Le cas Euroressources SA : C’est dans les mouvements de panique qu’on peut faire les meilleures affaires

Les histoires boursières, comme celle d’Euroressources, peuvent souvent être riches en enseignements.

On apprend de nos erreurs.

On comprend souvent par la suite qu’une situation intégrait souvent des explications rationnelles (alors que notre vision “psychologique” nous indiquait l’irrationalité).

Un des exemples qui me vient à l’esprit est le titre Euro Ressources (minière aurifère éligible au PEA en France) et qui avait subit une OPA en son temps.

En octobre 2008, IAMGOLD annonce que son OPA sur Euro Ressources, au prix de 1,20 € par action, a été déclarée conforme par l’AMF.

Une partie des actionnaires ont refusé l’OPA et n’ont pas apporté les titres.
Ces actionnaires dissidents se sont retrouvés minoritaires, mais ont empêché IAMGOLD de clôturer l’affaire.
Le titre Euro ressources est resté côté et IAMGOLD a dû continuer de verser le dividende.
Que c’est-il passé par la suite de l’OPA incomplète ? Je vous le donne en mille: Le titre est monté fortement (les minoritaires avaient compris que l’offre était trop faible).

Après un point haut vers 4.4 en 2010 (lorsque l’or était dans de bonnes dispositions à plus de 1900 USD l’once), la cours de cette société a baissé pour se retrouver sous 2€ en octobre 2015.

Durant ces années, on a même assisté à des ventes en clôture de séances parfois 1 titre (oui vous avez bien lu !).

Vous me direz c’est normal car l’or, dans le même temps a baissé de 1900 vers 1050 USD. Le mouvement du sous-jacent or pouvait expliquer en partie cette baisse du cours.

Néanmoins, le cash flow d’Euro Ressources (presque constant, les dividendes en sont la preuve) aurait dû empêcher une division par 2 du cours pour atteindre 1.91€ en août 2015.

Ce ne sont que des suppositions de ma part, mais il est probable que certains ont volontairement mis de la pression sur le cours pour faire lâcher les irréductibles minoritaires.

Ils ont en tout cas réussi à faire baisser le cours de 4.4 à 2 euros.

Et soudain – après 5 ans – en novembre 2015, nouvelle tentative d’OPA par IAMGOLD (le majoritaire) lancée sur la valeur pour racheter les minoritaire à vil prix  avec une prime de 31% faisant passer la valeur de 2.17 € à 2.84€ : 20151026EURORessourcesNotedinformationenrponse20151026

L’OPA échoue à nouveau, la valeur se retrouva à 4 € en mars soit 7 mois après un plus bas à 1.91€.

 

Conclusion :

Euro ressources – en laquelle les investisseurs avaient perdu confiance août 2015 lorsqu’elle se trouvait à 2€ – a plus que doublé en 7 mois pour se retrouver autour de 4€.

C’est un cas très classique de l’univers des mines où l’on est prêt parfois à nier la valeur d’un actif / d’une action car son cours baisse.

Malheureusement certains ont vendu dans le creux, désespérés par cette lente glissade, mais d’autres ont su profiter de l’occasion.

Comme dans tout bon film, à la fin de la projection on peut lire:  ”

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.”  Je vous laisse donc voir ce qui se passe sur les mines et leurs cours actuellement.

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1,2,3 robinet coule !

Qui n’a pas joué à ce jeu étant enfant (ou à 1,2,3 soleil).

Le robinet des dividendes de la BNS va se tarir de manière importante et peut-être durable.

Essorée par le franc fort, la BNS envisage de fermer le robinet aux collectivités publiques

Les phrases comme:  “le dividende, comme d’habitude”, me font froid dansle dos. Nous sommes aujourd’hui dans une telle globalisation de l’habitude de recevoir, l’habitude de faire, l’habitude de dire, etc.

Je vous avait écrit un article sur les cantons suisses assistés et je pense qu’il va falloir que les grands argentiers des provinces suisses trouvent une solution pour remplacer ce qui tombait automatiquement, comme un dû, dans les poches des cantons.

Prochain jeu: la bague d’or ?

 

 

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Audio/vidéo: Les dividendes de la BNS et le carry trade sur le CHF

Ce matin sur RSR: le-journal-du-matin_20110125_standard_passe-present_Les dividendes de la BNS

Je vous ai déjà parlé des dividendes attendus par les cantons dans un article précédent: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=6446

Dans le fichier audio de la RSR ci-dessus, on peut entendre: 

A. “Les réserves monétaires devenaient phénoménales, des dizaines et des dizaines et de milliards qui n’avaient aucun sens. Le franc suisse est la monnaie la plus réputée au niveau mondial et c’est elle qui court le moins de risque du point de vue monétaire international.”

B. “C’est pour cela que la BNS a vendu une partie de son or en 2004 (une tonne environ) pour combler le trou de l’AVS”

C. “Le bilan de la BNS affiche une perte de 21 milliards due aux achats massifs de l’euro pour freiner le renchérissement du franc suisse”

D. “Dans les pays de l’est, en particulier en Hongrie, les particuliers et entreprises hongroises se sont endettés en franc suisse. Quatre-vingt pourcent de l’endettement hypothécaire en Hongrie est réalisé en franc suisse auprès d’établissements suisses.” Je vous encourage grandement à écouter le reportage de la RSR: le-12h30_20110124_les hongrois pieges par les emprunts en chf

A la suite de quoi, il m’est possible d’aborder les points mentionnés précédemment.

A. Je vais me faire le porte-parole du diable.

Effectivement le franc suisse est une monnaie refuge.

Effectivement, le franc suisse est la monnaie d’un pays moins endetté que les autres pays.

Si je peux me permettre deux remarques qui me semblent importantes: La première est que la couverture or des billets en Suisse est aussi faible que dans les pays environnants. Pour ceux qui n’avaient pas lu mon article à ce sujet, je vous renvoie à “Les billets sont couverts par l’or….mon oeil” (mai 2009). Avec un taux de couverture de 4.17%, la Suisse ne peut pas de vanter d’être en bonne posture. La seconde, c’est qu’avec des banques dont le poids économique est aussi important, le franc suisse présente une faiblesse (le poids du secteur bancaire). Pour l’instant, les objectifs des ratios de Bâle III et les mesures prises dans les grandes banques suisses semblent porter leurs fruits, mais gare à l’effet domino ! En effet, si des banques venaient à être en difficulté dans d’autres pays, il se peut que l’impact (mondial) sur les banques helvétiques se fasse ressentir (et très certainement vice-versa)

(Source Reggie Middleton 2010)

 (Source Zero Hedge 2008)

B. On félicitera la vente de l’or à un moment historique de prix bas (brader semble être le terme idoine):

C. Je me suis largement exprimé sur ces achats massifs d’euros (ou cette vente massive de CHF c’est selon). On peut noter que la BNS ne possède pas la puissance de feu nécessaire pour endiguer le flots/flux massifs d’achat de franc suisse par des intervenants sur le marché des changes. (Tous mes articles au sujet de la BNS : http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns)

D. Le carry trade: Déjà évoqué en mai 2009: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=1529, il semble que les leçons du passé sont rarement tirées. Entendre une économiste (le cordonnier le plus mal chaussé ?) dire qu’elle engage 80% de ses revenus pour payer sa dette en franc suisse me fait sourire…(jaune). Si des économistes sont capables de prendre de tels risques, imaginez dès lors les petits épargnants ou investisseurs qui ne possèdent pas les connaissances suffisantes et nécessaires. De plus, le carry trade pourrait avoir un effet non pris en compte par la BNS: L’appel d’air.

Cette expression bien connue voudrait signifier que plus le franc suisse se renforce, plus la dette des emprunteurs augmente et plus ils doivent ACHETER du franc suisse pour rembourser les crédits.

Si l’histoire doit nous servir de guide !

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