Immobilier et prévoyance ne font plus bon ménage.

La confédération planche sur un changement de loi concernant l’accès à la propriété au travers de la prévoyance. Pourquoi ?

lire l’article du matin: Adieu villa de mes rêves

Comme je l’ai souvent mentionné, (bulle immobilière en Suisse ? et le tout premier article de ce blog en 2008: Taux hypothécaire et Bérézina) l’utilisation de la prévoyance retraite comme apport de capital pour l’achat d’un bien immobilier peut engendrer des problèmes dans le futur pour ceux qui n’auront pas regarni leurs niveaux d’épargne retraite par la suite et dans le temps.

On considère que 20% de ces “ménages” seront dans la panade dans le futur et d’après nos dirigeants ce n’est pas à l’Etat de parer à cette problématique (ce qui semble une position justifiée).

Sachant que l’utilisation du 2ème pilier pour l’accession à la propriété n’a été possible que depuis le 1er janvier 1995 (rapport très complet de la confédération: Wohneigentumsförderung_definitiv_f), les statistiques ne peuvent être fiables considérant que les babyboomers arriveront dans quelques lustres à la retraite. Nous n’avons pas encore assez de recul.

A l’âge de la retraite il se peut que le manque de revenu pose un problème d’où une nécessité de vendre le bien immobilier à ce moment là.

Comme le nombre de retraités sera important, il se peut (mais pas sûr) que les prix baissent (risque de perte sur le bien immobilier !). Il est possible ainsi que des pertes nettes sur l’immobilier (indirectement sur la retraite) s’affichent à ce moment là.

Actuellement l’endettement des ménages pour les emprunts hypothécaires en Suisse est à 143% du PIB (contre 91% aux USA et surtout 249% en Hollande)

voir article de l’hebdo à ce sujet: hebdo avis de tempete

Au sujet du deuxième pilier  (cette fameuse prévoyance retraite) (lire explication sur les différents piliers ici) il se peut aussi qu’il ne soit plus possible de retirer le capital à l’âge de la retraite (seule obtention d’une rente) et que les personnes revendiquant le statu d’indépendant ne puisse pas non plus retirer le capital pour créer leur société, car 10% de ces patrons fait faillite et perd tout.

Ce sont peut-être aussi des excuses pour obliger les assurer à garder leurs capitaux dans les caisses de retraites, les retraits affaiblissant les caisses et les rendements futurs. On constate aussi (en suivant les fameux indices LPP de Pictet) que les rendements des caisses sont mauvais et que les marchés des actions et des taux ne produisent plus ou pas les rendements escomptés !

Les possibles décisions à venir de nos gouvernants montrent combien un système – qui semble positif lors de son introduction- peut engendrer des dégâts collatéraux insoupçonnés.

Que pouvons-nous tirer de tout ce qui précède ?

  1. Un aveu de faiblesse du système pas assez contraignant dans l’amortissement de la dette ou du renflouement ?
  2. Afin de décourager les retraits il est question d’annuler la déductibilité des intérêts (forçant les propriétaires à amortir plus vite) et en compensation, une autre annulation, celle de la valeur locative (loyer fictif pour le propriétaire qui s’additionne au revenu)
  3. Une hausse à court terme des prix de l’immobilier (les assurés voudront retirer rapidement leur prévoyance avant l’introduction des nouvelles mesures)
  4. Une chute des prix de l’immobilier plus tard par arrêt des retraits de 2ème pilier
  5. L’Etat intervient dans la prévoyance pour assurer la survie du système

Comme je l’ai écrit plusieurs fois, le retrait du deuxième pilier doit se faire sous certaines conditions:

  1. Le renflouer par la suite (ou plutôt conclure des assurances privées complémentaires ou se créer un bas de laine d’une autre manière) sous peine de devoir vendre son bien à la retraite car plus assez de revenus, ces derniers ayant été amputés (Berne s’en inquiète par ailleurs berne veut rendre moins facile achat logement 2eme pilier)
  2. Ne pas avoir trop de dettes, car pour mémoire tant que le bien n’est pas intégralement remboursé, la banque peut vous obliger à vendre ou à lui fournir des garanties plus grandes
   Envoyer l'article en PDF