Le franc suisse se renforce. Pour combien de temps ? #CHF #USD #EUR

Certains lecteurs ne se rendent peut-être pas compte (car ils sont français, belges, canadiens francophones, etc.) que les suisses souffrent grandement de l’appréciation de leur franc suisse face aux autres devises. Cela dure depuis toujours.

On peut probablement imputer cela au faible endettement du pays (avant coronavirus à 35% du PIB) et à une certaine stabilité politique.

Pour mémoire, j’avais construit deux graphiques qui permettaient de se rendre compte de la force du franc suisse dans le temps

Vous pouvez les revoir ci-dessous : 200 ans de CHF contre GPB et contre FRF (devenu euro)

https://www.crottaz-finance.ch/blog/200-ans-de-francs-francais-contre-le-franc-suisse/

https://www.crottaz-finance.ch/blog/plus-de-200-ans-de-livre-sterling-contre-franc-suisse-mise-a-jour/

Depuis le début de l’année par contre, les monnaies s’apprécient contre le franc suisse.

Et ci-après sur une année (depuis le moment de la chute des marché coronavirussés (avant grand rebond)). Petite constatation, le USD a baissé sur cette période)

On ne sera donc pas étonné d’apprendre, avec tout ce qui précède, que le CHF s’est renforcé durant les 10 dernières années contre toutes les monnaies.

Revenons à notre baisse récente du franc suisse, même si celle-ci n’est pas très importante par rapport à l’évolution historique des cours de change.

Quels sont les éventuels facteurs qui mènent à cette petite appréciation (en occultant le fait que le coronavirus provoque une hausse des dépenses et donc de l’endettement, car c’est un état de fait mondial) ?

Regardons plutôt ce qui se passe du côté des taux d’intérêt à 10 ans par exemple

La Suisse se trouve toujours dans les moins attractifs

Les taux aux USA montent assez fortement (en Suisse le dix ans est à -0,25 contre -0,55 au plus bas). En cause, les injections monétaires ? Une défiance par rapport à l’endettement ? Une sortie des détentions des bons du trésor par les étrangers ? Un peu de tout cela

En tous les cas, ce sont les banques commerciales américaines et la FED qui compensent les ventes des bonds du trésor par les étrangers

Est-ce une changement de fond qui s’installe ou un rebond dans une tendance ?

L’avenir nous le dira. Depuis quelques temps c’est la BNS qui se frotte les mains. A noter que si cette dernière revend les monnaies étrangères qu’elle détient, elle va renforcer le franc suisse.

Happy Investing

NB : un lecteur assidu me fait remarquer que les devises s’érodent toutes, le franc suisse moins vite que les autres !

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4 réflexions au sujet de « Le franc suisse se renforce. Pour combien de temps ? #CHF #USD #EUR »

  • 15 mars 2021 à 16 h 14 min
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    Je serais curieux de voir lors du prochaine publication des résultats de la BNS (à fin Mars) si elle a un peu réduit son stock de devises étrangères. Peu probable (elle n’a à mon souvenir jamais profité des quelques rares opportunités de le faire par le passé) mais sait on jamais.
    Vu que l’accumulation illimitées de devises étrangères ne fait pas peur à notre banque nationale il serait peut être temps de renoncer aux taux négatifs, quite à devoir à nouveau déprécier le CHF ?

  • 15 mars 2021 à 19 h 47 min
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    Le surenchérissement du CHF vis-à-vis des autres devises est une maladie chronique de longue durée, cela fait déjà des dizaines d’années et cela va durer encore longtemps peu importe le trend des taux du moment. Rien de nouveau sous le soleil.

    La Suisse n’a que le contrôle de sa monnaie (parfois au prix fort, lire le bilan en devises de la BNS publié antérieurement par @Crottaz) mais aucune emprise sur les politiques monétaires des autres pays. Ce n’est pas le fait d’achats massifs continus de devises par la BNS que l’on a ce résultat actuel de léger relâchement du CHF mais de décisions politiques et monétaires outre atlantique. Et de ce que je lis, cela ne sera que temporaire, le temps entre autre de la mise en place du massif plan d’aide US (déjà voté) et dont la prévision sera une nouvelle dévaluation du $ , Francfort réajustera pour que l’export UE reste concurrentiel.

  • 26 mars 2021 à 7 h 51 min
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    Voila une info dont je suis peut-être le dernier en Suisse à ne pas le savoir à propos de la BNS:

    “En 2019, l’institut d’émission a investi dans 6700 titres d’entreprises de plus de 40 pays.”

    Ils ont investi dans 6’700 titres différents et dans + de 40 nations ?? Mais ce n’est plus un gros placement ici et là du style ‘Apple’, c’est une véritable usine de placements financiers spéculatifs à très grosse échelle !! Ceux qui voient la BNS comme la bonne banque centrale à papa ferait mieux d’ouvrir les yeux. Cela ne doit pas transpirer la sérénité à la direction générale avec autant de risque à gérer.

    Ma mission est de maîtriser l’inflation … réellement ? plutôt hilarant et trompeur.

    Je suis une grosse société financière mais à contrario de tous mes autres concurrents, je ne dépense pas d’argent pour acquérir des nouveaux portefeuilles de clients, moi j’ai gratuitement l’argent des suisses dans mon escarcelle pour spéculer à discrétion et sans trop leur rendre des comptes précis. Qui suis-je ?

    https://www.swissinfo.ch/fre/pas-de-contrainte-verte-pour-la-banque-nationale-suisse-%C3%A0-fribourg/46478296

    A moins que je me trompe,

  • 12 avril 2021 à 22 h 32 min
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    La force du franc suisse est relative : elle est supérieure aux principales autres monnaies. Mais le CHF s’est dévalué comme les autres monnaies, seulement cela a été à un rythme moins rapide, ce qui fait qu’il s’est logiquement apprécié relativement face aux autres monnaies. J’ai connu le café à CHF 1.20. Cela était plus facile à observer du temps où toutes les monnaies étaient évaluées dans leur relation à l’or. Le ratio monnaie/or n’avait que peu d’importance. Ce qui comptait, c’était le ratio des monnaies les unes envers les autres compte tenu de ce ratio. C’était la perfection. Et Nixon l’a mise en pièce pour remplacer cela par un dollar, cousin du PQ. Qui ne repose plus sur l’or, mais sur la puissance diplomatique et militaire. Autrement dit sur la loi du plus fort. C’est-a-dire sur du blabla. De l’abstraction et une presse qui la cultive à la manière d’un concierge. Pour avoir une monnaie forte, le ratio avec l’or devait être élevé. Et pour acheter de l’or, il fallait y consacrer une part de son bénéfice économique national. Et l’avantage d’une monnaie forte, c’est qu’elle se procure des biens à l’étranger à bon compte. Ceci explique que la Suisse ait toujours bien vécu. IL Y A UNE CONSTANTE EN SUISSE : LA HAUSSE DE LA MONNAIE A ETE TRES REGULIEREMENT ACCOMPAGNEE… D’UNE HAUSSE DE LA BALANCE COMMERCIALE. Et ça, aucun économiste ne l’explique.
    Si vous avez une explication, je vous remercie de me la communiquer.
    Encore une chose : la force de monnaie peut ne pas suffire à nous maintenir en selle. N’oublions pas que, suite à la crise de 29, le CHF a été substantiellement dévalué ! Et c’est exactement ce que fait maintenant la BNS en faisant comme le dollar : en émettant du CHF comme son allié le PQ. Sauf que la BNS préfère capitaliser les monnaies qu’il a encaissées dans les actions, que de garder de la monnaie étrangère. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise idée, voyant ce que vaut le dollar ou l’euro. Mais cette idée a une conséquence terrible : elle prouve que le capital privé ne vaut plus rien et que la société peut parfaitement se satisfaire d’avoir un seul détenteur de capitaux : l’Etat. Comme jadis l’Union soviétique. On a beau louche sur les milliardaires, leurs fortunes cumulées sont ridiculement microscopiques comparées aux richesse du monde. Il est vrai que l’on parle désormais plus en millions, mais en milliards. Et pour moi, cela me rappelle…. la lire italienne, qui est passée de 1 CHF pour + lire à 0.70 CHF pour mille lire (divisée par mille-cinq-cent).

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