BNS: David contre Goliath

Le site zerohedge consacre un billet fort intéressant sur l’activité de la BNS avec son plancher à 1.2 CHF pour 1 EUR.

Les économistes sont divisés sur le sujet: la strategie de la bns divise les economistes (20 minutes)

Pour rappel tous mes articles concernant la BNS: Crottaz-BNS

Je résume brièvement l’article de zerohedge. Les graphiques parlent d’eux-mêmes

  • La BNS a augmenté ses positions en monnaies étrangères en passant de moins de 100 milliards de CHF à fin 2009 à 300 milliards (ou 60% du PIB) au 3ème trimestre 2011. C’est une somme importante pour un petit pays. (CHF 50’000 par citoyen !)
  • La BNS a aussi acheté beaucoup de USD (doublement de sa détention au Q3).
  • Depuis début 2010 la BNS n’a pas réussi à contrer la baisse de l’euro.

 

  • L’or (jaune) est évalué mark-to-market et engendre un gros impact que le compte perte et profit de la BNS.
  • Comme la BNS invsestit dans des obligations étrangères (bleu), un changement de taux a un impact important sur les cours des obligations.
  • Le BNS semble posséder aussi une grande position en actions. Au Q3 les principaux indices ont chuté de 11%(SMI), 14& SP500) et 25% (DAX). En tenant compte d’une baisse moyenne de 15% la BNS doit avoir environ 20 milliards en actions (étant donné la perte de 3 milliards au 3ème trimestre dans les comptes).
  • Le plus grand impact vient des positions en devises (rouge). Sur 5 trimestres (Q2/00 à Q2/11, la BNS a perdu 42 milliards ou 8% du PIB. C’est un montant énorme qui se voit généralement en uniquement en période de crise.

 

article complet: David Versus Goliath – The SNB Against Everybody Else

ndlr: ça fait peur !

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Audio/vidéo: Les dividendes de la BNS et le carry trade sur le CHF

Ce matin sur RSR: le-journal-du-matin_20110125_standard_passe-present_Les dividendes de la BNS

Je vous ai déjà parlé des dividendes attendus par les cantons dans un article précédent: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=6446

Dans le fichier audio de la RSR ci-dessus, on peut entendre: 

A. “Les réserves monétaires devenaient phénoménales, des dizaines et des dizaines et de milliards qui n’avaient aucun sens. Le franc suisse est la monnaie la plus réputée au niveau mondial et c’est elle qui court le moins de risque du point de vue monétaire international.”

B. “C’est pour cela que la BNS a vendu une partie de son or en 2004 (une tonne environ) pour combler le trou de l’AVS”

C. “Le bilan de la BNS affiche une perte de 21 milliards due aux achats massifs de l’euro pour freiner le renchérissement du franc suisse”

D. “Dans les pays de l’est, en particulier en Hongrie, les particuliers et entreprises hongroises se sont endettés en franc suisse. Quatre-vingt pourcent de l’endettement hypothécaire en Hongrie est réalisé en franc suisse auprès d’établissements suisses.” Je vous encourage grandement à écouter le reportage de la RSR: le-12h30_20110124_les hongrois pieges par les emprunts en chf

A la suite de quoi, il m’est possible d’aborder les points mentionnés précédemment.

A. Je vais me faire le porte-parole du diable.

Effectivement le franc suisse est une monnaie refuge.

Effectivement, le franc suisse est la monnaie d’un pays moins endetté que les autres pays.

Si je peux me permettre deux remarques qui me semblent importantes: La première est que la couverture or des billets en Suisse est aussi faible que dans les pays environnants. Pour ceux qui n’avaient pas lu mon article à ce sujet, je vous renvoie à “Les billets sont couverts par l’or….mon oeil” (mai 2009). Avec un taux de couverture de 4.17%, la Suisse ne peut pas de vanter d’être en bonne posture. La seconde, c’est qu’avec des banques dont le poids économique est aussi important, le franc suisse présente une faiblesse (le poids du secteur bancaire). Pour l’instant, les objectifs des ratios de Bâle III et les mesures prises dans les grandes banques suisses semblent porter leurs fruits, mais gare à l’effet domino ! En effet, si des banques venaient à être en difficulté dans d’autres pays, il se peut que l’impact (mondial) sur les banques helvétiques se fasse ressentir (et très certainement vice-versa)

(Source Reggie Middleton 2010)

 (Source Zero Hedge 2008)

B. On félicitera la vente de l’or à un moment historique de prix bas (brader semble être le terme idoine):

C. Je me suis largement exprimé sur ces achats massifs d’euros (ou cette vente massive de CHF c’est selon). On peut noter que la BNS ne possède pas la puissance de feu nécessaire pour endiguer le flots/flux massifs d’achat de franc suisse par des intervenants sur le marché des changes. (Tous mes articles au sujet de la BNS : http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns)

D. Le carry trade: Déjà évoqué en mai 2009: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=1529, il semble que les leçons du passé sont rarement tirées. Entendre une économiste (le cordonnier le plus mal chaussé ?) dire qu’elle engage 80% de ses revenus pour payer sa dette en franc suisse me fait sourire…(jaune). Si des économistes sont capables de prendre de tels risques, imaginez dès lors les petits épargnants ou investisseurs qui ne possèdent pas les connaissances suffisantes et nécessaires. De plus, le carry trade pourrait avoir un effet non pris en compte par la BNS: L’appel d’air.

Cette expression bien connue voudrait signifier que plus le franc suisse se renforce, plus la dette des emprunteurs augmente et plus ils doivent ACHETER du franc suisse pour rembourser les crédits.

Si l’histoire doit nous servir de guide !

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