La croissance contre la valeur

Pour faire suite à mon article précédent parlant de la valeur par rapport au prix, voici un état des lieux comparatifs sur les marchés boursiers entre les titres de croissances et les titres de valeur.

De mon côté, j’ai toujours préféré (à tort ?) la valeur à la croissance. Cela m’a évité de prendre des bouillons, mais j’ai aussi raté de fortes hausses. Sur le long terme, cela m’a permis de réaliser des gains intéressants, même si ceux-ci ont pris ou prennent (encore aujourd’hui) plus de temps qu’escompté.

Il existe des périodes où les titres de valeurs battent les titres de croissance et vice-versa. Sur le graphique suivant, il est assez facile de constater que la croissance l’a largement emporté durant les années 1990-2000, puis à l’éclatement de la bulle techno ce sont les titres de valeurs qui ont mieux performé. Depuis fin 2008, les titres dit de croissance sont en constante sur-performances par rapport aux titres de valeur. La dernière hausse me semble extrêmement forte et j’y vois peut-être une opportunité de vendre la croissance pour acheter la valeur (enfin ! car depuis 11 ans c’est long !)

D’après le graphique suivant, nous nous trouvons à des écarts jamais vus pour les titres de croissances par rapport aux titres de valeurs.

Malgré la grande correction boursière de COVID-mars, l’écart a continué en 2020.

Mais pour la première fois depuis 20 ans la corrélation entre la valeur et la croissance est proche de zéro.

Il semble que les flux de fonds sortent de la croissance et se dirigent vers la valeur.

Voici un comparatif de rendement annuel historique entre croissance et valeur. Le dernier bâton montre que la croissance a fait une poussée historique cette année 2020.

La valeur – quant à elle – a effectué le pire mouvement depuis les années 30

En 3 ans, la valeur a rendu 20 ans de gains !

Happy Value Investing

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Audio: RTS, Pour Stéphane Garelli, la Suisse devrait se doter d’un fonds souverain

Voilà Un homme respectable qui s’exprime (M. Garelli s’exprime dès la minute 10 sur la BNS):

“Pour l’économiste Stéphane Garelli, invité du Journal du Matin, la Suisse aurait dû créer un fonds souverain plutôt que d’abandonner le taux plancher, afin de garantir sa capacité à investir.

Questionné sur l’abandon du taux plancher, l’économiste et professeur à l’IMD Stéphane Garelli dit qu’il n’a “pas compris la décision de la BNS”.

Pour lui, une réflexion aurait dû être menée avant l’abandon du taux plancher visant à mettre en place une solution alternative, que ce soit un fonds souverain, un fonds public-privé – une idée lancée récemment par Andreas Höfert, chef économiste de l’UBS -, ou un fonds d’infrastructures.

“Dans la situation actuelle, il y a beaucoup trop d’argent sur le marché qui ne sait pas où aller, qui ne sait pas où s’investir”, souligne le professeur de l’IMD, “on est dans un système où on est très riche en cash et très pauvre en investissement.”

“Le monde veut de la stabilité, pourquoi est-ce que nous ne leur en vendrions pas?”

Les fonds de pension cherchent à investir, rappelle Stéphane Garelli, qui souligne qu’en gardant un taux de 1 franc 20 pour 1 euro, il aurait été possible d’engranger l’argent dans un fonds souverain, à l’image de ce que fait la Norvège.

Et en plus, “nous vendons de la sécurité, nous vendons de la stabilité. Le monde en veut, pourquoi est-ce que nous ne leur en vendrions pas”, propose Stéphane Garelli. Il rappelle que le fonds souverain norvégien est le principal actionnaire privé de Nestlé. “Et pourquoi n’est-ce pas nous?”, s’interroge-t-il.

Stéphane Garelli explique qu’avec un tel fonds souverain, il serait possible de laisser une partie du fonds disponible en liquide à la BNS, une partie pourrait servir à acheter des actions comme le fait le fonds souverain norvégien. Enfin, la dernière partie pourrait être un fonds d’infrastructure qui permet d’investir dans les infrastructures en Suisse, avec un retour garanti.

De nombreux intérêts sont en jeu dans la BNS

Questionné sur la non-existence d’un fonds souverain en Suisse, Stéphane Garelli met en cause la grande prudence de la Suisse, mais surtout les nombreux intérêts en jeu dans la BNS:”il y a la BNS elle-même, qui veut garder sa marge de manoeuvre, mais aussi des intérêts politiques: une grande partie des dividendes de la BNS part à la Confédération et aux cantons. Se séparer de cet argent n’est jamais bienvenu, surtout que certains cantons ont mis dans leur budget des revenus de la BNS, qu’ils n’auront pas cette année.”

Dans tous les cas, pour Stéphane Garelli, il n’est pas possible de continuer à avoir plus de 530 milliards de francs d’argent “parqué à quelque part et qui ne fait rien”.

 

 

En Suisse, nous sommes en déflation (voir tableau ci-après)

CPI Switzerland

Où je ne suis pas d’accord avec Monsieur Garelli c’est qu’il avance qu’il fallait garder le taux plancher et que nous sommes est très riche en cash (qui est créé ex-nihilo).

Il parle du fonds souverain Norvégien. Ce dernier a du soucis avec le cours du pétrole et il pourrait vendre ses actifs:

http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-08-10/for-norway-oil-at-50-is-worse-than-the-global-financial-crisis

http://www.theguardian.com/environment/2015/jun/05/norways-pension-fund-to-divest-8bn-from-coal-a-new-analysis-shows

Je crois que Monsieur Garelli ne se rend pas compte des risques que la BNS fait peser sur la Suisse (comme tous ceux qui font partie de la pensée “main stream”)

Ma question quand la BNS va-t-elle revendre ses positions ?

Et si tout va mal, la BNS va probablement faire un tour de passe-passe:

Si La BNS continue à essuyer des pertes:

1) Elle sera recapitalisée

2) La BNS cessera d’évaluer ses actifs aux cours des marchés et peut aisni continuer à accumuler des pertes qu’elle cachera au public.

 

Toutes ces histoires me rappelle des prix Nobel à la tête d’un hedge funds (1998)

Qui se souvient ?

 

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