300 milliards d’épargne pour sauver UBS et Credit Suisse ?

La FINMA vient de publier un article sur le “too-big-to-fail” potentiel de l’UBS et du Credit Suisse

Ces deux grandes banques (comme je l’ai souvent soulevé) ont un poids tel en Suisse qu’un défaut serait un véritable Tsunami.

Inside Paradeplatz en parle dans son édito (en Allemand) (utilisez un traducteur internet ça rend assez bien): http://insideparadeplatz.ch/2013/08/08/300-milliarden-spargelder-fuer-ubs-cs-rettung/

Le Financial time en parle aussi

article original: Swiss bank creditors face bail-in risk

traduit: les creanciers des banques face à un risque de bail-in

 

En lisant entre les lignes, on y voit bien que les dépôts de plus CHF 100’000.- auprès des banques concernées dans le scénario catastrophe, vont passer à la caisse.

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Par ailleurs, je me permets de vous remettre une partie d’un billet que j’avais écrit en avril 2013 sur une loi votée en 2012 (et dont personne ne parle et n’a parlé) qui permet de faire aussi un bail-in en Suisse.

Je me cite:

 

“MORT AU CASH

En conséquence, Il ne faut pas avoir de cash sur les comptes.

Pour l’instant (je dis bien pour l’instant), les titres ne sont pas dans les bilans des banques (je parle pour la Suisse et le Canada) et ne sont pas sujets à saisie. Jusqu’à quand ?

Savez-vous que la Suisse s’y est aussi mise en catimini ?

Les politiciens et les organes de contrôles (FINMA, etc.) ont laissé les banques grossir, faire n’importe quoi pendant des années et maintenant ils proposent cette solution.  Pathétique !

Quelques liens :

http://www.swlegal.ch/Publications/Newsletter/2013-02-Loss-Absorption-and-Bail-in-for-Swiss-Bank.aspx en PDF français SW_Newsletter_Feb13_French

http://www.economist.com/node/15392186 en PDF: from bail out to bail in

http://business.time.com/2013/03/28/with-cyprus-bail-in-europe-bids-adieu-to-too-big-to-fail/ en PDF: With Cyprus Bail-In, Europe Bids Adieu to ‘Too Big to Fail’

 

 

Source: Le billet en question: Le Bail-in devient à la mode dans le monde entier ! (le cash est roi, mais pas sur les comptes bancaires)

 

 

 

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Licenciements ? On applaudit bien fort

La presse et les quotidiens suisses relatent les annonces de licenciement:

UBS 10’000 dont 2500 en suisse et on parle de 20’000 emplois qui vont passer à la trappe dans le secteur bancaire

Lonza 500

Swisscom 400

etc.

Au sujet d’UBS, madame Evelyne Widmer-Schlumpf s’en réjouit, car la banque devait maigrir, mais que c’est triste pour les personne licenciées. Ainsi soit-il !

Applaudissements :

Madame la conseillière fédérale, avez-vous une vision ? Comment se réjouir de licenciements ? Facile ! C’est le contribuable qui va payer.

Je peux d’ores et déjà vous annoncer que les finances de l’assurance chômage ont du souci à se faire.

Je vous rappelle l’excellent article de Sébastien Roten à ce sujetL’assurance chômage suisse en futur danger

C’est comme dire que l’ouragan Sandy va relancer l’économie, théorie fumeuse à laquelle je n’adhère pas. Quand c’est cassé, c’est cassé point barre !

 

Certains devraient relire Frédéric Bastiat: La vitre cassé (ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas)

 

La Vitre cassée

Avez-vous jamais été témoin de la fureur du bon bourgeois Jacques Bonhomme, quand son fils terrible est parvenu à casser un carreau de vitre? Si vous avez assisté à ce spectacle, à coup sûr vous aurez aussi constaté que tous les assistants, fussent-ils trente, semblent s’être donné le mot pour offrir au propriétaire infortuné cette consolation uniforme:« À quelque chose malheur est bon. De tels accidents font aller l’industrie. Il faut que tout le monde vive. Que deviendraient les vitriers, si l’on ne cassait jamais de vitres? »

Or, il y a dans cette formule de condoléance toute une théorie, qu’il est bon de surprendre flagrante delicto, dans ce cas très-simple, attendu que c’est exactement la même que celle qui, par malheur, régit la plupart de nos institutions économiques.

À supposer qu’il faille dépenser six francs pour réparer le dommage, si l’on veut dire que l’accident fait arriver six francs à l’industrie vitrière, qu’il encourage dans la mesure de six francs la susdite industrie, je l’accorde, je ne conteste en aucune façon, on raisonne juste. Le vitrier va venir, il fera besogne, touchera six francs, se frottera les mains et bénira de son cœur l’enfant terrible.C’est ce qu’on voit.

Mais si, par voie de déduction, on arrive à conclure, comme on le fait trop souvent, qu’il est bon qu’on casse les vitres, que cela fait circuler l’argent, qu’il en résulte un encouragement pour l’industrie en général, je suis obligé de m’écrier: halte-là! Votre théorie s’arrête à ce qu’on voit, elle ne tient pas compte de ce qu’on ne voit pas.

On ne voit pas que, puisque notre bourgeois a dépensé six francs à une chose, il ne pourra plus les dépenser à une autre.On ne voit pas que s’il n’eût pas eu de vitre à remplacer, il eût remplacé, par exemple, ses souliers éculés ou mis un livre de plus dans sa bibliothèque. Bref, il aurait fait de ses six francs un emploi quelconque qu’il ne fera pas.

Faisons donc le compte de l’industrie en général.

La vitre étant cassée, l’industrie vitrière est encouragée dans la mesure de six francs;c’est ce qu’on voit.

Si la vitre n’eût pas été cassée, l’industrie cordonnière (ou toute autre) eût été encouragée dans la mesure de six francs;c’est ce qu’on ne voit pas.

Et si l’on prenait en considération ce qu’on ne voit pas, parce que c’est un fait négatif, aussi bien que ce que l’on voit, parce que c’est un fait positif, on comprendrait qu’il n’y a aucun intérêt pour l’industrie en général, ou pour l’ensemble du travail national, à ce que des vitres se cassent ou ne se cassent pas.

Faisons maintenant le compte de Jacques Bonhomme.

Dans la première hypothèse, celle de la vitre cassée, il dépense six francs, et a, ni plus ni moins que devant, la jouissance d’une vitre.

Dans la seconde, celle où l’accident ne fût pas arrivé, il aurait dépensé six francs en chaussure et aurait eu tout à la fois la jouissance d’une paire de souliers et celle d’une vitre.

Or, comme Jacques Bonhomme fait partie de la société, il faut conclure de là que, considérée dans son ensemble, et toute balance faite de ses travaux et de ses jouissances, elle a perdu la valeur de la vitre cassée.

Par où, en généralisant, nous arrivons à cette conclusion inattendue:« la société perd la valeur des objets inutilement détruits, »— et à cet aphorisme qui fera dresser les cheveux sur la tête des protectionnistes:« Casser, briser, dissiper, ce n’est pas encourager le travail national, »ou plus brièvement:« destruction n’est pas profit. »

Que direz-vous, Moniteur industriel, que direz-vous, adeptes de ce bon M. de Saint-Chamans, qui a calculé avec tant de précision ce que l’industrie gagnerait à l’incendie de Paris, à raison des maisons qu’il faudrait reconstruire?

Je suis fâché de déranger ses ingénieux calculs, d’autant qu’il en a fait passer l’esprit dans notre législation. Mais je le prie de les recommencer, en faisant entrer en ligne de compte ce qu’on ne voit pas à côté de ce qu’on voit.

Il faut que le lecteur s’attache à bien constater qu’il n’y a pas seulement deux personnages, mais trois dans le petit drame que j’ai soumis à son attention. L’un, Jacques Bonhomme, représente le Consommateur, réduit par la destruction à une jouissance au lieu de deux. L’autre, sous la figure du Vitrier, nous montre le Producteur dont l’accident encourage l’industrie. Le troisième est le Cordonnier (ou tout autre industriel) dont le travail est découragé d’autant par la même cause. C’est ce troisième personnage qu’on tient toujours dans l’ombre et qui, personnifiant ce qu’on ne voit pas, est un élément nécessaire du problème. C’est lui qui bientôt nous enseignera qu’il n’est pas moins absurde de voir un profit dans une restriction, laquelle n’est après tout qu’une destruction partielle.— Aussi, allez au fond de tous les arguments qu’on fait valoir en sa faveur, vous n’y trouverez que la paraphrase de ce dicton vulgaire:« Que deviendraient les vitriers, si l’on ne cassait jamais de vitres? »

 

 

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UBS, 600 milliards et merci Myret Zaki

Le dernier livre de d’Antoine Peillon (frère de Vincent Peillon du PS proche de François Hollande)

tape (un de plus) sur les banques suisses et notamment sur l’UBS.

Personne (sauf UBS) ne s’offusque de cette cabale et de cet acharnement sur le petit pays que nous sommes.

Soyons clair, je ne cautionne absolument pas ces procédés, mais il faut relativiser.

Cela me rappelle une devise des Shadocks

 

Personne (ou si peu) n’attaque les paradis offshore en Angleterre ou les sociétés opaques aux Etats-Unis d’Amérique et j’en passe…

Heureusement Myret Zaki recadre:

Les services secrets ont espionné UBS. Mais pas un mot sur les banques françaises

                    Par Myret Zaki, le 9 mai 2012

Cher Antoine Peillon, Vous avez signé cette année l’ouvrage Ces 600 milliards qui manquent à la France, réquisitoire qui se veut très fouillé contre les pratiques d’UBS France en matière d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent. Vous avez refusé de répondre à mes questions au motif que j’étais plutôt critique à l’encontre de ce livre. En préface, vous faites pourtant l’éloge du courage. Passons. Tout d’abord, comment se fait-il qu’à nul moment vous ne mentionniez le rôle des banques françaises dans l’évasion fiscale hexagonale? Si UBS était responsable de 3% des montants évadés de France chaque année, qui fait sortir les 97% restants? Qu’ont à dire vos informateurs si zélés des services secrets français à ce sujet? Pas un mot. Le magazine Marianne a pourtant démontré en 2009 que les banques françaises avaient domicilié 532 milliards d’avoirs de clientèle dans des places offshore, dont seulement 12% en Suisse, et le double dans les Caraïbes. Il s’avère que l’essentiel passe par des juridictions de droit anglo-saxon et non par la Suisse; mais pour saisir cela, il faut déjà avoir conscience que le secret bancaire a été détrôné depuis une quinzaine d’années par les sociétés (LLC) et trusts des places anglo-saxonnes qui sont devenus, en réalité, les outils de loin les plus privilégiés pour l’évasion fiscale des Français les plus riches, comme l’a révélé l’affaire de la succession Wildenstein. Et comme vous omettez cet aspect, vous proposez que la France taxe à 30% ou à 50% les avoirs déposés hors des frontières, sans vous douter que ce qui est détenu dans des trusts est justement intaxable et échappe même, pour les plus confidentiels d’entre eux, à toute forme d’échange d’informations fiscales.

Entretenir le mythe sulfureux du compte suisse

Ensuite, le livre parle du passé, sans jamais dire combien la situation a été bouleversée depuis 2009. Vous y dévoilez des activités douteuses d’UBS France entre 2002 et 2007, et vous indignez de l’immunité dont jouirait la banque suisse en France, grâce à la complicité des hautes sphères politiques françaises. Or on a assisté à la tendance exactement inverse, depuis trois ans. La France, comme le reste de l’UE, s’est faufilée dans la brèche américaine pour vider la Suisse (et uniquement elle) de ses comptes gris à une rapidité fulgurante. C’est simple, avant que vous ne commenciez votre enquête, le marché offshore français n’existait plus en Suisse. Savez-vous que le 13 mars 2009, la Suisse a formellement renoncé à son secret bancaire international? Et qu’aujourd’hui les clients français doivent s’auto-déclarer, tandis que des banques n’acceptent plus cette clientèle? Vous répétez des dizaines de fois qu’UBS est la plus grande banque de gestion de fortune. Mais c’est Bank of America qui occupe ce rang, depuis qu’elle a fusionné en 2008 avec Merrill Lynch. La réalité, c’est que la Suisse a cédé ses parts du marché offshore aux Anglo-Saxons et aux Asiatiques, qui dominent sans partage cette industrie. Une réalité moins sulfureuse que le mythique compte suisse, j’en conviens.

Vous affirmez que les banques suisses possèdent 27% du marché transfrontalier. Non, c’est la place financière suisse (y compris les banques étrangères, dont les françaises établies à Genève) qui possédait cette part de marché, et cela remonte à 2007. Cette part devait l’essentiel aux 1000 milliards de dollars d’avoirs européens offshore déposés en Suisse. A mesure qu’ils se déclarent/se fiscalisent/se résorbent, j’estime que la part de la Suisse pourrait tomber rapidement à 15%, tandis que le Royaume-Uni/les îles anglo-normandes/Dublin conserveraient la part de 28% estimée par Boston Consulting Group. Et même ces chiffres sont lacunaires, car ils ne portent que sur quelque 7500 milliards d’avoirs liquides (valeurs mobilières) déposés offshore, mais omettent l’univers des actifs tangibles, tels qu’objets d’art, immobilier, yachts, bijoux. Avec ces derniers, souvent non déclarés et enregistrés au nom de trusts dans les paradis anglo-saxons, j’estime l’univers non déclaré à 13 500 milliards, dont la part de la Suisse se réduit encore au profit des places anglo-saxonnes. Voilà pour ce qui relève non pas du conte de fées, mais de la  réalité. Au final, on ignore pour quel motif UBS France, d’entre toutes, a été espionnée par les services secrets français, qui ont livré à M. Peillon des tonnes d’informations internes à la banque. Est-ce à dire que BNP Paribas n’a jamais eu, elle, de clients sensibles, africains, russes? Qui peut croire pareille chose? L’auteur a-t-il été instrumentalisé, pour clouer au pilori une banque étrangère, cible commode en période électorale? Aux Etats-Unis aussi, UBS et la Suisse ont payé pour tout le secteur offshore, alors que les banques américaines font évader l’essentiel des avoirs. Mais en France, à présent qu’on a crucifié le coupable, qui se plaindra d’être taxé à 75%?

source

http://www.bilan.ch/editoriaux/mz/ubs-france-parlons-en 

merci à elle.

Question subsidiaire: Que font nos politiques ?

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