Le #REPO n’est pas de tout repos

J’ose imaginer que vous avez entendu parler du “REPO Rate” et des ses implications. Il y a quelques mois, les journaux / médias en avaient parlé

Si tel n’est pas le cas voici le point du jour.

Repo rate

Repo rate est l’abréviation de repossession rate (taux de saisie) et correspond à un taux de rachat. Le repo rate qualifie l’un des taux d’intérêt d’une banque centrale, taux auquel elle prête aux banques commerciales en quête de liquidités, ou pour maîtriser l’inflation.

Le repo rate désigne aussi le taux d’escompte pratiqué par une banque centrale, pour racheter des bons du Trésor ou des obligations d’État sur les marchés financiers.

Pour contracter la masse monétaire, le repo rate est augmenté (pour inciter les détenteurs de titres à les vendre à la banque centrale). Pour la fluidifier, ce taux est abaissé.

En résumé, c’est le tampon qu’utilise la banque centrale américaine pour fluidifier le marché des capitaux, quand les banques ne se font plus confiance entre elles pour se financer par exemple.

On a eu une belle alerte en septembre 2019, le taux s’était envolé à la hausse

Tout s’est normalisé suite à l’injection MASSIVE de liquidités dans le marché par la banque centrale américaine. On parle de plusieurs centaines de milliards de dollars.

et la FED continue ses injections (70 milliards mercredi de la semaine passée : https://www.wsj.com/articles/fed-pumps-70-1-billion-in-one-day-liquidity-into-financial-markets-11575474993?shareToken=sta1b200b885044061a981d59da8498c33

Mais il ne semble qu’injecter ne soit que de la rustine. https://www.marketwatch.com/story/the-repo-market-is-broken-and-fed-injections-are-not-a-lasting-solution-market-pros-warn-2019-12-04

Soudainement, la BIS (Banque des Règlements Internationaux, BRI) alerte :

Pour elle, c’est la faute des hedge funds……

En conclusion, ça sent le roussi, car si la BRI commence à se plaindre des hedge funds, c’est que le contrôle semble perdu.

Une anecdote est venue à mes oreilles ces derniers jours : Certaines banques (en Suisse…) viennent de demander à leurs clients de rembourser – pour le 31 décembre 2019 – les crédits accordés alors que la garantie des avoirs des clients semblent largement suffisants. Un exemple, un crédit de ne représentant que 10% des avoirs du client ! Il semble donc que les banques sentent que le marché des liquidités va leur être difficilement accessible, voire interdit !

Affaire à suivre…

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5 réflexions au sujet de « Le #REPO n’est pas de tout repos »

  • 9 décembre 2019 à 19 h 23 min
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    Bonsoir Monsieur Crottaz,

    Il me semble que ce problème était d’ordre domestique avec les banques aux US (interventions massives d’impressions monétaires de la FED).

    “… Il semble donc que les banques sentent que le marché des liquidités va leur être difficilement accessible, voire interdit !”

    C’est peu réaliste en Suisse (cela aura un impact sur la sacro sainte consommation). La BNS interviendra pour ‘soulager’ les banques locales comme l’a fait la FED. Le problème n’est peut-être que temporaire dans le temps.

    Question basique : lorsqu’une banque prête des fonds, il y a un contrat qui doit être respecté par les deux parties. Comment la banque peut donc imposer une accélération des paiements avant la fin du délai légal imparti du prêt sans s’exposer juridiquement (en admettant que l’autre partie ait respecté toutes les clauses) ?

  • 9 décembre 2019 à 19 h 28 min
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    bonsoir,
    la BNS n’a aucun pouvoir sur le USD.
    les contrats sont fait de telle manière que même avec une échéance ils peuvent être cassé par la banque…..c’est toujours écrit en faveur de la banque

  • 9 décembre 2019 à 19 h 33 min
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    Je vous remercie. Que naïf je suis (“…en faveur de la banque”).

  • 9 décembre 2019 à 20 h 42 min
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    Oh que c’est juste : en 2009, la BNS a du demander l’aide du FED. N’oublions pas que si la pouvoir d’émission de CHF de la BNS est infini (comme on a pu le constater au vu de son bilan actuel), les CHF qu’elle émet ne sont pas mis dans son bilan. Ce qu’elle y met, ce sont les devises qu’elle a acheté avec ses CHF. Et là, le bilan de la BNS a ses limites : en cas de chute du CHF (tout-à-fait exclu, sauf lorsque cela se produit) la BNS ne peut pas émettre de monnaie. Elle dispose d’un stock fini de devises étrangères. Une fois ce stock épuisé : Adieu le CHF ! Elle doit alors appeler au secours la BCE et le FED pour qu’ils daignent lui prêter à prix d’ami. Mais ce genre d’amitié a un prix…

  • 16 décembre 2019 à 1 h 14 min
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    L’argent des particuliers n’intéresse plus les banques. Pour elles c’est égal de voir leurs clients payer, dans le canton de Vaud, par exemple, un impôt plancher qui peut dépasser le 100 % du revenu (avec un rendement minimum théorique de 1 %, lrosque le rvenu réel n’es pas réalisé). Si on y a joute le prélèvement au titre d’intérêt négatif, la plupart des fortunes comptant par prudence ou opportunisme plus de 50 % de liquidités payent plus de 120 % de leur venu au fisc et à la BNS. D’où l’exode des détenteurs de capitaux, dont on parle peu, mais qui n’est pas sans rappeler celui provoqué par Harold Wilson lorsqu’il a passé une loi qui fixait l’impôt à 90 % du revenu sur la part excédant CHF 100’000.-. Il s’agit pour l’essentiel de retraités qui n’ont ni salaire ni retraite. 400 villas vides sur la Côte, deux cents au moins sur Vevey, sans compter les résidences principales qui deviennent résidences secondaires et celles qui ne sont pas sur le marché. Les lendemains seront durs, comme l’a été la main de la Dame de fer, qui a balayé cette fiscalité absurde par nature. Ce qui est fichant dans cette histoire c’est que les banques, depuis 2009, qu’elles peuvent faire n’importe quoi : la banque centrale veillera. Le tri naturel qui s’opère au moment d’une liquidation sur le marché entre celui qui a spéculé bêtement et celui qui a su agir intelligemment et prudemment n’existe plus. Souvenons-nous d’une chose : aux USA, le banquier qui vous a fait une hypothèque ne peut que prendre la maison donnée en garantie. Il ne peut pas poursuivre ensuite l’emprunteur pour une éventuelle perte : voilà ce que l’on devrait introduire en Suisse.

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