La ville de Lausanne se finance à bon compte sur les marchés (pour combien de temps ?)

La ville de Lausanne vient de lancer un nouvel emprunt pour CHF 100 mios avec échéance en 2022. Le prix d’émission est de 100.91% et le coupon offert de 1.625%.

Ville de Lausanne 2011-2022 Prospectus EC (prospectus avec les comptes de la ville de Lausanne d’autres informations comme la rémunération du syndic (maire) etc.)

En voilà une excellente nouvelle !

Pour qui ?

Pour l’émetteur, car il ne paie qu’un intérêt minime (de peu supérieur à celui du marché) pour financer son train de vie.

Le taux du marché avoisine 0.9% annuel pour un emprunt à cette échéance en CHF. Avec un prix d’émission au-dessus du pair (100.91%), le rendement à servir est à peine de plus de 1.5% annuel pour emprunter.

Question: Est-ce un intérêt normal ?

Deux réponses me viennent à l’esprit:

  1. Oui si des acquéreurs sont d’accord de prêter de l’argent à la ville de Lausanne en contrepartie d’un rendement si faible (et je ne tiens pas compte des impôts sur le revenus du coupon !)
  2. Non si on regarde de plus près les comptes (bilan) de la ville de Lausanne (Sans rating officiel, mais qu’on estime proche de A+)

Démonstration:

Découvert au bilan de la Ville 265 mios de CHF

Garantie pour les rentes futures (retraites, 2ème pilier = promesses) 736 mios de CHF (Hors Bilan) et 329 mios de CHF de cautionnement /garanties

Cerise sur le gâteau, la dette de la ville de Lausanne s’élève (attention roulement de tambour…..) à 2,24 milliards de CHF soit 2’240 mios de CHF, plus élevée que le canton dont elle est le chef lieu !!

L’évolution du canton de Vaud se situe sur la voie du désendettement (c’est possible !!! malgré la période actuelle)

Si l’histoire doit nous servir de guide…….

merci à la personne (qui se reconnaîtra) de m’avoir suggéré cet article lors d’un repas fort agréable et qui m’écrit aussi:

  • Il n’y a pas de garantie du Canton et il me semble que ce dernier devrait exercer sinon un devoir d’ingérence du moins un devoir de surveillance.
  • L’écart par rapport au prix du marché (bien que de plus de ½ %) est insuffisant pour couvrir le risque.
  • On se demande souvent comment la Grèce a pu s’endetter à un point tel. Nous en avons une démonstration in vivo et l’on voit que les mêmes erreurs peuvent se produire en Suisse, sous nos yeux.
  • Rien ne dit que Lausanne ne sera pas attaquée par des hedge funds comme la Grèce l’a été.
  • L’emprunt inclut les clauses habituelles, plus une clause d’exigibilité immédiate si l’émetteur est mis partiellement ou totalement sous administration forcée ou sous assistance

 

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7 réflexions au sujet de « La ville de Lausanne se finance à bon compte sur les marchés (pour combien de temps ?) »

  • 11 novembre 2011 à 17 h 22 min
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    Ok avec vos remarques.

    Quelques nuances quand même :

    Contrairement à la Grèce, la Ville de Lausanne lève l’impôt.

    A ma connaissance, la Ville de Lausanne n’a jamais été prise en défaut de non paiement des intérêts, ni de remboursement du principal.

    Vous évoquez le découvert au bilan, mais celui-ci n’est que la résultante de la différence entre l’actif et le passif. Or, si le passif est connu et correctement valorisé (et vous mentionnez à juste titre les engagements hors bilan dus aux futures retraites), il faudrait vérifier comment est valorisé l’actif de la Ville (fort à parier que ce soit à la valeur d’activation sous déduction des amortissements comptables, donc sous valorisés, mais c’est à vérifier bien entendu). Par ailleurs, il est peu évident de valoriser des actifs comme des routes, des écoles, etc. (actifs qui font partie du patrimoine administratif de la Ville et donc inaliénable sauf accord expresse du municipal)

    Bref, la situation pourrait bien sûr être meilleure, mais elle n’est pas comparable à celle de la Grèce.

    Meilleurs messages.

  • 11 novembre 2011 à 17 h 51 min
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    Bonjour
    C’est une escroquerie, mais si le créancier l’accepte !!
    J’espère pour lui qu’il n’ y aura pas d’inflation.

  • 11 novembre 2011 à 22 h 38 min
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    Cela ressemble furieusement à un emprunt de la Ville du Locle en …1952 et qui avait finalement fait un bénéfice, aidée en cela par une inflation qui avait “mangé” le coupon très bas.

    Et le contribuable n’avait pas pu, lui, amortir le manque à gagner sur sa feuille d’impôt !!!

    La Ville du Locle est toujours présente et pas sous tutelle !

  • 12 novembre 2011 à 0 h 33 min
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    Ouais c’est pas la Grèce, mais c’est plus la Suisse.
    Mais de tout façon personne ne lit les tartines, alors vous verrez bien.

  • 13 novembre 2011 à 23 h 47 min
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    quel est le crétin qui prête ?

  • 14 novembre 2011 à 19 h 35 min
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    probablement le contribuable ou assuré (mais il ne le sait pas). Certaines caisses de pension sont friandes de ce genre d’emprunts.

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