Prévoyance: Posez-vous les bonnes questions !

L’article qui suit est surtout orienté pour les personnes assurées dans des caisses de pensions (2ème pilier) en Suisse.

Pour mémoire, vous trouverez ici l’explication des piliers et de la prévoyance en Suisse: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=273

Je n’avais pas abordé le côté technique et la différence entre une primauté des cotisations et primauté des prestations jusqu’à ce jour. Une “découverte” sur internet (voir plus bas) m’a mis la puce à l’oreille et donné l’envie d’éclaircir, un peu, le sujet.

A/Primauté des cotisations: C’est un système de détermination des prestations fondé sur le montant des contributions versées par les assurées (et leurs employeurs) pendant la durée d’affiliation; ces contributions sont ordinairement exprimées par la loi ou par le règlement de l’institution de prévoyance en % du salaire cotisant. Le montant des prestations est alors fixé, pour chaque assuré INDIVIDUELLEMENT, en fonction du montant des cotisations dont il a été crédité pendant toute la durée de son affiliation (et en tenant compte, dans le système de capitalisation, des intérêts accumulés). Toute variation du salaire entraîne une modification du niveau des cotisations, mais les prestations ne varient pas dans la même proportion, du fait que la durée résiduelle des cotisations, jusqu’à l’âge de la retraite, devient plus courte lors de chaque nouvelle augmentation de salaire; il est toutefois possible de corriger ce phénomène par l’application de taux de cotisations progressif selon l’âge atteint.

Avantage du système de la primauté des cotisations: Il confère une grande sécurité financière aux employeurs et aux assurés, leurs charges étant déterminables avec exactitude

Inconvénient du système de la primauté des cotisations: Exprimées en % du salaire, les prestations diminuent lors de chaque adaptation de celui-ci.

B/ Primauté des prestations: c’est un système dans lequel les prestations sont déterminées par la loi ou un règlement de l’institution de prévoyance selon un certain pourcentage du salaire assuré, qui peut être le dernier salaire touché, le salaire moyen des cinq ou dix dernières années, voire le salaire moyen calculé sur toute la durée d’affiliation. Le pourcentage du salaire assuré dépend en général de l’âge de l’affilié lors de son admission, souvent aussi de l’âge atteint lors de l’augmentation de salaire ou de changements de catégorie professionnelle. Pour que le taux des prestations puisse être maintenu lors des variations du salaire, les charges supplémentaires qui en résultent doivent être financées par des “rappels ou des suppléments” de cotisations. Si le salarié, lors de son affiliation, dépasse l’âge d’entrée qui permet d’obtenir les prestations réglementaires ordinaires, une “finance de rachat” portant sur les années d’assurance manquantes doit être demandée par l’institution d’assurance, faute de quoi le taux des prestations sera réduit.

Avantage principal du système de la primauté des prestations: Il permet de maintenir le niveau relatif des prestations en cas de variations du salaire assuré.

Inconvénient majeur du système de la primauté des prestations: Il impose des charges financières de plus en plus lourdes lors de chaque adaptation du montant des prestations à l’évolution des salaires, tout particulièrement en périodes de forte inflation.

(source socialinfo.ch)

Le cadre est posé.

Je découvre aujourd’hui qu’une grande banque Suisse (qui a vanté les mérites  du système des prestations pendant de longues années) passe prochainement à la primauté des cotisations pour une partie des employés et les nouveau affiliés. Qu’est-ce qui se cache là derrière ? ?

primautes

Rien d’après le commentaire. En ce qui me concerne, je n’en suis pas si sûr. C’est comme le verre à moitié vide et le verre à moitié plein, le point de vue créé l’objet.

Si je résume en gros: Le risque est surtout désormais pris par l’assuré ! C’est normal en période de marchés difficiles, la caisse essaie de se désengager des risques. Il est écrit que les assurés profitent directement des bons résultats financiers…qu’en est-il des mauvais résultats financiers si c’est l’assuré qui prend les risques ?

Tout est expliqué ici: http://pk.cspix.ch/app/e-voting/index.cfm?fuseaction=EVArticle&aoid=8689&lang=FR

Bien que chaque système possède ses avantages et ses inconvénients, il est quand même très suspect d’effectuer ce changement en pleine crise. Il se pourrait que ce procédé fasse des émules.

Et si tous mes commentaires/articles précédents avaient vu juste ?

PS: Pour les suisses qui connaissent l’actualité, certaines têtes bien-pensantes veulent déjà fusionner votre 2ème pilier avec l’AVS pour sauver cette dernière (et par la même occasion l’A.I. (assurance invalidité)). Si vous le pouvez, remboursez vos dettes et épargnez (ou investissez) vous-même  pour vos vieux jours.

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2 réflexions au sujet de « Prévoyance: Posez-vous les bonnes questions ! »

  • 13 février 2009 à 8 h 01 min
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    Concernant la répartition à la française,ce système ne vit en fait que pour lui même car les rendements mirobolants offerts avant 1993 (15%) sans aucune création de réserve condamnent obligatoirement les générations à partir de 1965 de payer énormément pour recevoir bien peu.Bien peu ? en fait, tout dépend des résultats boursiers (45 % en actions environs)qui sont censés faire durer le système le plus longtemps possible.
    Pour offrir de belles retraites actuellement,vous cotisez pour un rendement estimé à 1.3 % vers 2025(d’ou la mise en place progressive du travail possible au delà de 65 ans)…
    Mais si tout le monde connaît la retraite par répartition, on oublie quelque peu que notre système de santé fonctionne lui aussi par répartition.En effet,dés 1993,la CADES (caisse qui gère CSG et CRDS) a été créé par toujours la même génération pour payer le déficit de la sécu des années 1990 jusqu’en 2025 à peu prés.En fait, les soins de papi (plus on est âgé, plus on consomme des soins et c’est l’ordre des choses)sont payés par papa et trés bientôt par les petits enfants.Vous me direz;ils le méritent bien , ils ont cotisé.C’est justement parce qu’il ne cotisait pas suffisamment qu’on a du créer cet artifice injuste (d’aprés la Cour des comptes).Voilà une des raisons pour laquelle il existe dans notre société un énorme décalage de richesse entre les générations.Les politiques ont trés peur qu’un mouvement de refus de payer prenne de l’ampleur autour d’un conflit de génération.Je vous invite à parcourir le dernier rapport de la Cour des Compte sur l’équité intergénérationnelle , rapport complètement biaisé d’ailleurs car ses auteurs auraient été incapable de comparé l’évolution des cotisations maladies et retraites dans le temps mais seulement l’IR, CSG etc……(c’est dommage, il s’ agit justement des cotisations qui ont explosé…).En conclusion,concernant l’hypothèse de faire rembourser chaque déficit créé par chaque génération qui l’occasionne, la cour des comptes a cette phrase adéquate:”il ne faudrait pas lever le voile de l’ignorance de peur d’accroitre les tensions intergénérationelles.”
    Tout est dit, rien à rajouter.

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