Pétrole en 2008 souvenez-vous…

En 2008, le cours du pétrole flirtait avec….150 USD le baril

crude oil to chart 22-1-2016

 

Je vous avais mentionné dans un récent article quelques anecdotes concernant la psychologie, notamment sur le pétrole, vous pouvez le relire ici: http://blog.crottaz-finance.ch/je-vous-lavais-dit-trop-tot/

Aujourd’hui, on peut lire partout que le pétrole s’écroule et qu’il va aller vers 20 USD, voire plus bas.

Quid quand il était à 100-150 ? Personne pour vous dire qu’il allait baisser fortement par la suite, les spécialistes-scientifiques-analystes-gouru-économistes le voyaient plutôt même vers 200 USD (pour Goldman Sachs aussi New super-spike might mean $200 a barrel oil)

Aujourd’hui le prix a été divisé par…..5 et on vous annonce les dix derniers dollars de baisse, allons soyons sérieux !

Je ne dis pas que c’est impossible, j’avance que c’est venir comme la grêle après la vendange.

Pour mémoire quelques manchettes de 2008:

newsweek-cover couv920 bilan_07_8-1

En conclusion (et ceci est aussi valable pour l’or).

Quand tout le monde vous dit d’acheter….eh bien vendez et inversement.

Pour information, des grandes banques ont dit (et appliqué dans leur mandat de gestion) de vendre l’or vers la fin de l’année passée.

J’ai reçu des communiqués de leurs comités d’investissement avec les nouvelles allocations d’actifs mettant la position or à zéro (pour certaines achetant des actions européennes en contre partie).

Hier, un gestionnaire Suisse (Florian Siegfried que je connais) écrit: “When a leading Swiss bank recommended its clients sell all their gold, AgaNola Asset Manager Florian Siegfried knew the precious metal was preparing for an upswing”  ici: http://seekingalpha.com/article/3820706-swiss-asset-manager-florian-siegfried-watching

Pour revenir à mon article du 15 octobre quand l’or était à 1100 USD reste toujours valable et pour l’instant le rebond a été avorté (1100 à 1190): http://blog.crottaz-finance.ch/lor-et-les-mines-cest-parti-mon-goldy/

Only time will tell et le timing c’est toujours délicat mais la psychologie nous renseigne assez bien.

 

 

 

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L’Or est mal aimé. Les commerciaux et spéculateurs changent leurs positions

L’or est survendu et détesté à ces niveaux.
C’est une excellente nouvelle pour les contrariants. Nous devrions être proche d’un bas.
Les sentiments des traders nous indiquent désormais qu’une majorité des investisseurs n’aiment pas l’or.

GOLD COT 25-11-2015

Et ô grande joie on m’annonce que deux banques (une suisse-allemande et une genevoise) viennent de passer à une exposition sur l’or de …..0% (ils vendent donc) pour tous les profils de risques.

A 1900USD l’once personne pour vendre (voire que des acheteurs)…à 1070 ils vendent soit après plus de 40% de baisse (pour mémoire les marchés des actions ont perdus plus de 45% en 2008…) c’est un véritable krach

Pour moi, c’est un indicateur de jet de l’éponge.

Le rebond et la hausse de l’or sont proches.

Time will tell

 

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Combien d’or papier pour de l’or réel ?

Comme souvent évoqué sur ce blog, la monnaie fiducaire et les écritures scripturales permettent de faire tout et n’importe quoi (à court terme je le rappelle aussi, car tout a une fin)

Aujourd’hui sur le COMEX les stocks d’or sont à un niveau des plus bas.

 

comex warehouse 2015

Le levier est à 1 pour 300 désormais (ou 300 onces en papier pour 1 once réelle)

http://www.silverdoctors.com/bullion-bank-leverage-soars-to-near-3001/

http://www.tfmetalsreport.com/blog/7170/comex-bank-run-scotia-mocatta

http://www.tfmetalsreport.com/blog/7241/futures-market-fraud

http://harveyorganblog.com/2015/11/03/nov-3another-2-98-tonnes-leaves-the-gldin-the-past-3-days-8-04-tonnes-have-leftcomex-dealer-registered-gold-down-to-only-4-7-tonnes-gold-open-interest-does-not-fall-much-with-the-raid-yesterday/

 

Comment est-ce que cela va se terminer ?

 

Combien de temps encore cela peut-il durer ?

 

J’ai ma petite idée

 

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L’or et les mines c’est parti mon goldy?

Au mois de juillet, le jour de la grande baisse de l’or en Asie de plus de 5% et une vente panique à 1’070 USD l’once (aujourd’hui 1185 USD +10.7% sur la période), je vous avais rédigé cet article:

http://blog.crottaz-finance.ch/lor-et-les-mines-dans-tous-leurs-etats/

Cet article est à relire (ainsi que les commentaires !). Ils montraient bien à quel point nous avions touché un bas psychologique (nouveaux objectifs sur l’or à 700 voire 350, hedge funds à découvert et j’en passe).

Certains pensent désormais que c’est l’opportunité d’une vie: (Avec Morgan Stanley devient positif sur les matières premières)

http://www.caseyresearch.com/articles/this-is-a-once-in-a-lifetime-buying-opportunity

Je vous invite à lire cet article: http://seekingalpha.com/instablog/667695-jeb-handwerger/4450096-recent-rally-in-junior-gold-miners-gdxj-just-beginning?isDirectRoadblock=false&uprof=79

Jeb (l’auteur) a recommandé Carlisle il y a des mois et aujourd’hui OPA ! http://www.marketwatch.com/story/alamos-consolidates-ownership-of-lynn-lake-project-with-acquisition-of-carlisle-goldfields-2015-10-15-7173156 bravo à lui !

Je vais regarder ses prochaines recommandations !

Voici l’indice des mines juniors GDXJ dont l’auteur parle

Sur une année (rien de particulier sauf que toujours en baisse (-32% environ))

gdjx 1 y 2015

Le voici sur 3 ans (aie ! -75% environ)

gdxj 3 ans 2015

Sur 5 ans (-82% environ et près de 90% depuis le top)

gdjx 2009-2015

Tout a un prix et je ne crois pas me tromper de beaucoup si je dis que ce à quoi nous avons assisté avec la chute des mines est une mise à mort des titres sans discernement aucun.

Le retour des mines (notamment les juniors) pourrait être violent

Le secteur va renaître de ses cendres et  les mines juniors vont très certainement “surpeformer” l’ensemble du secteur aurifère.

La qualité d’une junior (exploratrice en devenir) c’est:

  1. High grade (haut grade, teneur en or du dépôt. Le grade moyen des mines dans le monde vient de passer au dessous de 1g à la tonne)
  2. Infrastructure (route, train etc.)
  3. Country / Province (le risque politique est important pour l’obtention du permis etc.)
  4. Permitting well advanced (permis en cours proche)
  5. Low Capex (coût de mise en production bas)
  6. Durée de la vie de la mine (plus de 10 ans au moins)
  7. Management de qualité (actionnaire de la société à une hauteur importante)
  8. Le coût de production bas (all-in costs)

Je tiens à disposition (avec les arguments) – de ceux qui le désirent- le nom d’une mine juniors de qualité (qui pourrait aussi finalement se faire racheter…) (info@crottaz-finance.ch)

Happy Investing

NB: je vous renvoie à mon disclaimer concernant les investissements boursiers.

 

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Les monnaies exotiques, asiatiques etc, peuvent encore baisser

Si on utilise un comparatif (comparaison n’est pas raison) avec la crise de 1997-1998

former URSS currency today s move

 

asian currency depreciation against USD

La rouble

rubbleQuestion: Quels sont les monnaies fortes désormais ? Le USD ? l’EUR

Je n’y crois plus…..(trop de dettes, Banque Centrale énorme, etc.)

Suivez donc mon regard doré ! (voire même peut-être argenté !)

Egon : https://www.goldbroker.fr/actualites/or-un-monde-deux-marches-physique-papier-830

et sa dernière interview: Il parle de la chance d’une vie de jouer l’or ! http://kingworldnews.com/egon-von-greyerz-broadcast-interview-available-now-8-22-15/

 

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And If the USA would only have 311 tons of Gold left ?

I have read a lot of articles about the real US Gold holdings. Ron Paul tried to audit the reserves without success.

In the following article (dutch):http://marketupdate.nl/nieuws/goud-en-zilvermarkt/analyse-china-waardeert-goudreserve-naar-marktwaarde/?utm_source=investment_insider&utm_medium=email&utm_campaign=188_ii_52672&kbtr=52672.12671.916b

it is said that the Gold reserves are taken at market price by the banks of China, Russia and ECB.

It means they all consider that Gold is a currency !

eurosystem-reserves-gold-v2

 

russian-reserves-1999-2015

 

china_gold_forex

 

china_reserve_assets

Except USA which keep on valuating that “commodity” at 42.22 $ an ounce.

What does it mean ?

  1. They are cautious on the futur evolution of gold price and keep the price in their accounting at an historical low “pruchase price”
  2. They prefer to keep it low so they have a leverage in their accounting to find hidden reserve
  3. They do not have the gold any longer or much less than they say

In fact, I would bet for the third proposal.

May be there is a way how to calculated how many tons they have left.

Take the idea if USA would have valued gold at market price, they would have 8’100 tons at 1’100 USD an ounce.

Now they valuate the golde reserves at 42.22 $ an ounce

It means 1’100 / 42.22 which is around 26 ratio.

So 8’100 tons of gold through 26 ratio is 311 tons of gold at market price.

This article is unrelated to any existing names, names of organizations, or individual names.

Except if you can prove the opposite !

 

J’ai lu beaucoup d’articles sur la détention d’or des Etats-Unis d’Amérique. Ron Paul a essayé de faire un audit des réserves, sans succès.

Dans l’article suivant (hollandais) : http://marketupdate.nl/nieuws/goud-en-zilvermarkt/analyse-china-waardeert-goudreserve-naar-marktwaarde/?utm_source=investment_insider&utm_medium=email&utm_campaign=188_ii_52672&kbtr=52672.12671.916b

il est dit que les réserves d’or sont calculées au prix du marché par les Banques de Chine, de Russie et la BCE.

Cela signifie que tous considèrent l’or comme une monnaie !

eurosystem-reserves-gold-v2

 

russian-reserves-1999-2015

 

china_gold_forex

 

china_reserve_assets

Sauf les USA qui continuent à valoriser la “commodité” à 42..22 $ l’once.

Qu’est ce que cela peut donc signifier ?

  1. Qu’ils sont prudent sur l’évolution futures du prix de l’or et gardent le prix dans leur comptabilité à un prix historiquement bas correspondant “au prix d’achat”
  2. Qu’ils préfèrent garder le prix bas pour ainsi avoir du levier pour dissoudre des réserves latentes cachées.
  3. Qu’ils n’ont plus l’or ou beaucoup moins qu’ils ne veulent bien le dire

En fait, je penche pour la troisième proposition

Il y a peut-être une manière de calculer combien de tonnes il leur reste.

Prenons l’idée que les USA avaient valorisé leur or au prix du marché, ils auraient 8’100 tonnes  au prix de 1’100 USD l’once.

Aujourd’hui, ils valorisent les onces à 42.22 USD

Cela signifie 1100 / 42.22  soit environ un ratio de 26

Ainsi 8’100 tonnes divisées par 26 donnent 311 tonnes d’or au prix du marché.

Ce billet est une oeuvre de pure fiction. Par conséquent toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Sauf si vous me prouvez le contraire !

 

 

 

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Ratio Or/Argent depuis 20 ans

graphique or et argent sur 20 ans 10-8-2015

ratio or et argent sur 20 ans 10-8-2015

Le ratio est vers les plus haut. On peut raisonnablement imaginer que l’argent (en cas de rebond des commodités) montera plus fort que l’or.

Mais ceci n’est que du court terme

si on regarde bien plus long

160728-12453176109648-Sajal_origin

Source: http://seekingalpha.com/article/143970-the-600-year-silver-bear-market

On peut tout imaginer

certains arguments (notamment la consommation de l’argent par l’industrie, etc.) plaident pour l’argent: http://www.lecontrarien.com/largent-metal-cest-maintenant-ou-jamais-26-06-2015-or-et-argent

Une chose reste certaine: ON ne peut multiplier les métaux à l’infini comme la monnaie papier et les papier parlons-en

124 onces d’or papier pour une seule once dans le sol: http://www.zerohedge.com/news/2015-08-03/comex-edge-deliverable-gold-drops-record-low-124-ounces-paper-every-ounce-physical

la demande de livraison physique a doublé et les stocks du COMEX sont très très bas: http://seekingalpha.com/article/3396845-demand-for-comex-physical-gold-deliveries-doubles-in-august

et la production d’argent a été vendue sur le marché des options (200’000 contrats): http://www.silverseek.com/article/silver-short-bubble-14570 ce qui correspond à 1 milliards d’onces. Le hic c’est que la production annuelle est de 900 millions d’onces.

Short squeeze ahead ?

Happy investing

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Comment la BNS va-t-elle affaiblir le CHF ?

Je ne vais pas revenir sur la perte de la BNS de 50.1 milliards de CHF pour le premier semestre 2015 dans le détail, je crois que les journaux l’ont assez bien mentionnée.

Ce que je vous prédisais arrive.

Après avoir anticipé- il y a près de 4 ans – l’abandon du taux plancher, je m’aventure dans un pronostic qui peut sembler hasardeux, mais tout à fait plausible.

Tout d’abord, je désire juste mentionner l’article du temps:

50 milliards de pertes pour la BNS dans lequel Monsieur Bakhtiari avance des arguments à tomber de la chaise: La BNS a les reins assez solides pour faire face à des réserves négatives

On doit savoir d’où viennent ces explications fumeuses: De la pensé unique de banquiers. Monsieur Laurent Bakhtiari est diplômé d’un Master en Finance d’Audencia Nantes et d’un Master en mathématiques quantitatives d’Imperial College London. en conclusion, un Français (dont le pays est plombé depuis 1974 sans aucun budget à l’équilibre)) avec une culture de banque anglo-saxonne vient nous dire que ce n’est pas grave de faire des pertes et que la BNS a les reins super solides !

Là je dis tout simplement BRAVO ! On est donc très loin de l’école autrichienne.

Plus sérieusement, comment peut-on être si convaincu que la banque centrale suisse est invincible. L’abandon du taux plancher (sous la pression d’une explosion du Bilan) n’a-t-il pas déjà démontré que la marché est bien plus puissant que toute banque centrale.

J’ajoute que Monsieur Bakhtiari se permet de faire de la politique puisqu’il avance qu’heureusement l’initiative 20% de réserve en or (qui a été balayée parce qu’incomprise par tout un chacun et surtout super attaqué par le lobby financier) était une aberration économique. Tout dépend du moment du vote. Je ne suis pas certains qu’après l’abandon du taux plancher cette initiative aurait été balayée aussi fortement. Tout cela n’est plus qu’histoire)

Pour revenir à notre bilan de la BNS et pour mémoire, car certains – dont Monsieur fait partie – semblent avoir la mémoire très courte.

A certaines périodes les réserves en or de la BNS étaient composées jusqu’à 50% d’or.

Monsieur Dominque Casai mentionne d’ailleurs: “La Banque centrale européenne  possède 27% d’or, les banques centrales des pays de la zone euro affichant des pourcentages très élevés d’or sur leur bilan, à l’instar de l’Allemagne (67%), de la France (65%), ou de l’Italie (66%). La BNS aurait donc une marge si elle devait suivre les allocations de ses voisines. «S’il est vrai que la forte concentration d’or qu’avait la BNS il y a vingt ans n’était pas judicieuse, il faut constater que les 8% actuels sont extrêmement bas”

Allez une piqure de rappel (source Bilan)

or bns bilan

Comme je l’ai mentionné rapidement dans un article, j’imagine (sans être comploteur) ce que nous mijote la BNS (involontairement ?) puisqu’elle garde les euros dans son bilan énorme (quasiment 90% du PIB, alors que les Japon en est à 50% et les autres pays encore plus bas)

Tout d’abord des chiffres:

PIB Suisse 640 milliards de CHF environ

Bilan de la BNS: 577 milliards de CHF (juste petite remarque: la BNS a perdu 50,1 milliards depuis le début de l’année 2015 et son bilan a passé de 561 à 577 (+16)…donc approximativement 66 milliards de CHF d’achats de devises (50+16)

bns bilan fin juin

Dettes de la Suisse (publique Canton et confédération) 34.5%

(source:http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/21/02/ind32.indicator.71103.3208.html) soit environ 220 milliards.

Le monde entier nous envie cette dette basse (sauf les Russes qui en ont une encore plus basse) et c’est probablement le pourquoi de l’intérêt des investisseurs pour le CHF et ceci malgré les taux négatifs imposés sur les liquidités en CHF.

Vous me connaissez, vous me voyez donc venir.

Comment faire pour ne plus attirer les investisseurs ? Il suffit d’être super mauvais comme les autres. Pour cela, il faudrait endetter le pays de manière importante. La BNS nous y amène gentiment.

Il est possible dans un futur proche – sans que cela ne soit une utopie “débilissime” – que la BNS perde beaucoup, mais vraiment beaucoup d’argent, à savoir 100 ou même 200 milliards de CHF sur ses placement devises et aussi actions (pour mémoire la BNS possède une exposition de 100 milliards au marché des actions).

Comment ? hausse des taux, chute des marchés, chutes des devises etc.

Si la BNS perd 220 milliards, on pourrait imaginer qu’elle appelle au secours et demande a être recapitalisée. Par qui ? Par la Confédération (le peuple indirectement) qui lancerait une magnifique émission obligataire géante.

Par ce tour de passe-passe, la Suisse aurait un endettement immédiat de 69% et se rapprocherait des ses voisins.

Mais tout cela n’est que le fruit de mon imagination débordante qui m’avait vu annoncer, le jour de son instauration en 2011, l’abandon du taux plancher avec fracas: http://blog.crottaz-finance.ch/la-bns-devra-rendre-des-comptes/

Tout comme la pensée unique se trompe ou veut nous tromper (comme ici Bilan en 2012: Pourquoi la BNS va gagner son pari sur l’euro )

A relire sans modération:

http://blog.crottaz-finance.ch/si-la-banque-nationale-suisse-bns-metait-comptee/

http://blog.crottaz-finance.ch/si-la-bns-metait-comptee-episode-no-2/

 

La vidéo de la direction de la BNS

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L’or et les mines dans tous leurs états

La chute brutale de l’or a été de toute évidence orchestrée. Ayant moi-même géré des montants très important à l’époque, je sais très bien que le principe de “best execution” doit être la règle, à savoir soigner les ordres de vente ou d’achat afin de ne pas surpayer ou sous-encaisser.

Force est de constater que certains intervenant ne s’embarrassent pas et massacre les cours. En ce qui me concerne, je ne donnerais pas un kopek à gérer à de tels bandits.

20150719_gold_flashcrash

Sans vouloir céder à la théorie du complot, tout est fait pour faire lâcher les mains faibles.

Nous sommes aujourd’hui, et ceci depuis des années, dans une guerre monétaire. Le vainqueur n’est pas encore défini, entre les USA et les banques qui manipulent les cours papiers contre  Chinois et Russes qui achètent le tangible.

russian gold buying 07-20poupou

Et les Chinois (qui veulent protéger leur monnaie à 20% par de l’or)

china%20gold

Gold holdings
Gold holdings

On constate qu’aux deux premières places on voit les USA (dont aucun audit des réserves n’a pu être effectué malgré les demandes de Ron Paul notamment) et les Allemands (dont les stocks se trouvent aux USA et que les allemands n’arrivent pas à rapatrier..).

Il y a de la place pour que les chinois et les russes en achètent encore et je pense qu’ils vont même profiter pour accélérer les achats.

Au moment où je vous écris, le sentiment sur l’or est au plus bas. Les banques (y.c. nos “amis qui vous veulent du bien” Goldmann Sachs) voient l’or aller même jusqu’à 900 voire au-dessous.

Le sentiment au plus bas:

IMG_4793

Le hic c’est qu’il y a toujours un décalage entre la production, les coûts de production, le cours du sous-jacent.

Aujourd’hui la majorité des mines produisent à perte, alors que la production est encore en courbe ascendante.

gold production

le point clé est les coûts de productions:

all in costs

allincosts2

Une très grande quantité de mines sont en perte et c’est pourquoi je pense que l’or est très très proche d’un bas.

sangoldstockfall

Les titres touchent des plus bas

Voici un graphique avec les périodes baissières sur les titres or. 2011-2015 est une des périodes les plus fortes

July18_2015BGMIbears1

On est survendu au possible

July23_2015GDMos

Certains disent que comme les taux vont monter ce n’est pas bon pour les mines, voici une preuve du contraire avec la hausse des intérêts aux USA de 1968 à 1978

gold and interest ratese

Les mines sont bon marché par rapport à l’or

CK9pc5RWcAAo6xK

Je rappelle que les mines sont des actions et non de l’or physique. Les actions sont influencées par l’offre, la demande, le sentiment, l’environnement politique et j’en passe.

Si j’étais moi, j’achèterais des mines et de l’or (idem pour le secteur de l’argent métal)

In Gold we trust

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Les billets sont garantis par de l’or…..mon oeil ! (mise à jour 2015)

Le 29 mai 2009, je vous avais écrit un article sur cette fameuse couverture or des billets.

Il est grand temps de faire une mise à jour suite à tous les développements 2015 dont l’abandon du taux plancher sous la pression.

Abandon que je vous avais annoncé le jour même de la fixation de cette hérésie de taux plancher dans mon article: “La BNS devra rendre des comptes” (et ce n’est pas fini, foi de Crottaz ! (j’aurai pu écrire “foie de Crottaz”, tellement le bilan de la BNS est indigeste))

Revenons à nos moutons.

Je vais vous montrer la couverture or de nos billets de banques en vous produisant tout simplement les chiffres et tableaux de la BNS (Banque Nationale Suisse).

Tout d’abord le montant en or de la BNS

bilan bns 2014

Soit 1040 tonnes d’or qui représentent 38’612.4 milliards fin mars 2015

Quelle est la quantité de billets en circulation ?

billet et comptes à vue 2015

Et l’explication “fumeuse” de la croissance ! (à oui la fameuse croissance….on est en déflation en Suisse ! ) la BNS veut dire la croissance du bilan ?

circulation billets de banques ch en 2014

 

Si je sais bien lire 66.897 milliards en billets pour 38 milliards d’or, soit une couverture or de 57.71% des billets en circulation.

Mais le propos ne s’arrête pas là car il faut tenir compte des autres « billets » qui physiquement pourraient être réclamés. Les comptes à vue (crédit etc.) et des comptes épargnes qui ne figurent pas dans le tableau précédent.

Voici donc le total de ce qui est appelé masse monétaire M3….. et sa merveilleuse évolution

agregat monetaire mars 2015

Toutes données peuvent être compulsées ici: annrep_2014_komplett.fr

Si on prend l’extrême, soit 958.546 milliards cela offre une couverture or de 4.02%……..je défaille ! (38.612 milliards en or pour une M3 de 958.546 milliards de CHF)

J’ajoute en plus que la BNS a augmenté son exposition en actions à 18% du bilan soit 100 milliards de CHF en actions, ce qui correspond à 13’000 CHF par habitant (pas par contribuable!)

reserves de devises et titres en CHF BNS

On comprend pourquoi certains titres n’arrêtent pas de monter…

Zerohedge l’a bien mentionné, la BNS possède plus de 1.1 milliards de USD dans Apple (entre autres)

Vous trouverez les détails ici: http://www.zerohedge.com/news/2015-05-07/guess-who-owns-11-billion-apple-stock

Soit vous pensez que les banques centrales ont tout pouvoir (et achetez les titres qu’elles achètent, soit vous pensez que cela ne peut aller à l’infini)

 

C’est l’histoire d’un type qui se demande combien font 2+2.

Il demande à son médecin à l’occasion. Ce dernier répond: « Je pense connaître la réponse, mais il va falloir que je demande l’avis de mes confrères ».

Notre homme se tourne alors vers un mathématicien et lui pose la même question. Le savant lui répond 3,9 périodique.

La réponse ne le satisfait pas. En désespoir de cause, il contacte un économiste et un comptable. Combien font 2+2 ?

L’économiste: « D’après mes tables environ 4, mais je vous dirai dans quelques temps pourquoi la réponse que je vous fournis est fausse. »

Le comptable: « Dîtes moi combien vous voudriez que ça fasse ! »

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Si la BNS m’était “comptée” épisode no 2

En ce 1er mai,  fête du travail, je me permets de faire une mise à jour du bilan de la BNS suite à sa dernière publication.

La-BNS-a-subi-une-perte-de-30-mill

Voilà un nouveau terme pour abyssales: Des perte BNSques !
Hier notre chère banque centrale suisse a annoncé une perte de 30 milliards de CHF (perte comptable qu’elle dit ! Ce qui n’est pas significatif, paraît-il, car sur une partie de l’exercice 2015 uniquement)
Bruno Bertez et votre serviteur l’ont d’ailleurs aussi relevé: Le BNS est un hedge funds !
http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns
http://brunobertez.com/2015/04/30/la-banque-nationale-suisse-comme-un-hedge-fund/

Passons en revue le bilan:

 

bns bilan Q1-2015 biss Lire la suite

Le Poutine dans la mine ?

Qu’est ce qui est jaune, qui monte et qui descend ?

Tout le monde a déjà entendu cette blague assez facile dont la réponse est: un canari dans un ascenseur.

 

Qu’est -ce qui est jaune, qui pèse 1’000 kg et qui monte et qui descend ?

La réponse (à nouveau) un canari de 1’000 kilos dans un ascenseur !

 

Qu’est ce qui est jaune et qui monte tout le temps ?

Réponse: Les réserves d’or de la Russie

goldcore_chart1_21-04-15

En mars, la Russie a acheté un million d’onces et a augmenté ses réserves de 2.6%

Ce qui amène le pays a être détenteur de plus de 1’200 tonnes, pointant au 5ème rang mondial

 

goldcore_chart2_21-04-151

 

et en rouble cela engendre un impact sur les réserves de la banque centrale du pays

 

goldcore_chart3_21-04-15

Tout comme ceux qui calculent en euro

gold in euro chart 21-4-15

Les seuls investisseurs qui ne rigolent pas (pour l’instant) sont les suisses, la monnaie étant forte

gold kg chf 21-4-15

La guerre des devises dure depuis longtemps et celle de l’or ne fait que commencer. La Chine et la Russie accumulent le métal jaune. Quant aux USA on se demande encore et toujours s’ils détiennent autant d’or qu’ils l’annoncent et s’ils ne l’ont pas vendus. Les allemands avaient essayé de récupérer leur or sans succès et Madame Merkel n’a pas trop insisté.

Un indice qui pourrait faire des étincelles si l’or monte et les marchés standards baissent:

GDX chart 21-4-15

Happy investing

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La Banque Nationale Suisse au service du public ou des marchés? Par Liliane Held-Khawam

Madame Liliane Held-Khawan nous gratifie ce jour (comme à son habitude) d’un excellent article.

La BNS temple de la richesse de la Suisse du 20ème siècle est devenu son talon d’Achille. Depuis une dizaine d’années cette entreprise cotée en bourse semble avoir donné une place prépondérante aux besoins des marchés financiers par rapport à ceux du public. Dans son rapport d’activité de 2012 (p66) on peut lire ceci en réponse à la demande de la création d’un fond souverain : « … associer le placement des réserves monétaires de la BNS à des intérêts stratégiques de la Suisse engendrerait un risque de conflit d’intérêts et mettrait potentiellement en danger l’indépendance de la BNS ». Tout est dit.

Dans un contexte d’union douanière, le marché est roi et le marché financier le roi des rois. Bien avant la populaire crise des subprimes, les gouvernants de grandes puissances ont octroyé une place prépondérante aux banques commerciales. Ceci s’est fait grâce au pouvoir de création monétaire qui leur a été délégué. Cette monnaie qui s’appuie sur des dettes – appelée aussi scripturale (1)- est la racine d’un système financier déséquilibré et malade. Le pouvoir de créer de la monnaie ex-nihilo a permis aux financiers de s’infiltrer dans tous les coins de la vie politique, économique, sociale et privée. Cette monnaie scripturale représente plus de 90% de la masse monétaire mondiale ce qui bouleverse totalement la donne en matière de pouvoir monétaire, financier et politique. Sa portée politico-sociale est majeure!

Ce pouvoir étendu offert à un groupe de personnes a créé un chamboulement dans le métier bancaire rythmé par les crises et les scandales. La Suisse a été par exemple sonnée en 2007 par la découverte de l’implication de la légendaire UBS dans la crise américaine des subprimes et de ses pertes vertigineuses. La première surprise passée, on a expliqué au citoyen qu’il devait payer pour des personnes privées  ayant opéré sur sol américain. Encore plus surprenant, des pratiques criminelles éclaboussant ces grandes banques transnationales ont échappé aux mains de la justice.

Bref, les conséquences pratiques de tout cela se sont cristallisées en 2011 autour du financement des dettes publiques européennes et les risques de défaut de paiement de certains pays. La crise était si aigüe qu’elle menaçait d’emporter avec elle la zone euro et sa monnaie. Les banques européennes lourdement chargées en créances publiques (grecques, espagnoles,..) hautement risquées dans une monnaie qui l’était tout autant ne se faisaient plus confiance. C’en était à tel point qu’elles avaient du mal à se procurer du dollar américain. Elles couraient le risque de devoir vendre leurs actifs en dollars et de stopper le financement de compagnies américaines. Le système était en train de se gripper sévèrement !

C’est donc pour éviter un effondrement des marchés que 5 banques centrales dont la BNS ont décidé de mettre en place l’assouplissement quantitatif de manière massive en septembre 2011. C’est une politique monétaire dite « non conventionnelle » qui consiste en une expansion du bilan de la banque centrale qui rachète aux établissements financiers de manière définitive ou temporaire (REPO) des actifs même toxiques. Ces acquisitions se font en monnaie nationale via les comptes à vue que les banques possèdent auprès des banques centrales. C’est ainsi que la zone euros a pu refinancer à bon compte ses dettes souveraines et que l’euro a été sauvé.

Cette décision de l’assouplissement quantitatif -annoncée par le New York Times le 15 septembre 2011 (2)- explique à elle seule la décision quant à la fixation par la BNS d’un taux-plancher avec l’euro (septembre de la même année). Il semble évident que ce taux plancher lui permet à ce jour de ne pas faire apparaître les pertes comptables liées à la valeur réelle de l’euro. Le mécanisme de l’assouplissement quantitatif se lit dans le bilan de la BNS. On peut relever quelques éléments qui retiennent l’attention.

Le premier élément est l’expansion sans précédent de son bilan sans réalité économique. Celui-ci a été multiplié par plus de 4 entre fin 2004 et fin 2013. Cette tendance expansionniste s’est poursuivie immuablement durant les sept premiers mois de 2014, le bilan passant de 490 à 517 milliards de francs sur cette période !
Un deuxième élément qui interpelle est le soutien massif de l’euro qui occupe quasiment la moitié des devises (46%) pour atteindre la somme vertigineuse de 215 milliards de francs suisses au 30 juin 2014. A titre indicatif, cette rubrique s’élevait à 112 milliards de francs en 2010.

Le 3ème élément fort intéressant est que la BNS investit massivement dans la reprise d’obligations d’État. Ces actifs sont en effet passés de 170 milliards fin 2010 à 340 milliards en juillet 2014 !
Le 4ème élément est un comportement nouveau de la BNS. Il consiste à récupérer des créances d’institutions risquées. Ainsi, les placements avec une notation financière égale ou inférieure à « A » sont passés de 6 milliards de francs en 2010 à près de 37.5 milliards de francs en juillet 2014 ! Voilà une conséquence claire de l’assainissement des banques et institutions financières.

Toutes ces acquisitions/reprises d’actifs des établissements commerciaux doivent être financées. Ceci s’est fait via plusieurs comptes de l’actif ou du passif du bilan. En voici quelques-uns.

  • Lors des subprimes, la BNS a vendu 250 tonnes d’or entre 2007 et 2009.
  • La BNS a augmenté les billets physiques en circulation qui sont passés de 40 à 63 milliards de francs en moins de 10 ans.
  • La BNS a renfloué les banques en Suisse (« compte des virements des banques en Suisse »)  via leur compte à vue auprès de la banque centrale. Cette rubrique a littéralement explosé en même temps que le bilan de la BNS. Elle est passée de moins de 6 milliards en 2005 à 305 milliards en juillet 2014. Elle  constitue la contrepartie apportée par la banque centrale en échange des titres en devises qu’elle assume dorénavant appelés « placement en devises étrangères » inscrits au bilan de la BNS.

Cet argent déposé sur des comptes courants -rémunéré actuellement à 0%- appartient désormais à des banques commerciales (identités non communiquées). Il constitue un actif pour ses propriétaires et un dû pour la banque centrale. Ce sont donc de facto des crédits purs et durs contractés par la BNS auprès des banques commerciales. Celles-ci peuvent grâce à ce « renflouement » développer leur propre création monétaire scripturale et donc amplifier leurs activités plus ou moins spéculatives

  • les « comptes des virement de banques et d’institutions étrangères », autre source de financement des acquisitions de devises et de créances publiques. Le principe est le même que le précédent à la différence près que les établissements se trouvent à l’étranger. Cette rubrique est passée de moins de 2 milliards en 2011 à près de 15 milliards (19 mia en avril 2014). Un bond notable a eu lieu en 2012 (12 mia). Peut-on y voir un lien avec l’ouverture d’une agence de la BNS à Singapour ?

Cette observation du bilan de la BNS appelle plusieurs constats. Le premier c’est que la BNS semble s’être elle-même financiarisée à l’image des Etats ou des entreprises transnationales y c des grandes banques. Son impressionnante expansion sans lien avec l’économie réelle et le PIB donne le sentiment de la constitution d’une bulle spéculative géante.

La présence massive de placements en euros fait perdre de facto l’indépendance tant recherchée dans la loi sur la BNS de 2003. D’ailleurs, quelques semaines avant la fixation du taux-plancher on pouvait relever ce passage dans un article du Temps du 15 juillet 2011 (3):

« Alors que le franc s’envolait mercredi vers de nouveaux sommets, Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse, a fermement rejeté toute idée d’arrimer la monnaie helvétique à l’euro. «Notre mandat principal est d’assurer la stabilité des prix. Lier le franc à l’euro entraînerait de nouveaux problèmes, comme la hausse des taux d’intérêt en Suisse. En outre, une telle opération nécessiterait de modifier la Constitution. Nous ne pourrions plus assurer l’indépendance de notre politique monétaire», a-t-il rappelé mercredi à Zurich lors d’un podium de discussion organisé par l’Efficiency Club. »
La Constitution n’a pas été modifiée, le taux-plancher a été posé et la BNS a perdu son indépendance en matière de politique monétaire. A tout cela s’ajoute une question : que se passerait-il en cas de sortie d’un Etat-membre de la zone euro? Qui supportera les conséquences d’un défaut de paiement d’un des créanciers à risques?

Les risques d’hyperinflation sont réels. Tant que les banques commerciales accepteront de laisser leurs centaines de milliards dormir sur le compte à vue de la BNS à 0%, l’inflation sera en principe contenue. Mais que se passerait-il si ces mêmes banques pilotées en bonne partie par des puissances financières étrangères venaient à retirer leurs dépôts non obligatoires ? Et si elles décidaient de les injecter dans le marché suisse?

Le même septembre 2011, un évènement peu relayé dans la presse a eu lieu à Berne. Les autorités fédérales ont validé une loi appelée Too big to fail. Celle-ci garantit de manière illimitée et sans condition toute défaillance de toute banque répertoriée comme too big to fail. Cette garantie concerne l’argent public du pays mais aussi l’argent des citoyens (épargnes, caisses de pension, assurance-vie…). Le citoyen-contribuable qui gagne son argent grâce à son effort au travail doit garantir un circuit financier représenté par des responsables qui semblent bénéficier d’une impunité à toute épreuve. Les risques liés au concept de la Too big to fail a été remis en question par le FMI (4).

Les enjeux en termes de démocratie et du bien commun sont gigantesques, existentiels et essentiels pour l’avenir. Le travail n’est plus le facteur créateur de richesses. Le danger d’une création d’un circuit fermé créateur de richesses gigantesques réservé à une élite semble être en train de se mettre en place. Les gains basés avant tout sur la spéculation et les « coups » peuvent être si importants que la tentation des banquiers de tourner le dos au financement de l’économie réelle augmente.

A ce stade les questions et interrogations sont nombreuses. Est-ce que le portefeuille gigantesque de la BNS est encore utilisé pour le bien commun compte tenu de son refus de constituer un fond souverain pour la Suisse? Sa force de frappe boursière peut-elle « booster » artificiellement les marchés boursiers? Participe-t-elle alors à enrichir un petit nombre de manière démesurée? Est-elle devenue partie prenante de la finance-casino? Cette politique est-elle compatible avec la mission que le législateur lui a assignée ? Est-il légitime de faire porter des risques majeurs d’un système pour le moins problématique par les petits épargnants, contribuables, retraités? Est-elle en train de transférer son indépendance à des tiers étrangers avec l’assouplissement quantitatif et l’explosion du compte des virements des banques en Suisse remettant alors en cause la souveraineté du pays sans mandat connu? Quel poids politique ce compte de virements des banques donne-t-il à leurs propriétaires?

Surprenante BNS qui nous avait habitués à la prudence. Nous nous retrouvons avec une monnaie quasiment privatisée et une indépendance monétaire pratiquement perdue! La monnaie, la politique monétaire et la banque centrale sont autant de pierres angulaires à l’édifice de l’intérêt public, du bien commun et de la démocratie. Objectivité et neutralité doivent garantir l’équité entre les citoyens. Tout comportement qui ressemblerait à du favoritisme d’un groupe ou d’un autre est contraire à l’esprit d’une économie libre, à la liberté d’entreprendre et à l’Etat de droits.

Au pouvoir illégitime octroyé au marché financier, s’ajoute le fait que la richesse de la Suisse et des suisses est en mode de dilution avancée. Alors qu’une minorité d’individus a acquis un pouvoir de vie et de mort sur la monnaie nationale, un nombre grandissant du peuple peine à boucler ses fins de mois. C’est par la monnaie que la démocratie est en train de filer…

Liliane Held-Khawam

(1)La monnaie scripturale détruit les États! https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2014/07/19/la-monnaie-scripturale-detruit-les-etats/

(2) 5 Central Banks Move to Supply Cash to Europe, September 15, 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/16/business/global/borrowing-costs-stubbornly-high-at-spanish-auction.html?_r=0

(3) http://www.letemps.ch/Page/Uuid/823b8ba4-ae59-11e0-8d13-d03d80d505be/Lier_le_franc_%C3%A0_leuro_cr%C3%A9erait_de_nouveaux_probl%C3%A8mes

(4) Le dernier « Rapport sur la stabilité financière globale » du FMI consacre un chapitre entier (sur trois) aux problèmes générés par les garanties étatiques offertes aux établissements considérés comme TBTF. Il y est très clairement expliqué que les banques qui bénéficient de ce type de garantie « ont peu d’incitation à surveiller et punir les prises de risque excessives ». Elles bénéficient par ailleurs de conditions d’emprunt plus avantageuses que ne le justifierait leur profil de risque, ce qui peut leur permettre d’augmenter leur niveau d’endettement pour « s’engager dans des activités plus risquées ». Ces établissements sont ainsi encouragés à rechercher une rentabilité à brève échéance, au détriment de leur viabilité à plus long terme.

Source : Global Financial Stability Report, avril 2014, p.102,

http://www.imf.org/External/Pubs/FT/GFSR/2014/01/pdf/text.pdf

The implicit government protection of these banks distorts prices and resource allocation. Because creditors of SIBs do not bear the full cost of failure, they are willing to provide funding at a lower cost than warranted by the institutions’ risk profiles. They also have little incentive to monitor and punish excessive risk-taking. SIBs then may take advantage of the lower funding costs to increase their leverage and engage in riskier activities. Banks may also seek to grow faster and larger than justified by economies of scale and scope to reap the benefits of the implicit funding subsidy granted to TITF institutions.

  • les « comptes des virement de banques et d’institutions étrangères », autre source de financement des acquisitions de devises et de créances publiques. Le principe est le même que le précédent à la différence près que les établissements se trouvent à l’étranger. Cette rubrique est passée de moins de 2 milliards en 2011 à près de 15 milliards (19 mia en avril 2014). Un bond notable a eu lieu en 2012 (12 mia). Peut-on y voir un lien avec l’ouverture d’une agence de la BNS à Singapour ?

Cette observation du bilan de la BNS appelle plusieurs constats. Le premier c’est que la BNS semble s’être elle-même financiarisée à l’image des Etats ou des entreprises transnationales y c des grandes banques. Son impressionnante expansion sans lien avec l’économie réelle et le PIB donne le sentiment de la constitution d’une bulle spéculative géante.

La présence massive de placements en euros fait perdre de facto l’indépendance tant recherchée dans la loi sur la BNS de 2003. D’ailleurs, quelques semaines avant la fixation du taux-plancher on pouvait relever ce passage dans un article du Temps du 15 juillet 2011 (3):

« Alors que le franc s’envolait mercredi vers de nouveaux sommets, Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse, a fermement rejeté toute idée d’arrimer la monnaie helvétique à l’euro. «Notre mandat principal est d’assurer la stabilité des prix. Lier le franc à l’euro entraînerait de nouveaux problèmes, comme la hausse des taux d’intérêt en Suisse. En outre, une telle opération nécessiterait de modifier la Constitution. Nous ne pourrions plus assurer l’indépendance de notre politique monétaire», a-t-il rappelé mercredi à Zurich lors d’un podium de discussion organisé par l’Efficiency Club. »
La Constitution n’a pas été modifiée, le taux-plancher a été posé et la BNS a perdu son indépendance en matière de politique monétaire. A tout cela s’ajoute une question : que se passerait-il en cas de sortie d’un Etat-membre de la zone euro? Qui supportera les conséquences d’un défaut de paiement d’un des créanciers à risques?

Les risques d’hyperinflation sont réels. Tant que les banques commerciales accepteront de laisser leurs centaines de milliards dormir sur le compte à vue de la BNS à 0%, l’inflation sera en principe contenue. Mais que se passerait-il si ces mêmes banques pilotées en bonne partie par des puissances financières étrangères venaient à retirer leurs dépôts non obligatoires ? Et si elles décidaient de les injecter dans le marché suisse?

Le même septembre 2011, un évènement peu relayé dans la presse a eu lieu à Berne. Les autorités fédérales ont validé une loi appelée Too big to fail. Celle-ci garantit de manière illimitée et sans condition toute défaillance de toute banque répertoriée comme too big to fail. Cette garantie concerne l’argent public du pays mais aussi l’argent des citoyens (épargnes, caisses de pension, assurance-vie…). Le citoyen-contribuable qui gagne son argent grâce à son effort au travail doit garantir un circuit financier représenté par des responsables qui semblent bénéficier d’une impunité à toute épreuve. Les risques liés au concept de la Too big to fail a été remis en question par le FMI (4).

Les enjeux en termes de démocratie et du bien commun sont gigantesques, existentiels et essentiels pour l’avenir. Le travail n’est plus le facteur créateur de richesses. Le danger d’une création d’un circuit fermé créateur de richesses gigantesques réservé à une élite semble être en train de se mettre en place. Les gains basés avant tout sur la spéculation et les « coups » peuvent être si importants que la tentation des banquiers de tourner le dos au financement de l’économie réelle augmente.

A ce stade les questions et interrogations sont nombreuses. Est-ce que le portefeuille gigantesque de la BNS est encore utilisé pour le bien commun compte tenu de son refus de constituer un fond souverain pour la Suisse? Sa force de frappe boursière peut-elle « booster » artificiellement les marchés boursiers? Participe-t-elle alors à enrichir un petit nombre de manière démesurée? Est-elle devenue partie prenante de la finance-casino? Cette politique est-elle compatible avec la mission que le législateur lui a assignée ? Est-il légitime de faire porter des risques majeurs d’un système pour le moins problématique par les petits épargnants, contribuables, retraités? Est-elle en train de transférer son indépendance à des tiers étrangers avec l’assouplissement quantitatif et l’explosion du compte des virements des banques en Suisse remettant alors en cause la souveraineté du pays sans mandat connu? Quel poids politique ce compte de virements des banques donne-t-il à leurs propriétaires?

Surprenante BNS qui nous avait habitués à la prudence. Nous nous retrouvons avec une monnaie quasiment privatisée et une indépendance monétaire pratiquement perdue! La monnaie, la politique monétaire et la banque centrale sont autant de pierres angulaires à l’édifice de l’intérêt public, du bien commun et de la démocratie. Objectivité et neutralité doivent garantir l’équité entre les citoyens. Tout comportement qui ressemblerait à du favoritisme d’un groupe ou d’un autre est contraire à l’esprit d’une économie libre, à la liberté d’entreprendre et à l’Etat de droits.

Au pouvoir illégitime octroyé au marché financier, s’ajoute le fait que la richesse de la Suisse et des suisses est en mode de dilution avancée. Alors qu’une minorité d’individus a acquis un pouvoir de vie et de mort sur la monnaie nationale, un nombre grandissant du peuple peine à boucler ses fins de mois. C’est par la monnaie que la démocratie est en train de filer…

Liliane Held-Khawam

(1)La monnaie scripturale détruit les États! https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2014/07/19/la-monnaie-scripturale-detruit-les-etats/

(2) 5 Central Banks Move to Supply Cash to Europe, September 15, 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/16/business/global/borrowing-costs-stubbornly-high-at-spanish-auction.html?_r=0

(3) http://www.letemps.ch/Page/Uuid/823b8ba4-ae59-11e0-8d13-d03d80d505be/Lier_le_franc_%C3%A0_leuro_cr%C3%A9erait_de_nouveaux_probl%C3%A8mes

(4) Le dernier « Rapport sur la stabilité financière globale » du FMI consacre un chapitre entier (sur trois) aux problèmes générés par les garanties étatiques offertes aux établissements considérés comme TBTF. Il y est très clairement expliqué que les banques qui bénéficient de ce type de garantie « ont peu d’incitation à surveiller et punir les prises de risque excessives ». Elles bénéficient par ailleurs de conditions d’emprunt plus avantageuses que ne le justifierait leur profil de risque, ce qui peut leur permettre d’augmenter leur niveau d’endettement pour « s’engager dans des activités plus risquées ». Ces établissements sont ainsi encouragés à rechercher une rentabilité à brève échéance, au détriment de leur viabilité à plus long terme.

Source : Global Financial Stability Report, avril 2014, p.102,

http://www.imf.org/External/Pubs/FT/GFSR/2014/01/pdf/text.pdf

The implicit government protection of these banks distorts prices and resource allocation. Because creditors of SIBs do not bear the full cost of failure, they are willing to provide funding at a lower cost than warranted by the institutions’ risk profiles. They also have little incentive to monitor and punish excessive risk-taking. SIBs then may take advantage of the lower funding costs to increase their leverage and engage in riskier activities. Banks may also seek to grow faster and larger than justified by economies of scale and scope to reap the benefits of the implicit funding subsidy granted to TITF institutions.

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Si la Banque Nationale Suisse (BNS) m’était «comptée»

Pour mes lecteurs, voici l’article paru sur les Econoclastes il y a deux jours.

Pour commencer voici l’article qui régit les attributions de la BNS :

Article 99 de la constitution fédérale

Art. 99 Politique monétaire

1. La monnaie relève de la compétence de la Confédération; le droit de battre monnaie et celui d’émettre des billets de banque appartiennent exclusivement à la Confédération.

2. En sa qualité de banque centrale indépendante, la Banque nationale suisse mène une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays; elle est administrée avec le concours et sous la surveillance de la Confédération.

3. La Banque nationale constitue, à partir de ses revenus, des réserves monétaires suffisantes, dont une part doit consister en or.

4. Elle verse au moins deux tiers de son bénéfice net aux cantons.

Il faut ajouter que le Banque nationale est une société anonyme fondée en 1907, cotée en bourse, mais régie par une loi spéciale depuis 2002. Les détenteurs du capital sont :

La Confédération suisse ne possède aucune action.

La surveillance de la Banque nationale suisse est explicitement exclue du mandat du Contrôle fédéral des finances.

La fixation d’un taux « plancher » (floor)

Suite à la hausse vertigineuse du Franc suisse (CHF) depuis des années et de manière beaucoup plus prononcée entre 2008 et 2011, il a fallu que la BNS intervienne de manière drastique pour freiner cette hausse en appliquant un taux de change plancher contre la monnaie du principal partenaire économique (l’UE), ceci afin de stopper la force de la monnaie qui commençait à engendrer des problèmes importants pour les exportations suisses.

En conséquence en date du 6 septembre 2011 un taux de change de 1 EUR = 1.20 CHF a été fixé. La BNS a annoncé qu’elle défendrait ce seuil contre vents et marées.

Pour l’instant cette stratégie a fonctionné et s’est révélée globalement assez payante puisque ce plancher de 1.20 n’a (pour le moment) pas été attaqué.

CHF euro 1998 - 2014

La conséquence, un bilan démesuré

Suite à ce combat engagé par la BNS, le bilan de cette dernière a littéralement explosé depuis cette intervention pour se retrouver à un niveau jamais atteint. (ndlr : La BNS avait déjà acheté des euros à 1.43 plusieurs fois avant 2011 afin de tenter de freiner la hausse du CHF)

bilan BNS 1996 -2014

 

Un ratio Bilan de la BNS /PIB hallucinant 

Cette augmentation du bilan doit être remise en perspective du PIB pour se rendre compte de l’énormité du bilan de la BNS.

Ce dernier est à mettre en perspective avec les bilans des autres grandes banques centrales (toujours en rapport avec le PIB de chacun des Etats).

On constate bien évidemment la gigantesque hausse du bilan de la « Bank of Japan » suite aux injections massives de Yens

Total central bank assets as percentage of GDP 14

Si cela vous paraît déjà démesuré, cela ne m’étonne qu’à moitié. Et bien sachez (pour ceux que ne lisent pas mon blog) que la BNS fait encore plus fort !

La BNS a un bilan de 517.329 milliards de CHF (juillet 2014) et que le PIB suisse est de 151.900 milliards de CHF au 2ème trimestre 2014 (en stagnation).

En conclusion, le ratio Bilan /PIB (estimation PIB 2014) = 517.329 / 607.600 =

85.14%

Le bilan de la BNS c’est quoi ?

De quoi se constitue le bilan de la BNS aujourd’hui pour être devenu si énorme ?

Principalement de devises européennes (46%), américaines (27%) et japonaises (9%)

Et comment sont investies ces devises ? Pour 84% en obligations (73% en obligations d’Etats) et tenez vous bien, en actions et ceci pour un pourcentage de 16% représentant la modique somme de 82 milliards de CHF, soit plus de 10’000 CHF par habitant.

reserves de devises et titres en CHF BNS Q2 14


Et l’or dans tout cela ?

On se doute bien que dans toute cette histoire de devises, il y a un acteur qui a été largement laissé de côté et pour cause…l’or.

Rappel : La BNS a comme mission de conserver de l’or (mais le mandat n’est pas clairement défini puisque ce dernier ne mentionne pas la quantité et pour mémoire la BNS a vendu environ 1’300 tonnes d’or entre 2000 et 2005 (mon article de 2012 à ce sujet :http://blog.crottaz-finance.ch/?p=10238)) et il lui en reste 1040 tonnes aujourd’hui.

En conséquence, une initiative pour sauver l’or de la Suisse a été lancée et le peuple devra se prononcer le 30 novembre 2014: http://www.initiative-or.ch/initiative/index.html

Bien évidemment les milieux politiques demandent de rejeter cette initiative, car elle prive la BNS de liberté de création monétaire sans contrepartie

Depuis des années, la quantité d’or (en pourcent du bilan de la BNS) ne fait que chuter.

reserves monetaires BNS 2006-2013

Alors que son bilan explose de monnaies diverses et variées.

bilan BNS gold devises reserves

Un plancher en papier et un risque monétaire

Ces derniers temps, l’euro s’est passablement affaibli et le plancher de 1.20 se rapproche dangereusement (une intervention supplémentaire de la BNS ne peut désormais plus être exclue).

change euro chf une année

La valeur du franc suisse est indéniable car la dette publique suisse n’est que 35,2% du PIB environ (confédération et cantons) et c’est pour cela que le marché va en acheter (pour probablement se protéger de la chute des autres monnaies. En conséquence, la BNS va devoir se mettre en face des acheteurs en vendant le CHF. Pour combien de temps ? Avec quelle puissance ? Que va-t-elle faire de tous ces euros ? Achetez de la dette des pays ? Acheter des actions ?La BNS se transforme gentiment en hedge funds.

Pourquoi la BNS n’a-t-elle pas allégé son énorme position lorsque l’euro flirtait avec 1.25 CHF ?

Pourrait-on imaginer un scénario de lente intégration (rampante) de la Suisse dans l’euro (ce que veulent les dirigeants mais pas le peuple (souverain je le rappelle !)) ?

Imaginez que soudainement la BNS possède des milliers de milliards d’euros et que son message soit : « Adhérons à l’euro sinon nous sommes ruinés ! »

Et si de toute façon cette création monétaire ex-nihilo ne nous ruinait pas finalement en tuant notre pouvoir d’achat ?

Les prochains temps seront déterminants pour la Suisse, la BNS et sa politique monétaire.

Tous mes articles sur la BNS ici : http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns

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Le ratio Or/Argent (mise à jour 12 mai 2014) et le débat inflation /déflation

Une petite piqûre de rappel

 

ratio or argent 12 mai 2014

 

 

En règle générale, en cas d’inflation, l’argent sur-performe l’or et le ratio affiche de ce fait un nombre plus faible.

Le graphique semble montrer que nous ne sommes pas en vue d’inflation. Le grand débat inflation / déflation continue

Je reste toujours partisan d’une stagflation (ou déflation/récession) comme je vous le dis depuis des années (depuis 2010: Bienvenue à Stagflation), mais cela peut changer vite.

Inflation vs déflation : le débat est loin d’avoir trouvé une réponse

http://www.contrepoints.org/2014/02/07/155911-apres-la-recession-inflation-ou-deflation

Un peu long mais intéressant

http://blog.turgot.org/index.php?post/Guido-D%C3%A9flation

La zone euro au bord du gouffre déflationniste http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140331trib000822801/la-zone-euro-au-bord-du-gouffre-deflationniste.html

On aura probablement les deux  et probablement dans cet ordre: Monetary_Tectonics_Inflation_vs_Deflation_Incrementum_Liechtenstein_Chartbook

 

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Billet invité: Léonard Sartoni sur la chute de l’or de ces derniers jours, la MM 200 jours et le golden cross

Bonjour,

Je pense que nous arrivons à un test très important pour l’or au seuil des $1300, sans doute le test le plus important de l’année. Les volumes de vente sur le GDXJ (fonds de mines d’or junior) hier ont battu tous les records. La cassure de la MM50jours pour l’indice phare des mines d’or, le HUI, a déclenché une grosse panique et beaucoup d’investisseurs ont sauté par les fenêtres sans se poser de questions.

Pour moi, il y a deux explications possibles:

La première, c’est une correction brutale mais normale pour les mines qui a déclenché un mouvement de panique, pendant que l’or était simplement en train de revenir sur sa MM50jours et sa MM200jours, précisément à $1300. Et coïncidence, ces deux MM sont justement en train de se croiser et d’émettre un puissant signal haussier de golden cross! La volatilité naturelle des mines d’or connaît parfois de brusques épisodes très déconcertants.

La seconde, c’est que deux jours avant le discours de la Fed, les manipulateurs ont décidé de reprendre le contrôle du marché de l’or en lançant de puissantes frappes pour casser sa reprise haussière, dans le but de le faire casser ses MM et détruire le signal haussier qu’allait envoyer le croisement des MM. Le fait que les mines aient si violemment plongé hier pourrait valider un tel scénario.

Pour mémoire, en 2013, les mines avaient agi en indicateur avancé pour les déboires à venir du marché de l’or. Donc on peut encore leur laisser le bénéfice du doute avec cette légère cassure, mais pas trop! Soit les mines
parviennent à re-clôturer assez rapidement au-dessus de leur MM200j (230 points pour le HUI) ou du moins à ne pas excéder 8% de débordement relativement à leur MM200jours, soit il faudra admettre que les  manipulateurs sont de retour et qu’il faudra laisser passer le rouleau compresseur, donc sortir du marché des mines d’or. Quitte à revenir plus tard s’il s’agit d’une fausse cassure.

L’historique des reprises du marché haussier de l’or en 2001 et en 2009, est riche en enseignements sur les légers débordements (false breakdown) sous la MM200jours, juste après le golden cross!

voir les graphiques joints:

gold et golden cross de 2001

golden cross de 2001 pour les mines d'or

 

mines d'or en 2008

gold et golden cross de 2009

 

golden cross de 2014 pour l'or

 

golden cross de 2014 pour les mines d'or

 

Pour l’heure je reste positif sur ce test en cours de la MM200jours pour l’or, mais en gardant un oeil attentif aux valeurs relatives des débordements, autant pour l’or que pour les mines. Une franche cassure indiquerait pour moi le retour en force des manipulateurs pour achever de casser la psychologie de ce marché avant l’entrée en phase de hausse parabolique. Mais contrairement à 2013, les mains faibles ont déjà toutes soldé leurs positions, et l’or restant dans les ETFs va être beaucoup plus difficile à déloger. La tâche pour les manipulateurs va devenir de plus en plus ardue et les déclarations publiques négatives de Goldman Sachs sur les perspectives de l’or risquent de ne plus toucher grand monde. Sur le long terme, plus la manipulation durera, et plus le mouvement de détente sera violent et désordonné pour revenir au prix que fixerait le marché libre, c’est-à-dire bien au-delà des $3000.

Le chemin vers la reprise du marché haussier de l’or ne ressemble pas à un long fleuve tranquille!

Léonard Sartoni

 

 

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Allo BNS Tango Charlie répondez, nous vous cherchons

Ce matin une musique me trotte dans la tête. Mort Shuman chantait Allo Papa Tango Charlie

 

La Bravo November Sierra (BNS) semble vouloir se perdre dans le triangle des monnaies.

Pour mémoire mes articles sur la BNS et les risques “AHURISSANTS” que cette banque centrale prend avec son bilan démesuré: http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns

Je me heurte souvent à: ” c’est génial ce que la BNS a fait, elle a sauvé les entreprises exportatrices car sans ce taux plancher floor (qui n’est pas un PEG, je le rappelle) elle a permis de sauver des emplois, etc. Oui je veux bien admettre qu’il fallait endiguer la chuter de l’euro, mais ce mettre à accumuler des euros en quantité totalement hors norme semble un pari très très risqué. Pari qu’elle continue de jouer lorsque que le cours de change se retrouve à un taux de 1.25 CHF pour 1 EUR,  et que la BNS ne vend pas un seul euro !

Comme je l’ai souvent rédigé, le bilan de la BNS dépasse (en terme de PIB) toutes les autres banques centrales (la grenouille et le bœuf vous connaissez je pense).

Il y a peu la BNS a pleuré en début d’année car la perte (comptable) 2013 était de 9 milliards, perte surtout imputable à la baisse de l’or:

Enregistrant 9 milliards de pertes, la BNS ne versera pas de dividendes

Je résume les chiffres de l’article:

– moins value de 15 milliards sur l’or

– Bénéfice de 3 milliards sur les devises étrangères et 3 milliards sur la vente du fonds de stabilisation Stabfund

– Malgré la perte de 9 milliards de CHF, la BNS a attribué 3 milliards au fonds de réserve (ah bon ! quel superbe comptable) pour arriver à un résultat (perte) 2013 de – (moins) 12 milliards de CHF.

Je vous laisse donc lire le magnifique article de Liliane Held-Khawan: Le mécanisme qui a permis la suppression des dividendes de la Banque Nationale Suisse qui démontre comment on peut avoir un compte de réserve de dividendes qui passe à -(moins) 5 milliards.

Mais mon propos du jour concerne les DEVISES !

Si je résume,

1) Le vilain métal précieux qui a passé de CHF 48’763 le kilo au 31.12.2012 à CHF 34’107 le kilo au 31.12.2013. Cette baisse a pesé pour 15 milliards de pertes sur l’année 2013 (source: BNS http://www.snb.ch/ext/stats/statmon/xls/fr/statmon_O3_M1.xls)

2) Les gentilles devises (bilan de la BNS)

  • Le Dur dollar (passé de 0.9153 au 31.12.2012 à 0.8908 au 31.12.2013 soit 2.45% de baisse sur la contre valeur de 115 milliards de CHF placé USD, soit un peu plus de 2.8 milliards de CHF de perte comptable)
  • Le Doux Euro (passé de 1.2072 au 31.12.2012 à 1.2264 au 31.12.2013 soit 1.59% de hausse sur 218 mias de CHF en Euro équivalent à 3.5 milliards de CHF de profit))
  • Le Dingue Yen (passé de 1.0631 au 31.12.2012 à 0.8482  au 31.12.2013 soit 20.2% de chute sur 35 milliards au bilan soit 7 milliards de perte)

Pouvez-vous m’expliquer comment la BNS arrive à 3 milliards de profit sachant que ces trois devises représentent 83% du total de 442 milliards de devises. Les intérêts sont à ajouter (6 mias en 2013 on peut estimer de même et 1 milliards sur les dividendes et les taux bas ont octroyé des gains de cours 2 mias (estimations basés sur 2012 puisque le rapport détaillé va paraître le 7 mars prochain).

Ainsi ce que la BNS appelle  les devises ont rapporté -2.8+3.5-7+7+1+2= environ 3 milliards de CHF on y arrive ! (je voulais comprendre).

Le cadre est posé, parlons de 2014

  1. Le vilain métal jaune de 2013 se transforme aujourd’hui en gentil car depuis le début de l’année on assiste à une remontée qui rapporte (à aujourd’hui 4-3-2014) un gain de 3.9 milliards (34’107 CHF le kilo au 31.12.13 à aujourd’hui 37’905 pour un total de 1’040 tonnes d’or)
  2. Les gentilles devises
  • Le USD passe de 0.8908 à 0.8843 soit 0.7% de baisse
  • L’Euro de 1.2264 à 1.2173 soit 0.7% de baisse
  • Le yen de 0.8482 à .8680 soit 2.3% de hausse

Cet immense article pour dire qu’on peut faire dire presque ce qu’on veut aux chiffres et surtout au moment où c’est le plus arrangeant. La BNS a fait peur aux gens en parlant de la chute de l’or (en occultant totalement le fait que les années précédente l’or avant rapporté beaucoup d’argent).

Le BNS craint la prochaine votation populaire sur l’or de la BNS (http://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis415.html) car devoir posséder 20% des actifs en or signifierait que la BNS doit soit vendre des actifs, soit acheter de l’or (actuellement l’or ne représente que 40 milliards sur 443 du bilan. La BNS devrait normalement acheter 1’000 tonnes d’or)

SNB-Reserves-vs_-EURCHF

MAIS MA QUESTION PRINCIPALE RESTE:

QUE VA FAIRE LA BNS SI LE COURS DE CHANGE DE L’EURO RECHUTE A 1.20 ? En acheter encore et encore….

eur chf une année 4-3-2014 eurchf depuis debut 2014 au 4-3-14

 

Si les devises baissent de 5%, la BNS va essuyer une perte de 20 milliards ! Mais cela n’arrivera pas (qu’on dit) car elle va se gaver d’euro à 1.20…..

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Billet invité: Léonard Sartoni, suivi du marché de l’or

Tandis que l’or arrive au seuil important des $1250 et l’argent au seuil important des $20, les vendeurs de papier s’activent pour les empêcher de dépasser certaines limites ($1270 pour l’or), au-delà desquelles ils seraient obligés de couvrir leurs positions short en les rachetant, alimentant ainsi une détente du prix contre le haut, et attirant à elle les suiveurs de tendance et tous ceux qui attendent sur la touche pour revenir (tous ceux qui attendent que l’or touche les $1100-$1000). Un puissant rally pourrait s’enclencher.

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Techniquement on ne peut pas encore parler d’une remise en cause de la tendance baissière intermédiaire, mais nous nous en approchons! D’ailleurs, on peut observer les mêmes divergences haussières sur les indicateurs qui avaient cours en juin. Alors que je pensais que les mines anticipaient une cassure des $1180 avec la rupture de leur plancher de juin, plusieurs indicateurs m’ont fait changer d’avis ces dernières semaines. Tout d’abord le signal envoyé par les commerciaux en décembre, ensuite les divergences haussières sur l’or et les mines, la bonne tenue du creux de juin pour l’or et l’argent, la tournure parabolique de la hausse sur les actions US avec l’aiguille du greedometer qui fait le tour du cadran (valeur historique jamais atteinte!!), les valorisations extraordinairement basses pour  les mines, le marché de l’or physique qui répond toujours à ces prix plancher (coûts de production) par une forte demande en Asie, ainsi que des stocks de lingots en forte baisse pour le COMEX et le LBMA.

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On assiste aux mêmes divergences haussières sur les mines d’or. La séance de hier pour le GDXJ (fonds de mines juniors) a même enregistré un volume d’achat historique! Il est encore trop tôt pour le dire techniquement, mais en prenant en compte les fondamentaux exceptionnels du marché, en particulier les valorisations ridicules des mines, on devrait assister à un puissant rebond sur ce secteur haï (existe-t-il un terme plus fort?). Ensuite, dès que le marché action US établira son sommet majeur de marché haussier intermédiaire (si ce n’est pas déjà fait), nous devrions nous remettre en selle pour la chevauchée finale de ce marché haussier sur l’or… et je suis prêt à parier que son sommet final ne ressemblera pas du tout au sommet final de 1980 (blow off) mais plutôt à un palier très élevé par rapport à toutes les autres monnaies.

Un graphique intéressant sur les rendements du marché action US depuis 1928 (en rouge)

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En bleu, le même rendement, mais calculé seulement durant les secondes années des mandats présidentiels de 4 ans. Et nous sommes justement en seconde année de mandat présidentiel. Voici encore les valorisations (P/E) des actions US depuis 1870:

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Nous sommes arrivé dans la partie haute où, historiquement, ceux qui achètent finissent sur des pertes ou avec un profit minuscule 10 années plus tard! Ce présent cycle “hivernal” de K ne devrait se terminer qu’avec des valorisations pour les actions comprises entre 10 et 5. Donc la route est encore longue, comme on peut s’en apercevoir sur ce graphique, et il n’est pas question de “nouveau marché haussier séculaire” pour les actions, contrairement à tout ce qu’on peut lire dans la presse. Le présent marché haussier sur les actions est davantage dû aux interventions historiques (et désespérées) de la FED sur les marchés qu’aux fondamentaux.

Les journaux parlent de hausse du PIB aux USA pour justifier la hausse des actions. Voici le PIB officiel des US :

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En hausse de $4000 milliards depuis 2009. L’économie repart! OK, mais qu’a-t-il fallu injecter dans le moteur?

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$4000 milliards de dette publique supplémentaire!! Ca c’est pour la contribution de l’Etat. Et la FED?

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$2000 milliards d’achats de titres depuis 2009 avec QE1, QE2 et QE3!!

La croissance économique des US est en réalité négative et entièrement dépendante de l’accroissement de la dette fédérale et des achats mensuels de la FED. Empêchez l’Etat d’emprunter davantage ou arrêtez immédiatement le QE3 de la FEd et on verra ce qu’il arrive à cette croissance anémique! Tôt ou tard, la confiance dans ce système, qui nécessite de plus en plus de dette pour de moins en moins de croissance, s’effondrera.

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La croissance du PIB aux US en rouge et la performance des actions US en vert.

La FED monétise la dette de l’Etat US avec ses achats de bons du Trésor, et de même que l’Etat US n’a aucune intention de rembourser ses dettes astronomiques, la FED n’a aucun moyen de retrouver le bilan qu’elle avait avant la crise de 2008… sous peine de voir la valeur du dollar s’effondrer et de voir les taux longs prendre l’ascenseur. L’inflation ferait alors un retour en force avec la hausse simultanée du prix de toutes les matières premières en terme de dollars. La FED perdrait le contrôle de la situation, et devrait lancer un QE4 encore plus agressif que le QE3 pour freiner la chute du dollar et la hausse des taux longs (qui menaceraient de faillite l’Etat surendetté). Mais avec l’esquisse de sortir du QE3, c’est peut-être ce à quoi il faut s’attendre pour 2014? La FED pourra toujours renverser la vapeur après coup. Le jeu devient de plus en plus risqué, et elle pourrait perdre définitivement le contrôle des marchés, mais ses interventions musclées et ses planches à billets magiques ont formé un véritable fan’s club à Wall Street… du moins jusqu’au prochain krach boursier!

Le jeu de la dévaluation monétaire à petit feu se terminera probablement sur un accident de parcours ou une perte totale de confiance dans le dollar. Plus le conducteur roule vite, et plus la moindre faute devient fatale!

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La vitesse de circulation de la monnaie. C’est l’autre facteur possible pour causer une hausse importante de l’inflation dans les années à venir. En perte de vitesse depuis l’entrée dans l’hiver de K. Mais la propension des gens à s’assoir sur leurs avoirs en banque et leurs actifs financiers peut changer subitement pour des raisons psychologiques, créant un pic dans la vitesse de circulation de la monnaie. La confiance dans le système est encore très élevée, surtout en Occident. Mais un changement peut se produire très rapidement, sur quelques semaines. Les changements dans la vitesse de circulation de la monnaie prennent toujours les économistes des banques centrales par surprise. Ils attendent généralement trop longtemps pour éponger la monnaie excessive qu’ils ont créée. En été 1922, la vitesse de circulation de la monnaie a connu un pic soudain, qui a surpris les dirigeants de la Reichsbank. Ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi le peuple allemand se comportait différemment, deux ans après qu’ils aient déjà gonflé la masse monétaire. Il faut croire que la confiance du public a soudainement sombré avec l’idée que la situation devenait ingérable.

Nous sommes loin de la situation allemande de 1922 (qui avait conduit à l’hyperinflation), mais la situation en Europe, au Japon et aux USA pourrait vite s’avérer ingérable … surtout si les taux longs continuent de grimper! De là, à causer un pic dans la vitesse de circulation de la monnaie, et précipiter le système dans le chaos, il n’y a qu’un pas. Les banquiers centraux marchent sur des oeufs!

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Sur ce graphique, on peut voir l’anomalie de 2013 sur le cours de l’or. Tandis que la FED poursuit son QE3 et que les actions reflètent à leur manière l’augmentation de la masse monétaire (et la baisse du pouvoir d’achat de la monnaie), l’or a été pris temporairement sous contrôle et a subi des raids baissiers ponctuels et répétés tout au long de 2013, déclenchant des achats massifs d’or physique en Asie et au Moyen Orient et des ventes massives dans les ETFs sur l’or de la part d’investisseurs occidentaux. Comme par hasard cette année-là, le gouvernement indien, ami des USA, a imposé de nombreuses restrictions (de plus en plus impopulaires) sur le marché de l’or pour freiner la demande du plus gros consommateur d’or de la planète (place qui est revenue aux Chinois cette année). Comme par hasard cette année-là, la FED devait commencer à restituer de l’or physique aux Allemands et ne semblait plus pouvoir les retrouver parmi ses 8000t d’or officiels… Comme par hasard cette année-là, la France change sa fiscalité sur l’or, la Suisse interdit aux non résidents d’acheter de l’or, et un peu partout dans le monde d’autres griffes se sont resserrées sur le marché de l’or physique! On prépare ça et là la fermeture des issues de secours en cas d’effondrement du système et en cas de panique des populations hors des monnaies papiers. Parallèlement, on prépare les futurs renflouages des banques par les épargnants lors de la prochaine et inéluctable crise financière (qui risque aussi d’être monétaire cette fois).

Clairement, les planches à billets de la FED ont travaillé pour le bien être de Wall Street et ont conduit petit à petit à la formation d’une nouvelle bulle sur les marchés actions.

Systématiquement, depuis que nous sommes entrés en hiver de K, les interventions de la FED pour s’opposer aux crises “correctives” de l’hiver ont conduit à la formation de bulles jusqu’à leur éclatement : actions en 2000, immobilier US en 2007, et de nouveau actions sous Bernanke en 2013-2014, avec l’indicateur avancé d’entrée en phase d’exubérance irrationnelle : la crypto-monnaie bitcoin. La FED, à travers l’inflation, contribue également à la mauvaise redistribution des richesses comme on peut le voir avec la perte du pouvoir d’achat des classes moyennes et inférieures au fil du temps, et avec ce graphique de la distribution de la richesse aux US, où 80% de la population détient 7% de la fortune totale et où 1% de la population détient 43% de la fortune totale.

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On parle d’un taux de chômage officiel en baisse aux US, mais en réalité beaucoup de personnes actives ne sont plus prises en compte dans les chiffres du chômage :

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On doit sans doute en retrouver une partie à l’assistance alimentaire :

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La seule reprise réelle aux USA est la reprise des bonus pour les banquiers!

Pour terminer j’aimerais revenir aux mines d’or. On peut voir dans le graphique ci-dessous que jamais les mines n’ont corrigé plus de 3 années consécutives :

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Et qu’en terme de durée et de pourcentage total de baisse, cette phase corrective arrive en bout de course, si on la compare aux pires phases correctives que le secteur a subi depuis 1939 :

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Je l’ai déjà dit en 2013, lorsque les mines étaient à un niveau plus élevé qu’aujourd’hui, mais je le répète aujourd’hui (même si un dernier mouvement de baisse pourrait nous porter 15%-20% plus bas avec les mines) : je pense que les mines d’or ont été victimes de ventes à découvert massives en parallèle avec les ventes d’or papier, qu’elles n’ont jamais été si bon marché en terme de valorisations depuis le début de ce marché haussier, et que d’ici quelques années elles auront déjà établi de nouveaux sommets et performé deux à trois fois mieux que l’or (ce qui n’est pas difficile vu le niveau du ratio HUI/GOLD)! Dans l’ensemble de ce marché haussier, les mines auront fait moins bien que l’or, car sur cette période elles ont plus que doublé leur nombre d’actions en circulation, les teneurs en or des réserves ont diminué, et l’exploration a produit peu de nouvelles découvertes. Mais sur la période qui s’ouvre à nous, le ratio va très probablement remonter, car les valorisations, comme par exemple capitalisation boursière/nombre d’onces en réserve, sont à des niveaux beaucoup trop bas!

L’investissement contrarien n’a pas payé en 2013, car ceux qui étaient chargé de contrôler le prix de l’or ont faussé les signaux du marché, et ce secteur est resté beaucoup plus longtemps en phase d’exécration, que ce à quoi on pouvait s’attendre. Les banquiers et tous ceux qui détestent l’or (en temps que baromètre de crise) se sont délectés de l’effondrement des cours en 2013 et il en est sorti des “je vous l’avais bien dit”, “ne touchez pas à l’or”,  “l’or est une relique barbare pour fanatiques”, etc. Les mêmes discours qu’on pouvait entendre vers la fin des années 2000. En réalité, le sentiment a subi un “reset” complet! Il existe à présent un mur de doutes énorme devant les investisseurs qui voudraient se lancer dans l’achat d’or ou de mines d’or. Pour un investisseur contrarien (doté d’un courage herculéen), cela reste une bonne nouvelle, malgré les lourdes pertes de 2013.

Pas loin de 1000t d’or physique sont sortis des poches des investisseurs occidentaux pour aller dans les poches des Asiatiques. C’est le flux de l’or dont je parlais dans mon livre, de l’Occident en déclin vers l’Asie qui monte en puissance. Et on peut se demander comment les investisseurs occidentaux feront pour récupérer l’or qu’ils ont vendu en 2013. On peut parier qu’à moins de $2000, les Asiatiques ne seront pas intéressés pour le revendre, même en partie. Surtout si les choses se gâtent au cours de 2014. Les banquiers se demandent combien d’or physique vont encore sortir des ETFs en 2014, et moi je me demande comment ces ETFs feront pour le récupérer dans un marché de plus en plus tendu! Le résultat sera probablement une détente fulgurante du prix à un moment donné. Ceux qui sont restés sur leurs positions en or physique savent qu’il se vend au niveau de ses coûts de production, que la prime de risque est actuellement nulle tandis que le marché actions nage en plein délire, et qu’à moins d’y être forcés pour des besoins de liquidité, il ne fait absolument aucun sens de le vendre à ces prix-là!

Il faut aussi relativiser ces 1000t d’or qui sont sorties des ETFs. Au début des années 2000, on avait pas loin de 500t d’or qui étaient vendues chaque année par les banques centrales… et le prix grimpait. En définitive, ce qui détermine le prix du physique, c’est la propension des gens à puiser dans la réserve mondiale des 170’000t d’or pour le vendre. C’est avant tout le degré de confiance envers la monnaie papier et les Etats qui les émettent. L’Occident ne comprend pas vraiment la fonction de réserve de valeur de l’or, mais la Chine, la Russie, l’Inde, le Moyen Orient et l’Asie dans son ensemble sont beaucoup plus méfiants de nature envers la monnaie papier, et ces prochaines années vont leur donner raison.

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Un dernier coup d’oeil au greedometer, l’indicateur d’avidité sur les marchés,et indicateur avancé de sommets majeurs. Il bat tous les records! C’est encore pire qu’au sommet de la bulle des technologiques en 2000… Le vent est tellement puissant en ce moment que même les dindes volent! Le bitcoin, lui, est sorti de la stratosphère pour visiter le cyber espace et former la première bulle spatiale de l’histoire!

On voit que lorsque l’indicateur touchait un sommet à 7200 (7,2 sur le compteur) en 2000, le marché action a corrigé ensuite de 47% (stoppé dans sa chute par les actions de la FED), et lorsqu’il touchait un nouveau sommet à 7300 en 2007, le marché action a corrigé de 57% (stoppé dans sa chute par les réactions de la FED). Mais lorsqu’il a touché un nouveau sommet à 7300 en 2010, la FED lançait son QE2 et est parvenue à soutenir les actions jusqu’en 2013 avec  son QE3! Tandis que la FED fait mine de retirer son QE3 et que le greedometer touche un nouveau sommet historique proche de 8000, les concepteur de cet indicateur parlent de krach 2014-2015 qui fera référence dans les livres d’histoire!!

https://www.greedometer.com/interactive-greedometer/4614-2/

Il ne faut pas se leurrer. La FED peut imprimer autant de nouveaux dollars qu’elle veut, tandis qu’en 2014 il faut entre 9 et 12 ans pour passer de la découverte d’un nouveau gisement d’or à sa production! On imprime beaucoup moins facilement de l’or physique, et ce qu’on a vu en 2013 c’est avant tout une attaque d’imprimeurs de papier sur le COMEX pour faire main basse sur l’or physique. Une institution qui a le pouvoir d’imprimer l’équivalent annuel de 20’000t d’or en nouveaux dollars, a aussi le pouvoir de contrôler les marchés de l’or papier où l’or physique n’existe que pour une infime partie des contrats en circulation. Certains ETFs ne sont pas correctement couverts (ou pensent l’être alors que les lingots sur lesquels ils comptent ont été “prêtés” à d’autres banques), la plupart des comptes métaux ne sont couvert qu’à 10%, sans parler des produits dérivés. Lorsque la musique s’arrêtera et que ceux qui pensent détenir un droit sur de l’or physique avec leur papier voudront toucher le physique, ce sera aussi pour les livres d’histoire!

A suivre…

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