UBS, 600 milliards et merci Myret Zaki

Le dernier livre de d’Antoine Peillon (frère de Vincent Peillon du PS proche de François Hollande)

tape (un de plus) sur les banques suisses et notamment sur l’UBS.

Personne (sauf UBS) ne s’offusque de cette cabale et de cet acharnement sur le petit pays que nous sommes.

Soyons clair, je ne cautionne absolument pas ces procédés, mais il faut relativiser.

Cela me rappelle une devise des Shadocks

 

Personne (ou si peu) n’attaque les paradis offshore en Angleterre ou les sociétés opaques aux Etats-Unis d’Amérique et j’en passe…

Heureusement Myret Zaki recadre:

Les services secrets ont espionné UBS. Mais pas un mot sur les banques françaises

                    Par Myret Zaki, le 9 mai 2012

Cher Antoine Peillon, Vous avez signé cette année l’ouvrage Ces 600 milliards qui manquent à la France, réquisitoire qui se veut très fouillé contre les pratiques d’UBS France en matière d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent. Vous avez refusé de répondre à mes questions au motif que j’étais plutôt critique à l’encontre de ce livre. En préface, vous faites pourtant l’éloge du courage. Passons. Tout d’abord, comment se fait-il qu’à nul moment vous ne mentionniez le rôle des banques françaises dans l’évasion fiscale hexagonale? Si UBS était responsable de 3% des montants évadés de France chaque année, qui fait sortir les 97% restants? Qu’ont à dire vos informateurs si zélés des services secrets français à ce sujet? Pas un mot. Le magazine Marianne a pourtant démontré en 2009 que les banques françaises avaient domicilié 532 milliards d’avoirs de clientèle dans des places offshore, dont seulement 12% en Suisse, et le double dans les Caraïbes. Il s’avère que l’essentiel passe par des juridictions de droit anglo-saxon et non par la Suisse; mais pour saisir cela, il faut déjà avoir conscience que le secret bancaire a été détrôné depuis une quinzaine d’années par les sociétés (LLC) et trusts des places anglo-saxonnes qui sont devenus, en réalité, les outils de loin les plus privilégiés pour l’évasion fiscale des Français les plus riches, comme l’a révélé l’affaire de la succession Wildenstein. Et comme vous omettez cet aspect, vous proposez que la France taxe à 30% ou à 50% les avoirs déposés hors des frontières, sans vous douter que ce qui est détenu dans des trusts est justement intaxable et échappe même, pour les plus confidentiels d’entre eux, à toute forme d’échange d’informations fiscales.

Entretenir le mythe sulfureux du compte suisse

Ensuite, le livre parle du passé, sans jamais dire combien la situation a été bouleversée depuis 2009. Vous y dévoilez des activités douteuses d’UBS France entre 2002 et 2007, et vous indignez de l’immunité dont jouirait la banque suisse en France, grâce à la complicité des hautes sphères politiques françaises. Or on a assisté à la tendance exactement inverse, depuis trois ans. La France, comme le reste de l’UE, s’est faufilée dans la brèche américaine pour vider la Suisse (et uniquement elle) de ses comptes gris à une rapidité fulgurante. C’est simple, avant que vous ne commenciez votre enquête, le marché offshore français n’existait plus en Suisse. Savez-vous que le 13 mars 2009, la Suisse a formellement renoncé à son secret bancaire international? Et qu’aujourd’hui les clients français doivent s’auto-déclarer, tandis que des banques n’acceptent plus cette clientèle? Vous répétez des dizaines de fois qu’UBS est la plus grande banque de gestion de fortune. Mais c’est Bank of America qui occupe ce rang, depuis qu’elle a fusionné en 2008 avec Merrill Lynch. La réalité, c’est que la Suisse a cédé ses parts du marché offshore aux Anglo-Saxons et aux Asiatiques, qui dominent sans partage cette industrie. Une réalité moins sulfureuse que le mythique compte suisse, j’en conviens.

Vous affirmez que les banques suisses possèdent 27% du marché transfrontalier. Non, c’est la place financière suisse (y compris les banques étrangères, dont les françaises établies à Genève) qui possédait cette part de marché, et cela remonte à 2007. Cette part devait l’essentiel aux 1000 milliards de dollars d’avoirs européens offshore déposés en Suisse. A mesure qu’ils se déclarent/se fiscalisent/se résorbent, j’estime que la part de la Suisse pourrait tomber rapidement à 15%, tandis que le Royaume-Uni/les îles anglo-normandes/Dublin conserveraient la part de 28% estimée par Boston Consulting Group. Et même ces chiffres sont lacunaires, car ils ne portent que sur quelque 7500 milliards d’avoirs liquides (valeurs mobilières) déposés offshore, mais omettent l’univers des actifs tangibles, tels qu’objets d’art, immobilier, yachts, bijoux. Avec ces derniers, souvent non déclarés et enregistrés au nom de trusts dans les paradis anglo-saxons, j’estime l’univers non déclaré à 13 500 milliards, dont la part de la Suisse se réduit encore au profit des places anglo-saxonnes. Voilà pour ce qui relève non pas du conte de fées, mais de la  réalité. Au final, on ignore pour quel motif UBS France, d’entre toutes, a été espionnée par les services secrets français, qui ont livré à M. Peillon des tonnes d’informations internes à la banque. Est-ce à dire que BNP Paribas n’a jamais eu, elle, de clients sensibles, africains, russes? Qui peut croire pareille chose? L’auteur a-t-il été instrumentalisé, pour clouer au pilori une banque étrangère, cible commode en période électorale? Aux Etats-Unis aussi, UBS et la Suisse ont payé pour tout le secteur offshore, alors que les banques américaines font évader l’essentiel des avoirs. Mais en France, à présent qu’on a crucifié le coupable, qui se plaindra d’être taxé à 75%?

source

http://www.bilan.ch/editoriaux/mz/ubs-france-parlons-en 

merci à elle.

Question subsidiaire: Que font nos politiques ?

   Envoyer l'article en PDF   

11 réflexions au sujet de « UBS, 600 milliards et merci Myret Zaki »

  • 15 mai 2012 à 9 h 38 min
    Permalink

    Communiqué de l’Office Fédéral des Statistiques:
    http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/01/nip_detail.html?gnpID=2012-222

    Enquête suisse sur la population active: participation au marché du travail 2001-2011
    Participation au marché du travail élevée, mais beaucoup de temps partiel.

    Neuchâtel, 15.05.2012 (OFS) – La participation de la population au marché du travail est très élevée en Suisse. En contrepartie, le travail à temps partiel y est beaucoup plus répandu que dans l’Union européenne. Celui-ci constitue la norme chez les mères actives occupées et reste exceptionnel chez les pères. Depuis 10 ans, l’âge moyen à la sortie du marché du travail reste proche de 65 ans, et le nombre des aînés pour 100 personnes actives augmente régulièrement. Ce sont là quelques-uns des résultats de l’enquête suisse sur la population active réalisée par l’Office fédéral de la statistique (OFS).
    Participation au marché du travail en hausse:
    En comparaison avec les autres pays de l’UE/AELE, la Suisse présente un taux d’activité (part de la population participant au marché du travail) très élevé. Chez les 15-64 ans, ce taux augmente entre 2001 et 2011, passant de 81,2% à 82,8%. Au sein de l’UE/AELE, seule la population islandaise présente en 2011 un taux de participation supérieure (84,5%), la moyenne de l’UE27 se situant à 71,2%.

    Le travail à temps partiel est très répandu en Suisse
    En Suisse, la forte implication de la population dans le marché du travail est contrebalancée par une proportion importante de personnes occupées à temps partiel (33,7% des personnes actives occupées en 2011). Seuls les Pays-Bas présentent un taux de temps partiel plus élevé (49,1%), la moyenne de l’UE27 se fixant à 19,5%.
    Cette forte proportion de temps partiel en Suisse se traduit par des taux d’activité en équivalence plein temps bien inférieurs aux taux d’activité sans conversion. La progression du taux d’activité en équivalence plein temps des 15-64 ans entre 2001 et 2011 (de 70,9% à 71,4%) est également plus modérée qu’avant conversion.

    Taux d’activité : les différences entre hommes et femmes se réduisent
    La participation au marché du travail des femmes (taux d’activité des 15-64 ans : 76,7%) reste en 2011 inférieure à celle des hommes (15-64 ans : 88,7%). L’écart s’est cependant réduit depuis 10 ans. Le travail à temps partiel reste en 2011 largement plus répandu chez les femmes que chez les hommes (57,8% des actives occupées contre 13,6% pour les hommes). Après conversion en équivalence plein temps, l’écart de taux d’activité entre les sexes est bien plus net (taux d’activité en équivalence plein temps 2011 : hommes : 86,7% ; femmes : 56,0%).

    La participation au marché du travail dépend fortement de la formation
    La participation au marché du travail est très variable selon le niveau de formation. Chez les 25-64 ans, seuls 74,4% des personnes sans formation postobligatoire sont actives, contre 85,5% des personnes ayant achevé une formation de niveau secondaire II (maturité, apprentissage) et 91,2% des personnes ayant achevé une formation de degré tertiaire (université, HES ou équivalent).
    Les différences à cet égard sont plus marquées chez les femmes (sans formation postobligatoire : 67,0% ; secondaire II : 79,3% ; tertiaire : 84,9%) que chez les hommes (sans formation postobligatoire : 85,4% ; secondaire II : 92,4% ; tertiaire : 95,6%).

    Les pères travaillent encore rarement à temps partiel
    Une différence majeure demeure entre hommes et femmes : alors que 82,7% des femmes actives occupées vivant en couple dans un ménage avec enfant(s) de moins de 7 ans travaillent à temps partiel, ce n’est le cas que de 8,6% des hommes dans la même situation. On note cependant chez ceux-ci une progression par rapport à 2001 : ils n’étaient alors que 5,9% à travailler à temps partiel.

    L’âge moyen de la sortie du marché du travail reste proche de 65 ans
    En 2011, l’âge moyen estimé à la sortie du marché du travail chez les personnes de 58 à 75 ans est de 64,9 ans. Cet âge à la sortie du marché du travail n’évolue pas très fortement depuis le début des années 2000 (il s’établissait à 64,5 ans en 2001-2002). En 2011, on relève un écart de 1 an entre hommes (65,4 ans) et femmes (64,4 ans).

    Augmentation du nombre des aînés pour 100 actifs
    Entre 2010 et 2011, le nombre de personnes de 65 ans ou plus pour 100 personnes actives de 15 à 64 ans passe de 30,3 à 30,7. Sur les 10 dernières années, le vieillissement démographique conduit à une augmentation rapide de ce rapport en dépit de la participation en hausse au marché du travail : on comptait en 2001 seulement 28,2 personnes de 65 ans ou plus pour 100 actifs occupés de 15 à 64 ans.

    Y a pas photo!! 🙂

  • 15 mai 2012 à 10 h 59 min
    Permalink

    Bonjour Olivier,
    Pour répondre à votre dernière question, qui n’est pour moi – et depuis longtemps – plus un mystère, nos autorités sont devenues expertes en baissage de culotte et ce à chaque fois que quelqu’un leur fait les gros yeux…

    Comme le relevait Me Warluzel sur le plateau de la RTS, nous sommes en guerre économique. Et en temps de guerre, il est beaucoup plus facile de taper sur la “petite Suisse”, plutôt que d’aller vers B. Obama pour lui rappeler où se trouve le Delaware (entre autres) et quelle est son utilité.
    Lu sur internet : “Aujourd’hui, plus de la moitié des 500 plus grosses fortunes et 43 % des sociétés cotées à la Bourse de New York sont domiciliées dans le Delaware.” (http://www.paradisfiscaux.com).

    De même, on pourrait aller vers M. Cameron pour lui parler de Jersey, Guernesey, BVI, etc.

    A côté de ces juridictions et des milliards qu’elles abritent, la Suisse ne représente qu’un petit coffre fort de famille.

    Mais bon, pour cela, il faudrait que nos autorités aient du poil au ……. :).

  • 15 mai 2012 à 11 h 17 min
    Permalink

    Mr François HOLLANDE est le nouveau président de la république d’un pays en décrépitude complète depuis plusieurs années.Une analyse succinte de ces élections montrent que les départements qui ont le plus voté à gauche sont les antilles avec des scores avoisinant les 70 %…. et tout de même des départements pyrénéens à 60 %. Certes, le Sarkozisme s’est cantonné à une élite parisienne qui, à force de voyager par avion ,a trop délaissé les régions mais croire que les électorats de ces départements constituent les forces vives d’un état qui doit se retrousser les manches……Est ce que les socialistes “hollandistes” vont croire aux bienfaits de la redistribution ? je y crois tellement peu car ils sont pour la plupart originaire des classes les plus privilégiés de notre merveilleuse république.N’apprenons nous pas que la première dame de France est une petite fille d’un riche banquier français.(revenu annuel estimé de la première dame de france 3 millions d’euro). Par contre, ces fameuses forces vives qui doivent travailler pour vivre et combattre avec des concurrents étrangers supportent mal de se battre chaque jour tandis qu’on donne sans contrôle à tous ceux qui ont la possibilité et le temps de nuire à la collectivité.N’est il pas comique de voir toutes ces résidences secondaires exploser en corse dés les résultats connus ? Ne se disent ils pas “combien allons nous pouvoir extorquer à la métropole ?” ?
    Les “grands”syndicats français sont financés à 96 % par de l’argent public et on ne sera pas surpris qu’ils ne s’occupent au final qu’au bon maintien de leurs droits acquis .Les fonctionnaires bloquent la majorité des places des syndicats, des élus de droite comme de gauche mais n’ont jamais appris la notion de risque.Ils entrevoient maintenant la nécessité d’entreprises fortes mais n’osent pas encore imaginer récompenser ceux qui prennent des risques.Normal, ils seraient contraints de constater que notre société s’est bâtie sur un paradigme soixante huitard, proche du communisme, complètement bidon.Penser qu’il est naturel de risquer sa santé proprement dîte et financière pour payer des impôts afin de continuer à faire tourner la machine dont vous ne profitez quasiment pas est une allégorie moderne au stakanovisme.L’impôt société en france est de 33.3% contre 25 % en allemagne.L’impôt de bourse (merci sarkozy) avoisine les 40% contre 23% en allemagne. Bien souvent, les normes françaises imposées aux sociétés françaises sont supérieures à celles de nos voisins dont les entreprises peuvent vendre en france. Il est vrai que les seuls emplois créés par nos députés sont des emplois d’emmerdeur qui contrôlent le privé sans jamais s’offusquer des errements du public.Osons introduire en france la délation par les citoyens des dépenses excessives de l’état au sens large comme en Italie et je vous garantis que nous assisterons à une ribambelle d’économie.Pour ma part, défaitiste , je n’ai plus aucune confiance dans cette nation et entrevoit hélas une fin inéluctable du même style que la chute de l’urss pour laquelle nos élites ont toujours eu de l’affection.

  • 15 mai 2012 à 11 h 47 min
    Permalink

    Tout simplement pour devoir de cronique :

    Je ne suis pas ajourné, mais jusqu’il y a quelques années CS était le premier “donneur de travail” de Guernsey, avec environs 500 employés

    Cela pour dire que le monde est rond et que ce sont plustôt les conventions géopolitiques qui définissent les États (souverains) qui ne sont plus à cheval des développements ; ce sont donc les prétentions de résoudre politiquement les problèmes d’un État qu’à son intérieur qui manquent d’objectivité critique. Cela nous concerne tous. Les politiciens qui essaient de chevaucher l’onde des questions internes d’un État ne sont pas des personnes qui s’occupent du futur, tandis que du stricte court terme, de la même façon que l’ont fait les personnes de la finance pendant les derniers 20 ans. Et nous savons où ils nous ont menés.

  • 15 mai 2012 à 21 h 59 min
    Permalink

    En Grèce, le bank run s’accélère.

    Mardi 15 mai 2012 :

    Grèce : 700 millions d’euros retirés des banques grecques lundi.

    Les retraits d’argent dans les banques grecques ont atteint 700 millions d’euros lundi, a indiqué le président de la République Carolos Papoulias aux chefs des partis politiques grecs qu’il a reçu, selon les actes publiés mardi sur le site de la présidence.

    “Lors d’un entretien téléphonique avec le gouverneur de la Banque de Grèce, Georges Provopoulos, ce dernier m’a informé que la situation des banques était très difficile et que le système bancaire était actuellement très faible. Les retraits ont atteint la somme de 700 millions d’euros jusqu’à 16H00 lundi” a déclaré Carolos Papoulias, estimant par ailleurs que la situation serait pire au cours des deux prochains jours.

    http://www.romandie.com/news/n/_Grece_700_millions_d_euros_retires_des_banques_grecques_lundi_96150520122138.asp

  • 16 mai 2012 à 9 h 44 min
    Permalink

    Les anglophones ont inventé un nouveau mot : la Grexit.

    La Grexit est un mot qui signifie : “sortie de la Grèce de la zone euro”, en anglais “Greek Exit”.

    La Grexit est un mot qui va revenir souvent dans les conversations de l’année 2012.

    Grexit and Bank Run Prospects Continue to Weigh on the Euro.

    Under the spotlight again, Greece is now at the brink of an exit from the European Monetary Union (EMU). Breakdown in coalition talk further puts pressure on the euro. German Finance Minister Wolfgang Schaeuble is calling the vote a “referendum on whether the country stays in the euro” as noted in Bloomberg.com. If the re-election puts an anti-bailout parilament leader in charge ie. Evangelos Venizelos of the socialist Pasok party, we can expect direction of a Greek Exit (Grexit).

    Greek bank run fears are surfacing as well. According to President Karolos Papoulias’s website, “Anxious Greeks have withdrawn as much as 700 million euros ($893 million) from the nation’s banks since the inconclusive May 6 election”. Just the prospect of a Grexit can cause a run on the banks because the exit would shut out funding except from the ELA as noted on ZeroHedge.

    The hope of many EU bankers and political leaders is that Greece reforms and stays in the EMU. It will be painful, and unpopular, but necessary for the existential safety of the Eurozone. However, at the markets are losing hope, and this can be seen in the currency markets as the Euro slides across the board.

    http://www.ibtimes.com/articles/341400/20120515/grexit-bank-run-prospects-continue-weigh-euro.htm

  • 16 mai 2012 à 15 h 16 min
    Permalink

    Mercredi 16 mai 2012 :

    Game Over.

    Voilà que la sortie grecque – ou plutôt son éviction ! – devient quasi chose faite. Citibank l’évalue à 75%, tandis que les bookmakers anglais ne prennent plus aucun pari tant l’affaire semble « pliée »…

    Les Grecs sont d’une part complètement saturés d’austérité sachant que, par ailleurs, les Allemands (en tout cas Madame Merkel, son ministre Schauble et leurs suivants) ne donneront plus leurs sous sans davantage de régime minceur grec. Certes, de nouvelles élections grecques sont agendées au 17 Juin prochain, mais pourquoi les résultats seraient-ils foncièrement différents des précédentes ? De fait, ils le peuvent, mais dans le sens inverse que celui attendu car celles et ceux ayant protesté par leurs suffrages contre la rigueur se mobiliseront – et mobiliseront – indubitablement davantage. Attendons-nous, en d’autres termes, à l’affaiblissement supplémentaire des partis de gouvernement grecs et à une installation des extrêmes, donc des partis contestant l’austérité imposée par Bruxelles et par le F.M.I..

    Dans un tel contexte, les officiels allemands – qui se sont préparés depuis déjà plusieurs mois à l’éventualité d’une sortie grecque – familiarisent et rassurent désormais leur opinion publique en déclarant haut et fort que l’Allemagne et que l’Union Européenne s’en accommoderont sans problèmes majeurs. La presse allemande s’en fait également l’écho, voire l’espère, tant elle est exaspérée par l’insupportable fourmi grecque. Le très ironique titre du Spiegel – « Acropolis Adieu » – paru il y a quelques jours ne signifie rien d’autre…

    Les marchés tangueront, certes, mais les Allemands semblent sûrs de leur coup et sous-entendent avoir concocté un « plan Grèce » qui n’éclabousserait pas trop l’Euro. Pourtant, absolument personne – les Allemands pas plus que les autres – n’est en mesure de prévoir les ravages de la contamination d’une sortie grecque. Mais l’Allemagne se rend-elle seulement compte qu’elle joue avec le feu ?

    Elle peut ériger des protections autour de ses banques. Elle peut même augmenter le Fonds de Stabilité et se coordonner avec le F.M.I. afin que les marchés financiers ne soient pas trop sonnés. Elle peut également sommer et sermonner les Grecs. Une sortie grecque de l’Union Européenne en ce printemps ou été 2012 ne sera toutefois que le prélude à un tourbillon qui frappera d’abord le Portugal et juste après l’Espagne. A moins que cet ordre ne soit inversé, sachant que l’Italie se retrouvera à un moment donné à son tour sur un siège éjectable.

    Quelles sont les conséquences de la cassure d’une union monétaire ? Les experts allemands peuvent-ils seulement le savoir ? Intuitivement, il est possible d’anticiper une fuite cataclysmique des capitaux hors des pays à risques, et une ruée pour se désister des billets de banque espagnols et italiens. La panique est capable de bouleverser et de rendre caducs en un rien de temps l’intégralité des simulations allemandes – et elle le fera !

    Quant à la Grèce, ce qui reste de son économie et de sa société civile s’effondreront : plus de services publics, plus de soins médicaux, plus de police, plus de justice, une masse d’exilés déferlera sur le reste des pays européens qui finiront pas leur fermer leurs frontières… Nul ne peut prédire les effets dramatiques – économiques, financiers mais également politiques voire sécuritaires – d’une sortie de la Grèce. Les responsables politiques sont certes connus pour leur vision court-termiste mais il est (encore) temps pour la classe politique européenne de réagir et de raisonner le gouvernement allemand actuel. Il ne faut pas attendre les résultats des élections en Grèce car il sera alors trop tard.

    Michel Santi, économiste, analyste financier.

    http://www.gestionsuisse.com/

  • 16 mai 2012 à 22 h 56 min
    Permalink

    Mercredi 16 mai 2012 :

    La Banque centrale européenne (BCE) a confirmé mercredi avoir cessé de fournir des liquidités à certaines banques grecques en raison de leur sous-capitalisation, confirmant ainsi une information diffusée par Reuters dans la journée.

    “En attendant la recapitalisation des banques grecques qui sont gravement sous-capitalisées en raison de la récente opération PSI (échange de dette ndlr), certaines banques grecques ont été transférées à l’Assistance d’urgence à la liquidité”, a déclaré un responsable de la BCE, confirmant des informations publiées par Reuters plus tôt dans la journée.

    “Une fois le processus de recapitalisation finalisé – et nous espérons qu’il le sera bientôt – les banques grecques auront à nouveau accès aux opérations habituelles de refinancement de l’Eurosystème”, explique-t-on.

    La nouvelle a entraîné l’euro à la baisse face au dollar, dans un climat de craintes croissantes sur les marchés que la Grèce ne sorte de la zone euro.

    Ce dernier développement souligne l’état de faiblesse du système bancaire en Grèce où les ménages procèdent à des retraits massifs sur leurs comptes en banque.

    La BCE ne fait d’opérations de refinancement qu’avec les banques solvables. Toutefois, les banques qui ne respectent pas les règles de la BCE mais sont jugées solvables par la banque centrale du pays concerné peuvent s’adresser à leur banque nationale pour la fourniture de liquidités d’urgence (FLU).

    Le nombre de banques concernées n’est pas connu, mais cette décision souligne le nombre croissant de banques grecques qui dépendent de prêts d’urgence de la Banque de Grèce.

    Selon une source proche du dossier, quatre banques grecques vont si mal qu’elles fonctionnent avec des fonds propres négatifs.

    Une autre source de la Banque Centrale Européenne a indiqué que les banques grecques ont été exclues des opérations de prêts de la BCE en faveur des opérations d’urgence (FLU), car vue l’impasse électorale dans laquelle se trouve le pays, les chances d’une recapitalisation de ces banques s’évaporent.

    (Dépêche Reuters)

  • 17 mai 2012 à 22 h 05 min
    Permalink

    Jeudi 17 mai 2012 :

    Grèce : vent de panique sur le secteur bancaire.

    Combien d’argent les Grecs ont-ils prélevé sur leurs comptes bancaires depuis lundi, jour où il est apparu évident que les responsables politiques seraient incapables de former un gouvernement d’unité nationale ? Les chiffres varient, mais il est probable que ce montant s’élève à quelque 1,2 milliard d’euros rien que pour les deux premiers jours de cette semaine. Des retraits en cascade qui s’ajoutent à ceux opérés depuis l’éclatement de la crise et qui font que plusieurs banques grecques sont désormais à court de liquidités.

    Depuis le printemps 2010, les Grecs ont retiré entre 2 et 3 milliards d’euros par mois en moyenne avec un pic en janvier de 5 milliards d’euros. On calcule que les dépôts bancaires ont fondu de 30 % sur l’ensemble de la période (environ 70 milliards d’euros). Sans compter les exportations illégales de capitaux générées par l’économie souterraine (environ 65 milliards d’euros), soit plus que les économies réalisées dans le cadre des deux mémorandums.

    La panique des épargnants s’est accrue lorsqu’on a appris par les derniers sondages que les deux grands partis pro-mémorandum, la Nouvelle Démocratie, conservatrice, et le Pasok, social-démocrate, cèdent encore du terrain au profit notamment de l’extrême gauche de la Coalition de la gauche radicale (Syriza), farouchement opposée au plan.

    Si ces deux grands partis ne parviennent pas à remonter la pente d’ici aux prochaines élections anticipées du 17 juin, la Grèce ne sera pas en mesure de constituer un exécutif qui appliquera les conditions imposées par les Européens et le FMI en échange d’un second programme de financements. La Grèce ferait alors défaut et sortirait de la zone euro. Une éventualité que le Premier ministre sortant, Lucas Papadémos, a qualifié de « désastreuse » pour le pays dans une lettre ouverte adressée hier à ses concitoyens. L’ancien banquier central cède son poste au Premier ministre intérimaire, Panagiotis Pikrammenos, le président du Conseil d’Etat chargé d’organiser les nouvelles élections.

    Alors que l’agence de notation Fitch a abaissé jeudi soir la note de long terme de la dette grecque en devises et en euros à « CCC » contre « B- » jusque là, les bailleurs de fonds internationaux prennent déjà les premières mesures de précaution en vue d’un hypothétique abandon de la monnaie unique par ce pays. Mercredi, la BCE a confirmé qu’elle cessait de fournir des liquidités à des banques grecques sous-capitalisées.

    Selon Crédit Agricole CIB, en janvier, le système des banques centrales de la zone euro était exposé à hauteur de 57 milliards d’euros vis-à-vis des banques grecques dans le cadre de son programme spécial d’assistance aux instituts de crédit. Une coquette somme à laquelle il faut ajouter 107 milliards d’euros dans le cadre des opérations normales de prêt.

    Frappés par les retraits massifs d’économies, les établissements bancaires grecs attendent avec impatience d’être renfloués par les créanciers internationaux dans le cadre du second programme de financements. Ce plan, suspendu jusqu’au vote, prévoit le versement de 48 milliards d’euros aux banques grecques, dont 25 milliards sont d’ores et déjà mis à la disposition de la banque centrale du pays, qui attend le feu vert définitif pour les transférer aux destinataires finaux. Un coup de plus pour une économie qui agonise et qui a plus que jamais un urgent besoin de crédits.

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202068275590-grece-vent-de-panique-sur-le-secteur-bancaire-324454.php

  • 22 mai 2012 à 22 h 11 min
    Permalink

    Merci de nous apprendre que la 1ère petite amie du président est une riche héritière, qui a pu avoir comme passe temps le journalisme.
    Bizarre, aucun journal n l’avait mentionné ? D’ailleurs, aucun n’avait de parti pris pour Hollande. A ce propos si quelqu’un peu me dire ce que Sarkozy a fait aux médias pour qu’ils lui soient aussi hostile.

    Merci pour l’info des services secrets, je me demandais bien ce qu’ils pouvaient faire ? ce ne serait pas étonnant qu’ils aient aussi surveillé Wall Street : référence au livre Blanc du Président Sarkozy.

    Ps : avez vous vu le 1er ministre Britanique David Cameron s’enflamer pour le match de coupe d’europe ? Bizarre de s’enflamer pour Abramovic, au fait qui est il exactement pour avoir reussi à mettre la main sur un de fleuron des entreprises Russe ?? quelqu’un le sait il ?

Les commentaires sont fermés.