Les obligations à hauts rendements se cassent littéralement la gueule !

Le 1er décembre dernier, je vous avais écrit un article sur les obligations à hauts rendements.

http://blog.crottaz-finance.ch/les-obligations-a-hauts-rendements-high-yield-nous-montre-t-elles-le-chemin/

Puis un concours où il fallait trouver l’obligation d’une société “corporate” high yield.

Ces derniers jours tout s’accélère et je vous mets en vrac articles et graphiques concernant ce “secteur” obligataire.

Tout d’abord Bloomberg (avec une vidéo à écouter)

Il est dit à la fin de la vidéo: “Il faut bien lire le prospectus du fonds “high yields” car il est possible qu’en cas de difficulté du fonds (pour vendre les positions) le détenteur des parts peut, ne pas se faire payer en cash, mais en obligations high yield…charge à lui de les vendre…..”

http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-12-11/junk-bond-fear-gauge-nears-3-year-high-after-third-avenue-freeze

Aussi “The Telegraph”:

The junk bond markets early warning signs are all flashing red for the global economy

2015 High yield

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La peur s’installe

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Tous les secteurs sont concernés par la peur

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Les taux s’envolent sur les high yields

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Les spreads s’écartent (les écarts entre hauts et bas rendements)

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Les fonds d’investissements chutent

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Le volume a terriblement augmenté depuis 2007 sur ce secteur (normal dirais-je, les investisseurs cherchaient le rendement qu’ils ne pouvaient trouver sur les obligations dites “sûres”)

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Le nombre de société qui perdent de l’argent est en haut de cycle

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On peut tenter de comparer avec l’avant Lehman Brothers

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Le volume des sorties de fonds (ventes) s’accélère (premiers sortis, premiers servis)

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En résumé, ça sent très mauvais pour ces débiteurs et pour les investisseurs qui leur prêtent.

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10 réflexions au sujet de « Les obligations à hauts rendements se cassent littéralement la gueule ! »

  • 14 décembre 2015 à 15 h 41 min
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    Bonne nouvelle ! c’est que l’inflation menace. Ceux qui ont des hypothèques flottantes (ou hypopothèques) on maintenant intérêt à consolider à taux fixe sur 4-5 ans. Et tous les gouvernement du monde sont d’accord pour avoir de l’inflation, afin de réduire la valeur de la dette publique.

  • 14 décembre 2015 à 15 h 45 min
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    euh non , je ne crois pas.
    plutôt la déflation.

  • 14 décembre 2015 à 22 h 22 min
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    Les deux ! justement. La déflation est une baisse du coût de l’offre. Croyez-vous que cette baisse va satisfaire les multinationales qui ont des positions monopolistiques et qui grâce à cela dominent le marché. Non, il peut y avoir une récession avec une hausse de coûts : ça s’appelle la slumpflation. Vous savez, les institutionnels qui pilotent la politique monétaire ne se cantonnent pas dans les schémas éculés. Et de plus ils ont les moyens de leur politique. Les traditionnalistes vont donc avoir des surprises en 2016 : aucun des shémas classiques n’a sa place dans ce que nous allons connaître.

    En effet, le but premier est, pour les états, de se désendetter sans prélever de recettes supplémentaires. Là, la seule solution est de dévaluer les dettes, par l’effet de la hausse des prix. Et pour hausser les prix rien ne vaut la hausse des coûts et pour hausser les coûts l’élément déclencheur est de hausser le prix du loyer de l’argent. De toute façon, les prix ne peuvent que hausser en cas de baisse de la demande. Il ne faut pas confondre en effet, prix à la consommation et valeur d’un investissement, qui ont des destins différents. Pourquoi ? parce qu’en cas de baisse de la demande, la courbe du coût moyen du produit remonte (en suivant à l’envers la courbe descendante du coût marginal). En d’autres termes, sachant que la hausse de la production a comme effet de baisser le coût de production des produits, en cas de baisse de la production, le coût de production a tendance à augmenter. Ainsi, la hausse du coût de l’argent aura l’effet de ralentissement propre à hausser le coût moyen. Pour survivre les entreprises devront augmenter leur prix en raison de la baisse de production. Et leur situation de monopole (ou plutôt d’accapareurs de marchés) leur permet d’y parvenir. De toute façon, où trouver les contribuables assez idiots pour s’exposer à une fiscalité confiscatoire (regarder à notre frontière ouest). Va-t-on surtaxer les chômeurs ?! Il en résulte parallèlement une hausse du chômage et surtout une baisse des revenus moyens.

  • 14 décembre 2015 à 22 h 32 min
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    Donc, le schéma politique est le suivant : reprise de la crise en Grèce. On ne voit pas pourquoi la Grèce va mieux avec 280 milliard de dettes qu’avec 200 milliards. Il n’y a que les journalistes et les économistes pour y croire. Sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe. Crise bancaire en Europe, notamment en France, en Espagne et au Portugal, dont la situation n’est pas meilleure que la Grèce. L’Allemagne, au pied du mur, est sommée de baisser ses prix, pour rester compétitif ou de sortir. Et la seule solution, c’est la sortie. Mais pas vers le Deutsche Mark, mais vers le dollar, ou plutôt le néo-eurodollar, dont la mission est d’abaisser la valeur des monnaies qui le compose. Après, on verra…

  • 15 décembre 2015 à 10 h 26 min
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    La déflation est d’ailleurs impossible avec la quantité de monnaie déjà émise. Comment en effet imaginer revaloriser cette masse de monnaie en accroissant son pouvoir d’achat par l’effet de la déflation ? Cela reviendrait à dire que plus on émet de la monnaie, plus la valeur de cette monnaie est grande. Un vrai miracle. Bon. Rien n’est impossible. Mais tout de même…

  • 15 décembre 2015 à 10 h 29 min
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    Ah bon ! Alors comment expliquez-vous que tous les prix des actifs (pétrole, or, cuivre) s’écroulent ?

  • 16 décembre 2015 à 1 h 02 min
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    Il s’agit là de matières premières sur lesquelles on spécule. La spéculation représente mille fois le volume de transactions réelles. Elle ne sont donc pas un indice significatif de l’économie réelle. Il faut regarder les produits manufacturés achetés par les consommateurs. Même si l’essence a bénéficié – en partie seulement – de la baisse du pétrole, cela tient à la concurrence entre distributeurs. Voici une illustration assez idéale du comportement d’une entreprise de produits manufacturés ayant une position dominante dans une économie pourtant totalement en ruine (extrait du site d’actualité russe spoutnick) :

    “En Ukraine, le grand distributeur Auchan a annoncé son refus de vendre les pâtisseries de l’entreprise Rochen appartenant au président Piotr Porochenko. Motif: les prix trop élevés établis par le producteur qui s’obstine à ne pas les baisser.”

    Auchan, bien entendu, ne défend pas le consommateur, mais cherche à partager une part plus importante de la marge faite par Porochenko sur son chocolat dont les consommateurs sont les otages. Porochenko partage les régions de l’est de l’Europe avec Nestlé. Les deux entreprises s’ignorent et se concentrent sur leurs produits, sans chercher à se faire concurrence, comme jadis Lafarge et Holcim. L’un renonçait à s’installer là où se trouvait l’autre, car il ne voulait pas provoquer une concurrence ruineuse pour lui-même. Comme l’essence ordinaire est à 1.37 chez Ikea et à 1.51, le même jour, à la Maladière. L’un s’adresse au prévoyant, l’autre à celui qui se laisse surprendre pas son niveau d’essence.

    source : http://fr.sputniknews.com/international/20151215/1020294400/auchan-ne-vend-plus-rochen.html#ixzz3uR6gsVrU

  • 16 décembre 2015 à 1 h 14 min
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    La production des matières premières est considérée par les économistes comme une rente. Non comme une industrie. On peut parfaitement faire s’effondrer le prix d’une matière rare qui sera épuisée dans 5 ans. Il suffit d’en mettre de grosses quantités sur un marché non-acheteur et patatra. Cela n’empêchera pas le prix de passer de 1 à mille, lorsque la production sera pratiquement épuisée… La spéculation sur les valeurs n’a que peu à voir avec le fonctionnement d’une économie de consommation. D’ailleurs le coût du composant le plus important reste en général marginal. Un diamant taillé se vend 3 fois moins cher que le même diamant serti sur une bague en or blanc vendu par Van Cleef. Or le coût du sertissage et de la bague ne représente pas le dixième de la valeur du diamant taillé. Ce qui est le plus cher (et le plus profitable) c’est la finition du produit, et, en plus, la simple mention de la marque Van Cleef, qui n’a rien à voir avec le commerce de matières premières.

  • 16 décembre 2015 à 16 h 28 min
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    Pour moi ces indices disent que nos retraites, notre LPP, nos 3e piliers, nos assurances-invalidité ou AVS ne seront plus payés ces prochains mois(?)

  • 16 décembre 2015 à 17 h 18 min
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    Ne craignez rien. Ces rentes seront toujours versées, sinon indexées. C’est justement l’un des buts de l’opération.

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