Taux européens, la grande détente

Ce matin les agences de notation relèvent leurs notes sur l’Espagne et la Grèce.

La Grèce et l’Espagne obtiennent un relèvement de leur note

Il y a bien longtemps que je n’ai produit les graphiques des taux à 10 ans et grande surprise…

 

L’Espagne emprunte quasiment au même taux que les USA  (à 0.5% près)

spain generic 10 years 23-5-2014

us generic 10 years 23-5-14

 

Et la Grèce

greece 10 years generic 23-5-14

 

LE TED Spread

Macrotrends.org_TED_Spread_Historical_ChartLes taux semblent démontrer qu’il n’y a aucune crainte quant à l’évolution futur des marchés.

Le VIX est en bas, tout va bien madame la marquise.

On se dirait juste avant 2008.

Alors que les dettes n’ont fait que d’augmenter ! Allez comprendre !

Un jour (demain ? après-demain ? dans des des années ?) , nous regarderons cela en nous disant que c’était évident et que cela ne pouvait pas durer.

Tout ce que nous voyons comme prix est une vue tronquée.

Les taux hyper bas, les injections monétaires, les bilans de banques centrales et les endettements exercent une distorsion sur les prix.

Tout va très bien madame la marquise…..paraît-il

 

 

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Audio RTS:Le wishfull thinking est monnaie courante et il faut y croire

Ce matin sur la Radio Suisse Romande Jean-Pierre Beguelin ancien chef économiste de la BNS et de Pictet qui nous raconte sa jolie vision des choses (sans contradicteur bien sûr). Le pays des bisounours.

Tout va bien, les banques sont super capitalisées et les banques centrales ont tout pouvoir.

Je me marre… (jaune) et heureusement que sur son site un autre Jean-Pierre (Chevallier) nous explique la BCE en folie: http://www.jpchevallier.com/article-les-marioles-de-la-bce-en-folie-120229607.html

et du besoin de 4 banques françaises: http://www.jpchevallier.com/article-leverage-reel-des-banques-francaises-2-trimestre-2013-119425554.html. D’après M. Chevallier il faut déjà 4x plus d’argent que ce qu’annonce M. Beguelin.

Certains intervenants comme les analystes, économistes proches du pouvoir ou des banques n’ont pas vu la crise 2008 arriver.

Rien n’a changé depuis (voire c’est pire en ce qui concerne les dettes et le chômage), mais pour eux tout va bien. Retour à la normalité paraît-il.

Il m’est toujours impossible de comprendre comment il est possible de ne pas voir, ni admettre les évidences.

MUNDUS VULT DECIPI ERGO DECIPIATUR

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Audio/Vidéo: RTS, La politique monétaire de la FED mène-t-elle le monde à sa ruine?

Cédric Tille et Pierre Leconte en contradiction.

La politique monétaire de la FED mène-t-elle le monde à sa ruine? – 19.09.2013

La FED, la Réserve fédérale américaine, continue d’inonder le marché de ses liquidités alors que les spécialistes s’attendaient plutôt à une réduction. Cette politique monétaire extrêmement expansive pour la Banque centrale américaine est destinée à soutenir à tout prix l’économie et réduire le chômage. Le débat entre Cédric Tille, professeur d’économie à l’Institut de hautes études internationales et du développement et Pierre Leconte, gérant de fortune chez Buchs Finance à Genève et président fondateur du Forum monétaire de Genève pour la paix et le développement.

Cédric Tille: https://sites.google.com/site/cedrictilleheid/ un proche de la BNS.

Il ne peut donc pas nier l’action d’une banque centrale (2011- à aujourd’hui: Member of the Bank Council of the Swiss National Bank). Pour lui la FED est toute puissante….on en reparle dans quelques années.

Pierre Leconte: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Leconte

Suis d’accord avec lui on aurait dû laisser des banques faire faillite.

 

 

 

 

 

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Bruno Bertez: La tromperie sur la stimulation

Je ne pouvais pas résister à vous produire l’article de Monsieur Bruno Bertez de ce jour. Promesses électorales, liens entre banquiers et gouvernants, tout y est.

11 septembre 2013

Les milliards injectés par les banques centrales et les gouvernements se retrouvent dans le système bancaire. Et non dans l’économie.

Bruno Bertez

Les responsables de la conduite des affaires, banquiers centraux et gouvernements, prétendent, pour justifier leur action, mener des politiques de stimulation. A les entendre, ils stimulent depuis 2009.

«Simulent» est un terme qui conviendrait mieux! Les politiques menées ne sont que marginalement stimulantes, sauf bouffées spéculatives temporaires qui créent «un climat», un «sentiment» positif éphémère.

Ces politiques, contrairement à ce que l’on dissimule et donc à ce que l’on croit, sont très efficaces pour… maintenir à flots le système bancaire et tenter de reconstituer les fonds propres disparus dans la crise.

Les politiques de soi-disant stimulation sont en réalité des cache-sexes qui dissimulent l’obscénité de la manœuvre. Faire payer aux citoyens, ménages, contribuables, épargnants, le prix de la crise que le couple maudit formé par les banques et les gouvernements ont provoquée.

La propagande des responsables a réussi à faire passer les mesures monétaires qui ont été prises pour des mesures de stimulation. C’est un gros, un très gros mensonge. La Fed n’injecte pas 85 milliards de dollars par mois dans l’économie américaine. Elle achète pour un montant de 85 milliards de titres à long terme, valeurs du Trésor et titres hypothécaires. Cet argent se retrouve dans le système bancaire et non pas dans l’économie. Tout le problème de la gestion de la crise est précisément de résoudre le problème de la transmission de la sphère financière à la sphère de l’économie réelle. Comment faire pour que l’argent qui se trouve dans le système bancaire se transforme en monnaie et vienne alimenter l’économie. A ce jour, personne n’a trouvé la réponse à cette question. L’analyse vaut également pour l’action de la BCE de Draghi.

Une grande partie de l’argent est conservée par le système bancaire sous forme de réserves excédentaires. Si les banques n’emploient pas cet argent sous forme de prêts, c’est parce qu’il n’y a pas de demande solvable suffisante. Il est faux de dire que les banques sont responsables de la croissance lente, elles souhaiteraient certainement une croissance plus rapide. Simplement, le système est grippé. La crise est une crise d’excès de dettes, une crise de surendettement. Tous les agents économiques, et maintenant partout dans le monde, on le voit avec la crise en cours des émergents, sont surendettés. Avec un surendettement en mis-match de durée et de risque. C’est ce surendettement qui constitue un boulet pour les économies. En situation d’excès de dettes, si on se refuse à la restructuration généralisée qui allègerait le fardeau, il faut se résoudre à une croissance lente pendant longtemps.

Il est évident que les milliers de milliards qui ont été transférés aux banques auraient pu être mieux utilisés. Mais c’est une autre histoire. La meilleure économiste de France, Anne Roumanov, vous savez celle qui dit «on ne nous dit pas tout» a livré une piste de réflexion que les grands de ce monde feraient bien de méditer: «si cet argent, ils nous l’avaient donné à nous, nous, on aurait su quoi en faire». L’erreur de 2009 a été de donner la priorité au sauvetage du système bancaire, au sauvetage des actionnaires et des détenteurs d’obligations des banques.

On n’a pas sauvé l’économie, on a sauvé les banques. Pour être exact, il conviendrait de dire: on tente de sauver les banques. Car il est évident, pour qui regarde et comprend le fonctionnement du système, que ce n’est qu’un répit. Il ne faut pas confondre les facilités que confèrent «les accommodements comptables» et les excès de liquidités avec les vraies solutions.

Comme nous l’avons dit plus haut, à partir du moment où on se refuse au moratoire et aux restructurations, rééchelonnements, le stock de dettes constitue un handicap pour les économies. Imaginez un chasse-neige qui repousse devant lui la neige accumulée. C’est exactement la situation mondiale; le stock de dettes ne se réduit pas, au contraire, il ne cesse d’enfler. Il ne cesse d’enfler parce que les gouvernements et les banques centrales n’ont qu’une idée en tête: relancer le crédit. La tendance très lourde des économies est à ce que l’on appelle le «deleveraging»; le «deleveraging», c’est le désendettement. Les agents économiques voudraient assainir leurs bilans. Ils sont donc frileux. Les responsables de la conduite des affaires essaient de les inciter à prendre des risques, ils manipulent le prix du risque, mais les gens sont raisonnables, ils savent au fond d’eux-mêmes que rien n’est résolu. Ils préfèrent rester prudents. Les seuls risques que l’on prend dans le système, ce sont les risques de la spéculation financière. On joue sur la valeur des choses.

La durée de la stagnation induite par cette situation n’est pas fixée d’avance. Elle dépendra de beaucoup de choses, entre autres de la dépréciation des monnaies. C’est dire des rapports des forces sociales. Si les banques centrales réussissent à gonfler l’inflation effective, sans, en contrepartie, faire monter les taux d’intérêt, donc en contrôlant les anticipations, alors le désendettement réel sera plus rapide et la croissance nominale repartira plus vite. Ce processus viendra compléter la répression fiscale.

Parmi les erreurs des responsables, il y en a une qu’il ne fallait pas commettre. C’est celle du changement des standards comptables du secteur financier (normes du FASB). En changeant les standards comptables, on a dispensé les banques de fournir des comptes honnêtes, de prendre leurs pertes, de se recapitaliser sérieusement. On a fait exactement ce que l’on avait déconseillé de faire en son temps aux Japonais. C’est ainsi que l’on a transformé une crise qui aurait pu durer deux ans en une crise générationnelle.

En dehors d’une opération Vérité très improbable, opération qui consisterait à reconnaître la vraie valeur dépréciée des dettes et créances, il y a très peu de solutions pour retrouver une croissance raisonnable. L’activité économique d’un pays dépend à la fois des revenus et du crédit. Pendant des années, les revenus salariaux ont stagné, voire régressé en termes réels. Ils stagnent encore. Et ils sont amputés par la hausse du prix des services fournis par les Etats, les impôts. Le phénomène est aggravé par le chômage. L’absence de gain de pouvoir d’achat a été compensée par le recours au crédit. Le recours au crédit est maintenant bloqué pour cause de surendettement. Quelles sont les solutions? On peut imaginer de favoriser la hausse des revenus salariaux; d’augmenter l’endettement du gouvernement s’il le peut encore; de piller la demande des autres pays en favorisant la baisse de sa monnaie, c’est la carte mercantiliste.

On ne peut monter les revenus salariaux car il y a risque de perte de compétitivité et incidence sur les taux d’intérêt. On ne peut augmenter à l’infini la dette des Etats car ils sont déjà en majorité insolvables. Quant au mercantilisme, tout le monde s’y essaie, ce qui en annule les bénéfices. L’une des choses qui passe inaperçue, mais qui est très grave, est que le consensus, la coopération, qui ont permis de faire face en 2009 ont disparu. Les réunions en «G» ne donnent plus de résultats, les forces dissociatives sont à l’œuvre, partout. Nous sommes dans une phase de fragmentation généralisée, de re-domestication. On défait l’histoire. Les trente dernières années ont été celles d’un mix qui a débouché sur une catastrophe: innovations technologiques, mondialisation, laxisme monétaire, goût du risque. Le mix se dissocie. Les remèdes sont dérisoires.

La politique qui est suivie, et qui vise à favoriser la constitution d’un «effet de richesse» pour s’opposer à l’appauvrissement réel, est totalement inefficace. Les ménages ne tombent pas dans le piège que leur tendent les banques centrales, ils ne dépensent pas la richesse fictive qui est créée par le gonflement temporaire des cours de bourse. Les agents économiques ne dépensent que les revenus qu’ils considèrent comme stables. C’est l’une des découvertes de Milton Friedman, découverte qui lui a, parmi d’autres, valu le Prix Nobel en 1976. Un gonflement des cours de Bourse de 1% produit, au mieux, une hausse du PIB de 0,03%.

La hausse des cours des actifs financiers constitue ce que l’on appelle de la «création de valeur», on ajoute des zéros dans les livres de comptes. Hélas, la création de valeur n’équivaut pas à de la création de richesse, ce n’est pas parce que vous aurez rajouté des zéros partout que vous aurez produit plus de biens et services échangeables! Le gonflement de la valeur des assets est en réalité un mécanisme de transfert de richesse, de vraie richesse, cette fois. En effet, celui qui bénéficie du gonflement des valeurs boursières se trouve à la tête d’un pouvoir d’achat qui lui permet de se payer, de s’attribuer un droit de prélèvement supplémentaire sur la production nationale et mondiale réelle. La création de valeur boursière dilue le patrimoine et les revenus de tous ceux qui ne participent pas au festin. La création de valeur est un moyen de fausser la répartition du gâteau national et mondial. Au lieu de favoriser la reprise économique, elle la bloque.

La montée des antagonismes, le chômage, provoquent dislocation et délitation du tissu social. La tentation du bouc émissaire refait surface. On joue avec le feu sous cet aspect. La stigmatisation de l’industrie financière ou de groupes sociaux est encouragée par les politiciens à la petite semaine. L’industrie financière ne serait pas ce qu’elle est si les gouvernements n’étaient pas ce qu’ils sont et si les banques centrales retournaient à leurs pratiques traditionnelles. Ce sont les gouvernements qui ont poussé à la dérégulation financière afin de pouvoir s’endetter plus. Afin de payer les additions de leurs promesses électorales. Ce sont les banques centrales complaisantes qui ont accepté de mener les politiques monétaires ultra-laxistes qui ont permis les dérives bancaires.

En fait, tout le monde est responsable, ou coupable, comme l’on veut. Les gouvernements et les banques centrales ont répondu à une demande sociale qui veut que l’on puisse jouir plus vite tout en faisant moins d’effort. Nous sommes dans des sociétés de moindre effort, de confort, de «convenience», sans autre frein au glissement sur la mauvaise pente, que les crises, lesquelles se produisent lorsque les promesses dont vit et se reproduit le système, ne peuvent plus être tenues. Il faut bien comprendre que le système produit ses propres justifications, morales, émotionnelles, théoriques; on trouve toujours une théorie pour justifier les comportements et décisions des Pouvoirs. Il suffit de regarder ce qui se passe pour justifier les interventions guerrières, on invente le principe du «punitisme». S’il n’y a en a pas, le système se charge d’en produire une et de l’imposer. Ceci signifie que, dans notre conception, les changements, les corrections, ne peuvent être conduits par les «chefs», fussent-ils légitimement élus. Non, le changement ne peut être qu’imposé par la Nécessité, par la Réalité. La situation actuelle se définit, précisément, comme un déni de cette Réalité.

 

 

Je me permets d’ajouter un graphique de circulation de la monnaie fiduciaire aux USA…no comment

velocity sept 2013

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Humour en Grèce

Mon fils rentre de Grèce, plus précisément de l’île de Zante (Zakynthos (en transcription latine du grec) et également appelée Zacynthe).

Il me rapporte une photo qui montre que certains grecs ont tirés les leçons de ce qui leurs arrive (sans pour autant que leurs problèmes soient réglés).

Cette photo résume bien l’état d’esprit.

 

grrece

Traduction: Un crédit est uniquement octroyé aux personnes de plus de 90 ans et qui sont accompagnées de leur grand-mère

 

No comment

La maison ne fait plus crédit….

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Une dépression déflationniste semble inévitable

Billet invité Monsieur U.

Les pays du G10 nagent dans un océan de dettes. Une grande partie de ces dettes ne seront jamais remboursées. Une dépression déflationniste me paraît donc inévitable dans de nombreux pays.
Pour avoir une vue d’ensemble de l’endettement des pays du G10
À noter, la position peu envieuse de la Suisse dans ce classement des pays les plus endettés par rapport à leur PIB. Bien que les dettes existantes de son secteur public ne représentent que 40% de son PIB, le secteur bancaire (avec notamment les deux Frankensteins que sont l’UBS et le CS) ainsi que le très important endettement des ménages (hypothèques principalement) font que le pays a une dette totale de près de quatre fois son PIB.
Comment de nombreux analystes et économistes peuvent-ils encore pronostiquer de la croissance économique dans le futur ? Des années de récession pour nettoyer le système de toutes ces dettes me paraissent malheureusement inévitables…
Pourquoi, dans un premier temps en tout cas, faut-il craindre la déflation plutôt que l’inflation ou l’hyperinflation (des prix) malgré l’ahurissante quantité de “monnaie” qui a été créée par les banques centrales ?
Avez-vous entendu parler de Farinet, Joseph-Samuel de son prénom (1845-1880) ?
C’était un faux-monnayeur qui sévissait en Valais et qui a été condamné à la prison pour avoir fabriqué de fausses pièces de 20 centimes (près de 2 francs de valeur actuelle). Pour moi, les banquiers centraux actuels sont aussi, en quelque sorte, de faux-monnayeurs; mais eux, ils ne risqueront jamais la prison. En effet, dans les régimes de monnaies fiduciaires que nous connaissons depuis des décennies, ils oeuvrent en toute légalité et avec la bénédiction de la plupart des politiciens.
Avant que la crise actuelle ne commence, le plus grand créateur de monnaie a été le système bancaire (par le mécanisme du crédit). Les banques étant en pleine crise (au bord de la faillite), ce sont les banques centrales qui ont pris le relais. Que vous jetiez un oeil sur les chiffres de la banque centrale américaine, japonaise, européenne, anglaise ou suisse, partout vous pourrez remarquer un gonflement ahurissant de leur bilan respectif dû à une création de “monnaie” à partir de rien.
Ces milliers de milliards créés ne signifient-ils pas un retour prochain de l’inflation (une hausse importante des prix) voire de l’hyperinflation (une hausse phénoménale des prix) comme s’en inquiètent la plupart des commentateurs qui s’expriment sur le sujet ? En effet, ces excès de moyens monétaires par rapport à l’offre de biens et services devraient avoir pour conséquence une hausse des prix (et donc une perte de pouvoir d’achat des monnaies).
Je crois que ces analyses oublient de mentionner quelque chose d’important. Si les banques centrales peuvent créer pratiquement autant de moyens monétaires qu’elles le veulent, elles ne maîtrisent pas leur utilisation. Donc, l’analyse de ce problème ne doit pas s’arrêter à la quantité de monnaie en circulation mais tenir compte de sa circulation effective dans l’économie, ce que les gens en font. Là intervient la notion de vitesse de circulation de cette monnaie, ou de vélocité (velocity en anglais).
Je vais prendre un petit exemple un peu absurde pour illustrer cela. Si M. Philipp Hildebrand, président de la BNS (Banque Nationale Suisse), un grand copain à vous, vous fait livrer par camion cent milliards de francs en billets de mille fraîchement imprimés, et que vous décidiez de les stocker dans votre cave sans dépenser un seul de ces billets, quel en serait le résultat ? Quantité de nouvelle “monnaie” créée (à partir de rien) : cent milliards de francs. Vitesse de circulation de ces cent milliards : zéro !
Je vais maintenant prendre un exemple bien réel, celui des Etats-Unis, illustré par quelques graphiques  :
La banque centrale américaine, la Fed, s’est engagée dans un vaste plan de soutien au système financier et à l’Etat fédéral en faisant tourner “sa planche à billets” électronique. Elle a fabriqué une énorme quantité de “monnaie” (à partir de rien) et son bilan a explosé.

Cette nouvelle “monnaie” apparaît dans les mesures de masse monétaire comme M1 ou M2 dont la progression s’est accélérée ces dernières années.

Où est allé toute cette “monnaie” ?
Les premiers bénéficiaires ont été les banques. Politiciens et banquiers ont une relation particulière et s’entre-aident depuis des décennies sur le dos du reste de la population; les uns ont le privilège de pouvoir créer de la “monnaie” à partir de rien par un simple jeu d’écritures comptables, les autres leurs ont accordé ce privilège car ils peuvent payer une partie de leurs promesses électorales avec cette “monnaie”. Qu’ont fait les banques de toute cette “monnaie” ? Pas de nouveaux crédits, car après avoir pris des “bouillions” par leurs propres fautes (à force d’avoir trop prêté), elles sont devenues très conservatrices. D’ailleurs, la demande de nouveaux crédits de la part du secteur privé est quasi inexistante; le système est saturé de dettes et les entreprises n’ont guère envie d’investir pour développer leurs capacités dans le climat actuel. Les banques ont principalement fait deux choses : placer des sommes énormes auprès de la banque centrale
et prêter d’autres sommes énormes à l’Etat fédéral.
Laisser son argent moisir sur un compte de la banque centrale, c’est comme le mettre dans sa cave. Aucun impact sur les prix (et l’activité économique). Donc une grosse partie des milliards créés n’ont eu aucune influence inflationniste.
L’Etat fédéral a été l’autre principal bénéficiaire. Une grande partie de l’argent créé (à partir de rien) par la banque centrale a en effet servi à financer ses dépenses en très forte augmentation (politique keynésienne de soutien et d’intervention tout azimut qui a connu une accélération sous l’ère Bush junior et encore plus sous l’ère Obama), ceci soit directement, soit indirectement. En effet, d’une part la banque centrale a financé directement l’Etat par monétisation de ses dettes et d’autre part, les banques, comme j’en ai parlé au paragraphe précédent, ont dirigé une partie de cet argent créé au financement de l’Etat. Et qu’a fait l’Etat de tout cet argent ? Toutes sortes de dépenses dont la productivité totale doit être proche de zéro (et peut-être même négative). À part certains investissements qui seront productifs  un jour (infrastructures par exemple), le gros des dépenses va à l’assistanat de plus en plus généralisé, aux fonctionnaires de plus en plus nombreux (dont la productivité globale est certainement négative) et à l’armée (la plus grande armée du monde installée dans une centaine de pays, qui se bat sur plusieurs fronts et qui est destructeur de richesses). L’argent dépensé par le gouvernement entre bien dans le système économique et a donc une certaine influence. Une influence principalement sur les biens de première nécessité comme la nourriture, l’énergie et la santé, dont les prix augmentent généralement d’année en année. Mais pour le reste, l’effet me semble marginal.
Toute cette “monnaie” créée (à partir de rien, je le répète une nouvelle fois, chose qui n’est possible que dans le système de monnaie fiduciaire que nous connaissons), a donc une certaine influence sur certains prix. Pourquoi n’a-t-elle pas d’influence sur tous les prix et donc provoquer une inflation galopante ? À cause du niveau exorbitant de dettes accumulées ces dernières décennies, dettes qui étouffent par leur poids (le service de ces dettes, soit le paiement des intérêts et du principal) de plus en plus de particuliers, d’entreprises et même de collectivités publiques. Cela a un effet dépressionniste et déflationniste qui s’oppose à l’effet inflationniste de la création de nouvelle “monnaie”. Nous assistons donc à un combat titanesque entre inflation et déflation. D’un côté les Etats et leurs banques centrales qui dépensent et créent de la “monnaie”, dans des proportions gigantesques, et de l’autre principalement le secteur privé qui a accumulé tellement de dettes qu’il ne peut plus les supporter, et, par le biais des faillites qui se multiplient, provoque une destruction de “monnaie”. D’un côté, on crée de la “monnaie” pour soutenir un système condamné à la faillite (en réalité, on ne fait que d’acheter du temps à crédit), de l’autre, on en détruit ou on refuse de l’utiliser (on dépense moins, on épargne plus). Résultat : on n’utilise plus autant la “monnaie” et sa vitesse de circulation diminue.
Cela a pour effet d’annuler tout ou partie, selon le moment, les effets inflationnistes que cette “monnaie” nouvellement créée pourrait ou devrait avoir.
Dans le texte, j’ai mis le terme “monnaie” entre guillemets car pour moi, la “monnaie” qui a cours légal dans le régime actuel n’est en réalité que de la fausse monnaie. On peut en fabriquer à partir de rien. Elle perd de sa valeur continuellement (sauf durant de rares périodes de déflation). Bien que la valeur ce cette “monnaie” ne repose sur rien, les gens l’utilisent parce qu’ils peuvent l’échanger contre des biens ou services. Un jour, cela risque de changer et les gens perdront totalement confiance si l’on n’entreprend pas une réforme monétaire radicale.
Cette crise, son ampleur et tous les excès qui lui sont associés (déficits, niveau des dettes, développement phénoménale du système financier, importance de la spéculation, déviances malhonnêtes de toutes sortes), n’ont été possibles à ce degré que parce que notre “monnaie fiduciaire” n’est pas une monnaie honnête. J’espère sincèrement que l’on retournera rapidement à une monnaie honnête, comme celle que l’on a connue durant la période de l’étalon-or, seul frein à tous ces excès. Si ce n’est pas le cas, on risque le chaos et peut-être même la fin de la civilisation occidentale…
Bonne chance et joyeuses fêtes !
Monsieur U.
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La Ville de Lausanne bientôt en Faillite ?

Est-ce mon article du 11 novembre dernier qui a réveillé quelques journalistes ?

Pour rappel: La ville de Lausanne se finance à bon compte sur les marchés (pour combien de temps ?)

Toujours est-il que désormais on constate enfin publiquement que la ville a été très très mal gérée financièrement avec un passif aujourd’hui de plusieurs milliards de CHF (dette supérieur – en montant – à celle du canton de Vaud dont Lausanne est le chef-lieu). Où est passé cet argent ?

J’ajoute en que la caisse de pension (la prévoyance retraite) de la Ville de Lausanne est en sous-couverture très très importante et le syndic (maire) est épinglé par la cours des comptes. Ce dernier réfute toute mauvaise gestion de la caisse.

Daniel Brélaz fait débat

L’article de Lausanne Cité: http://www.lausannecites.ch/node/1758

 

Un exemple de faillite par le passé: Loèche-les-Bains (Leukerbad)

Il semble que mondialement les communes font preuve de largesse financière. Ceci étant normal ce n’est pas leur argent, mais celui des contribuables. Toujours facile de dépenser l’argent des autres.

J’aime à répéter Milton Friedman à ce sujet:

1) Vous dépensez votre propre argent pour vous-même. Vous faites alors attention et essayez d’obtenir le plus possible de votre argent.

2) Vous dépensez votre propre argent pour quelqu’un d’autre. Par exemple, vous achetez un cadeau pour quelqu’un que vous connaissez. Vous ferez sans doute plus attention au coût du présent qu’au plaisir qu’il pourra procurer.

3) Vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous-même. Par exemple, vous êtes à un déjeuner d’affaires que vous allez régler avec la carte de crédit de votre entreprise. Vous ferez certainement moins attention au coût et plus au fait de bien manger.

4) Enfin, vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour quelqu’un d’autre. Dans ce cas-là, vous ne serez pas inquiets au sujet de la dépense, ni préoccupés par ce que vous allez dispenser.

L’Etat représente le tiers de notre revenu national…(en Suisse) et 50% en France.

PS: Pour la version originale, voir « Free to choose » de Milton Friedman

 

 

 

 

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La ville de Lausanne se finance à bon compte sur les marchés (pour combien de temps ?)

La ville de Lausanne vient de lancer un nouvel emprunt pour CHF 100 mios avec échéance en 2022. Le prix d’émission est de 100.91% et le coupon offert de 1.625%.

Ville de Lausanne 2011-2022 Prospectus EC (prospectus avec les comptes de la ville de Lausanne d’autres informations comme la rémunération du syndic (maire) etc.)

En voilà une excellente nouvelle !

Pour qui ?

Pour l’émetteur, car il ne paie qu’un intérêt minime (de peu supérieur à celui du marché) pour financer son train de vie.

Le taux du marché avoisine 0.9% annuel pour un emprunt à cette échéance en CHF. Avec un prix d’émission au-dessus du pair (100.91%), le rendement à servir est à peine de plus de 1.5% annuel pour emprunter.

Question: Est-ce un intérêt normal ?

Deux réponses me viennent à l’esprit:

  1. Oui si des acquéreurs sont d’accord de prêter de l’argent à la ville de Lausanne en contrepartie d’un rendement si faible (et je ne tiens pas compte des impôts sur le revenus du coupon !)
  2. Non si on regarde de plus près les comptes (bilan) de la ville de Lausanne (Sans rating officiel, mais qu’on estime proche de A+)

Démonstration:

Découvert au bilan de la Ville 265 mios de CHF

Garantie pour les rentes futures (retraites, 2ème pilier = promesses) 736 mios de CHF (Hors Bilan) et 329 mios de CHF de cautionnement /garanties

Cerise sur le gâteau, la dette de la ville de Lausanne s’élève (attention roulement de tambour…..) à 2,24 milliards de CHF soit 2’240 mios de CHF, plus élevée que le canton dont elle est le chef lieu !!

L’évolution du canton de Vaud se situe sur la voie du désendettement (c’est possible !!! malgré la période actuelle)

Si l’histoire doit nous servir de guide…….

merci à la personne (qui se reconnaîtra) de m’avoir suggéré cet article lors d’un repas fort agréable et qui m’écrit aussi:

  • Il n’y a pas de garantie du Canton et il me semble que ce dernier devrait exercer sinon un devoir d’ingérence du moins un devoir de surveillance.
  • L’écart par rapport au prix du marché (bien que de plus de ½ %) est insuffisant pour couvrir le risque.
  • On se demande souvent comment la Grèce a pu s’endetter à un point tel. Nous en avons une démonstration in vivo et l’on voit que les mêmes erreurs peuvent se produire en Suisse, sous nos yeux.
  • Rien ne dit que Lausanne ne sera pas attaquée par des hedge funds comme la Grèce l’a été.
  • L’emprunt inclut les clauses habituelles, plus une clause d’exigibilité immédiate si l’émetteur est mis partiellement ou totalement sous administration forcée ou sous assistance

 

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N’est pas la FED qui veut ! (et la BNS l’apprendra à ses dépens)

Discussion avec un ami qui amène certaines questions et remarques:

Le cours de l’action de la BNS:

Dans un article du quotidien 24 heures, on pouvait lire ceci :

“Les interventions de la Banque nationale suisse (BNS) et l’hypothèse que le cours du franc pourrait être provisoirement arrimé à celui de l’euro ont amené quelque répit dans l’appréciation du franc, valeur refuge mais considérée actuellement comme nettement surévaluée.”

Question 1: Le BNS est une Société Anonyme, cotée en bourse et dont le capital est détenu:

  1. Par les Cantons suisses
  2. Par les Banques Cantonales
  3. par les particuliers (1 tiers)

La Confédération Helvétique ne possède aucune action.

Cette idée d’un arrimage du franc suisse à l’euro me paraît totalement folle. Pourquoi ?
Il suffit d’aligner quelques chiffres:

PIB suisse (à fin 2009) : 536 milliards de francs

Dette Confédération: 111 milliards de francs soit 20.7% du PIB

Dette Confédération., Cantons et communes  : 210 milliards de francs soit 39.2% du PIB

Bilan de la BNS (à fin juin 2011) : 258 milliards de francs soit 48.1% du PIB !!!

 

La BNS a essuyé une perte de 19.17 milliards de francs en 2010.

Cette année, la perte se monte à 10.8 milliards au premier semestre. Le capital de BNS a fondu de moitié en un an  à 28.6 milliards à fin juin 2011 (l’euro était au-dessus de 1.20 pour mémoire).

Et si cela continue, qui viendra renflouer la BNS ?

réponse: Les actionnaires : Cantons et banques cantonales pour 55%,et les particuliers pour le reste.

Pour comparaison, après toutes les folies réalisées par la Banque centrale US, la Fed, son bilan représente “seulement” 20% du PIB américain.

Arrimer le franc suisse à l’euro ne fera qu’accentuer les problèmes pour les caisses de pension. Elles devront vraiment encaisser la perte sur la devise européenne car celle-ci ne pourra plus monter !

50 mias partis en fumee

Il me semble que cette histoire d’arrimage est une rumeur pour enfumer -un peu plus – les marchés.

je vous livre les quelques articles au sujet de la BNS que j’ai rédigé depuis quelques mois.

Les réserves monétaires de la BNS 2003-2010: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=7206

Les cantons suisses assistés: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=6446

La BNS toujours impuissante ! et inconsciente ?: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=4584

 

 

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L’Euro à 1.1 contre CHF et alors ?

Plusieurs personnes m’ont félicité de ma prévision de cours de change à 1.1 pour l’euro contre le CHF (prononcée alors que le cours était de 1.45 – 1.5). Et Maintenant ?

Il est temps de fournir quelques détails, explications, articles, graphiques etc. avant de poursuivre.

Tout d’abord le graphique de l’euro contre CHF (source Reuters):

et 2 derniers jours (nouvelle intervention dès ce matin ?)

La BNS n’a pas fait de commentaire sur une possible intervention. Le Franc suisse c’est déprécié fortement contre toutes les monnaies du monde ces derniers jours après avoir touché la parité contre euro. Je crois grandement qu’une intervention de la BNS a été orchestrée.

A mon avis, l’espoir (ou la volonté non affichée) semble être: Parvenir à faire remonter l’euro vers 1,2 et ensuite d’annoncer son arrimage à la monnaie unique.

C’est possible à réaliser, mais…

  1. Tout d’abord, il faudra acheter massivement de l’euro (ou vendre massivement du franc suisse) afin d’obtenir le cours désiré.
  2. Il faut ensuite faire une annonce (un décret ? une loi ? appelez cela comme vous voulez qui fixe la parité euro/chf à 1,20
  3. Il faut défendre cette parité coûte que coûte. Cela signifie simplement acheter de l’euro dès qu’il est à 1.1990 et vendre de l’euro dès qu’il est à 1,2010, ceci en permanence
  4. Il faut donc avoir un interventionnisme permanent sur la paire de devises et cela aura un coût énorme à terme. Cette stratégie n’est pas viable à long terme et l’Argentine (en arrimant son Pesos au USD) en avait fait l’amère expérience

J’ai des propositions beaucoup plus décalées pour affaiblir le CHF

  1. Augmenter l’endettement de la Suisse au même niveau que les pays européens et américain….soit 100% du PIB (en résumé ne plus être le moins mauvais (ou le meilleur selon la perception que l’on affiche de la dette suisse))
  2. Instaurer des taux d’intérêts négatifs (la plus plausible) sur les comptes courants (pour les non-résidents). Problème de taille, le cash CHF se déplacera probablement sur les obligations qui- à force d’être achetées – offriront finalement un rendement négatif (hausse du cours des obligations), puis le cash ira sur les actions suisses (dont certaines possèdent des P/E de 4 et des rendements au dividende de 3-4% annuels. Nestlé par exemple ou Kudelski, pour autant que les bénéfices restent stables) ou sur de l’immobilier.
  3. Laisser UBS ou Credit Suisse faire faillite (intérêt national de les maintenir en vie sinon la Suisse est à genoux. UBS + CS = 7x le PIB suisse), ce qui fera s’écrouler le CHF (pas souhaitable du tout !)
  4. Acheter massivement de l’euro ou du USD (je parle de milliers de milliards) en espérant que cela aura un impact. De toute manière les comptes de la BNS seront  dans le rouge et la BNS imprimera de la monnaie de singe aussi (c’est ce qui arrive). Problème, cet afflux de liquidité va provoquer un problème d’inflation en Suisse par la suite.
  5. Adhérer à l’EU…..(eu…là je crois qu’aujourd’hui le peuple voterait massivement contre..)

En tout cas, c’est silence radio de la part du gouvernement et de la BNS (d’ailleurs je ferait de même si j’étais à leurs places)

Je vous livre quelques articles:

l’euro dépasse brièvement 1-09 franc (suite à l’intervention, on verra cela dans les comptes de la BNS)

La BNS prend de nouvelles mesures pour enrayer le franc fort

La Suisse doit-elle plus investir pour s’en sortir

Alors que faire me direz vous ?

Etant donné la forte volatilité de la monnaie à cause d’interventions, je ne prendrais pas de position actuellement en CHF pour des investisseurs qui n’en détiennent pas car il se peut que le CHF s’affaiblisse encore.

Pour ceux qui sont déjà investis, je garderai la position.

A court terme, la chute de l’euro était terminale (tout le monde en parle, les journaux), mais je ne vois pas ce qui a changé en quelques jours dans les économies mondiales. A court terrme l’euro peut remonter assez fort. On va voir ce qui va se passer à plus long terme.

Malheureusement (ou heureusement) la Suisse est un petit pays, maniable et flexible, mais il n’a pas la capacité de contrer avec sa BNS les flux de capitaux mondiaux.

Si les chinois, américains, européens veulent acheter du CHF (ou plutôt vendre leurs monnaies respectives), la seule possibilité offerte à la Suisse sera de les décourager et non de lutter contre cet afflux de capitaux.

 

 

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Audio/vidéo: Les dividendes de la BNS et le carry trade sur le CHF

Ce matin sur RSR: le-journal-du-matin_20110125_standard_passe-present_Les dividendes de la BNS

Je vous ai déjà parlé des dividendes attendus par les cantons dans un article précédent: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=6446

Dans le fichier audio de la RSR ci-dessus, on peut entendre: 

A. “Les réserves monétaires devenaient phénoménales, des dizaines et des dizaines et de milliards qui n’avaient aucun sens. Le franc suisse est la monnaie la plus réputée au niveau mondial et c’est elle qui court le moins de risque du point de vue monétaire international.”

B. “C’est pour cela que la BNS a vendu une partie de son or en 2004 (une tonne environ) pour combler le trou de l’AVS”

C. “Le bilan de la BNS affiche une perte de 21 milliards due aux achats massifs de l’euro pour freiner le renchérissement du franc suisse”

D. “Dans les pays de l’est, en particulier en Hongrie, les particuliers et entreprises hongroises se sont endettés en franc suisse. Quatre-vingt pourcent de l’endettement hypothécaire en Hongrie est réalisé en franc suisse auprès d’établissements suisses.” Je vous encourage grandement à écouter le reportage de la RSR: le-12h30_20110124_les hongrois pieges par les emprunts en chf

A la suite de quoi, il m’est possible d’aborder les points mentionnés précédemment.

A. Je vais me faire le porte-parole du diable.

Effectivement le franc suisse est une monnaie refuge.

Effectivement, le franc suisse est la monnaie d’un pays moins endetté que les autres pays.

Si je peux me permettre deux remarques qui me semblent importantes: La première est que la couverture or des billets en Suisse est aussi faible que dans les pays environnants. Pour ceux qui n’avaient pas lu mon article à ce sujet, je vous renvoie à “Les billets sont couverts par l’or….mon oeil” (mai 2009). Avec un taux de couverture de 4.17%, la Suisse ne peut pas de vanter d’être en bonne posture. La seconde, c’est qu’avec des banques dont le poids économique est aussi important, le franc suisse présente une faiblesse (le poids du secteur bancaire). Pour l’instant, les objectifs des ratios de Bâle III et les mesures prises dans les grandes banques suisses semblent porter leurs fruits, mais gare à l’effet domino ! En effet, si des banques venaient à être en difficulté dans d’autres pays, il se peut que l’impact (mondial) sur les banques helvétiques se fasse ressentir (et très certainement vice-versa)

(Source Reggie Middleton 2010)

 (Source Zero Hedge 2008)

B. On félicitera la vente de l’or à un moment historique de prix bas (brader semble être le terme idoine):

C. Je me suis largement exprimé sur ces achats massifs d’euros (ou cette vente massive de CHF c’est selon). On peut noter que la BNS ne possède pas la puissance de feu nécessaire pour endiguer le flots/flux massifs d’achat de franc suisse par des intervenants sur le marché des changes. (Tous mes articles au sujet de la BNS : http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns)

D. Le carry trade: Déjà évoqué en mai 2009: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=1529, il semble que les leçons du passé sont rarement tirées. Entendre une économiste (le cordonnier le plus mal chaussé ?) dire qu’elle engage 80% de ses revenus pour payer sa dette en franc suisse me fait sourire…(jaune). Si des économistes sont capables de prendre de tels risques, imaginez dès lors les petits épargnants ou investisseurs qui ne possèdent pas les connaissances suffisantes et nécessaires. De plus, le carry trade pourrait avoir un effet non pris en compte par la BNS: L’appel d’air.

Cette expression bien connue voudrait signifier que plus le franc suisse se renforce, plus la dette des emprunteurs augmente et plus ils doivent ACHETER du franc suisse pour rembourser les crédits.

Si l’histoire doit nous servir de guide !

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