Un super investissement

Comme je vous l’ai déjà évoqué, la BNS est assez mal prise entre 1) essayer d’affaiblir le franc suisse et 2) son bilan démesuré.

Je vous propose un excellent investissement sûr et réputé sans risque : Acheter des obligations de la Confédération Suisse à 50 ans (pour vos très très vieux jours)

Ainsi pour votre généreuse contribution au financement de la Suisse, vous allez être récompensé par un magnifique, que dis-je, merveilleux rendement de – 0,38% annuel (oui moins zéro virgule trente-huit pour-cent)! Cela signifie tout simplement que les “investisseurs” sont d’accord de perdre pour mettre leur argent à l’abri (ou comme les caisse de pension sont, pour des raisons légales, obligées de le faire).

Toutes les échéances de la confédération sont à taux négatifs désormais

courbe des taux en CHF

La BNS a par ailleurs encore été active sur le marché des devises

3.77 milliards de plus pour la BNS la semaine dernière et 9.8 milliards depuis 4 semaines

Ces taux négatifs ont envahi le monde entier. Les prix des quelques obligations encore en territoire positif se sont littéralement envolés (on dirait une bulle !)

Cours de l’obligations 100 ans Autriche

La quantité d’obligations en territoire négatif est au plus haut historique.

On constate aussi que: Plus les taux sont négatifs, plus l’or monte. Pour mémoire, les banquiers ont toujours dit aux clients de vendre leur or, car ce dernier ne rapportait pas d’intérêt. Aujourd’hui situation inverse. Par contre, les banquiers ne recommandent pas encore d’acheter de l’or. Ils préfèrent recommander des actions (à cause des dividendes entre autres, mais aussi pour garder les clients et des mouvements sur les comptes)….vous voyez où je veux en venir. tout cela ne peut que mal finir.

Les taux négatifs ont aussi un impact sur les cours des banques, car ces dernières souffrent beaucoup des taux bas. L’évolution de l’indice des banques est affreux, nous sommes au plus bas.

En conclusion, et pour revenir, au super investissement… Cet investissement n’est profitable qu’à la BNS elle-même. Je vous invite et encourage grandement à lire l’article de Liliane Held-Khawam concernant la ponction des avoirs bancaires par la BNS :
https://lilianeheldkhawam.com/2019/08/19/la-bns-ponctionne-les-avoirs-bancaires-et-garde-largent-finews-com/

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5 réflexions au sujet de « Un super investissement »

  • 21 août 2019 à 16 h 08 min
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    Bonjour Olivier,

    Concernant les bilans des banques: puisque l’on fait n’importe quoi avec la monnaie depuis 2008, pourquoi ne pas faire “des subprimes à l’envers”?

    Je m’explique, disons que les prix de l’immobilier dans une capitale occidentale quelconque soient compris entre 8000 et 40.000 euros le m2. L’état décide unilatéralement que les prix ne peuvent pas dépasser par ex 15.000 euros le m2, sous peinde de prison et d’amende très lourde pour le vendeur et l’acheteur. Tous les propriétaires ayant payé plus de ce prix se voient, en échange accorder des parts sociales “virtuelles” au capital de la banque qui a financé leur emprunt. Cela renforce les fonds propres et on peut annuler ces parts sociales pour éliminer des créances douteuses. Ca n’est pas plus bête que de créer de la monnaie “contagieuse”…

  • 21 août 2019 à 16 h 11 min
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    Toute intervention (Etatique ou par des lois) n’engendre que des problèmes.

    La meilleures solution, c’est le marché libre.

    De toute manière le marché est le plus puissant et même si des banques centrales sont à la manœuvre, elles échoueront.

    Sinon le Zimbabwe ou le Venezuela seraient les pays les plus riches avec leurs monnaies papier. Imprimer n’est pas la solution, aucunement.

  • 22 août 2019 à 11 h 16 min
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    Bonjour,
    Nous assistons au match banques centrales/marchés, et on ne sait pas qui va gagner. Il faut espérer que ce soit les marchés, mais j’ai comme un doute… la force du marché est de pouvoir retirer les capitaux et les mettre « où c’est mieux » (faire jouer la concurrence), sanctionnant ainsi les comportements de ceux qui voudraient tricher. Sauf qu’en ce moment les capitaux ne savent plus où se mettre.
    Après le manque de courage des banquiers centraux est une raison d’espérer que le marché va reprendre la main (ils ne veulent pas semer le chaos quand même, mais ils sont capables de faire croire que ce n’est pas leur faute).
    Alors déflation où hyperinflation ? J’espère qu’on n’aura pas les deux.
    Bonne journée

  • 23 août 2019 à 9 h 36 min
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    Les banques ont dû jouer le rôle d’intermédiaire entre les banques centrales et les investissements pourris dans lesquels ces banques centrales et leurs gouvernements ont voulu investir (en inventant en parallèle le slogan de la “privatisation” des prestations). Du coup, les trains déraillent(Angleterre), les ponts s’effondrent (Italie). Quant aux TGV de Paris, jadis si clinquant, ce n’est plus qu’une forme poubelle. S’agissant des avions, vous avez vu que, parfois, vous embarquez sur de fragiles esquifs, dont l’état paraît inquiétant. Il est vrai que les marges de sécurité sont énormes…. On oublie cependant qu’elles sont faites pour assurer la sécurité. Pas pour économiser l’entretien.Tout pilote n’a pas servi dans l’armée en guerre aux USA ou en Russie. Loin s’en faut. Bon, de temps à autre, en grands seigneurs, les banques centrales rachètent ces crédits, surtout lorsque la solvabilité du débiteur est plus que critique. En réalité, cet argent n’existe pas, puisqu’il n’a pas de correspondance en nature. Avec l’inflation, l’amortissement des biens était automatique. Incontournable. Aujourd’hui, la valeur subsiste en dépit du vieillissement technique. Faute d’amortissement suffisant (décision souvent douloureuse pour le comptable d’entreprise, puisqu’il mange le chiffre du profit) le dividende devient en réalité un remboursement de capital. Avec cet ‘avantage’ d’être imposable! Parmi les grands emprunteurs-dépensiers : les collectivités publiques. Leurs “investissements” n’ont pas vocation à produire des rendements ou des marges. Il s’agit tout simplement de dépenses étalées sur le temps. L’intérêt versé au prêteur est payé par le contribuable. L’endettement public permet à l’homme politique d’emprunter sans avoir lui-même à répondre de la dette. Idéal, lorsqu’il s’agit d’acquérir le consensus des voix des gens bienpensants. Si nous avions de l’inflation, tout, dans cette politique, irait pour le mieux : l’inflation réduit la dette à néant en même temps que l’objet de l’investissement voit sa valeur fondre. Et ma foi, il se trouvera toujours des investisseurs prêts à voir leur capital s’éroder, pourvu qu’ils reçoivent une rente sous forme d’intérêt. Tout simplement parce que la vie à une durée limitée et que l’investisseur pense d’abord à lui, puis seulement et éventuellement aux générations futures. Mais voilà que Mitterand, cet économiste de haut rang, a imposé que l’ouvrier-épargnant ne devait plus être la victime de l’inflation. Bingo ! Evidemment, à celui qui a nationalisé les banques.. tout est possible. Résolution inscrite dans le marbre de la loi européenne qui a fait des émules. Cela a porté un sérieux coup à l’épargne populaire (avec la fin des salaires effectivement indexés – ce qui est psychiquement pesant). Par contre, cela a valorisé l’épargne existante, puisqu’elle ne s’érode plus. Mais comme la loi des compensations subsistent, nous voilà dans ce qui est l’achèvement de ce raisonnement qui se mord la queue : “vous ne voulez plus d’inflation ? eh bien, vous aurez des taux négatifs”, ce qui est du pareil au même. La vocation du capital est d’être perdu par celui qui l’a convoité, qui l’a obtenu, qui cherche en vain à le garder. Sauf que les emprunteurs ne deviennent plus insolvables à cause de la dévaluation de leurs actifs liée à l’inflation, mais insolvables à cause de leur liquidation judiciaire. Il en résulte un nouveau sport national : lorsque votre boîte agonise, mettez-là sur le marché pour valoriser le peu qui lui reste : l’effet de synergie. Il se trouvera un chinois pour acheter (KLM AIR FRANCE). Ou bien alors, sortez du marché au moment où votre entreprise vaut quelque chose (Syngenta, Accor – eux aussi en mains chinoises). Depuis que Sofitel est en mains chinoises, les savonnettes ont été remplacées par des bouteilles de savon liquide murales. Et là, c’est sans doute l’événement le plus grave. Car si Sofitel n’a plus de savonnettes, elle fera des émules et les savonnettes disparaîtront. Quel gâchis ! L’or ? une sécurité ? peut-être. Encore faut-il, lorsque vous voudrez le vendre, qu’il se trouve quelqu’un qui a les moyens de vous l’acheter. Le destin des investissements, en l’état de la situation économique, est clair : baisse des valeurs des biens réels, notamment de l’immobilier, dont le revenu national ne permet plus de conserver le niveau. La flambée des titres ne tient qu’au niveau des intérêts. Une hyperinflation n’est pas exclue avec le niveau de liquidité qui circulent. Il est paradoxal de penser qu’en ce qui concerne les liquidités, il est préférable que l’argent soit perdu : cela permet de prévenir l’hyperinflation. Notre système financier a désormais atteint les sommets de la perversité.

  • 9 septembre 2019 à 13 h 27 min
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    Il semblerait bien que la BCE veut renforcer sa politique d’assouplissement quantitatif. J’ai l’impression qu’on risque d’être dans un no man’s land pendant encore longtemps avec une correction qui se fera un jour… mais quand ? Avec une telle politique, cela peut encore durée des décennies.
    Merci pour les conseils concernant l’or. Malheureusement, mon banquier a voulu absolument me refourguer 80 % d’assurance vie en fond euro… Je ne sais pas trop comment lui dire que je veux quitter son contrat d’assurance vie…

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