dans le passé, cela a été marginal dans le processus de création monétaire. Mais ces dernières années, alors que les banques commerciales ne veulent plus prêter et donc plus participer à la création monétaire comme dans le passé, la Fed a été beaucoup plus agressive dans ce processus de monétisation directe de dettes.

    Joyeux Noël, je vais faire une pause de quelques jours…

  • 24 décembre 2011 à 1 h 08 min
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    @Larry

    Merci pour vos précisions et commentaires.

    Pour l’or, ne serait il pas judicieux d’en avoir dans cet environnement extrêmement dangereux ? (risques de faillites,…) + l’or protége aussi le capital dans un environnement déflationiste.

  • 24 décembre 2011 à 1 h 35 min
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    Larry , c’est le “King” (facile)

    Mais je suis sincère

    Car je partage entièrement votre point de vue

    A part des divergences de détail (je ne prends pas un -0.2% comme significatif de déflation et d’autre part, les Qoqa, Groupon et Cie ne sont en fait que de nouvelles techniques publicitaires d’acquisition de nouveaux clients: leur influence est marginale sur le marché. Et n’oublions pas que des baisses de prix sont tout de même dues à la hausse du CHF cette année)

    De toutes façons, déflation et/ou inflation, c’est la cata! (combinées nous donnent le pire: stagflation = chômage, baisse de revenus, baisse des rentrées fiscales, augmentation des charges collectives, augmentation exponentielle de la charge de la dette des collectivités et des privés due à l’augmentation des taux d’intérêt)

    Petit cadeau de Noël (Attention, c’est d’la bombe!):

    http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20111205.CHA7793/quand-l-ex-patron-de-jerome-kerviel-prevoit-l-apocalypse.html

    Cher Larry, quant à Churchill et de Gaulle, je ne faisais pas référence à leur rôle de “Résistants” durant la 2ème, ni pour Le Grand Charles de sa descente aux Enfers de ’68, mais entre-deux, dans le cadre de leurs fonctions de chefs d’Etat. Une parmi d’autres:

    http://miltondassier.over-blog.com/pages/1967-quand-de-gaulle-avait-perce-les-intentions-d-israel-4519161.html

    Sans parler du “Québec libre”

    Larry, qui aujourd’hui?
    Qui a les tripes?
    Qui a la lucidité?
    Qui a l’indépendance et le sens du bien public?
    Joseph Stiglitz?
    Stéphane Garelli?

    Seul le peuple joue les héros dans certains pays (OWS; 99%, les Indignés…), mais ils n’apportent rien: ils revendiquent (à bon droit?) et presque tous les politiciens sont des larves.

    Certains se métamorphoseront-ils en papillons?

    Pour moi, la bombe Finance a déjà explosé

    A l’échelle humaine, nous la vivons au ralenti

    A l’échelle de l’Histoire humaine, c’est évident que l’Humanité/la planète, est dans un processus d’explosion (du nombre d’humains, de la progression des technologies, de la quantité d’énergie consommées, des volumes prélevés dans le vivant marin, terrestre) quasi tout est exponentiel…excepté le développement psychique des humains

    Nous allons TOUS être projetés je ne sais où et personne d’autre ne sait non plus

    Mais nos trajectoires sont déjà définies par nos positions de départ (endetté ou non, job indispensable ou non, obligations et charges élevées ou non, préparation et dispositions mentale, cohésion avec les proches, degré d’autonomie etc.) et par la situation de la source de l’explosion (pays/région stable ou pas, quartier favorisé ou pas, système de sécurité/défense/approvisionnement fiable ou pas. NOTE: les Services Industriels Genève on décidé d’éliminer 3 réservoirs de réserves stratégiques de carburant. Ouais, il paraît qu’il y a du pétrole dans notre sous-sol, que d’un autre côté, les Genevois économisent trop l’énergie et enfin que tous les producteurs de la planète nous ont réservé des quantités infinies de carburants en cas de problèmes)

    “Cramponnez-vous au pinceau, on va retirer l’échelle” (mieux vaut en rire!)

    Joli conte de Noël financier (encore grâce à Larry):

    http://debitisme.blogspot.com/p/god-bless-you.html

    Joyeuses Fêtes

  • 24 décembre 2011 à 2 h 06 min
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    @Larry

    Vu de la planète Mars, les entreprises ou les états ne sont que des structures que des humains utilisent pour faciliter la création de richesse et ou la capter. Ces structures peuvent varier dans le temps et dans la géographie. Elles ont pris diverses formes au cours de l’histoire. Une entreprise coréenne comme Samsung fonctionne sur un mode presque militaire ou féodal. L’état français a toujours par bien des aspects un comportement hérité du temps des Rois de France, sur le plan fiscal notamment. Il capte plus de cinquante pourcent de la richesse nationale, contrairement à l’état Suisse (dans toute sa complexité) qui n’en capte que 33% environ. Etc. Ça n’a en fait aucune importance, vu de loin. Par contre, ce qui est mon point, c’est comment la richesse est répartie globalement dans la population. Et je prétends que le monde actuel glisse rapidement vers le féodalisme, qui est permis par le fait que la globalisation a enlevé tout pouvoir aux populations jusqu’au moment où elles seront capables de s’organiser sur une grande échelle. Ce n’est pas pour demain ni après demain. Dans cette vision, chercher l’inflation ou la déflation c’est passer à côté du vrai problème, une discussion sur le sexe des anges. Notre raisonnement est complètement faussé par le fait que nous sortons de l’époque incroyable de l’après guerre et que nous avons beaucoup de mal à ne pas raisonner en dehors du cadre habituel. Les économistes n’ont rien vu venir en 2008 et ne voient toujours rien venir, car ils évaluent le futur avec des modèles basées sur le passé et complètement faux dans des situations nouvelles. L’autre biais qui nous empêche de voir ce qui arrive, c’est le biais positif, qui nous pousse à voir l’avenir de façon quelquefois plus rose que nous le devrions. Une sorte de dissonance cognitive. Bref, essayons de prévoir l’avenir en donnant une place à des schémas qui nous mettent mal à l’aise, je pense que c’est mieux. Je propose le retour au féodalisme comme il y a deux cents ans …

  • 24 décembre 2011 à 4 h 03 min
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    mon cher Larry, réjouissez-vous car nous y allons droit vers le néo-féodalisme.
    les nouveaux seigneurs sont jp morgan, la chine…
    et tous ceux qui ont acheté des terres, des matières premières, or et argent…

    la déflation est “ennuyeuse” car on a des rayons pleins sans aucun acheteur… car ils ont pas de billets dans les poches. (je sais plus qui a posé la question)
    la spirale permet à ceux qui ont du cash de s’en sortir alors que la bourse sombre (victoire des rentier, défaite des banquiers)

    comme M.Crottaz, Antal Fekete parlait aussi de déflation dans “le retour au standard or.”

    antal fekete dit la même chose que m.Crottaz sur la TQM. la monnaie a deux dimensions et non pas une.
    la théorie quantique de Friedman (prix nobel) est fausse car elle ne considère que la quantité de monnaie et néglige sa vitesse de circulation.
    (plus il y en a, plus elle circule, et ainsi, pas de déflation) c’est l’erreur que font B2, qui bombarde comme jamais. et le goldman sachs de la bce.
    en effet, bien que la masse monnétaire enfle, elle ne circule pas dans l’économie réelle (pas de prêt aux entreprises et aux ménages).

    mais il n’y a pas de déflation… car certains acteurs du marché agissent aussi :

    en zone euro-papier-cul, nous devrions être en déflation mais nous n’y sommes pas car
    1/la circulation mondiales des marchandises est hyper-facilitée,
    2/des gens spéculent sur la baisse de l’euro,
    3/des banquiers et investisseurs spéculent sur les matières premières.

    telle est ma vision des choses.

    M.Crottaz, vous l’avez lu, “le retour au standard or” ?
    (je suis sur le oui à 90%)

    par contre friedman avait hélas raison sur l’euro : cette monnaie unique est pas viable. c’est une erreur.

  • 24 décembre 2011 à 12 h 23 min
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    @grosse-cata-en-vue

    “la spirale permet à ceux qui ont du cash de s’en sortir alors que la bourse sombre (victoire des rentier, défaite des banquiers)”

    Voulez-vous bien nous dire en quoi consistera cette “victoire des rentiers”

    Je les vois plutôt en Perdants, rapports aux Caisses de retraites ruinées par la chute des Bourses (sans parler de l’AVS qui sera réduite à… rien)

    Pour le reste, par ailleurs, je partage votre analyse dans ces grandes lignes

  • 24 décembre 2011 à 13 h 44 min
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    @ Monsieur U

    Les actifs de la banque centrale, c’est un “trou noir”, tout ce qui y rentre sort du circuit économique. L'”achat” (appelez-ça comme-ça si vous voulez, là n’est pas le point essentiel) de bons du Trésor *sur le marché* (opérations “open market”), donc déjà vendus par le Trésor auparavant, par la Fed est donc une opération strictement **neutre** du point de vue monétaire: les bons du Trésor sortent du circuit économique, du MPL rentre à la place.

    Précisons aussi que la Fed n’a pas acheté parce que le Trésor US aurait eu des problèmes à vendre ses bons (cf. le bas niveau des taux d’intérêt), les cours ont d’ailleurs baissé après les premiers “achats” (très probablement parce que les marchés anticipaient que les banques allaient placer l’argent reçu en échange de leurs bons du Trésor dans les actions et ont donc eux aussi vendu des bons et acheté des actions, ce qui explique sans doute le rallye boursier).

    Pour moi, le QE s’explique avant tout par de fausses croyances monétaristes au niveau des banquiers centraux, ainsi que probablement l’espoir de déclencher un nouveau marché haussier au niveau de la bourse et ainsi faire croître l’effet de richesse (et donc la conjoncture économique), sans oublier la possibilité pour les banques d’assainir leurs bilans.

    @ Leo

    L’or baisse lorsqu’il y a déflation, surtout lorsque son prix est artificiellement gonflé par la spéculation comme c’est indiscutablement le cas aujourd’hui. Néanmoins, il y a un risque élevé d’hyperinflation *après* la déflation, donc il faudra avoir un maximum d’or à ce moment-là, raison pour laquelle il ne faut surtout pas vendre. Mais il vaut mieux attendre le fond du trou déflationnaire pour acheter de grosses quantités (donc plus de cash aujourd’hui = plus d’or demain).

    @ Fred

    C’est clair que les entreprises qui cassent les prix sur le web le font au même titre que lorsqu’elles mettent de grosses affiches avec “-50%” sur leur vitrine: il s’agit d’attirer la clientèle, de se faire connaître, tout en espérant que les clients achèteront autre chose à 100%. Mais les intentions sont une chose, les effets une autre: à force de toujours voir des baisses partout, les consommateurs finissent par attendre avant d’acheter qqch à 100% (qu’y a-t-il de plus frustrant que de payer qqch plein prix et de voir le lendemain le même produit moitié moins cher?). Je ne pense donc pas du tout que l’effet est marginal, en tout cas il ne l’est pas du tout au niveau de ma consommation personnelle…

    Vous avez raison de dire que l’inflation, même si elle apparaissait miraculeusement, ne serait pas vraiment une solution, car tôt ou tard, les taux d’intérêt finissent toujours par augmenter plus vite, cf. 1980 ss. C’est pourquoi toute inflation s’arrête automatiquement (et même si l’État et la banque centrale produisent *ensemble* une hyperinflation, celle-ci s’arrête lorsque les coûts d’impression dépassent la valeur inscrite sur le billet, cf. 1923 ou 2009 au Zimbabwe).

    Quant à M. Mustier (merci pour le lien), il n’a apparemment pas compris qu’Armageddon viendra beaucoup plus vite si les banques s’arrêtent de spéculer et restreignent le crédit. Rien de pire que les comportement pro-cycliques, mais c’est hélas toujours comme ça que ça se passe, comme l’expliquent très bien les socionomistes, l’homo sapiens sapiens est une espèce moutonnière.

    Quant au “grand sauveur”, non, je n’en vois pas. Que des comploteurs de “droite” ou de “gauche” cherchant à récupérer et manipuler les uns le Tea Party, les autres OWS (il y a de solides indices comme quoi les organisateurs principaux sont des acteurs payés par MoveOn). Bien entendu, les super-comploteurs sont des 2 côtés, histoire de toujours être du côté des gagnants. Seulement cette fois-ci, le risque est grand qu’il n’y ait pas de gagnants du tout.

    @ grosse-cata-en-vue

    Je m’attend bien plus à du chaos qu’à du néo-féodalisme, du genre les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse (enfin, plutôt les 3 colorés sans le blanc):

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Quatre_Cavaliers_de_l%27Apocalypse_%28Bible%29

    Ce qui va “solutionner” le problème de la surpopulation, de la disparition des espèces et autres ressources naturelles bien plus rapidement que les écolos ne l’ont jamais espéré.

    J’ai été un certain temps “autrichien” et un grand fan d’Antal Fekete, qui est certainement beaucoup plus sophistiqué que Murray Rothbard ou même les free bankers. Il est très proche des “débitistes” au niveau des conclusion (comme Monsieur U) et a bien compris que la théorie quantitative de la monnaie (qui est d’ailleurs beaucoup plus vieille que Friedman: elle remonte à Copernique) ne tient pas la route. Surtout, il est déflationniste et favorable au retour de l’étalon-or. Mais il n’a jamais dit à quelle parité.

    La seule raison pour laquelle il n’y a pas encore de déflation généralisée, c’est le deficit spending des États, surtout des USA: la dette étatique a pris le relais de la dette privée. Mais la pression politique est très forte pour diminuer les dépenses un peu partout, on refait les erreurs des années 1930 et il faut donc s’attendre à ce que le marché baissier reprenne, ce qui va apporter la déflation (et pas qu’un peu).

    La libre circulation du capital n’a aucun effet inflationnaire, au contraire: la concurrence est accentuée et donc aussi la pression sur les prix. Ceux qui spéculent sur la baisse de l’euro spéculent sur une baisse *relative* de l’euro par rapport à l’USD et n’a aucun effet inflationnaire. Pour ce qui est des matières premières, elles ont chuté en 2008 et à nouveau cette année, je suis là aussi baissier. La spéculation se fait à la hausse comme à la baisse.

  • 24 décembre 2011 à 14 h 46 min
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    @ André

    La globalisation/mondialisation n’est pas le problème, sans elle l’économie occidentale surendettée aurait déjà coulé bien avant. Votre impression de “féodalisme” vient de l’oligopolisation de l’économie et de la concentration des richesses induite par la bulle. Mais ce “féodalisme” va disparaître avec l’éclatement de celle-ci.

    Pour ce qui est de l’optimisme et du pessimisme, je vous recommande les ouvrages de Robert Prechter, elliotticien et fondateur de la “socionomique”. L’histoire est une longue succession de cycles optimistes et pessimistes avançant par vagues (les fameuses vagues d’Elliott qu’on peut très bien observer sur les indices boursiers):

    http://img35.imageshack.us/img35/6783/grandsupercycleprechter.jpg

    Vous avez raison, il règne un immense optimisme hérité tant du plus formidable marché haussier de l’histoire (1982-2000) que de la période de croissance quasi-ininterrompue de l’après-guerre que du développement économique de ces 2 derniers siècles depuis la Révolution industrielle sur le long terme et des formidables rallyes boursiers 2002-2007 et mars 2009-avril 2011 sur le moyen terme, ainsi qu’au mini-rallye d’octobre dernier et au mini-mini-rallye de Noël présent sur le court terme. Tout cela va se renverser progressivement avec les baisses à venir, on en a déjà eu des avant-goûts en 2002 et surtout début 2009, lorsque le pessimisme était omniprésent et que même des notables commençaient à voir l’avenir en noir.

    Quant aux économistes qui n’ont rien vu venir, c’est vrai pour la grande majorité d’entre eux, mais il y a une minorité qui a sonné l’alerte depuis belle lurette. Les économistes mainstream ont déjà vu leur réputation souffrir passablement et cela va s’accentuer, alors que les “hétérodoxes” gagnent de plus en plus en popularité. Le monde académique est très sclérosé, du fait qu’il est dominé par des chapelles et qu’il y a des “vested interests”: c’est ce qu’on appelle en allemand le “Zweckoptimismus” (l’optimisme intéressé). On ne pourra jamais attendre de fonctionnaires par ex. qu’ils reconnaissent la culpabilité de l’État dans la crise. Ils inventeront tout et n’importe quoi plutôt que d’admettre cette réalité.

    Joyeux Noël à tous

  • 24 décembre 2011 à 14 h 48 min
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    @ Larry… vous êtes donc malthus-darwinisme social…

    J’anticipe précisément la même chose que vous…même sans être malthusien

    je ne comprends que maintenant le sens caché de ces images à connotation religieuse, (qui ne m’ont jamais intéressé)

    effectivement, quand Noir (le manque) va venir, les autres chevaliers suivront de près et leurs dieux assisteront au spectacle depuis leur tour d’ivoire.
    les chevaliers seront partout, apparaitront comme par magie quand les choses viendront à manquer et que les gens se disputeront le moindre bout de pain, les états l’approvisionnement en matières premières..

    il faut effectivement une “purge” car nous sommes trop nombreux sur la planète parait-il… (retour en force de Malthus et du darwinisme social)
    nous drainons les ressources comme jamais.
    nous avons construit des états providence qui permettent une certaine redistribution.
    cela va cesser.
    nous avons l’illusion que cela n’existait plus, il va y avoir une brutale correction…à l’échelle planétaire en faveur de malthus et darwin

    c’est marrant mais c’est le même schéma global qui régit la politique menée par des banques… 10% annuel de turn over (précaire non gardés) de ses employés, changement régulier de “conseiller” pour que chaque fois vous redeveniez un étranger à votre banque

  • 24 décembre 2011 à 14 h 50 min
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    On dira Harry Potter
    les mange-morts….les chevaliers noirs…

  • 24 décembre 2011 à 14 h 54 min
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    @Larry
    ce qui m’étonne c’est que vous ayez tant à dire (faux, ou pas) et que votre blog/site soit si pauvre en articles.
    Peut-être devriez vous tenir votre blog et ainsi auriez-vous des échanges sur votre vision.
    J’ai la même vision que Monsieur U. concernant les acahts de bons du trésor par la FED
    Quant au marché obligataire, c.est le plus grand des marchés et dire que les rally actions est dû à des achats, je ne suis pas si convaincu, le volume de transaction restant historiquement bas.
    bonnes fêtes

  • 24 décembre 2011 à 20 h 38 min
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    Well well, cet article a le mérite d’exister mais ne justifie pas son titre. En effet, il nous dit qu’une lutte se livre entre forces inflationnistes et déflationnistes, mais sans nous dire quels sont les facteurs qui font faire la balance d’un côté ou de l’autre (et quand), or c’est ce qui est intéressant. Le fait que l’argent du QE reste dans le bilan des banques n’est pas une découverte. Un article d’Asia Times de mai 2009 nous disait déjà à peu près la même chose: http://www.atimes.com/atimes/Global_Economy/KE27Dj07.html.
    Quant à Larry, désolé d’être direct mais il me semble un peu perdu dans sa technique. Il est bien d’avoir la tête pleine de concepts et de données, mais encore faut-il savoir les prioriser et les relier dans une explication cohérente et sobre de la réalité. Or au moment de nous fournir l’explication, il part dans la métaphore rebattue de l’Apocalypse.

  • 25 décembre 2011 à 5 h 31 min
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    Article passionnant… et touffu. Pourquoi ne pas y ajouter la vue d’un béotien ?

    Je pressens une phase de déflation liée au manque d’argent entre les mains des ménages. Ceux-ci réduiront leurs achats. Les vendeurs, en baissant leurs prix, tenteront de refaire partir les ventes. Peine perdue : les stocks s’accroîtront. Les fabricants cesseront alors de produire et licencieront. Le cercle vicieux se refermera. Tout se crispe et se fige. La déflation s’installe, avec son cortège de conséquences.

    Pour s’y opposer, les politiques font imprimer de la monnaie par les banques centrales nationales. Mais cette fois, elle n’est plus distribuée à la finance (trappe à liquidités…), mais aux ménages (hausse des salaires). La consommation reprend. Alors l’inflation réapparaît du fait de l’accroissement du prix des matières premières liée à la perte de valeur des monnaies.

    Pour asseoir la paix sociale et reculer les échéances, la tentation est grande de surimprimer de la monnaie. Les politiques y succombent et l’on entre en hyper-inflation ; laquelle provoque aussi son cortège de conséquences.

    Arrivé à ce stade, toutes les théories économiques sans exception, sont incapables d’offrir aux politiques une thérapie.

    Les politiques se tournent alors vers la solution habituellement adoptée par l’humanité lorsque se présentent des problèmes insolvables : celle du conflit. La boîte d’allumettes est inépuisable… Nous avons eu Sarajevo et son archi-duc. On nous trouvera bien autre chose (voyez Sarko et les turcs…). Les motifs ne manquent pas.

    En règle générale, l’humanité s’en sort (quoique, maintenant, avec l’arme atomique…).
    Bonne chance à tout le monde.

    Et nous voilà repartis pour une trentaine d’années de croissance…

  • 25 décembre 2011 à 10 h 31 min
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    @ Olivier

    Ce n’est ni un blog, ni un site, juste un lieu où pour publier des traductions de Paul C. Martin, l’inventeur de la théorie débitiste, qui est jusqu’à présent resté hélas totalement inconnu en-dehors du monde germanophone, du moment que ses ouvrages n’ont jamais été traduits. Donc en ce qui me concerne, je ne suis que le traducteur, rien de plus et je connais bien les échanges sur le débitisme, ils sont très nombreux dans les forums germanophones. Il ne fait pour moins aucun doute qu’il s’agit là de l’explication correcte du capitalisme, comme ça a d’ailleurs été attesté par une thèse de doctorat de l’uni SG.

    Pour ce qui est des “achats” de la Fed, je veux bien qu’on appelle ça comme ça, mais il n’y a en aucun cas création de monnaie additionnelle, vu que les USD émis le sont contre des titres d’emprunt existants qui sont sortis du circuit économique. Au moment où le Trésor s’est endetté auprès des banques commerciales en émettant les bons, là il y a eu création de monnaie additionnelle, de pouvoir d’achat additionnel. La monnaie est toujours créée en tant que crédit (il faut donc toujours 2 parties), l’achat de titres n’est pas un crédit.

    Le bas volume s’explique par le fait qu’il n’y a pratiquement plus que les professionnels qui achètent des actions, le simple investisseur a été dégoûté par les pertes subies. On ne saura jamais quelle est la raison précise d’un achat, pour Prechter par ex., c’est de la pure psychologie. Pour ma part, je pense que c’est la combinaison de plusieurs facteurs, dont certaines croyances. Dans les médias US (blogosphère inclue), on sent très clairement qu’il y a beaucoup de gens qui croient que le QE est bullish pour les actions (ou qui croient que les autres le croient).

    @ ShereKhan

    J’ai bel et bien fourni une explication:

    “La seule raison pour laquelle il n’y a pas encore de déflation généralisée, c’est le deficit spending des États, surtout des USA: la dette étatique a pris le relais de la dette privée. Mais la pression politique est très forte pour diminuer les dépenses un peu partout, on refait les erreurs des années 1930 et il faut donc s’attendre à ce que le marché baissier reprenne, ce qui va apporter la déflation (et pas qu’un peu).” (24 décembre 2011 à 13 h 44 min)

    @ Roland

    Votre comparaison avec le passé ne tient pas, car les États n’étaient alors pas surendettés. Quant à faire imprimer de la monnaie par les banques centrales, si par là vous entendez l’escompte direct de dette étatique auprès de la banque centrale, le résultat serait un run bancaire général immédiat, ce qui provoquerait une hyperdéflation.

  • 25 décembre 2011 à 12 h 34 min
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    @Larry: L’expression “la seule raison pour laquelle il n’y a pas encore de déflation généralisée” contient une présupposition, on est donc dans la pétition de principe. Par ailleurs, la comparaison avec les années 30 ne tient pas, car comme vous le notez vous-même, les Etats n’étaient pas à l’époque aussi endettés qu’aujourd’hui. Le lien entre les politiques d’équilibre budgétaire et la dépression dans ces années-là est d’ailleurs contesté.

    @Roland: Votre vision de “béotien” me paraît plausible.

  • 25 décembre 2011 à 13 h 40 min
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    @ Larry, votre com de 10h31 ;

    Merci Larry, de m’avoir répondu.

    1 – « Votre comparaison avec le passé ne tient pas, car les Etats n’étaient alors pas surendettés ».
    Loin de moi l’idée de comparer. Je rappelais que les boîtes d’allumettes restent à portée de la main. Certes celles de la marque « Sarajevo » ont vieilli. Tout comme celles de la marque « Assassinats de VIP ». Mais d’autres boîtes sont plus adaptées à notre époque : « Dettes », « Communautés », « Religions »…

    Nous voilà maintenant dans un cul de sac. Aucun économiste ne semble capable d’orienter les hommes politiques vers des solutions pertinentes. Convenez que la boîte d’allumettes est tentante, quand on voit les périodes de croissance qui ont suivi les conflits …

    2 – a) – Je suis tellement béotien que je ne comprends pas ce qu’est une « escompte directe de dette étatique auprès de la banque centrale ». Je pense que vous voulez parler d’un emprunt souscrit par l’Etat auprès de sa banque centrale ? Si tel est le cas, j’imagine que l’Etat empruntera au taux zéro et non aux taux que pratiquent actuellement les banques privées. Nous y gagnerons donc.

    b) – Ensuite, qu’appelez-vous un « run bancaire général immédiat » ? Cela doit vouloir dire une ruée des ménages pour vider leurs comptes bancaires ?
    J’estime qu’il n’y a pas lieu de le craindre puisque :
    – l’Etat sera devenu la seule banque de dépôts, ayant racheté pour zéro franc zéro centime, les banques faillies et qu’il aura constitué une seule banque nationale de dépôts chez qui nous aurons tous un compte.

    Pourquoi alors se précipiter pour le vider ? Assurés que nous serons que l’Etat distribuera au mieux les fonds qu’elle aura empruntés à sa banque nationale (par toutes voies que vous pouvez imaginer : salaires, prestations…).

    Evidemment, c’est placer la barre très haut. Mais je l’ai écrit : je suis un béotien…

    3 – En quoi une ruée des ménages pour vider leurs comptes bancaires provoquerait une hyper-déflation ? Moi je pensais au contraire que la consommation étant relancée, les fabricants produiraient plus, embaucheraient de nouveau, achèteraient plus de matières premières dont les prix déraperaient, provoquant alors une inflation ?…

    Merci de me consacrer encore un peu de votre temps pour répondre aux trois points ?
    Bien cordialement à vous et bonnes fêtes de fin d’année !

  • 25 décembre 2011 à 16 h 14 min
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    @ ShereKhan

    Le deficit spending est inflationnaire, c’est un fait et il n’y en a jamais eu autant qu’aujourd’hui. Sans celui-ci, l’économie se serait totalement effondrée. Prétendre autre chose est du pur déni de réalité.

    Ma comparaison avec les années 1930 ne signifie pas que je recommande le deficit spending, j’affirme simplement que la politique d’austérité mène dans le mur, tant à l’époque qu’aujourd’hui.

    Ceux qui aujourd’hui conseillent Merkozy aujourd’hui contestent effectivement le constat ci-dessus, ce sont des néoclassiques qui n’ont rien compris.

    @ Roland

    Les boîtes d’allumettes restent à portée de la main, mais les États sont à court de bûches. D’ailleurs, je rappelle à ceux qui l’auraient oublié qu’une guerre il y en a déjà une (Afghanistan) et qu’il y a pas longtemps, il y en avait 3. Et qu’a-t-on observé? L’armée US a dû diminuer les dépenses pour le front afghan pour pouvoir financer la guerre en Lybie, le Congrès n’étant plus très chaud pour des dépenses additionnelles. Le front irakien a lui été abandonné, faute de moyens.

    Les banques centrales n’accordent **jamais** de crédits, elles escomptent des titres d’emprunt déjà existants. Au départ, elle n’escomptaient que des titres privés d’excellente qualité (typiquement des effets de commerce remboursable à brève échéance). Aujourd’hui, ce sont surtout (si ce n’est quasi-exclusivement dans le cas des USA) des obligations étatiques, mais toujours en passant par les marchés (opérations “open market”). Lors de crises comme en 2008 ou aujourd’hui dans la zone euro, elles escomptent exceptionnellement également des tires de mauvaises qualité. L’escompte direct d’obligations étatiques est lui encore beaucoup plus exceptionnel. Mais même dans ce cas, la banque centrale n’imprime pas simplement des billets “ex nihilo” comme on le lit souvent, chaque billet émis l’est contre un titre émis par l’État. C’est l’État qui inflationne par son deficit spending, la banque centrale n’est que son complice.

    Le run bancaire général immédiat, c’est effectivement quand tout le monde vide son compte. Si toutes les banques ont fait faillite, c’est que c’est trop tard, tout est fini, l’argent “scriptural” est parti en fumée et l’État n’a de loin pas les moyens de compenser tout le monde, vu qu’il est déjà lui-même au bord de la banqueroute.

    Un run bancaire généralisé provoque la faillite des banques et la chute des marchés, donc la quantité de crédit chute drastiquement, c’est ça la déflation.

  • 25 décembre 2011 à 17 h 54 min
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    @ Larry,

    Merci pour vos réponses qui me permettent d’avancer dans la réflexion. Ne soyez pas trop agacé par mes lacunes. Et prenez connaissance de mes réflexions 🙂

    1 – Sur les allumettes et les bûches :
    Si si, il reste encore plein de bûches dans les bûchers des Etats. La plupart, de très gros volumes et seules capables de purger convenablement la cocotte minute planétaire. Car pour envisager une trentaine d’années de bonne croissance, ce ne sera pas, comme en 14-18 ou 39-45, dix ou quinze millions de personnes qu’il faudra anéantir. C’est cent ou deux cent fois plus. Yes, they can.

    2 – Sur les emprunt d’états auprès des banques centrales :
    Vous m’apprenez des choses intéressantes, et raisonnez me semble-t-il correctement ; mais dans le cadre actuel.
    Moi, je me place dans un cadre plus critique : celui que tout le monde craint. Et là, peu importera qui fabrique les billets (les banques centrales ou les états) ; et encore moins comment ils seront comptabilisés. Ils seront fabriqués, un point c’est tout. Et je suppose qu’ils seront distribués convenablement, afin que la croissance reprenne.

    3 – Sur un run bancaire :
    Non le « run bancaire généralisé » ne provoquera pas la faillite des banques. Elles seront placées en faillite bien avant qu’il ne survienne. La preuve : elles le sont déjà et ne subsistent que par les combines abominables auxquelles nous assistons. Je vous l’ai écrit : l’Etat les aura rachetées zéro francs zéro centimes et se substituera à elles.

    Je ne me place pas dans l’optique de vos hypothèses de départ qui sont celles auxquelles nous sommes habitués.
    Il faudrait que vous réfléchissiez sur mes hypothèses de départ ; sauf à me donner les raisons pour lesquelles vous pensez qu’elles ne se produiront pas.

    Voici mes hypothèses de départ qu’il ne faudrait pas négliger :
    1 – échec de toutes les tentatives financières occidentales actuelles, pour redresser le navire,
    2 – accroissement du chômage, réduction des prestations et couvertures sociales,
    3 – accroissement de la pression fiscale,
    4 – naissance de conflits civils intercommunautaires attisés par les difficultés financières,
    5 – difficulté pour les états à payer leurs salariés et verser les pensions,
    6 – anéantissement des couvertures vieillesses privées par pertes d’actifs et de cotisations versées par les caisses privées.
    7 – Bref, une déconfiture complète du système.

    Si vous admettez la pertinence de ces sept préalables. Ne pensez-vous pas alors que nous assisterons à ce que je crains, et que beaucoup pressentent ?

  • 25 décembre 2011 à 20 h 06 min
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    Larry, personne ne vous dit que le déficit fiscal n’est pas inflationniste. Mais votre formule rapide ne constitue pas une explication du rapport de forces inflation/déflation. Dire qu’il n’y en a jamais eu autant qu’aujourd’hui est à vérifier, voir les périodes de guerre. Le problème c’est qu’il ne peut plus être financé… compte tenu du niveau d’endettement des Etats. Quant à Merkel (oublions le petit Sarkozy qui ne fait que suivre la dame), elle refuse la monétisation car elle est conseillée par des monétaristes allemands qui se fondent sur une expérience historique de l’inflation.

  • 26 décembre 2011 à 1 h 47 min
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    @ Roland

    Par bûches, j’entendais les moyens financiers de financer une grande et longue guerre. Bien entendu, il y les bombes atomiques, mais celles-ci sont heureusement assez bien réparties, donc le risque d’utilisation est à mon sens faible, beaucoup plus en tout cas qu’à l’époque où elles furent utilisées.

    L’argent émis directement par l’État ne serait accepté par personne, car tout le monde sait qu’il perd rapidement en valeur. Il y a des trucs qui ne marchent qu’une fois (assignats en F, continentaux aux USA), ensuite le peuple retient la leçon, définitivement. L’émetteur n’est donc pas un détail, loin de là.

    Les banques ne sont pas en faillite tant qu’elles continuent à honorer leurs obligations. Les combines actuelles peuvent paraître abominables, mais elles ne suffiraient jamais à sauver les banques en cas de run général. L’État n’a pas les moyens de se substituer à elles, vu qu’il est lui-même au bord de la banqueroute.

    Vos hypothèses sont en partie déjà réalité et également les miennes.

    @ ShereKhan

    Le rapport de forces inflation/déflation se résume à la question suivante: est-ce que l’État fait suffisamment de déficit pour compenser la chute du crédit privé? Vu que de plus en plus d’États sont obligés de serrer la vis, la réponse est clairement non.

    Vous avez raison pour les maxima historiques, j’aurais dû ajouter “en temps de paix” (pour l’Europe et le J) ou “en temps de guerre limitée” pour les USA. La GB avait atteint 260% du PIB durant les guerres napoléoniennes, soit davantage que le J aujourd’hui et je ne serais pas surpris que les USA puissent atteindre ce niveau, voire davantage (mais pas beaucoup plus). Mais ils ne le feront que lorsque la situation sera déjà désespérée, donc que la chute du crédit privé aura plus que compensé la hausse du déficit public.

    Je comprends très bien que l’D ne veuille pas assumer les dettes des PIIGS indirectement via l’euro, mais le résultat de sa politique est que la crise va s’intensifier et provoquer la déflation.

  • 26 décembre 2011 à 9 h 42 min
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    L’ennui avec les béotiens de mon espèce, est que faute de connaissances, ils ont plus tendance à pressentir qu’à prouver. Dans son billet invité, @ Monsieur U nous apporte la preuve, graphiques à l’appui, que nous nous enfonçons dans la déflation. L’homme de l’art (@ Larry) et moi (le béotien), en conviennent.
    Ensuite, çà diverge… Irons-nous vers une inflation, une hyper-inflation, une stagflation ou autre chose en «… tion » ?
    Au fond, on s’en fout, non ? On sait (ou l’on pressent…) que l’issue sera chaotique. @ Monsieur U n’écrit-il pas, que : « sans retour à une monnaie honnête, on risque le chaos et peut-être même la fin de la civilisation occidentale ».
    Là, on quitte la rigueur des constats graphiques, pour entrer dans le flou des risques.
    Il n’est peut-être pas utile, sur le blog de M. Crottaz de faire de la prospective sur les risques. Chacun se les imagine assez bien.

    PS à l’attention de @Larry :

    a – Effectivement, nous ne parlions pas des mêmes bûches ! L’avantage des miennes (atomiques) est qu’elles ne requièrent pas d’argent, puisqu’elles sont déjà fabriquées, stockées, prêtes à servir. Et qu’une fois utilisées, il n’y aura pas, contrairement aux autres exemples historiques, à en financer de nouvelles séries avant pas mal d’années.
    b – Je crains que les survivants des bûchers atomiques (il existera toujours des survivants… cf Hiroshima, Nagasaki, Fukushima ou Tchernobyl pour ne citer que les plus connus,) se contenteront bien de la monnaie émise par les états, faute de pouvoir en imprimer eux-mêmes.
    c – l’état de « cessation de paiement » des banques n’est-il pas déjà là ? Les « marchés » l’ont acté : elles ne valent plus rien et sont au bout du rouleau.
    Racheter à zéro francs zéro centime des banques faillies me semble être à la hauteur de n’importe quel état, même au bord de la banqueroute, mais normalement constitué par ailleurs.

  • 26 décembre 2011 à 11 h 01 min
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    @ Roland

    Les bombes actuelles sont autrement plus dévastatrices que celles lâchées sur Hiroshima/ Nagasaki (sans parler d’incidents civils certes tragiques mais néanmoins limités comme Tchernobyl ou Fukushima) et si par aventure un État en lâcherait une, il est quasiment certain qu’il s’en prendrait une lui-même, à quoi il répliquerait et à la fin, je ne suis pas sûr qu’il existe encore le moindre survivant, les stocks à disposition permettant d’éradiquer la population terrestre plusieurs fois. Je ne vois pas qui pourrait avoir intérêt à pareil scénario. Ce que nous apprend la socionomique, c’est que les guerres mondiales et autres massacres ont toujours démarré quelques années *après* avoir atteint le fond de la crise, donc le fond de la déflation.

    L’état de cessation de payement des banques n’est pas encore là, même s’il n’est peut-être plus très loin pour certaines. Racheter les banques n’est pas le problème, garantir leurs passifs, c’est une autre histoire, surtout quand les actifs vont s’effondrer.

  • 26 décembre 2011 à 12 h 42 min
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    @Larry: nous voilà enfin au coeur du problème. Je tends à être d’accord avec vous quand vous dites que “le rapport de forces inflation/déflation se résume à la question suivante: est-ce que l’État fait suffisamment de déficit pour compenser la chute du crédit privé? Vu que de plus en plus d’États sont obligés de serrer la vis, la réponse est clairement non” (encore que ça puisse être réducteur). Néanmoins, que vient faire ici l’expression “Vu que de plus en plus d’États sont obligés de serrer la vis…”? Un maillon a été sauté. La phrase devrait être “Vu les résultats obtenus par ces Etats en termes de croissance et d’emploi…”.

  • 26 décembre 2011 à 15 h 34 min
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    @ Larry

    Bonjour.

    Je dois revenir sur un point qui me semble important:

    Dans le commentaire No. 24 (pour me répondre), vous écrivez que les achats par la Fed de titres du Trésor US effectués auprès de banques commerciales ou d’autres instituts financiers sont ‘neutres’ d’un point de vue monétaire et donc qu’ils ne créent pas de nouvelle monnaie, si je vous comprends bien. Si c’est bien cela que vous avez voulu dire, permettez-moi de vous dire que vous faites erreur, il y a bien création monétaire.

    En effet, la Fed achète ces titres en créant de la monnaie à partir de rien et crédite ensuite les comptes des instituts qui lui ont vendu ces titres. Il y a bel et bien création monétaire. La Fed transforme ces titres (des dettes) en nouvelle monnaie. C’est ce que l’on appelle communément la monétisation de dettes.

  • 26 décembre 2011 à 16 h 04 min
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    Exact. Beau commentaire. On appelle cela Weimar : le politique ne veut fâcher personne. Alors il fait de la monnaie. Pour lui, entre la prendre au contribuable ou à la banque centrale, c’est une simple question de nuance, sans conséquence. Allez dire aux travailleurs : vous allez travailler 45 heures pour un salaire réduit de 25 %. Aux épargnants : votre épargne ne vaut guère plus que le tiers de sa valeur au moment où vous l’avez constituée et ce tiers est bienvenu car il va servir à compenser vos augmentations d’impôts/baisses de revenu. Sûr que vous allez être réélu !
    Il n’a a rien à attendre de ces gens là et ils nous l’ont bien fait comprendre.

  • 26 décembre 2011 à 17 h 34 min
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    @ ShereKhan

    Mon propos n’était effectivement pas assez précis, je précise donc: par « Vu que de plus en plus d’États sont obligés de serrer la vis… », j’entendais bien sûr: parmi les options politiquement acceptables pour les décideurs. Il existe bien entendu d’autres options, notamment celle que je préconise, mais elles sont pour l’heure inacceptable pour les décideurs, car trop douloureuses pour leur électorat.

    @ Monsieur U

    Il y a 2 choses qu’il ne faut pas confondre: la monnaie au sens large, telle que je l’ai définie plus haut (titre d’emprunt accepté comme moyen de payement) et le MPL, soit la monnaie au sens très étroit du droit. Par ses “achats”, la Fed ne fait qu’échanger de la monnaie au sens large (bons du Trésor, soit le titre le plus liquide après le MPL) contre du MPL. Il y a création de MPL, de monnaie au sens étroit, mais pas de monnaie au sens large (et c’est elle qui compte du point de vue économique).

    Le problème avec l’expression “monétisation de dettes”, c’est qu’elle occulte le fait que les dettes en question sont déjà de la monnaie au sens large et que l’effet est donc nul. En reprenant ce vocabulaire, vous ne faites que perpétuer les mythes inflationnistes menant les gens en erreur.

    @ Mermoud Jean-René

    Pour la xe fois: l’inflation de Weimar, c’est l’échange direct de MPL contre des bons du Trésor. Aujourd’hui, les bons du Trésor “achetés” par la Fed ne sont **pas** de la dette supplémentaire, ils n’ont donc aucun effet inflationnaire, comme Monsieur U. l’a par ailleurs très bien noté dans son article.

    Il est en outre faux de croire que les actions de la Fed n’ont fâché personne, il suffit de suivre les primaires républicaines pour voir que tel n’est nullement le cas (**tous** les candidats ont promis de virer Ben Bernanke s’ils sont élus). Cf. aussi la popularité sans cesse croissante de Ron Paul, qui veut abolir la Fed et qui aujourd’hui est considéré comme un des vainqueur possible du caucus d’Iowa. À droite, les monétaristes sont devenu totalement minoritaires et sont décriés comme de vilains gauchistes. C’est ce qui explique que la Fed n’a pas lancé de QE III, alors que beaucoup l’attendaient, vu que le chômage reste très élevé.

  • 26 décembre 2011 à 19 h 05 min
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    @ grosse-cata-en-vue (26)

    Je ne suis pas du tout malthusien et encore moins darwiniste social, je ne sais pas d’où vous tirez ça.

  • 26 décembre 2011 à 19 h 08 min
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    Mercredi 21 décembre, le matin : la BCE prête 489,191 milliards d’euros aux banques privées européennes.

    Question : avec ces milliards d’euros, est-ce que les banques privées ont racheté des obligations des Etats européens ?

    Prenons deux exemples : les obligations de l’Etat espagnol, et les obligations de l’Etat italien.

    Espagne : taux des obligations à 10 ans :
    Mardi 20 décembre : 5,069 %.
    Mercredi 21 décembre : 5,275 %.
    Jeudi 22 décembre : 5,363 %.
    Vendredi 23 décembre : 5,377 %.

    Conclusion : avec ces milliards d’euros, les banques privées espagnoles n’ont pas racheté des obligations de l’Etat espagnol.

    Italie : taux des obligations à 10 ans :
    Mardi 20 décembre : 6,613 %.
    Mercredi 21 décembre : 6,788 %.
    Jeudi 22 décembre : 6,917 %.
    Vendredi 23 décembre : 6,981 %.

    Conclusion : avec ces milliards d’euros, les banques privées italiennes n’ont pas racheté des obligations de l’Etat italien.

  • 26 décembre 2011 à 19 h 34 min
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    – Il est curieux de voir l’expression “monétariste” employée dans le sens de “monétiseur”, ce qui introduit une grosse confusion.

    – Il ne me parait pas certain que la monnaie puisse être définie comme un titre d’emprunt.

    – Un bon du trésor peut être analysé comme une reconnaissance de dette mais pas comme un moyen de paiement.

    – “les dettes en question sont déjà de la monnaie au sens large et que l’effet est donc nul”: pas sûr, car avant d’être financées ces “dettes” n’ont aucun existence économique, elles ne sont que des demandes de prêt sans aucune contrepartie de valeur.

    – Le MPL fait nécessairement partie de la monnaie au sens large, donc attention aux paralogismes.

    Pour ma part je crois que M. U (41) a raison, il démasque bien la nature de l’arnaque: elle consiste pour l’Etat à se financer avec des moyens de paiement créés pour la circonstance sans contrepartie de valeur. Soyons sincères, si nous pouvions faire de même, nous le ferions: j’ai de nombreux projets qui attendent un financement… malheureusement, ce serait considéré comme une comportement répréhensible pénalement. L’Etat applique son droit aux autres mais pas à lui-même: il serait pourtant conforme à la définition de l’Etat de droit qu’il se soumette à son propre droit.

  • 26 décembre 2011 à 22 h 52 min
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    @ Larry

    Il y a création de monnaie par ces opérations comme je disais !Vous l’avez d’abord nié.

    Il y a création de monnaie, comme vous le reconnaissez maintenant maintenant, de ce que vous appelez sans doute monnaie au sens étroit mais qui ne semble pas importante à vos yeux (pour moi si vu que dans cette opération, un bon du Trésor a été transformé en nouvelle monnaie).

    J’ai un peu de peine à vous suivre je dois admettre. Vous affirmez d’abord qu’il n’y a pas de création monnétaire puis que oui !?!

    Maintenant, si les banques décident de laisser cette nouvelle monnaie auprès de la banque centrale, cela s’arrête là. Si par contre elles décident d’accorder de nouveaux crédits, cette nouvelle monnaie servant de réserves obligatoires auprès de la banque centrale, il y aura encore plus de création monétaire (ce que vous appelez sans doute la monnaie au sens large).

    D’ailleurs, à quoi serviraient ces opérations sur l’ “open market” si elles étaient “neutres” sur le plan monétaire comme vous l’avez prétendu dans de précédents commentaires ???

    Si vous ne croyez pas que l’achat d’obligations du Trésor (ou de tout autre chose) par la Fed (à partir de rien) ne crée pas de la monnaie, c’est votre opinion et votre problème (votre théorie débitiste ?). Jamais vous me convaincrez. Comme ni vous ni moi allons changer d’avis sur ce sujet, je propose aux lecteurs de ce blog le soin de se faire leur propre opinion à ce sujet…

    Au revoir Larry !

  • 26 décembre 2011 à 23 h 07 min
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    BA, vous vous demandez : qu’ont-elles acheté avec ces milliards ?

    mon opinion :
    Strictement rien. elles ont fait que boucher leurs trous pour présenter des comptes en ordre au 1er janvier 2012…
    puis rendre les fonds une fois la nouvelle année commencée (avec intérêt).
    (comme le faisait lehman brother avant que son prêteur habituel refuse, les mettant en faillite)
    c’est juste de l’économie shadock à grande échelle.
    certains disent d’ailleurs que c’est pas 500 mais 5000 milliards.

    tous nos euro-gos-banksters sont en faillite technique.
    et ça pétera quand la fuite des capitaux s’accentuera vers du physique (gold, silver, terres, gisements de matières premières) ce qui va bientôt arriver.

    profitez que les banques forcent à la baisse le cours de l’or (à l’aide des courtiers, l’or papier et la réserve fractionnaire) pour charger la barque.
    parce qu’un beau jour, ils vont exiger livraison (avec si besoin un flingue sur la tempe, comme jp morgan pour mf global)
    Ce jour-là, l’or papier va brûler et il restera que le vrai or, celui que vous avez dans vos mains.

    Mais enfin, si quelqu’un a une idée de ce qu’ils ont fait d’autre avec ces milliards, je suis curieux de savoir.

  • 27 décembre 2011 à 0 h 14 min
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    @ ShereKhan

    J’ai bel et bien utilisé le terme “monétariste” dans le sens de “monétariste”. Ce sont eux les plus chauds partisans du QE.

    En l’absence de monnaie métallique, toute monnaie est du crédit, donc un titre d’emprunt. Ce n’est pas par hasard que les billets de banque possèdent tous les attributs d’un titre d’emprunt (numéro, date et lieu d’émission, double-signature), ce sont des titres d’emprunt, émis contre du collatéral, à savoir d’autres titres d’emprunt. La banque centrale n’est qu’un intermédiaire qui anonymise et escompte les titres d’emprunt créés par les autres acteurs économiques. Elle ne crée rien du tout, surtout pas “ex nihilo”.

    Certains titres financiers, tout spécialement les bons du Trésor US, sont couramment utilisés comme moyen de payement dans la finance, vu leur extrême liquidité:

    http://www.google.com/search?q=“securities+as+a+means+of+payment”

    Les bons du Trésor, comme une bonne partie de la dette étatique dans le monde et dans l’histoire, ne sont aujourd’hui financés par l’impôt qu’en partie (de plus en plus ténue) et pourtant, personne ne commettrait la folie de prétendre qu’elles n’ont aucune existence économique. Surtout: ils déploient leur plein effet économique dès leur émission bien avant d’être éventuellement financés. C’est bien là tout le problème de la dette étatique, la plus gigantesque arnaque et escroquerie jamais imaginée (vous le notez d’ailleurs vous-même dans le dernier paragraphe).

    Le MPL fait partie de la monnaie au sens large, mais s’il est émis en échange d’une autre forme de cette même monnaie, l’effet monétaire est nul.

    L’État se soumet en général à son droit (encore qu’il y a de nombreuses exceptions), mais ce n’est pas par hasard que le droit positif distingue entre droit privé et droit public: elle est la base de tous les privilèges que s’arroge l’État, sa raison d’être.

  • 27 décembre 2011 à 1 h 44 min
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    @ Monsieur U

    Il y a création de MPL et en même temps élimination équivalente de monnaie au sens large, donc l’opération est nulle. De toute manière, ce n’est pas la monnaie qui compte, mais la somme totale des avoirs/dettes par rapport au PIB: lorsque ce ratio augmente, il y a inflation, lorsqu’il chute, il y a déflation. La question sur ce qui peut ou non être qualifié de monnaie est donc totalement secondaire et il ne vaut effectivement pas la peine de poursuivre le débat à ce sujet. Ce qui est plus important en revanche, c’est de comprendre que la monnaie est toujours créée sous forme de crédit. Or, l’échange de MPL contre des avoirs hautement liquides (pour le formuler différemment) d’une valeur équivalente ne représente pas une création de crédit additionnel (nous sommes d’accord sur ce point, le plus essentiel).

    Comme je l’ai écrit plus haut, le QE à travers les opérations open market ne sert strictement à rien s’il s’agit d’échanger du MPL contre des titres hyper-liquides comme les bons du Trésor US (comme ce fut le cas pour le QE II). Les monétaristes qui plaident en faveur argumentent généralement par le fait que cela a pour effet de faire baisser les taux à long terme (vu qu’il s’agissait d’acheter des obligations à 10 ou 30 ans), or on a vu exactement l’inverse se passer: les taux se sont mis à augmenter après le début des “achats” par la Fed:

    http://www.fundmasteryblog.net/images/doubleline-4-2011-qe-yields.jpg

    Ben Bernanke lui-même a laissé entendre dans un article publié dans la presse qu’il espérait ainsi faire repartir la bourse et accroître ainsi l’effet de richesse des investisseurs. C’est à mon sens la motivation principale des responsables politiques à tous les niveaux: ils espèrent tous un nouveau boom boursier qui permet d’assainir les bilans des banques sans deniers publics, d’apporter de nouvelles recettes fiscales et de réduire la tension sur le marché de la dette souveraine.

    Ce n’est pas “ma” théorie débitiste (cf. plus haut, no 30) et cette vision “endogène” de la monnaie n’est pas propre aux seuls débitistes, elle est partagée par les postkeynésiens (qui, avec les débitistes et les autrichiens sont les seuls à avoir dans leur majorité vu venir la crise avant qu’elle n’éclate) et on la retrouve également chez Schumpeter et Wicksell, ainsi que chez le “proto-débitiste” Mitchell Innes (que Keynes avait lu et suivi, bien que pas de manière conséquente):

    http://www.ces.org.za/docs/what%20is%20money.htm
    http://www.ces.org.za/docs/The%20Credit%20Theoriy%20of%20Money.htm

    Pour un bref exposé en français sur la différence entre théories exogène et endogène de la monnaie, cf.:

    http://www.fundmasteryblog.net/images/doubleline-4-2011-qe-yields.jpg

    À noter que les postkeynésiens sont pour la plupart des étatistes de gauche (mais il y a de notables exceptions comme Warren Mosler ou Dick Cheney), mais l’idée de monnaie endogène est en fait acceptée (plus ou moins officieusement) par plusieurs économistes “orthodoxes” (dont des employés de la Fed) comme j’ai pu le constater par mes lectures de la blogosphère US.

  • 27 décembre 2011 à 12 h 33 min
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    Désolé Larry je me dois d’intervenir et n’interviendrai plus à ce sujet et jevous demande de ne pas le faire non plus, vous avez largement expliqué votre position.
    Depuis des semaines vous intervenez sans cesse avec votre vision de la création monétaire. Ici sur mon blog à moi, rien qu’à moi, la vision est (en relation avec votre dernière intervention) ce qui suit et il n’y aura plus de discussion à ce sujet chacun s’étant exprimé.
    Ce que je trouve dommage c’est que vous ne créez pas un blog pour mettre vos idées en avant plutôt que d’insister ici.
    Vous avez écrit:

    “Il y a création de MPL et en même temps élimination équivalente de monnaie au sens large, donc l’opération est nulle.”

    Je me dois de vous dire que c’est faux !
    La dette du Trésor US (ce que vous appeller “monnaie au sens large”) ne disparaît pas parce que la Fed l’achète. Elle ne disparaîtra que quand le Trésor l’aura remboursée. De plus, en achetant cette dette à une banque, la Fed échange cette dette contre de l’argent créé à partir de rien (elle monétise la dette du Trésor, elle transforme une dette en monnaie) et cet argent peut être utilisé par la banque en question. Il y a bien création monétaire ! Si la banque l’utilise comme réserves obligatoires pour faire de nouveaux crédits, cela crée encore plus de nouvelle monnaie.
    Il n’y a pas d’autre alternative et votre vision (même si vous êtes convaincu) peut-être erronée et vous devriez peut-être l’envisager.
    bonne fêtes, cordialement

  • 27 décembre 2011 à 12 h 37 min
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    Un article un peu plus fouillé:

    http://cemf.u-bourgogne.fr/z-outils/documents/documents-de-travail/BAILLYGNOS2002-01.pdf

    Et cette citation hautement instructive d’un économiste professionnel ayant entre autres travaillé pour la Fed:

    “When I was at the University of Iowa, I was the Chester Phillips Professor. When my Dean, Gary Fethke (…) told me he was going to make me a chaired professor (more like a stooled professor actually), he told me a story about Chester Phillips. Apparently Chester was thought to be the inventor of the money multiplier. I have no idea who else might lay claim to this dubious honor, but my response to Gary was something like: ‘That’s too bad, the money multiplier is probably the most misleading piece of monetary economics known to humankind.’ Gary’s response was something like: ‘Well, Steve, that’s very interesting, but if you share that thought with any of the College donors you can be the Sam Schwartz Professor of toilet cleaning.'”

    http://newmonetarism.blogspot.com/2010/04/money-multiplier.html

  • 27 décembre 2011 à 13 h 54 min
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    @ Olivier

    Juste cette très brève réponse, car je me suis effectivement mal exprimé: la dette ne disparaît évidemment pas en tant que dette (elle continue d’exister dans les actifs de la banque centrale, où elle sert de collatéral au MPL émis lors du QE), mais en tant qu’avoir détenu par les acteurs du marché, donc en tant que pouvoir d’achat.

    @ tous

    Je comprends qu’Olivier ne désire pas voir son blog “squatté” (et le remercie passant de nous avoir généreusement offert l’hospitalité jusque-là) et invite ceux qui le souhaiteraient à prolonger la discussion en utilisant les champs de commentaire ici:

    http://debitisme.blogspot.com/p/le-ba-ba-de-leconomie.html

  • 27 décembre 2011 à 14 h 06 min
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    Mercredi 21 décembre 2011 :

    La Banque centrale européenne (BCE) a alloué mercredi 489,191 milliards à 523 banques de la zone euro lors d’une opération inédite de prêt à trois ans, a-t-elle annoncé sur son site internet.

    Mardi 27 décembre 2011 :

    Les dépôts au jour le jour des banques de la zone euro auprès de la Banque centrale européenne (BCE) ont atteint un nouveau record, selon des chiffres publiés mardi, signe que les dysfonctionnements persistent sur le marché inter-bancaire.

    Les banques ont déposé 411,81 milliards d’euros auprès de la BCE entre lundi et mardi, soit un nouveau record.

    Le record jusqu’ici remontait à juin 2010, avec 384,3 milliards d’euros.

    Ce nouveau pic des dépôts sur 24 heures intervient alors que l’institution monétaire de Francfort a réalisé mercredi sa première opération de prêts sur trois ans, qui était censée apaiser les tensions des banques concernant leurs liquidités.

    L’opération a attiré une demande record de 489 milliards d’euros par 523 instituts de crédit.

    Cette tendance montre que les banques préfèrent garder leurs liquidités en surplus au cas où, plutôt que de les prêter à d’autres établissements financiers qui en auraient besoin, dans un contexte où l’évolution de la crise de la dette reste incertaine.

    Le graphique ci-dessous montre que le record historique a été pulvérisé :

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=ECBLDEPO:IND

  • 27 décembre 2011 à 18 h 25 min
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    @ BA

    Vous avez bien ecrit “au cas où” , le fait est qu’en agissant ainsi ce cas-là on est en train de le provoquer et il se réalisera ; en effet il s’agit d’une spéculation sur le fait qu’une série de banques feront faillite.

    @ M. Crottaz

    Etant donné que l’étalon-or n’existe pas (à présent), quelle serait-elle une monnaie honnète ? Ce n’est une provocation, mais une question “sérieuse”, car en effet toutes les monnaies sont actuellement dans la même situation et c’est dans cette “égalité de situation” que réside la libre fluctuation des monnaies (sauf pour le CHF).

  • 28 décembre 2011 à 0 h 23 min
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    Merci pour vos articles intéressants, j’aime bien les données de la fred pas besoin de films d’horreur pour avoir peur. Personnellement c’est FYONET qui m’a foutu la frousse en 2010. Les courbes de dépenses ne peuvent pas suivre des exponentielles éternellement enfin j’espére.
    Par contre je pense qu’il y a une donnée fondamentale dont vous ne tenez pas compte : c’est les capacités manifestes qu’ont les BC ont à juguler l’inflation et la déflation. Cette maîtrise dont j’en ignore la portée c’est exprimée en 2008 lors de la petite phase de desinflation et après. A mon sens les tendances inflationnistes en europe et aux us sont controlées et je me demande s’ils n’ont pas trouvé le moyen d’opposer les 2 tendances pour qu’elles s’annihilent. Cela me fait penser que la situation peut durer et ne serait dangereux qu’en cas d’imprévus. Ce qui ne devrait pas manquer d’arriver.

  • 28 décembre 2011 à 15 h 50 min
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    L’Eurosystème est une institution européenne, qui regroupe la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales (BCN) des États membres de l’Union européenne ayant adopté l’euro.

    Au vendredi 23 décembre 2011, le capital et les réserves sont de 81,481 milliards d’euros.

    Les soi-disant « actifs » de l’Eurosystème sont de 2733,235 milliards d’euros.

    En clair : le capital et les réserves de l’Eurosystème constituent seulement 2,98 % des « actifs » de l’Eurosystème.

    Sur ces soi-disant 2733 milliards d’euros d’ « actifs », combien de dizaines de milliards sont en réalité des actifs pourris ?

    Regardez la rubrique « Titres détenus à des fins de politique monétaire » : 273,041 milliards d’euros !

    http://www.ecb.int/press/pr/wfs/2011/html/fs111228.fr.html

    Aujourd’hui, l’Eurosystème est devenu une gigantesque fosse à merde.

  • 30 décembre 2011 à 14 h 55 min
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    Vendredi 30 décembre 2011 :

    Nomura prône la création d’un nouvel ECU en cas d’éclatement de la zone euro.

    Le courtier japonais Nomura estime que le risque de rupture de la zone euro continue de croître. Trois scénarios possibles se dessineraient alors :

    – une sortie de l’Allemagne de la zone euro, option définie comme « très théorique » ;
    – une sortie limitée à des petits pays (la Grèce et le Portugal par exemple) ;
    – l’abandon de l’euro par des pays de grandes dimensions comme l’Espagne et l’Italie.

    Cette dernière variante déterminerait, selon Jens Nordvig, le rédacteur de l’étude en deux volets, « la fin de la zone euro en tant qu’aire dotée d’une devise qui fonctionne ». Dans ce cas pas si hypothétique, le retour à l’unité de compte européenne (l’ECU, pour « European Currency Unit ») aurait un impact positif pour les grands pays qui lâcheraient la monnaie unique, estime Nomura.

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201817128174-nomura-prone-la-creation-d-un-nouvel-ecu-en-cas-d-eclatement-de-la-zone-euro-269188.php

  • 30 décembre 2011 à 17 h 52 min
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    Au sujet du graphique sur les dettes du G10, je n’y comprends rien : il me semblait que les dettes cumulées des pays de la zone Euro s’annulaient (dixit Attali)… quelqu’un peut il clarifier svp?

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