Si la Stagflation s’invitait à Dîner ?

Par Laurence Crottaz

Définition de la stagflation : C’est la combinaison entre la stagnation de l’activité économique et une forte inflation (hausse des prix à la consommation, sans hausse des salaires).

Aujourd’hui, il semble que ce soit c’est le plus grand danger qui menace la zone Euro.

Ce terme de stagflation a été utilisé pour la première fois en novembre 1965 par Iain Macleod pour décrire la situation de l’économie britannique durant les 30 glorieuses ensuite généralisée aux autres pays en 1970

Les causes de la stagflation de 1970:

  • la chute des taux de rentabilité des sociétés américaines depuis le milieu des années 1960, puis en Europe et au Japon
  • la crise du Système Monétaire International (abandon de l’étalon or)
  • le premier choc pétrolier en 1973

Les conséquences furent un fort ralentissement de l’activité avec une forte poussée du taux de chômage et une lourde inflation.

La seule porte de sortie a été la libéralisation de la circulation des capitaux, la baisse de la part salariale dans la richesse produite et une politique monétaire de type Milton Friedman

Avec la récente crise (qui n’est pas terminée), les turbulences ont été nombreuses et souvent comparées à de précédentes crises. Il est dès lors peu étonnant que la crainte de stagflation surgisse et que le danger soit désormais présenté par certains comme réel ou imminent. Au Royaume-Uni, un sursaut d’inflation a déjà été constaté en décembre 2009, avec une hausse de 2,9%(sur base annuelle), la plus forte depuis 1997.

Stagflation Coming In 2010 How To Cash In On The Worst Inflation Since The ’70s

et quelques articles sur la stagfaltion:

Stagflation in 2010 May Look Like Reruns of the 1970s

Bah Humbug Stagflation is around the corner

MURPHY Setting the stage for stagflation

Le Crédit Suisse dans son communiqué d’avril (https://www.credit-suisse.com/news/fr/media_release.jsp?ns=41473) relève des risques d’inflation suite aux interventions des Etats.

Il est aussi a prendre en compte qu”une crise pétrolière ajouterait un élément de plus au risque de stagflation.

Comme vous le savez, mon mari pense que le peak oil est derrière nous et que nous allons peut-être assister à une hausse du pétrole. Il est aussi très inquiet concernant le système financier dans sa globalité ce qui pourrait faire monter l’or et d’autres métaux, mais il se questionne encore sur le sujet car n’a pas d’opinion tranchée.

Les pays émergents assistent à une croissance de population importante et les ressources nécessaires pour alimenter tous ces gens sont de plus en plus grandes, ce qui – à terme – devrait faire monter les “soft commodités”.

voici, par exemple, le graphique du pétrole

Si la stagflation s’invite prochainement dans l’économie, ce sera pire que tout, avec d’un côté des problèmes économiques (chômage, ralentissement, récession) et d’un autre côté une hausse des prix (même ceux des pizze si la farine augmente).

Actuellement il est déjà difficile pour certains de joindre les deux bouts et si la déflation persiste ce sera un grave problème pour ces gens là.

Une des solutions préconisées pour lutter contre la stagflation est la libéralisation de la circulation des capitaux. De nos jours, il ne semble pas que ce soit le chemin pris par nos économies, ce serait même plutôt le contraire.

Si l’histoire doit nous servir de guide….

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15 réflexions au sujet de « Si la Stagflation s’invitait à Dîner ? »

  • 25 juin 2010 à 12 h 58 min
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    Bonjour Olivier,

    attention tout de même à l’histoire: la comparaison a ses limites et chaque situation historique possède des caractéristiques propres irréductibles aux situations antérieures. Le pic pétrolier en est un. Les deux chocs pétroliers des années 70 découlaient d’un conflit politique alors le pic pétrolier est un processus à long terme qui aura une incidence fondamentale sur l’organisation de nos sociétés (dans le sens d’un facteur limitant l’expansion de l’activité économique et mettant en question le mode de vie dominant actuel structuré autour de l’automobile notamment). Sans toutes les limitations que connait désormais l’offre, le cours serait actuellement plutôt autour des 20-30$. Et vous avez raison de souligner les tendances lourdes de la production alimentaire(elle-même déterminée par la question pétrolière). Maintenant, ce n’est pas clair si vous faites vôtre la libéralisation des capitaux, mais en tant que solution, j’avoue que mon front se plisse profondément d’autant plus que je croyais que le néo-libéralisme se définissait notamment par une libre circulation des capitaux comme jamais…
    A mon avis le risque de stagflation sera déterminé par l’ampleur de la dépression (très forte elle provoquera un mouvement déflationniste car l’offre sera bien trop abondante face à la baisse de la consommation).

    Cordialement,

  • 25 juin 2010 à 15 h 06 min
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    Bonjour Laurence, et, Olivier.
    L’inflation, et, la déflation sont des concepts qu’il faut relativiser. Nous sommes en déflation (prix) par rapport à 2007, mais en inflation par rapport à 1800 (chiffre cité au hasard !)
    Apparemment nous sommes alors bien en stagflation car nos salaires n’ont pas augmenté depuis 20 ans, mais malgré tout le chariot de chez “Edouard” est de plus en plus cher.

  • 25 juin 2010 à 15 h 12 min
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    Non seulement la stagflation guette à cause de la monétisation des dettes étatiques et aux politiques de relance ruineuses en raison de l’inefficacité du capital consommé, mais en plus si la Chine se met à faire apprécier le yuan c’est la porte ouverte à l’inflation importée…
    La seule façon de se sortir de cette trappe est de réduire sensiblement les prélèvements et les dépenses publiques (qui – je le rappelle – n’ont jamais été aussi élevées de toute l’histoire de l’humanité donc le blabla sur l’ultralibéralisme-débridé-de-la-conspiration-mondialiste-de-la-société-du-mont-pélerin j’en ai plus qu’assez alors même que l’Etat n’a jamais eu une place aussi gigantesque, d’autant qu’on y a droit tous les jours avec notre presse “libre” et “indépendante” et nos journaleux français).
    Cela permettra de détendre le marché des fonds prétables, de faire baisser les taux d’intérêt, d’augmenter l’efficacité du capital et d’augmenter sensiblement la quantité d’épargne disponible pour l’investissement productif. Comme disait Peter Schiff l’Etat ne coûte pas ce qu’il prélève mais ce qu’il dépense, car tout déficit n’est pas de l’argent supplémentaire dans l’économie puisqu’il provient de l’épargne (volontaire ou forcée par la création monétaire). Donc ce que l’Etat donne d’une main, il le reprend de l’autre. Or l’efficacité du capital dépensé par l’Etat est nulle ou du moins bien inférieur à celui du secteur productif privé donc cela revient à détruire du capital… En réalité ces politiques ne sont que des destructions gigantesque de ressources. Après 15 ans à avoir dépensé 200% du PIB, le potentiel de croissance nippon est toujours quasi nul et on ose écoute encore des idiots finis comme Krugman Stiglitz ou des organismes de parasites comme l’ofce. Il n’y a pas de doute on est fini…

  • 25 juin 2010 à 17 h 15 min
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    Romain: l’opposition Etat/Capital est un faux débat: les deux sont indissociables et l’un ne va pas sans l’autre. La forme de l’Etat moderne est consubstantiel à l’avènement du capitalisme. Curieusement, les grands capitalistes ADORENT entretenir des liens privilégiés avec les politiciens au pouvoir et les grandes administrations… certainement un pur hasard 😉

  • 25 juin 2010 à 17 h 36 min
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    Haaa mais le capitalisme que je défend n’est précisément pas celui qui existe aujourd’hui! Evidement que les grosses entreprises et certains intérêts particuliés tirent profit des réglementations, des taxes autres barrières à l’entrée de concurrent et ne parlons même pas du système financier! Je ne considère pas le système actuel comme du capitalisme mais plutôt comme du corporatisme ou capitalisme d’Etat et c’est bien cela que je dénonce. Le problème vient bien de l’Etat qui accorde des privilèges à certains de manière arbitraire au détriment du plus grand nombre… Je n’est jamais dit que certains nomenklaturistes que vous appelez capitalistes n’utilisaient pas la contrainte légale pour s’accaparer des richesses illégitimement avec la complicité des Etats. Le capital peut bien donc utiliser l’Etat en tant que monopoliseur de la contrainte légale pour effectuer des actions illégitimes au vu de maximiser son profit. Bref pour moi l’Etat est le problème car il utilise de manière totalement illégitime son pouvoir de contrainte légale pour spolier et favoriser ses intérêts et d’autres intérêts particuliers au détriment des libertés et de la souveraineté individuelle des citoyens.

  • 25 juin 2010 à 18 h 00 min
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    Si je peux me permettre
    je dis non
    Je n’accepte pas de n’avoir que la photo de Monsieur…..
    vive le 50-50 en économie
    Que fait nicolas 1er 😉

    sinon bonne analyse il me semble, sur les futurs problèmes liés au pétrole, qui peuvent trés bien resurgir de façon violente et trés rapide si les rumeurs concernant l’impossibilité d’arreter la marée noire dans le golfe du Mexique sont réelles.

    ps: la photo, la photo……

  • 25 juin 2010 à 21 h 46 min
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    Il est vrai que l’intervention étatique atteint un point invraisemblable. C’est d’ailleurs cela qui les consuira dans le mur. Il n’est pas un seul domaine qui ne soit l’objet de réglementation ou de contrôle, sans parler de la suspicion généralisée que les gouvernements font peser sur les citoyens en prétextant de déviances marginales que ces gouvernements ont eux-mêmes créées. N’ayant plus aucun contrepoids, les gouvernements sombrent dans l’abus; il n’est pas un seul Etat occidental aujourd’hui qui mérite le titre d’Etat de droit.

  • 25 juin 2010 à 21 h 47 min
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    Il est vrai que l’intervention étatique atteint un point invraisemblable. C’est d’ailleurs cela qui les conduira dans le mur. Il n’est pas un seul domaine qui ne soit l’objet de réglementation ou de contrôle, sans parler de la suspicion généralisée que les gouvernements font peser sur les citoyens en prétextant de déviances marginales que ces gouvernements ont eux-mêmes créées. N’ayant plus aucun contrepoids, les gouvernements sombrent dans l’abus; il n’est pas un seul Etat occidental aujourd’hui qui mérite le titre d’Etat de droit.

  • 26 juin 2010 à 16 h 01 min
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    POur les US, c’est la “reprise”(lol) (d’après Jean ARTUIS SUR bfm RADIO), avec , pour les derniers chiffres:- 30 % de vente de logement neuf,- 10 % de construction de logement;40 % des chômeurs qui sont désormais des chômeurs de longue durée, -1 % de consommation des ménages…..Non, vraiment pas de quoi s’affoler….lol
    Que peuvent faire les politiques ? je crains qu’en dernier recours, on se retrouve entre ceux qui voudront tirer un trait sur les montagnes de dettes (les “riches” à la trappe) et ceux qui voudront absolument les payer (augmentation des inégalités du type modèle japonais et aucune croissance possible).Avant cela, de vaines tentatives d’alliance de la chèvre et du chou avec les loups à portée de voix; puis finalement le sauve qui peut général.Je crois plus au “chaos” redistributeur de carte qu’aux pseudo tentatives de se débrouiller tous ensemble.

  • 26 juin 2010 à 16 h 20 min
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    En lisant Christophe,je me dis que c’est peut etre le moment d’investir sur les actions petrolieres qui devraient monter dans quelques annees ? Ou je me trompe?

    Merci pour votre reponse.

    Jeanluc

  • 28 juin 2010 à 14 h 48 min
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    On peut aussi ajouter une autre cause à la hausse des prix : les monopoles et les cartels continuent d’augmenter leurs prix, indépendamment de la conjoncture. On le voit avec GDF, EDF, la SNCF, les péages, la RATP, les loyers, les concessions d’aéroport, les transports… Cela fait beaucoup de monde, quasiment toutes les dépenses contraintes sont dans ce cas. Sans parler des impôts qui augmentent aussi.

  • 29 juin 2010 à 17 h 39 min
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    quel comique !!
    L’économie se renforce”, assure Obama, malgré un climat morose
    WASHINGTON – Le président américain Barack Obama a assuré mardi que l'”économie se renforce”, même si subsiste une “grande inquiétude”, alors que Wall Street chutait après l’annonce d’un repli de la confiance des ménages aux Etats-Unis.

    “Nous sommes dans un phase de relance de l’économie”, a déclaré M. Obama à l’occasion d’une rencontre avec le président de la banque centrale américaine Ben Bernanke.

    “Dans nos discussions, nous sommes tombés d’accord sur le fait que l’économie se renforce”, a-t-il dit.

    “Mais nous avons également été d’accord sur le fait qu’il y a encore beaucoup de travail à faire”, a poursuivi M. Obama, ajoutant: “Il y a une grande inquiétude concernant les 8 millions d’emplois que nous avons perdus au cours de ces deux dernières années”.

    Notant qu’il y avait eu des “tendances très positives dans de nombreux secteurs” de l’économie, M. Obama a souligné que “malheureusement, en raison des troubles que nous avons vus en Europe, nous constatons maintenant des vents contraires (…) et de la nervosité du côté des marchés, des entreprises et des investisseurs”.

    “Nous devons encore travailler pour y remédier”, a-t-il dit.

    La baisse s’accélérait mardi matin à la Bourse de New York après l’annonce d’une chute de la confiance des ménages aux Etats-Unis, dans un marché déjà inquiet pour la croissance en Chine.

  • 4 juillet 2010 à 16 h 01 min
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    Les matières premières vont s effondrer une nouvelle fois.
    dévaluation = rush sur les obligations = krach des marchés actions et matières premières.

  • 5 juillet 2010 à 12 h 15 min
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    L’europe n’a pas envie que la croissance des autres pays se fasse sur son dos.En diminuant les déficits, l’activité peut diminuer (car on ne peut croire raisonnablement que le privé reprenne le flambeau dans des conditions identiques)mais elle entrainera certes une remise en cause de la compta

  • 5 juillet 2010 à 12 h 25 min
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    L’europe n’a pas envie que la croissance des autres pays se fasse sur son dos.En diminuant les déficits, l’activité peut diminuer (car on ne peut croire raisonnablement que le privé reprenne le flambeau dans des conditions identiques)mais elle entrainera certes une remise en cause de la comptabilité laxiste des états européens (avec toutefois une population relativement “fourmi”)mais aussi une accentuation des déficits au niveau des USA qui devront se battre pour maintenir la confiance dans le dollar tout en maintenant une certaine cohésion sociale:tache probablement plus ardue que celle qui attend les européens.La Chine pendant ce temps se rendra bien compte qu’elle ne peut tout décider unilatéralement (surtout par rapport a sa monnaie)car elle risque de tuer la poule aux oeufs d’or.(les marchés occidentaux)Que va t il se passer ?les tensions sur les dettes d’Etat ne vont que croitre et nous pouvons envisager dans un premier temps des obligations d’Etats à fort rendement puis dans un deuxième temps, une incapacité pour tous ces etats d’assumer les remboursements.La difficulté réside dans le timing et dans le choix des pays car l’effet domino des faillites des Etats sera contrebalancé par certains pays qui vont attirer la presque totalité des réserves mondiales.Dans cette hypothèse, des tensions extra financières risquent d’apparaître dans un second temps.

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