Prévoyance-retraite, la polémique enfle (encore dirais-je)

J’aime à revenir sur ce que j’écris, cela permet de juger si j’avais du bon sens (c’est ce dernier qui est le meilleur conseiller)

Voici donc les articles sur la prévoyance: http://blog.crottaz-finance.ch/?cat=16, articles dans lesquels je vous annonçais les problèmes de rendements et de financements des retraites. Pas besoin d’être un génie, un économiste, un ingénieur des mines etc. pour anticiper ce qui se produit graduellement chaque jour.

Aujourd’hui voici un article polémique qui fera certainement plaisir à deux autres blogs francophones: http://auxinfosdunain.blogspot.com/ et http://leblogalupus.com/, puisque, me semble-t-il, ils partagent mon point de vue sur le système qui a été mis en place depuis les années 80 (en Suisse) et qui aujourd’hui est en train d’exploser. J’y reviendrai par la suite.

Depuis quelques jours, soudainement (ce doit être le printemps), les médias se sont attaqués au sujet des caisses de pension de manière importante.

– Les journaux tout d’abord, avec des articles du temps (pour les abonnés):

et le rapport de swisscanto sur la situation des caisses: swisscanto 513835

– La radio (pas plus tard que ce matin):

J’apprécie le ton positif de Monsieur Ghelfi, mais je n’abonde pas en son sens (N’y a-t-il a pas de contradicteurs en ce bas monde ?) et ceci pour plusieurs raisons:

  1. Monsieur Ghelfi parle d’investissement à long terme 30-40-50 ans.Ndlr: Sur certain marchés financiers (actions), les actions sont au plus bas depuis plus de 20 ans.
  2. Monsieur Ghelfi parle d’une situation de taux médiocres temporaire?). Ndlr: Et si cela dure ? Scénario à la japonaise ?
  3. Il parle des caisses de pension publiques surtout. Ndlr: Je vous l’avais déjà mentionné, c’est le publique qui est le plus mal géré. Désormais ce sont des dizaines de milliards qui seront nécessaires pour renflouer les caisses étatiques. Qui va payer ? Le contribuable, je ne vois pas d’autres solutions. Donc vous et moi ! Je tiens à mentionner que dans le canton de Neuchâtel, trois caisses publiques (ville de La-Chaux-de-Fonds, Ville de Neuchâtel et Canton de Neuchâtel) ont fusionné pour donner naissance à un organisme centralisé … qui se retrouve être plus grand- en terme de nombre d’employés (pas d’affiliés !) par la nouvelle entité – que les trois séparées…quelle économie réalisée !!!
  4. Monsieur Ghelfi avance qu’il ne faut pas paniquer……Ndlr: Moi je suis en mode panique et je vais vous expliquer pourquoi !
  5. Monsieur Ghelfi parle d’immobilier, parlons-en ! Le professeur Jeanrenaud en parle dans l’impartial: (source: L’impartial, le 15 mai 2012)

La gestion des caisses publiques est donc toujours inquiétante.

Monsieur Ghelfi oublie un élément ESSENTIEL ! La pyramide des âges, mais aussi l’allongement de la durée de vie et l’explosion des coûts de la santé ! Il y a de moins en moins de personnes actives pour chaque retraité: Les retraités vivent de plus en plus vieux !

Il me semble donc que monsieur Ghelfi prêche pour sa paroisse, puisque lui-même bénéficie de largesse de caisse de pension (il est âgé de 70 ans) et qu’après son court passage en politique (une législature, conseiller communal de Neuchâtel de 72 à 76) il bénéficiait ( La loi a été modifiée en 87 puisencore une dexuième fois par la suite après avec le problème de Pierre Bonhote: http://www.rtn.ch/rtn/Actualites/Regionale/20120113-Pierre-Bonhote-ne-touchera-pas-de-rente-a-vie.html) d’une clause qui lui attribuait une rente à vie s’il ne trouvait pas d’emploi ou une rente de compensation pour la différence avec son salaire politique tout cela financé par l’Etat, donc le contribuable. Une véritable rente de situation.

Certains estiment qu’il faudrait plus de 3 millions de réserves techniques pour garantir la rente d’un seul Conseiller d’Etat à Neuchâtel après 2 législatures complètes, soit huit ans de travail. Les cotisations qu’il faudrait payer dans une caisse de pension normale sont plus élevées que le salaire perçu pendant ces huit ans!!!

Et en plus, on m’informe que:

“Les montants des cotisations et intérêts  accumulés avant l’entrée en fonction de Conseiller d’Etat reste acquis à la personne sur un compte de libre passage pour l’âge de la retraite, il n’est pas transféré dans la Caisse de Pension des Conseillers d’Etat. Le comble, c’est qu’ il n’existe pas de véritable Caisse de Pension pour ces Messieurs, c’est le budget de l’Etat qui verse ces rentes à vie. Idem pour les villes. Par conséquent la sous-couverture de la CPNE (caisse pension Neuchâtel) est théoriquement encore plus élevée que réelle, car une rente à payer sur le budget de fonctionnement, c’est une dette de consommation pour le futur.”

Pauvre jeunesse de ce beau canton…

Mon informateur ajoute:

“A l’âge de 28 ans et après seulement 4 ans au Conseil Communal de la Ville de Neuchâtel, (Il n’avait pas été réélu), le règlement de l’époque garantissait à M. Ghelfi une rente à vie de 50% de son salaire et avec indexation ! Excusez du peu.

Le règlement de la Caisse de Pension a heureusement été changé (voir plus haut) une première fois, juste après ce scandale (légal) appelé à l’époque l’affaire « GHELFI ». Il y a de cela maintenant 43 ans…

Il est très facile de travailler après l’âge de 28 ans pour différents organismes d’Etat en sachant que l’on a déjà une rente garantie à vie de 50 % de son dernier salaire.”

 

J’estime donc que Monsieur Ghelfi n’est pas, à proprement parler, la personne la mieux placée pour s’exprimer sur les retraites et leurs financements, car il est juge et partie. La Radio Romande ferait mieux de nous inviter des contradicteurs, plutôt que de faire passer des monologues univoques.

Voici donc le début de mon article polémique:

Je prie les lecteurs de bien tout lire et de prendre du recul sans sortir des cas isolés ou spéciaux, cet article affronte le système global.

Nous sommes à l’aube d’une guerre. Laquelle me direz-vous ? La guerre des générations. Pourquoi ?

Parce depuis les années 1970, la fin du choc pétrolier et l’abandon de l’étalon or, la génération de l’époque s’est gavée (sur le site auxinfosdunain, ils sont nommés les goinfres). Elle a dépensé sans compter, creusé des déficits sans se soucier de ce qu’elle allait laisser à ses enfants. Des exemples parmi tant d’autres:

  • Depuis 1974 la France n’a jamais eu un budget à l’équilibre
  • Des Etats endettés jusqu’à la dernière tuile
  • La création des caisses de pension (LPP, 2ème pilier) était en discussion depuis ces années 70 et a été introduite le 1er janvier 1985. Ce modèle “économique” est basé sur un principe “faux”, celui de la croissance à long terme. Je vous avais fait la démonstration que même 2% de croissance, c’est impossible ! à relire ici: mille milliards de mille sabords et la croissance infine ? Le leurre des pourcentages

Philippe Wanner, professeur à l’institut d’études démographiques de l’Université de Genève qui est l’auteur d’une étude publiée en 2008 sur la situation économique des actifs et des retraités. Cette étude montre que les 55 à 75 ans sont les mieux lotis économiquement en Suisse. (ouf j’ai 45 ans….)

Le pire dans tout cela, c’est qu’aujourd’hui cette génération de dépensiers ne se rend même pas compte du mal qui a été fait. Il va falloir payer la note, mais pas sur les retraites actuelles que touchent les retraités. C’est une plaisanterie ! Avec l’allongement de l’espérance de vie, on se retrouve avec des affiliés qui coûtent bien plus (+) que ce qu’ils ont cotisé, c’est une évidence.

Je ne leur jette pas la pierre, ils faisaient partie d’un système qu’ils pensaient bon et bien organisé/régulé, malheureusement il s’agissait d’un postulat erroné.

Ce qui m’attriste, c’est que le comportement de certains n’a pas changé !

Les seniors claquent leur pension puis sollicitent l’Etat

Ils continuent à mener la grande vie !

L’Etat cherche donc à empêcher les retraits de LPP: vives critiques des restrictions envisagées et http://www.illustre.ch/2eme-pilier-prevoyance-fonds-de-caisse-de-pension-devenir-proprietaire_159588_.html

On a d’un autre côté, beaucoup de personnes qui vivent au crochet de l’Etat sans vouloir travailler (ou si peu).

Chaque mesure, règlement, loi, a des conséquences que peu de gens semblent pouvoir prévoir. Le filet de protection social mis en place dans nos Etats-providence a- non pas – renforcé la solidarité, mais au contraire renforcé l’égoïsme, chacun cherchant à vivre au dépens des autres et transformé beaucoup de gens en assistés irresponsables…

Un égoïste c’est quelqu’un qui ne pense pas à moi…(à méditer)

Je prêche presque dans le désert, j’en suis conscient…..

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Prévoyance: Posez-vous les bonnes questions !

L’article qui suit est surtout orienté pour les personnes assurées dans des caisses de pensions (2ème pilier) en Suisse.

Pour mémoire, vous trouverez ici l’explication des piliers et de la prévoyance en Suisse: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=273

Je n’avais pas abordé le côté technique et la différence entre une primauté des cotisations et primauté des prestations jusqu’à ce jour. Une “découverte” sur internet (voir plus bas) m’a mis la puce à l’oreille et donné l’envie d’éclaircir, un peu, le sujet.

A/Primauté des cotisations: C’est un système de détermination des prestations fondé sur le montant des contributions versées par les assurées (et leurs employeurs) pendant la durée d’affiliation; ces contributions sont ordinairement exprimées par la loi ou par le règlement de l’institution de prévoyance en % du salaire cotisant. Le montant des prestations est alors fixé, pour chaque assuré INDIVIDUELLEMENT, en fonction du montant des cotisations dont il a été crédité pendant toute la durée de son affiliation (et en tenant compte, dans le système de capitalisation, des intérêts accumulés). Toute variation du salaire entraîne une modification du niveau des cotisations, mais les prestations ne varient pas dans la même proportion, du fait que la durée résiduelle des cotisations, jusqu’à l’âge de la retraite, devient plus courte lors de chaque nouvelle augmentation de salaire; il est toutefois possible de corriger ce phénomène par l’application de taux de cotisations progressif selon l’âge atteint.

Avantage du système de la primauté des cotisations: Il confère une grande sécurité financière aux employeurs et aux assurés, leurs charges étant déterminables avec exactitude

Inconvénient du système de la primauté des cotisations: Exprimées en % du salaire, les prestations diminuent lors de chaque adaptation de celui-ci.

B/ Primauté des prestations: c’est un système dans lequel les prestations sont déterminées par la loi ou un règlement de l’institution de prévoyance selon un certain pourcentage du salaire assuré, qui peut être le dernier salaire touché, le salaire moyen des cinq ou dix dernières années, voire le salaire moyen calculé sur toute la durée d’affiliation. Le pourcentage du salaire assuré dépend en général de l’âge de l’affilié lors de son admission, souvent aussi de l’âge atteint lors de l’augmentation de salaire ou de changements de catégorie professionnelle. Pour que le taux des prestations puisse être maintenu lors des variations du salaire, les charges supplémentaires qui en résultent doivent être financées par des “rappels ou des suppléments” de cotisations. Si le salarié, lors de son affiliation, dépasse l’âge d’entrée qui permet d’obtenir les prestations réglementaires ordinaires, une “finance de rachat” portant sur les années d’assurance manquantes doit être demandée par l’institution d’assurance, faute de quoi le taux des prestations sera réduit.

Avantage principal du système de la primauté des prestations: Il permet de maintenir le niveau relatif des prestations en cas de variations du salaire assuré.

Inconvénient majeur du système de la primauté des prestations: Il impose des charges financières de plus en plus lourdes lors de chaque adaptation du montant des prestations à l’évolution des salaires, tout particulièrement en périodes de forte inflation.

(source socialinfo.ch)

Le cadre est posé.

Je découvre aujourd’hui qu’une grande banque Suisse (qui a vanté les mérites  du système des prestations pendant de longues années) passe prochainement à la primauté des cotisations pour une partie des employés et les nouveau affiliés. Qu’est-ce qui se cache là derrière ? ?

primautes

Rien d’après le commentaire. En ce qui me concerne, je n’en suis pas si sûr. C’est comme le verre à moitié vide et le verre à moitié plein, le point de vue créé l’objet.

Si je résume en gros: Le risque est surtout désormais pris par l’assuré ! C’est normal en période de marchés difficiles, la caisse essaie de se désengager des risques. Il est écrit que les assurés profitent directement des bons résultats financiers…qu’en est-il des mauvais résultats financiers si c’est l’assuré qui prend les risques ?

Tout est expliqué ici: http://pk.cspix.ch/app/e-voting/index.cfm?fuseaction=EVArticle&aoid=8689&lang=FR

Bien que chaque système possède ses avantages et ses inconvénients, il est quand même très suspect d’effectuer ce changement en pleine crise. Il se pourrait que ce procédé fasse des émules.

Et si tous mes commentaires/articles précédents avaient vu juste ?

PS: Pour les suisses qui connaissent l’actualité, certaines têtes bien-pensantes veulent déjà fusionner votre 2ème pilier avec l’AVS pour sauver cette dernière (et par la même occasion l’A.I. (assurance invalidité)). Si vous le pouvez, remboursez vos dettes et épargnez (ou investissez) vous-même  pour vos vieux jours.

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