La croissance contre la valeur

Pour faire suite à mon article précédent parlant de la valeur par rapport au prix, voici un état des lieux comparatifs sur les marchés boursiers entre les titres de croissances et les titres de valeur.

De mon côté, j’ai toujours préféré (à tort ?) la valeur à la croissance. Cela m’a évité de prendre des bouillons, mais j’ai aussi raté de fortes hausses. Sur le long terme, cela m’a permis de réaliser des gains intéressants, même si ceux-ci ont pris ou prennent (encore aujourd’hui) plus de temps qu’escompté.

Il existe des périodes où les titres de valeurs battent les titres de croissance et vice-versa. Sur le graphique suivant, il est assez facile de constater que la croissance l’a largement emporté durant les années 1990-2000, puis à l’éclatement de la bulle techno ce sont les titres de valeurs qui ont mieux performé. Depuis fin 2008, les titres dit de croissance sont en constante sur-performances par rapport aux titres de valeur. La dernière hausse me semble extrêmement forte et j’y vois peut-être une opportunité de vendre la croissance pour acheter la valeur (enfin ! car depuis 11 ans c’est long !)

D’après le graphique suivant, nous nous trouvons à des écarts jamais vus pour les titres de croissances par rapport aux titres de valeurs.

Malgré la grande correction boursière de COVID-mars, l’écart a continué en 2020.

Mais pour la première fois depuis 20 ans la corrélation entre la valeur et la croissance est proche de zéro.

Il semble que les flux de fonds sortent de la croissance et se dirigent vers la valeur.

Voici un comparatif de rendement annuel historique entre croissance et valeur. Le dernier bâton montre que la croissance a fait une poussée historique cette année 2020.

La valeur – quant à elle – a effectué le pire mouvement depuis les années 30

En 3 ans, la valeur a rendu 20 ans de gains !

Happy Value Investing

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5 réflexions au sujet de « La croissance contre la valeur »

  • 26 septembre 2020 à 15 h 52 min
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    C’est vrai que les recommandations que vous aviez fait il y a 6 ans sur Crown Point Venture et Laramide étaient faites sur des valeurs de croissance…

  • 26 septembre 2020 à 15 h 58 min
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    Pour CWV, il y a eu une période de gain puisque le titre avait passé de 0,5 à 2,4 mais malheureusement la politique argentine a fait des dégâts.
    Concernant Laramide Fukushima a planté les titres uranium et actuellement le sous-jacent est au plus bas. Le futur sur l’uranium est positif à mon avis et j’ai rédigé des articles à ce sujet.
    J’avais recommandé des Aquiline à l’époque et je ne sais si vous en aviez profité. J’ai arrêté de recommander des titres individuels, les commentaires comme le vôtre me démontrent que j’ai raison.
    On investit que ce que l’on peut perdre.

    Chacun est maître de ses décisions.

  • 27 septembre 2020 à 6 h 34 min
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    Il n’existe aucune perspective de croissance. Avant d’y songer, il faudra commencer par regagner le PIB perdu. Et ce n’est pas en entretenant la panique dans la population que cela se produira. Cette manie de tout attendre de l’Etat, qui est enseignée à l’école de journalisme comme à celle du socialisme bon teint, montre ses limites. Après tout, si le gens sont avertis des risques qu’ils prennent et s’ils acceptent de les prendre en allant se presser dans lieux publics au risque de se contaminer, et de contaminer les autres, c’est leur choix. C’est la cruauté des conséquences observées qui règle les comportements, non les ordonnances tatillonnes et peu avisées du Conseil fédéral, qui relèvent de l’école primaire. Au demeurant, si la courbe des personnes contaminées est en hausse, la courbe des décès parmi celles-ci est en baisse. En outre, la prétendue hausse des cas de contamination tient avant tout à la hausse du nombre de contrôles et à une amélioration des connaissances qui permettent de discerner la maladie. Au printemps de cette ennée des personnes non-contaminées sont mortes, par la faute de diagnostics faux, pour avoir été confinées avec des personnes contaminées.

    Leur niveau élevé actuel, les bourses le doivent à l’intervention des banques centrales. Ce niveau est sans rapport avec la réalité économique. La baisse considérable du trafic poids -lourds dans les grands pays d’Europe, la superbe visibilité des rives opposées sur le lac due à l’absence de pollution des avions, les aéroports vides, le chômage partiel qui devient la source de survie des entreprises (l’heure des dernières commandes à la Brasserie du Centre Place du Mollard est passée de 23 h.- à … 21 h.- ! pour bénéficier des indemnités de chômage partiel). Les dizaines de milliards d’aide de ce genre fournis par la Confédération, ne conduisent aucun journaliste à parler de récession profonde : tout simplement parce qu’à l’école du journalisme bon teint, il est interdit de parler de récession par crainte de créer la panique. Alors que vos graphiques, eux, montrent qu’en réalité, cette crise approche la gravité de celle de 1929. L’or n’a pas dit son dernier mot et il est évident que pour conserver ses acquis, il faut sortir de bourse pour y rentrer plus tard, lorsque son niveau aura baissé. L’inflation inévitable qui va se produire (due à la distribution des indemnités de chômage sans que celles-ci correspondent à une production) n’interviendra qu’après la baisse du marché qui a un effet provisoirement déflationniste. Pourquoi l’interventionnisme va-t-il baisser : parce que l’intervention des banques centrales ont des limites. Les laisser s’accaparer une part croissante des actions pour en soutenir les cours n’est pas une mesure provisoire lorsque la conjoncture est proche du marasme. Cette intervention se comprend uniquement en cas de panique plus psychologique d’économiquement fondée. Mais dans notre cas, nous sommes dans une profonde récession. Cette intervention n’a alors plus de limite et revient à nationaliser l’économie privée. L’Etat devient progressivement actionnaire de tout. Cela revient à une nationalisation des biens de production comme l’a organisé Lénine pour libérer la population des imperfections du capitalisme. Ce faisant, l’Etat pérennise des fausses valeurs et empêche l’assainissement du marché. Car certaines entreprises, fragiles, doivent disparaître, tandis que d’autres doivent traverser la crise pour mieux rebondir. Il est clair, dans ce contexte, que l’avis de Charles Gave est juste : il faut choisir des actions de sociétés dont l’activité horizontale et verticale est conséquente. De préférence répartie dans le monde entier, car ces entreprises ont une assise infiniment meilleure que celles qui se contentent de sous-traiter la production et de distribuer en pilotant tout cela depuis quelques headquarters. Ces entreprises ne vivent parasites que sur les différences den niveaux économiques et leur pression a comme conséquence d’empêcher le développement réel dans les pays producteurs, ceux-ci travaillant pour plus pour l’étranger que pour eux-mêms. Il ne faut pas oublier que ceux qui utilisent leur force d’achat pour exploiter leurs sous-traitants se mettent de la sorte dans la dépendance d’entreprises fragiles, qui sont les premières à disparaître en cas de crise. Un fois la baisse des cours intervenue (nous approchons du mois d’octobre, qui est le mois de tous les dangers, il crève les yeux qu’il faut retourner, une fois que l’effondrement s’est produit, devant des titres de valeur, qui sont les seuls à pouvoir assurer… la croissance et résister face à l’inflation

  • 5 octobre 2020 à 15 h 10 min
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    .. et pendant ce temps là (je fais l’avocat du diable) :
    12 km de bouchons au Gothard (vive les vacances) ….
    2,5 milliard de visiteurs sur Amazon (par mois !) …
    1,8 milliard d’utilisateurs actifs sur Facebook (par jour !) …
    800%, c’est la hausse de l’augmentation des dépenses de consommation en glissement annuel de Tiktok …
    581 milliards de dollars en cash (cash-flow) détenu par les GAFAM (à fin juin 2020), dont près de 200 milliards de dollars pour le seul Apple !
    … etc

    Les politiques ne changeront rien (hormis ajouter des taxes et impôts supplémentaires à tout va). Les BC ne feront rien non plus (par incompétence sans doute). Et encore moins les multinationales (ben il ne faut surtout pas que ce système, qui les rendent très riche, s’arrête !)

    Et tant que le consommateur est là (et il est bien là, même endetté), rien ne changera. L’illusion que le système tient bon va perdurer encore longtemps, grâce à cet ultra-consommateur.

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