Résultats 2018 de la BNS, les comptes d’apothicaire

La BNS a publié hier une estimation son résultat annuel 2018 et a annoncé une probable perte de 15 milliards de CHF.

voici l’article : https://www.20min.ch/ro/economie/news/story/Quinze-milliards-de-pertes-pour-la-BNS-31864819

Ce qui me marque, c’est le phrasé (formulation) dans l’article, car il est mentionné :

” Le stock d’or de la BNS, qui représente environ 5% du bilan de la banque centrale, a pour sa part accusé une moins-value de 300 millions de francs, ressort-il du communiqué diffusé mercredi par la banque centrale dans sa traditionnelle première estimation de résultat annuel. Quant aux positions en francs, elles ont dégagé un bénéfice de 2 milliards, à la faveur notamment des taux d’intérêts négatifs appliqués aux avoirs à vue des banques commerciales auprès de l’institut d’émission.”

Je me permets de faire quelques petits calculs:

  • 2 milliards de profit grâce à des taux d’intérêts négatifs (rappel : on paie pour mettre son argent à la BNS (en sécurité paraît-il) et ceci impact aussi les caisses de pensions, donc nos retraites….
  • La perte attendue est de 15 milliards, mais il y a ces fameux 2 milliards de profit. On peut donc légitimement en déduire que la BNS a perdu environ 17 milliards sur les positions en devises, actions et or (0,3 milliard pour l’or)
  • Les 0,3 milliard de “perte non réalisée” sur l’or, ne représente que 1.75% du total des pertes (17 milliards) pour une exposition de 5% du bilan.
  • La perte totale de 15 milliards sur le bilan de 800 milliards donne une “performance” négative (méformance) de -1,875%, dont l’or est responsable de 0,0375%, le CHF (taux négatifs) responsable de +0,25% et le reste (devises, actions, obligations = -16,7 milliards) pour -2,087%

A trop vouloir décrédibiliser la position or, cela devient assez ridicule.

Voici quelques graphiques intéressants tirés de zerohedge

La taille de la position en actions

Les positions détaillées en actions US

Les bénéfices / pertes historiques (depuis que le bilan a augmenté on remarque bien évidemment de plus grandes fluctuations (en milliards))

et l’évolution du cours de l’action de la BNS

 

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5 réflexions au sujet de « Résultats 2018 de la BNS, les comptes d’apothicaire »

  • 10 janvier 2019 à 12 h 56 min
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    Je mets en lien un autre article de Michael Snyder au titre évocateur: The “Stock Market Crash Of 2018” Is Rapidly Transforming Into “The Financial Crisis Of 2019” : http://theeconomiccollapseblog.com/archives/the-stock-market-crash-of-2018-is-rapidly-transforming-into-the-financial-crisis-of-2019

    Les marchés boursiers s’effondrent dans le monde entier, nous assistons à des flash crash extrêmement violents sur le marché des changes, des conditions économiques ralenties dans le monde entier et la peur rend de nombreux investisseurs extrêmement vifs à dégainer.

    Le crash boursier de 2018 a anéanti environ 12’000 milliards de dollars de la richesse du marché boursier mondial, mais les choses étaient censées se calmer une fois entrés en 2019. Mais il est clair que cela ne se produit pas. Après que Apple a annoncé que ses ventes au cours du premier trimestre seraient beaucoup, beaucoup plus faibles que prévu, le cours de l’action Apple a commencé à tomber comme une pierre et à la fin de la séance de mercredi, l’entreprise avait perdu 75 milliards de dollars de capitalisation boursière. Pendant ce temps, les flash crash ont provoqué certaines des fluctuations les plus violentes que nous ayons jamais vues sur les marchés des changes…

    Mais bien sûr, la plus grande nouvelle de la journée a été ce qui est arrivé à Apple. L’indice Dow Jones Industrial Average était en baisse de 660 points mercredi, et le grand choc sur Apple a été la principale raison de cette baisse.

    En incluant les 75 milliards de dollars qui viennent d’être effacés, la valeur d’Apple a maintenant chuté de 452 milliards de dollars depuis le 3 octobre.

    Paradoxe ironique, la vérité veut que Apple soit, en fait, l’une des sociétés les plus solides sur le plan financier à Wall Street. C’est juste que le prix de la société était bien supérieur à la normale, de sorte que tout soupçon de mauvaise nouvelle risquait de provoquer un déclin de cette ampleur.

    La quantité de richesse papier que les investisseurs en bourse viennent de perdre est absolument stupéfiante. Pour mettre cela en perspective, voici quelques faits supplémentaires sur l’argent que les investisseurs d’Apple ont perdu, ces faits proviennent de CNBC:

    – Plus du double de la taille de Wells Fargo
    – Plus de trois fois la taille de McDonald’s
    – Plus de cinq fois la taille de Costco
    – Plus de 10 fois la taille de Raytheon
    A ce stade, les marchés financiers américains sont hypersensibles à toute mauvaise nouvelle, et le fait que les ventes d’Apple baissent considérablement en Chine est définitivement une mauvaise nouvelle.

    Un analyste a déclaré qu’il s’agissait du « jour le plus sombre pour Apple depuis l’ère de l’iPhone » et a exprimé son opinion selon laquelle « l’ampleur de la chute de la demande chinoise… laisse pantois ».

    Bien sûr, Apple est loin d’être seul. L’activité économique ralentit sensiblement sur toute la planète et nous avons appris mercredi que l’activité des usines aux États-Unis venait tout juste de subir le déclin le plus important depuis la dernière récession.

    Les chocs vont continuer, et il devient de plus en plus clair que cette année sera très difficile.

    Alors que la crise continue de s’aggraver, gardez un oeil sur nos grandes institutions financières. La dixième banque italienne vient d’imploser et il est probable que de plus en plus de dominos financiers commenceront à s’effondrer à mesure que les pertes s’accumuleront.

    Au cours de la dernière décennie, il y a eu d’autres moments où Wall Street a été secouée, mais ces épisodes n’ont duré que quelques semaines au maximum.

    Cela fait maintenant trois mois, et cette nouvelle crise ne montre aucun signe d’essoufflement.

    Cela signifie que nous avons un tas de problèmes. Parce qu’une fois que cette avalanche financière sera amorcée, il sera impossible de l’arrêter.

  • 10 janvier 2019 à 14 h 00 min
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    Bonjour, Nous y voilà :

    – A combien se monte en sus les pertes probables sur les investissements ‘marché actions’, pour ne pas citer, les titres Apple (et certainement d’autres) ?

    – ” Quant aux positions en francs, elles ont dégagé un bénéfice de 2 milliards, à la faveur notamment des taux d’intérêts négatifs appliqués aux avoirs à vue des banques commerciales auprès de l’institut d’émission.” : donc la BNS a encaissé ce montant sur le dos des banques en Suisse, qui vont en fait certainement répercuter les 2 milliards sur le dos dès petits épargants en Suisse (https://www.20min.ch/ro/economie/news/story/Les-banques-pourraient-taxer-davantage-les-clients-27462011).
    La BNS, comme le président Macron, n’en a que peu cure des gueux (pardon, des ‘petits épargants’). Ma fois, il faut bien qu’au bout du compte quelqu’un paie pour les banques.

    Bonne année 2019, excellente cuvée ‘Brexit’ et ‘Elections européennes’.

    N’oubliez pas de nous soutenir, nous les tireurs! (Ce n’est pas L’UE qu’il faut détester, ce sont tous ces politiciens très ‘pro Bruxelles’ à Berne City (l’anti-chambre N°1 de Bruxelles, c’est un monde quand même pour un pays non membre) qu’il faudra punir un jour prochain).

  • 10 janvier 2019 à 15 h 16 min
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    L’e crack de 1929 et de 2001 a duré de mémoire plus d’une année avec des phases de rebond périodiques.Apple était devenue dans la tête des investisseurs une “obligations souveraine ” sans tenir compte de l’absence de transformation technologique évidente et simplement une tentative d’en faire un objet de luxe avec un produit loin d’être irréprochable dans sa fiabilité.Seul la captivité forcé du client pouvait en faire une vache à lait infini mais le conflit commercial (qui devrait se prolonger pendant plusieurs années d’aprés moi) ainsi que la tendance à la réglementation laisse présager de mon point de vue une redistribution des cartes.

  • 10 janvier 2019 à 21 h 02 min
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    A la lecture de l’article https://www.atlantico.fr/decryptage/3563125/les-deux-graphiques-qui-montrent-que-nous-sommes-deja-beaucoup-plus-proches-de-la-recession-que-nous-le-croyons-philippe-waechter-nicolas-goetzmann, on peut s’attendre à une baisse volontaire ‘concurrentielle’ de l’EUR (BCE contre la baisse du $) dans le courant 2019 pour aider leur exportation, ce qui devrait alors en opposition venir raffermir mécaniquement le CHF et donc encore plus d’interventions de la BNS pour ‘soulager’ l’économie d’exportation en Suisse.

    Peut-être ou peut-être pas, en tout cas c’est du déjà vu (voire même du réchauffé). A moins que la BNS décide de ‘jeter l’éponge’ (déjà vu, fin du taux plancher) dans la course contre la baisse de l’EUR.

    2019 va être ‘sport’.

  • 14 janvier 2019 à 18 h 50 min
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    Pas terrible, la diversification de la BNS. Il n’y a pas d’investissement plus risqué que Apple (avec le dumping que prépare la Chine dans ce secteur) et Amazon, qui est une société quasiment sans fonds propres.
    En tout cas, les placements de la BNS sont tout sauf de la gestion prudente. 0 de conduite.

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