Résultats de la BNS

La BNS vient d’annoncer ses résultats pour le premier semestre.

Je cite : Cette performance en demi-teinte s’explique par les positions en monnaies étrangères qui ont affiché une perte de 6,8 milliards de francs, explique la BNS.

Parallèlement l’or, qui plus que jamais continue de jouer son rôle de valeur refuge dans les moments difficiles de la conjoncture mondiale, a dégagé une plus-value de 7,1 milliards francs (contre 2,8 milliards au trimestre précédent). De leur côté, les positions en francs ont permis d’engranger un bénéfice de 0,6 milliard de francs, alors que le produit retiré sur les intérêts et les dividendes s’est établi respectivement à 4,1 milliards (2,1 milliards au trimestre précédent) et à 1,8 milliard de francs (0,7 milliard).

Au total les pertes de change ont atteint 19,1 milliards de francs.

J’ai pu lire sur internet que le bénéfice était notamment dû aux encaissements sur les intérêts négatifs. Quelle blague ! C’est surtout l’or qui a permis de compenser les pertes de change.

Cette position or qui représentait (au 31.12.2019) seulement 5.7% du bilan a permis d’engranger 7,1 milliards. Dommage que la banque centrale suisse s’entête à ne vouloir accumuler que des monnaies fiduciaires !

D’ailleurs parlons-en !

En un mois (mai à juin) la détention de monnaies étrangères a augmenté de 34 milliards alors que les monnaies baissent. Petite déduction, la BNS continue d’accumuler des dollars et des euros.

Résultat le bilan explose (graphique fin mai, on se situe donc à 130% du PIB aujourd’hui)

Imaginez si le PIB chute ?? Le ratio monte !

La BNS est en train de jouer sa crédibilité !

https://www.swissinfo.ch/eng/business/monetary-policy_snb-s-swollen-balance-sheet-poses-risk-to–credibility-/45740088

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16 réflexions au sujet de « Résultats de la BNS »

  • 1 août 2020 à 21 h 06 min
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    Lorsque M. le Marché s’en rendra compte, il y aura du spectacle. Justement parce qu’il s’en rendra compte. Mais il ne s’est aperçu de rien depuis presque douze ans, comme Coyote qui arrive à courir en l’air tant qu’il ne regarde pas vers le bas. Inutile d’essayer de le convaincre. Alors chut! Continuons tranquillement d’acheter de l’or, des bitcoins ou de l’immobilier et de shorter le CHF avec des hypothèques.

  • 1 août 2020 à 23 h 38 min
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    Bon. Acheter des dollars, en ce moment, c’est pas une bonne idée. Je dirais même plus : c’est une énorme incroyable irresponsable abusive stupide très très très mauvaise idée. Et les jours qui sont devant nous vont permettre à la BNS de comptabiliser ses pertes. J’avais suggéré à la Maison blanche d’introduire un nouveau dollar, sous annulation de l’ancien (on ne sait même plus combien il y en a en criculation), ce qui permettrait de savoir qui les détiens et… de ne pas convertir en nouveaux dollars ceux qui proviennent des pays en conflit économique avec les USA (suivez mon regard) et… je ne pense pas que M. Trump ait une autres solution. Balancer de la monnaie à tout va depuis un jélictoptère en période de récession conduit à l’inflation galloppante. Et balancer de l’argent, c’est la seule chose que savent faire les politiciens. Donc, augmentation de la monnaie face à une production de biens et service, en forte baisse, c’est… provoquer l’inflation, dont le taux va s’ajouter au taux de base des banques centrales plus prime de risque, ce qui , enfin , remettra la politique des taux au centre de village et les banques au centre de leur activité. En attendant, il faut acheter de l’or et le problème… c’est d’en trouver. Les grandes banques te massacrent pour de l’apporter au guichet. Il n’y a que les banques cantonales qui sont apte à traiter ce type d’opération.

  • 23 août 2020 à 11 h 43 min
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    Article non connexe du genre ‘La Bourse pour les Nuls’ (comme moi) :

    “Pourquoi la Bourse affiche des records quand l’économie est en crise ?”

    https://www.latribune.fr/economie/international/pourquoi-la-bourse-affiche-des-records-quand-l-economie-est-en-crise-855285.html

    – La maxime « la Bourse n’est pas l’économie » : personnellement, je ne suis pas d’accord. C’est seulement quand ça les arrange. La preuve c’est qu’une crise boursière touchera également l’économie mondiale et pendant plusieurs années. Si seulement cet entre-soi existait vraiment, il n’y aurait plus besoin de subir et devoir éponger les énormes pertes économiques générées par les crises boursières successives.

    N’hésitez pas également à lire les commentaires.

  • 23 août 2020 à 18 h 55 min
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    Effectivement « la Bourse n’est pas l’économie », seulement quand elle monte (en ce moment de manière parabolique sur Tesla, Apple et qqes autres). Et c’est correct! Un exemple: le P/E de Tesla a passé les 1000, de quoi rendre la bulle techno 1.0 de 2000 une bullette dans un verre de champagne! Mais quand la Bourse descend, alors là, c’est le drame: la Fed doit venir avec quelques billions sauver les marchés, sinon que deviendrait l’épargne, jouée depuis 12 ans entièrement à la Bourse (faute d’obligations rémunératrices)?…

  • 24 août 2020 à 21 h 18 min
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    @Zerte : Bonsoir. Dans l’absolu, le commerce local, national, international, les échanges commerciaux … peuvent se passer de la bourse. Elle est capable de se financer par elle-même. En revanche, la bourse depuis ses débuts avait besoin de parier sur des événements de l’Economie (prenons un des plus anciens exemple avec les bulbes de tulipes en 1636) comme raison pour exister.

    Entre temps, on en a décidé autrement. La bourse a complètement phagocyté la noble Economie, une des plus passionnantes et primordiales activités humaines. Il fût une époque où les banques étaient intégrées comme activité économique classique (dépôt, financement, crédit) et non principalement basé sur le monde trop dangereux de la spéculation.

    Ces quelques lignes pour ne pas oublier d’où nous venons et quand nous risquons de nous écraser. Rien n’est illimité, rien n’est éternel.

    « la Bourse n’est pas l’économie » : le canton de Genève est-il un territoire suisse en France, ou un territoire français en Suisse ? (désolé si vous n’êtes pas un genevois)

    Où je veux en venir c’est avant tout une question de vision.

  • 2 septembre 2020 à 7 h 25 min
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    “La question à 1’000 milliards”

    ‘En 20 ans le bilan de la Banque Nationale Suisse (BNS) a été multiplié par 10 et le cap des 1’000 milliards est en passe d’être atteint. Comment ce montant est-il utilisé par la BNS et les autres grandes banques centrales? La BNS se serait-elle pas devenue un immense fonds d’investissement?’

    https://www.investir.ch/article/la-question-a-1000-milliards/

  • 2 septembre 2020 à 17 h 53 min
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    Moi ce qui me fait le plus peur, ce sont les gens surpris par ce fait…

    Et le plus hilarant dans tout cela, c’est qu’en achetant massivement les actions des GAFAM, les Banques Centrales renforcent de manière très importante le pouvoir de ces exterminateurs de l’équilibre … qui, de leur côté, continuent d’exploiter les fourmis avec des salaires de misère et délocalisent leur siège dans des Etats où les impôts ont été abolis… ahahahaha trop fort et 100% légal !

    … et pendant ce temps là, la plèbe continue de manger, dormir et vivre GAFAM

    “Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois !”

  • 2 septembre 2020 à 19 h 32 min
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    @Seb : “… La BNS se serait-elle pas devenue un immense fonds d’investissement?”

    Cela fait pas mal de temps que je prêche pour que la Suisse investisse dans son propre fond souverain (par exemple comme la Norvège). En fait, c’était déjà fait mais par le biais de la BNS…. J’étais donc ‘borgne’.

    Et la BNS a une ‘autoroute’ de 10 voies dégagée devant elle, Goldman Sachs vient d’annoncer que la FED n’augmentera pas les taux pour les 4 prochaines années … Tout indique que les indices vont continuer à augmenter. “Tout est sous contrôle”.

    A moins que …

  • 2 septembre 2020 à 22 h 49 min
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    Sauf erreur la BNS n’est pas propriétaire de ces réserves de change (contrairement au fonds norvégien) et ne peut pas en faire ce qu’elle veut. Si pour une raison ou une autre le marché devenait vendeur de francs, la BNS pourrait devoir inverser le processus actuel, donc: racheter des francs (et les faire disparaître) et vendre les réserves en euro, dollar, etc. Evidemment, la vente de ces titres ne serait pas forcément au même prix qu’à l’achat. C’est là que des choses amusantes pourraient se produire…

  • 3 septembre 2020 à 7 h 20 min
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    @Zerte : D’accord, mais qui alors est le ‘propriétaire’ (achat/vente des réserves de devises, actions, obligations, or) si ce n’est pas la BNS elle-même en tant que donneur d’ordre ?

  • 3 septembre 2020 à 9 h 14 min
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    Tout est publié dans le bilan de la BNS. Dernière publication:
    https://www.snb.ch/fr/mmr/reference/pre_20200731/source/pre_20200731.fr.pdf
    Il y a une page Actif (devises, actions, obligations, or) et une page Passif.
    Dans celle-là, les fonds propres de la BNS ne se montent qu’à 163,8 milliards, sur un total de 956 milliards, dont la part du lion est 596,6 milliards sous “Comptes de virement des banques résidentes”. Ce sont des dettes. De même, quand vous avez déposé 1000 francs à la banque, le banquier vous doit 1000 francs. Il est censé pouvoir vous les rendre. Il ne va pas les claquer au casino (ou peut-être que si 😉 ).

  • 3 septembre 2020 à 13 h 58 min
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    @Zerte : d’accord.

    “Il ne va pas les claquer au casino (ou peut-être que si 😉 ).” : ou peut-être à la bourse avec les conseils des (faussement nommés) Robins des Bois.

    Une dernière question : d’après vous, quelles devraient être les conditions (internationales et/ou en Suisse) pour que la BNS devienne alors acheteuse de CHF je vous prie (la tendance s’inverse) ?

  • 3 septembre 2020 à 22 h 05 min
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    Si le bilan continue de gonfler (il n’y a pas de raison que cela s’arrête) on en viendra à une situation où quelques pourcents de fluctuation d’actifs et de taux de change hors EUR/CHF représenteront 100 milliards. Qu’est-ce qui se passe si dans ces zig-zags les fonds propres deviennent momentanément puis durablement négatifs? La BNS aborde la question par ici: https://www.snb.ch/fr/ifor/public/qas/id/qas_eigenkapital#t14 (points 14, 16 et 17: apparemment le public se fait des soucis…).

  • 25 septembre 2020 à 9 h 55 min
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    @Crottaz : “La Banque nationale suisse (BNS) est un cas unique …”, “elle est la seule banque centrale à intervenir activement sur le marché des changes…”, “Un cas unique qui suscite la curiosité à l’étranger…”

    ‘La BNS en dira plus sur ses ventes de francs suisses’

    https://www.letemps.ch/economie/bns-dira-plus-ventes-francs-suisses

    Comme quoi nous ne sommes pas les seuls sur terre à nous poser des questions sur la politique de la BNS …

  • 25 septembre 2020 à 12 h 17 min
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    C’est le moment! En effet, le but de ces interventions est de dissuader les investisseurs d’acheter du franc suisse. Jusqu’ici c’est un peu raté… Si ces interventions ne sont pas accompagnées d’un message approprié, M. Le Marché ne va pas percuter. Mais je parie que la communication sera soporifique. Si le message était “Au seul mois d’août 2020, la BNS a fabriqué 1659 francs par habitant (enfant inclus)” ou “Entre 2006 et 2016 la BNS a fabriqué autant de francs suisses que la banque centrale argentine a fabriqué de pesos”, l’effet de choc serait peut-être plus important. Probablement c’est même ce que la BNS redoute. Si jamais M. Le Marché comprend enfin ce que la BNS fait discrètement depuis 12 ans, il pourrait y avoir un changement d’opinion assez brusque…

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