L’Euro à 1.1 contre CHF et alors ?

Plusieurs personnes m’ont félicité de ma prévision de cours de change à 1.1 pour l’euro contre le CHF (prononcée alors que le cours était de 1.45 – 1.5). Et Maintenant ?

Il est temps de fournir quelques détails, explications, articles, graphiques etc. avant de poursuivre.

Tout d’abord le graphique de l’euro contre CHF (source Reuters):

et 2 derniers jours (nouvelle intervention dès ce matin ?)

La BNS n’a pas fait de commentaire sur une possible intervention. Le Franc suisse c’est déprécié fortement contre toutes les monnaies du monde ces derniers jours après avoir touché la parité contre euro. Je crois grandement qu’une intervention de la BNS a été orchestrée.

A mon avis, l’espoir (ou la volonté non affichée) semble être: Parvenir à faire remonter l’euro vers 1,2 et ensuite d’annoncer son arrimage à la monnaie unique.

C’est possible à réaliser, mais…

  1. Tout d’abord, il faudra acheter massivement de l’euro (ou vendre massivement du franc suisse) afin d’obtenir le cours désiré.
  2. Il faut ensuite faire une annonce (un décret ? une loi ? appelez cela comme vous voulez qui fixe la parité euro/chf à 1,20
  3. Il faut défendre cette parité coûte que coûte. Cela signifie simplement acheter de l’euro dès qu’il est à 1.1990 et vendre de l’euro dès qu’il est à 1,2010, ceci en permanence
  4. Il faut donc avoir un interventionnisme permanent sur la paire de devises et cela aura un coût énorme à terme. Cette stratégie n’est pas viable à long terme et l’Argentine (en arrimant son Pesos au USD) en avait fait l’amère expérience

J’ai des propositions beaucoup plus décalées pour affaiblir le CHF

  1. Augmenter l’endettement de la Suisse au même niveau que les pays européens et américain….soit 100% du PIB (en résumé ne plus être le moins mauvais (ou le meilleur selon la perception que l’on affiche de la dette suisse))
  2. Instaurer des taux d’intérêts négatifs (la plus plausible) sur les comptes courants (pour les non-résidents). Problème de taille, le cash CHF se déplacera probablement sur les obligations qui- à force d’être achetées – offriront finalement un rendement négatif (hausse du cours des obligations), puis le cash ira sur les actions suisses (dont certaines possèdent des P/E de 4 et des rendements au dividende de 3-4% annuels. Nestlé par exemple ou Kudelski, pour autant que les bénéfices restent stables) ou sur de l’immobilier.
  3. Laisser UBS ou Credit Suisse faire faillite (intérêt national de les maintenir en vie sinon la Suisse est à genoux. UBS + CS = 7x le PIB suisse), ce qui fera s’écrouler le CHF (pas souhaitable du tout !)
  4. Acheter massivement de l’euro ou du USD (je parle de milliers de milliards) en espérant que cela aura un impact. De toute manière les comptes de la BNS seront  dans le rouge et la BNS imprimera de la monnaie de singe aussi (c’est ce qui arrive). Problème, cet afflux de liquidité va provoquer un problème d’inflation en Suisse par la suite.
  5. Adhérer à l’EU…..(eu…là je crois qu’aujourd’hui le peuple voterait massivement contre..)

En tout cas, c’est silence radio de la part du gouvernement et de la BNS (d’ailleurs je ferait de même si j’étais à leurs places)

Je vous livre quelques articles:

l’euro dépasse brièvement 1-09 franc (suite à l’intervention, on verra cela dans les comptes de la BNS)

La BNS prend de nouvelles mesures pour enrayer le franc fort

La Suisse doit-elle plus investir pour s’en sortir

Alors que faire me direz vous ?

Etant donné la forte volatilité de la monnaie à cause d’interventions, je ne prendrais pas de position actuellement en CHF pour des investisseurs qui n’en détiennent pas car il se peut que le CHF s’affaiblisse encore.

Pour ceux qui sont déjà investis, je garderai la position.

A court terme, la chute de l’euro était terminale (tout le monde en parle, les journaux), mais je ne vois pas ce qui a changé en quelques jours dans les économies mondiales. A court terrme l’euro peut remonter assez fort. On va voir ce qui va se passer à plus long terme.

Malheureusement (ou heureusement) la Suisse est un petit pays, maniable et flexible, mais il n’a pas la capacité de contrer avec sa BNS les flux de capitaux mondiaux.

Si les chinois, américains, européens veulent acheter du CHF (ou plutôt vendre leurs monnaies respectives), la seule possibilité offerte à la Suisse sera de les décourager et non de lutter contre cet afflux de capitaux.

 

 

   Envoyer l'article en PDF   

48 réflexions au sujet de « L’Euro à 1.1 contre CHF et alors ? »

  • 12 août 2011 à 10 h 28 min
    Permalink

    Olivier,
    aux 5 options que tu évoques, j’aurais ajouté une 6ème… c’est-à-dire le sauvetage par l’Etat de l’UBS + du CS (voire de la BNS, à travers les Cantons, qui rappelons-le en sont les actionnaires majoritaires…).
    Une “façon” de retrouver ton argument No 1… En effet, si l’on devait répéter l’opération de 2008 avec l’UBS, mais aussi certainement avec le CS, on va rapidement atteindre un endettement de 100 % du PIB.
    Un scénario un peu à l’irlandaise… voire à l’islandaise (toutes proportions gardées bien sûr…). Sur un plan personnel, je crois t’avoir déjà servi ce scénario auquel personne ne croit…il y a un an en arrière. Et pourtant… l’évolution du secteur bancaire de ces derniers jours vient sérieusement renforcer ce scénario…

  • 12 août 2011 à 10 h 33 min
    Permalink

    Bonjour Olivier, plutôt que de l’arrimer à l’euro:

    (acheter de l’euro dès qu’il est à 1.1990 et vendre de l’euro dès qu’il est à 1,2010, ceci en permanence)

    Une solution de taux plancher serait beaucoup plus efficace et moins chère:

    La BNS annonce qu’elle ne laissera pas descendre en dessous de 1.20 (acheter de l’euro dès qu’il est à 1.1990) mais ne fixe pas de limite supérieure.

    Cette mesure suffirait à mon avis à décourager les investisseurs et le cours remonterait de lui même…

  • 12 août 2011 à 10 h 33 min
    Permalink

    Pascal
    je sais tu m’avais parlé en 2007 de la fusion possible d’UBS (en failite) avec la Poste en nommant cela schweizerische postbank. tout est possible car les banques ne vont pas bien dans le mond entier, quioqu’on en dise. Le secteur est trop lourd. Faber l’a dit, laissez les banques faire faillite

  • 12 août 2011 à 10 h 35 min
    Permalink

    @macculey, oui possible aussi et le plancher on le remonte. problème c’est que les spéculateur vont s’amuser car le plancher c’est l’endroit ou on est certain que la BNS achète. donc le cours sera au plancher tout le temps et la BNS ne fera que d’acheter …et les spéculateurs que vendre. pas cerain que ce soit la solution

  • 12 août 2011 à 10 h 39 min
    Permalink

    Bonjour Olivier, il me semble avoir entendu et lu que la BNS avait déjà mis en place un taux d’intérêt négatif il y a 20 ou 30 ans. Apparemment cela n’a pas fonctionné sinon ils l’auraient maintenu. Le principe des taux d’intérêts négatifs c’est uniquement sur les comptes en CHF ou aussi sur les comptes suisses en devises ?

  • 12 août 2011 à 10 h 48 min
    Permalink

    @olivier: si les spéculateurs jouent ce jeu c’est à l’avantage de la BNS à mon avis, car au bout d’un moment, tout le monde vendra de l’euro à 1.20, spéculateurs y compris, et la BNS pourra tout doucement se retirer du jeu et laisser tout le monde s’auto borner…

  • 12 août 2011 à 10 h 50 min
    Permalink

    (tout le monde achetera de l’euro à 1.20 pardon)

  • 12 août 2011 à 10 h 58 min
    Permalink

    @maculey. non le intervenants ne prenent pas de risques.
    si la bns dit le plancher c’est 1,2 par exemple, dès que leuro est à 1,2010, les intervenants vende car ils savent que à 1,2 il y a un gros acheteurs, cela s’appelle un free lunch.
    désolé personne n’achètera à 1,211 simplement parce qu’il y a un floor à 1.20

    @Fred
    oui en 1979, cela a permis de stabiliser et faire fuir les capitaux. aujourd’hui c’est une autre problématique..la faillite des Etats environants…

  • 12 août 2011 à 11 h 15 min
    Permalink

    @olivier: Pourquoi vendre à 1.2010 sachant qu’on ne va pas faire de benefice? (vu qu’il ne descendra pas en dessous de 1.20, et que le rollover est en faveur de l’euro)? Moi perso je ne mange pas sachant que je vais être malade, même si c’est gratuit…

  • 12 août 2011 à 11 h 23 min
    Permalink

    @Olivier

    Comment évaluez-vous les conséquences de la hausse du franc sur le taux de chômage et sur les prix de l’immobilier en Suisse.

    Merci en tout cas pour votre blog. On progresse en compréhension du monde qui nous entoure.

  • 12 août 2011 à 11 h 58 min
    Permalink

    @macculey. on ne parle pas de santé mais d’argent. un profit facile sans risque par des traders est toujours bienvenu.
    si le plancher c’est 1.2 le cours sera toujours autour d’1,2. car si un acheteur achète jusqu’à 1.2050 par exemple, des vendeurs viendront immédiatement pour encaisser de suite une plus value

  • 12 août 2011 à 11 h 59 min
    Permalink

    @kate
    conséquence actuelle néfaste, personne (étrangers, non résident) dans les stations prix trop haut. Meme les suisses partent à l’étranger
    si la situation se calme en europe baisse des prix en suisse et déflation.

    si par contre ça va mal, les gens viendront en Suisse quoi qu’il arrive.

  • 12 août 2011 à 12 h 04 min
    Permalink

    Une autre suggestion :

    étatiser UBS et CS les splitter en morceaux viables et les replacer sur le marché, le gain en capital dans les caisses fédérales et cantonales

    Puisqu’en fin des comptes le problème c’est eux.

    Fin du too big to fail.

  • 12 août 2011 à 12 h 04 min
    Permalink

    @kate
    je n’ai pas trouvé de corrélation entre force du franc et chômage (désolé pour M.Levrat)

    http://blog.crottaz-finance.ch/?p=6834

    http://blog.crottaz-finance.ch/?p=6859

    les chiffres sont têtus (comme les politiques) sauf que les chiffres, sont les chiffres (et les politiques, les politiques hahahahah)
    ce sont des allégations électoralistes. D’ailleurs sans faire de politique, pourquoi la gauche essaie toujours défendre les couches défavorisées, mais n’y parvient pas ?
    J’ai ma petite idée ……..

  • 12 août 2011 à 12 h 37 min
    Permalink

    Vous êtes donc tous prets à sacrifier le pays entier pour que nos exportateurs évites quelques petites années de vaches maigres? A croire que personne ne veux tirer la moindre leçon de tous ce qui se passes, c’est navrant! Toutes vos solutions ont déjà été testées ailleur et nous en vivons maintenant les conséquances. Comment appelle t’on une personnes qui repète indefiniment une même action avec un même résultat et qui espère chaque fois un dénouement different?

    Une monaie forte n’est jamais le problême, au contraire c’est la solution pour autant qu’on soit pret à laisser prix et salaires s’ajuster à la baisse. Les seuls qui en patiront seront ceux qui ont accumulés des dettes inconsiderées. Quand aux exportateurs, apres une courte periode d’ajustement, ils pourons baisser leurs prix et rester competitifs car leurs couts (matières premières, salaires, loyer etc…) baiseront proportionellement. Certainement au point ou on en est, il faudra traverser une periode d’austérité, mais il faut être bien naif (restons poli) pour penser qu’on s’en sortira sans quelques sacrifices.

    Les prix, salaires et loyer ayant alors baissées, il ne serait plus delors déraisonables de renégocier les contrats sociaux (pensions, assurances etc…) à la baisse sans préjudices au pouvoir d’achat.

    Nous sommes l’un des tres rares pays en positions de prendre les bonnes et courageuses decisions pour traverser cette crises sans forcement finir dans une totale detruction du tissu sociale et éconmique (Grèce et grande bretagne ne sont que les précurseurs, avant gout, de ce qui reste à venir). Pourtant en lisant ce poste et ses commentaires je suis effaré par le degré d’ignorance des principes de bases économiques et monétaires. Dieu nous garde!

    PS: désolé pour le ton, mais la situation est trop grave pour encore prendre des gants.

  • 12 août 2011 à 12 h 46 min
    Permalink

    Avec la parité, il ne reste plus qu’à la Suisse à imposer à l’UE le modèle politique suisse de la future Union Européenne… juste pour remettre les pendules à l’heure avec les ex-puissances coloniales que sont la France, la GB, la Hollande, la Belgique, l’Espagne et le Portugal. Il leur faut un électrochoc pour comprendre que la colonisation qui s’est perpétuée à aujourd’hui par la néo-colonisation par les multinationales, c’est terminé. On ne peut exploiter les gens pauvres indéfiniment, ils se révoltent tôt ou tard.

    Je regrette que les politiques suisses ne cherchent qu’à imiter leurs voisins ou à rester leur cul vissé sur leur chaise électorale au lieu d’inventer et d’être fiers du modèle suisse qui a fait ses preuves depuis 1291. Alors que les politiques “osent” et imposent leur modèle même par la guerre. Le suisse est bon dans la guerre comme dans la paix, meilleur que le français ou l’allemand ou le belge et en tout cas pas comparable au voyou de la “perfide Albion” britannique toujours saoul et bagarreur, qualités transmises outre-atlantique!! eheh! 😉

  • 12 août 2011 à 13 h 28 min
    Permalink

    Vendredi 12 août 2011 :

    Grèce deuxième trimestre : aggravation de la contraction du PIB sur un an (- 6,9 %).

    Le produit intérieur brut (PIB) grec s’est fortement contracté au deuxième trimestre 2011 de – 6,9 % par rapport à la même période en 2010, contre – 5,5 % au premier trimestre, selon les estimations provisoires publiées vendredi de l’Autorité des statistiques grecques (Ase).

  • 12 août 2011 à 14 h 18 min
    Permalink

    Bonjour Mr. Crottaz,
    D’apres-vous, doivent-ils ceux qui desirent investir en CHF attentrent un retour a parité 1.2, ou l’avenir de la valeur du CHF est trop incertaine? Merci.

  • 12 août 2011 à 14 h 19 min
    Permalink

    @Tarek
    oui nous sommes le bon élève, malheureusement bien seul dans un océan de dettes…et en plus nous ne sommes pas invité au G20 (qui par ailleurs ne sert à rien..sauf aux intérêts de ceux qui dirigent)

    @tous j’ai oublié une solution…L’ETALON OR !!
    ou L’ETALON ARGENT ou ETALON METAUX PRECIEUX

  • 12 août 2011 à 14 h 46 min
    Permalink

    pour l’instant et à cause des manipulations (qui ne dureront qu’un temos) je m’abstiens

    jsute remarque de ma part, le rebond ne nous ammène qu’au cours d’il y a une semaine……

  • 12 août 2011 à 15 h 08 min
    Permalink

    Quand l’or baissera le frs baissera aussi. quand les bourses et la situation mondiale sera stable pourquoi garder du frs qui ne rapporte rien c’est comme l’or inutile et bête en tous les cas tous les soirs c’est le refrain à c dans l’air. personnellement un caillou jaune dans un coffre bof..

    non pour le faire baisser il n’y a qu’une façon tellement envoyer de liquidités pour le diluer qua cela va en refroidir plus d’un. l’inflation ils peuvent la contrôler ou cas ultime que les 7 prennent la décision d’adhérer que le peuple le veuille ou non selon les dégâts dans 2 ou 3 ans faut voir.

  • 12 août 2011 à 17 h 08 min
    Permalink

    Oui je trouve dommage de prôner l’endettement pour s’en sortir
    Il n’y a aucune morale là dedans !
    Si les autres font de la m… On n’est pas obligé de les copier,
    On nous goût là pression sur les prix, mais notre qualité et notre savoir faire doit faire là différence.

  • 12 août 2011 à 17 h 09 min
    Permalink

    Désolée on nous fout la pression

  • 12 août 2011 à 17 h 12 min
    Permalink

    Franchement l’étalon-or n’est considérable que s’il était adopté en même temps aussi pour le USD et pour l’EUR.
    S’il l’était que pour le CHF, cela serait suicidaire, vue que les séigneurs de l’or (JPM, Scotiamocatta, etc.) peuvent en manoeuvrer le cours comme ils veulent, ils pourraît acheter la Suisse entière par une seule manoeuvre concordée en faisant tomber le cours de l’or et donc le taux de change du CHF avec USD et/ou EUR.
    L’étalon-or n’est plus possible.

  • 12 août 2011 à 18 h 09 min
    Permalink

    merci Gentleman amora . un plaisir de vous lire.
    salut olivier
    peut on avoir un scenario comme la societe generale pour ubs et credit suisse c-a-d etre attaquer comme le fait c’est dernier jour selon max keiser report :))

  • 12 août 2011 à 18 h 29 min
    Permalink

    Franchement le prix d’introduction de l’euro face au CHF était totalement surévalué, encore un coup de Maître des petits suisses…

  • 12 août 2011 à 20 h 01 min
    Permalink

    Hum… j’ai dit une connerie Olivier?!! 🙂

  • 12 août 2011 à 22 h 42 min
    Permalink

    Sierra Alfa Lima India Xray , vous fonctionnez avec LINUX?!! 😉

  • 12 août 2011 à 22 h 42 min
    Permalink

    Mdr! Olivier!! 🙂

  • 13 août 2011 à 9 h 27 min
    Permalink

    Cette situation me fait penser à la personne qui économise et qui perd tous sur des coups de bourse.La Suisse a ce même profil d’un côté il a une petite dette(40%PNB) de l’autre il a la BNS qui a 200 milliards de devises placée et qui risque de partir en fumée à tout moment.

  • 13 août 2011 à 11 h 47 min
    Permalink

    prévision change Euro/Chf pour la fin du mois
    Direction 1.20 stable à 1.15 ou retour à 1?

    Vos pronostics?

    Je dois bloquer 330000€ en chf et je sais pas quoi faire

  • 13 août 2011 à 13 h 10 min
    Permalink

    mika, le pouvoir de la BNS est fortement limité…

  • 13 août 2011 à 13 h 27 min
    Permalink

    @AMORA c’est à dire?

  • 13 août 2011 à 16 h 27 min
    Permalink

    @Olivier

    Merci pour votre réponse pour le chômage. Je ne suis pas sûre d’avoir compris la réponse sur le prix de l’immobilier. D’après vous, si la force du franc persiste, est-ce que la fameuse hypothétique bulle immobilière (arc lémanique) pourrait éclater et ramener les prix des maisons à un niveau plus raisonnable ?

    Il y avait un article dans le Temps de la semaine passée où un responsable de la BNS avouait que pour affaiblir leur franc, le maintien de taux bas mettait en danger le secteur immobilier. Mais qu’il devait choisir entre ‘sauver l’économie’ ou ‘sauver l’immobilier’. Enfin c’est ce que j’ai compris. Notons que du côté des locataires, un dégonflement des prix pourrait être une aubaine et non pas un problème.

  • 13 août 2011 à 16 h 29 min
    Permalink

    Voir le communiqué de presse du 10.08.2011 de la BNS:

    La Banque nationale étend les mesures contre la fermeté du franc.
    La forte augmentation de l’aversion au risque sur les marchés financiers internationaux a encore accru, ces derniers jours, la surévaluation du franc suisse. Du fait de cette évolution, la Banque nationale suisse (BNS) prend des mesures supplémentaires contre la fermeté du franc. Elle va continuer à relever dans une forte mesure les liquidités sur le marché monétaire en francs. Elle vise une rapide hausse des avoirs que les banques détiennent en comptes de virement à la BNS, qui passeront ainsi d’environ 80 milliards de francs actuellement à 120 milliards.
    Pour accélérer l’expansion des liquidités en francs, la Banque nationale conclura en outre des swaps de change. Le swap de change est un instrument de politique monétaire de la Banque nationale permettant la création de liquidités en francs. Cet instrument avait été utilisé pour la dernière fois en automne 2008.
    La très vive surévaluation du franc constitue une menace pour l’évolution de l’économie en Suisse et a encore accru les risques d’une dégradation de la stabilité des prix. La Banque nationale continue à suivre très attentivement l’évolution sur le marché des changes et sur les marchés financiers. Si la situation l’exige, elle prendra des mesures supplémentaires contre la fermeté du franc.

    J’en déduis donc que la BNS ne peut agir car elle n’en a pas les moyens. Elle était passée déjà de 30 à 80 milliards et maintenant à 120 milliards… et après?

    La Banque nationale vise, avec effet immédiat, un Libor à trois mois aussi proche que possible de zéro. A cette fin, elle rétrécit la marge de fluctuation du Libor pour les dépôts à trois mois en francs, la ramenant de 0%–0,75% à 0%–0,25%. Parallèlement, elle augmentera substantiellement les liquidités sur le marché monétaire en francs.

    Toutes ces mesures ne seront pas suffisantes pour endiguer la vague d’achat de francs suisses de la part des investisseurs et le cross EUR/CHF devrait poursuivre sur cette même voie jusqu’à l’atteinte de la parité à 1.00. L’injection rapide devrait avoir un effet à très court terme pour freiner la baisse de l’€uro. Mais les gros fonds eux sont “en position” depuis longtemps et pour l’instant rien n’indique qu’il est temps de prendre ses bénéfices, bien au contraire.

    Une idée serait pour la BNS d’acheter de la dette grecque! Mais c’est un acte politique que le peuple suisse n’est pas prêt d’accepter! Car elle a injecté 25 milliards d €uros dans le plan de stabilité du FMI en 2010 au lieu des 2.5 habituellement! Et comme le jeu des vases communiquant et percé de toute part, il ne risque pas de fonctionner.

    Que peut faire la Suisse CONTRE l’indécision politique américaine qui veut que “l’homo americanus” continue à vivre au-dessus de ses moyens et éternellement à crédit sur le dos de “l’homo mondialis franciscus et helveticus” en dilapidant les richesses de la planète?

    L’Union Européenne, pur produit volontairement affaibli – absence de consensus politique dès le départ; juste un accord économique – pour faire tampon à l’Union Soviétique fera les frais de cette crise au détriment des USA et de la Chine. Si la Chine saura résister ce qui est moins sûr.

  • 14 août 2011 à 11 h 46 min
    Permalink

    @ Amora
    Mardi prochain, le CHF sera lié à l’Euro. Pas de problème, encore un joli coup des petits suisses, sous évalué le CHF pour mieux vendre. Pas de risque de perte de change, car céation de monnaie. Un peu d’inflation pendant une crise, ce n’est pas trop risqué. Les meilleurs financiers du Monde.

  • 14 août 2011 à 12 h 06 min
    Permalink

    Peut-être qu’à court terme c’est bien de fixer une parité mais cela va coûter beaucoup d’argent à la Suisse (BNS) je veux bien que ce soit virtuel mais demandez à la banque centrale arfentine ce qui s est passé à trop vouloir défendre une parité.
    Pour défendre une parité il faut être deux!!

  • 14 août 2011 à 12 h 11 min
    Permalink

    C’est le prix à payer pour conserver l’euro, snif.

  • 14 août 2011 à 12 h 15 min
    Permalink

    Une parité contre la monnaie qui chasse l’autre ce n’est pas la même chose, c’est plutôt l’inverse non ?

  • 14 août 2011 à 12 h 18 min
    Permalink

    En vélo, l’homme fort reste derrière jusqu’au dernier moment pour remporter la vitoire.

  • 14 août 2011 à 12 h 22 min
    Permalink

    Plus facile de suivre à la descente qu’à la montée, car là le faible passe dans le rouge. Faible pour fort, à la descente le risque est divisé par deux.

  • 14 août 2011 à 17 h 46 min
    Permalink

    @ Phil
    Certe, mais maintenant nous savons tous que la BCE et les autres banques centrales, vont créer de la monnaie pour acheter des obligations sans limite. Conclusion les Etats ne peuvent pas faire faillite. Conséquence, il n’y a plus aucun risque dans le monde financier.

  • 15 août 2011 à 14 h 24 min
    Permalink

    Moi j’ai une autre solution à proposer:
    que la BNS imprime du CHF, et qu’elle achète (ou rachète) de l’or à mettre dans ses coffres.
    Cela resterait la meilleure solution, pour 1/ maintenir le cours au taux voulu, et 2/ reconstituer son stock d’or, seule monnaie tangible dans ce monde où presques toutes les monnaies sont devenues des monnaies de singe.
    Nico.

  • 15 août 2011 à 14 h 49 min
    Permalink

    @Kate
    je ne pense pas que les taux bas sont le principal vecteur sur l’immobilier.
    c’est actuellement la pénurie, mais tout se retourne un jour
    Le franc fort décourage aussi les acheteurs étrangers. ça leur donne plutôt envie de vendre pour réaliser un gain monétaire
    Immaginez un anglais qui a acheté avec une livre à 2,5 chf…

  • 15 août 2011 à 15 h 41 min
    Permalink

    @alteranalysis : Sinon elle pourrait imprimer de l’or 🙂

  • 15 août 2011 à 18 h 08 min
    Permalink

    en tout cas je me demande ce qu’il se passe avec EURO/CHF
    c’est bizarre

Les commentaires sont fermés.