Le franc suisse se renforce. Pour combien de temps ? #CHF #USD #EUR

Certains lecteurs ne se rendent peut-être pas compte (car ils sont français, belges, canadiens francophones, etc.) que les suisses souffrent grandement de l’appréciation de leur franc suisse face aux autres devises. Cela dure depuis toujours.

On peut probablement imputer cela au faible endettement du pays (avant coronavirus à 35% du PIB) et à une certaine stabilité politique.

Pour mémoire, j’avais construit deux graphiques qui permettaient de se rendre compte de la force du franc suisse dans le temps

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La BNS a encore acheté des actions américaines dans la baisse.

Quelle découverte ! Je ne suis pas le seul depuis des années à me demander si la BNS agit de manière juste (le futur du franc suisse en dépend). Je vous avait prédit l’abandon du taux plancher intenable lorsqu’il a été mis en place. Il a fallu attendre 3 ans et demi pour qu’il cède sous les coups de boutoir du marché. Ah ce sacré marché qui a toujours raison !

Le site Zerohedge a remarqué que la BNS avait une exposition stable aux actions américaines alors que les bourses chutaient. ZH a donc creusé un peu et démontré que la BNS avait fait des emplettes dans la baisse (il paraît assez logique et simple de se rendre compte que si le marché chute et que l’exposition action est identique après la baisse, c’est que la BNS a acheté des actions).

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Avertissement concernant la “roulette suisse” de la Banque Nationale

Le très sérieux journal TagesAnzeiger sort un article ce matin sur les risques pris par la Banque Nationale Suisse (BNS) : Warnung vor demSchweizer Roulettetschaft Konjunktur tagesanzeiger

Ci-après la traduction française de l’article en Allemand

Deux économistes allemands déconseillent d’investir en Suisse. La politique de la BNS pourrait mettre le pays en faillite.

“Nous déconseillons de placer de l’argent en Suisse et d’acheter des francs suisses.” Cet avertissement a été publié ce week-end par les deux économistes allemands Matthias Weik et Marc Friedrich (voir leur société : https://www.fw-fonds.de/ ) sur la plateforme d’information suisse Infosperber. La raison de leur mise en garde est la politique de la Banque nationale suisse (BNS).

Soit le président de la BNS, Thomas Jordan, est un génie, soit il joue à un nouveau jeu:  “la roulette suisse”. Les deux compères font ainsi allusion à la roulette russe potentiellement mortelle dans laquelle un joueur tient un revolver sur sa tempe avec une seule balle dans le barillet et espère que la balle ne sera pas pour lui. “Si la politique de la BNS en matière de banque centrale tourne mal, la Suisse sera de facto en faillite du jour au lendemain”, justifient les économistes.

Ils justifient leurs avertissements avec les deux points les plus importants de la politique monétaire suisse confirmés par la BNS jeudi dernier : Les taux d’intérêt négatifs et les achats de devises par des francs nouvellement créés pour éviter une appréciation excessive du franc. Au vu de cette politique, la Banque nationale est «en charge de la manipulation des devises».

Les deux économistes jugent durement l’achat des devises étrangères ( ce que la BNS n’a pas fait depuis l’été 2017) mais la BNS continue de rester ouverte. Avec 778 milliards de francs suisses, les réserves accumulées représentent environ 94% du bilan de la BNS, qui a atteint 830 milliards de francs suisses. Même avant la crise financière, ils étaient relativement stables dans la fourchette de 50 milliards de francs. Le bilan de la BNS dépasse donc le produit intérieur brut de la Suisse (124%). Comme les auteurs le déclarent, aucune autre banque centrale au monde n’a un bilan aussi gonflé.

Plus d’actions Facebook que Zuckerberg

Les deux économistes ont également du mal à comprendre le poids de la Banque nationale sur les marchés boursiers, où elle a investi environ un cinquième de ses investissements en devises. Par exemple, elle possède plus d’actions Facebook que son fondateur, Mark Zuckerberg. Les réserves de change lui permettent même avec de petits changements d’évaluation des profits très élevés, mais ils risquent aussi des pertes gigantesques.

“La Suisse est sous l’emprise de la BCE, de l’euro et des marchés boursiers”, ont résumé Weik et Friedrich. Pour la désintégration de l’Europe et l’effondrement de l’euro, les Suisses avaient même fait des préparatifs militaires. Ils font référence aux exercices de l’armée suisse “Stabilo Due” de 2012 et “Conex 15” de 2015.

Matthias Weik et Marc Friedrich sont surtout connus en Allemagne pour des livres tels que “Le plus grand raid de l’histoire ( Der grösste Raubzug der Geschichte) “, “Le crash est la solution ( der Crash ist die Lösung )”, “Erreur capitale ( Kapitalfehler) ” et “Sinon, ça va taper! ( Sonst knallt’s! )”. Tous les travaux sont un avertissement, une alarme. Les deux auteurs se considèrent comme des francs-tireurs.

Mais ils ne sont pas les seuls à critiquer la BNS. Des voix commencent à se faire entendre et vont dans le même sens que celui des deux économistes allemands. La BNS est également soupçonnée de manipulation monétaire par le gouvernement américain, par exemple. Par conséquent, elle est sous surveillance au Trésor américain depuis un certain temps et pas seulement depuis que Donald Trump est entré en fonction.

La critique de l’ex-économiste en chef de la BNS

Sur le plan intérieur, le ministre des Finances, Ueli Maurer, a déjà fait la une des journaux en mettant en garde contre un bilan trop volumineux. Les critiques les plus sévères, cependant, sont les taux d’intérêt négatifs.

Des commentaires critiques émanent même des propres rangs de la BNS. Ainsi, l’ex-économiste en chef très respecté de la banque centrale, Kurt Schiltknecht, ne cache pas son rejet de cette mesure. Dans un commentaire et une contribution vidéo de la Neue Zürcher Zeitung, il a déclaré que le coût des taux d’intérêt négatifs – des taux extrêmement bas, de gros problèmes pour les fonds de pension, les épargnants et les banques – ne serait pas comparable. Les mesures d’urgence en cours prises par la BNS sont d’autant moins bien comprises que l’économie suisse se porte toujours très bien.

Néanmoins, la politique de la Banque nationale ne devrait pas changer avant un certain temps. Personne ne s’attend à ce que les taux d’intérêt augmentent avant la fin de l’année prochaine et les taux d’intérêt négatifs ne devraient pas prendre fin avant 2020. Cela est principalement dû au fait qu’ils ne veulent pas risquer une nouvelle appréciation du franc s’ils devaient avancer avec une hausse des taux avant même la Banque centrale européenne (BCE). Deplus que la BCE ne prévoit pas de hausse de taux avant le second semestre de 2019.

Les dernières données de l’économie réelle font même craindre que la normalisation de la politique monétaire ne s’éternise. En ce qui concerne la zone euro, les indicateurs avancés tels que les indices PMI (Purchasing Managers ‘Indices’ Managers) affichent une image plus mauvaise qu’elle ne l’était depuis longtemps, et l’économie suisse s’est également affaiblie de manière surprenante au troisième trimestre, le produit intérieur brut ayant même légèrement reculé par rapport au trimestre précédent. (Editeurs Tamedia)

Créé: 17.12.2018, 20:54 heures

 

Je me sens désormais moins seul….

pour mémoire tous mes articles sur la BNS : https://www.crottaz-finance.ch/blog/tag/bns/

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Suisse: L’immobilier devrait bientôt se planter (updated)

Il y a bien longtemps que je ne me suis penché sur l’immobilier.

En Suisse, comme vous le savez, la BNS a infligé des taux négatifs sur le franc suisse pour affaiblir la monnaie.

Ce combat dure depuis bien des années et les répercutions seront probablement douloureuses.

Ces taux négatifs ont été décidés pour tout le monde sans exception.

Je pense, humblement, qu’il aurait plutôt fallu mettre des taux négatifs sur le franc suisse, mais uniquement pour les avoirs étrangers (un bon 3% par exemple) et non sur les suisses. Pourquoi ?

  1. Parce que les suisses possèdent du franc suisse et ne peuvent que le vendre (ne spéculent pas)
  2. Parce que les caisses de pensions doivent payer 0.75% d’intérêts pour placer leurs francs suisses auprès des banques (une anecdote : une caisse de pension suisse paie même 0.95% car la banque lui prend encore 0,2% de marge)
  3. Parce que comme le cash est puni, l’épargne est investie dans des actifs plus risqués dont l’immobilier, sujet de ce billet.

Revenons à nos moutons (tondus).

Ce matin à la radio – au journal- on parle de l’augmentation du taux de vacance des logements (cela fait un petit moment que je guette ces signes et je les remarque avec le nombre élevé de bâtiments construits à même les bordures d’autoroutes).

Article du jour : Le taux de logements vacants en Suisse a atteint son plus haut niveau depuis 18 ans

Voici le graphique de l’évolution du taux de vacance en Suisse depuis 1980

Avant de commenter, il faut mettre en perspective avec les taux des intérêts hypothécaires (à mon humble avis) car l’immobilier (et sa bulle suisse) ont été largement soutenus par les taux extrêmement bas. Cette anomalie de taux a artificiellement augmenté la valeur des biens.

La pointe de taux vers 7% des années 1990 – 1992 à l’éclatement de la bulle.

Si le nombre de logements à louer sur le marché augmente, cela va engendrer une pression sur les prix de loyer. On observe déjà des exemples, comme à Sierre (Valais), où pour louer un appartement, on vous offre 6 mois de loyers gratuits. Depuis la vidéo (2017), on vous paie désormais le déménagement aussi.

Très bien expliqué à la fin de la vidéo : Les caisses de pension achètent ou développent à tout va, les rendements des immeubles fondent et comme ils ne sont pas loués, c’est la spirale.

La baisse des prix de biens loués va, par ricochet, se répercuter sur les prix de vente des biens.

Au surplus, il est à noter que les suisses – personnellement – sont les plus endettés au monde notamment pour l’immobilier : https://www.variantperception.com/2018/09/09/switzerland-facing-effects-of-consumer-debt-binge/

Les prix de l’immobilier en Suisse depuis 1970 à nos jours :

Voici le taux de vacances d’un dernier document UBS paru il y a peu : Immobilier suisse_fr_1385962

Ma question des plus naïve : Que va-t-il se passer le jour où – en plus d’avoir pléthore d’offres – les taux d’intérêts montent ?

Happy Investing

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200 ans de livre sterling contre franc suisse

Voici un graphique des plus révélateurs.

La puissance de frappe de l’empire anglais s’est totalement effritée durant les deux siècles derniers. Sachant que le franc suisse lui même a perdu 90% de son pouvoir d’achat depuis l’abandon de l’étalon or en 1936, on peut raisonnablement se poser des questions au sujet de la monnaie fiduciaire et du pouvoir d’achat de la Livre Sterling

When Britain ruled the World, il fallait 25 francs suisses pour acheter une livre sterling. Aujourd’hui, moins de 1.5 !

Merci aux banques centrales de fabriquer du vent à foison pour payer les promesses électorales de nos chers politiciens. Qui trinque ? le bon peuple aveuglé .

“Les belles promesses rendent les fous joyeux”.

La valeur réelle de l’épargne fond comme neige au soleil et cela ne fait que d’accentuer le fossé entre les riches et les pauvres (de nous…)

Nos chers dirigeants font tout (soi-disant) pour combler ce fossé (impôts progressifs, redistributions diverses, du social etc.) alors qu’ils en sont les responsables numéro un…

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