La BNS se bat comme une tigresse

Ce matin, la BNS vient de laisser son taux directeur inchangé à -0,75%.

Comme je l’ai écrit maintes fois, ce taux négatif est une catastrophe pour la réalité des prix. Tout est corrompu ! En forçant les investisseurs à se détourner de l’épargne, les risques que ces derniers prennent sont en augmentation. Il y a donc déplacement du cash sur d’autres actifs dont les prix montent sans aucune réalité avec leurs vraies valeurs.

Il faut aussi savoir que l’épargne est ainsi taxée comme, par exemple, le cash (et obligations puisque celles-ci offrent aussi un rendement à l’échéance négatif) dans les caisses de pensions.

On vous vole tout simplement votre épargne.

A l’époque la caisse de la confédération avait essayé d’obtenir un passe droit pour ne pas avoir d’intérêt négatif….honteux…mais cela avait été corrigé rapidement sous la pression et la colère générale.

Pour mémoire, voici les taux d’intérêts dans le monde avec le leader suisse du taux négatif.

Non content de se positionner en leader à court terme, la Suisse peut s’enorgueillir d’avoir aussi des obligations à taux négatif jusqu’à 50 ans !

Il semble que la BNS anticipe de l’inflation….

Cela fait combien d’années que j’entends ce discours ?

A force de manipuler les taux plutôt que de laisser le marcher se réguler, on a créé un monstrueux bilan à la BNS dont on ne sait comment se sortir.

Le franc suisse est toujours fort contre euro notamment et ceci malgré les achats répétés et continus de monnaies étrangères par la BNS.

On constate que la mise en place du taux plancher, puis son abandon (anticipé le premier jour de sa mise en place par votre serviteur) ne sont que des péripéties dans une longue descente de l’euro.

Dernièrement le BNS -très discrètement – a vendu du franc suisse massivement pour acheter des monnaies étrangères. On est bientôt au niveau de 2012 !

A force de s’entêter, est-ce que la BNS ne va-t-elle pas détruire le CHF ?

Quand on compare les bilans des grandes banques centrales par rapport aux PIB de leurs pays respectifs, on peu légitimement se poser cette question comme on le dirait par chez moi : “C’est un concours ou bien ?”

En tout cas, la BNS demande aux banques suisses de serrer les dents : https://www.rts.ch/info/economie/6635416-la-caisse-de-pension-de-la-bns-exemptee-du-taux-d-interet-negatif.html

et craint pour l’immobilier : “Le marché immobilier continue d’être une source d’inquiétude pour la BNS, d’autant plus avec l’éclatement de la crise du coronavirus. Le déséquilibre entre les volumes hypothécaires et le segment de l’immobilier résidentiel continue de présenter un risque. Si elle venait à trop durer, la récession attendue ces prochains mois pourrait déclencher une correction des prix, avertit la banque centrale suisse.”

De source non-officielle, puisque les journaux n’en parlent pas (encore), il semble que ça licencie grave dans le secteur bancaire sur la place genevoise.

De plus les politiques s’en mêlent et s’écharpent pour savoir quoi faire de bénéfice de la BNS, notamment après le COVID19…

https://www.tdg.ch/les-benefices-de-la-bns-pour-la-dette-et-pour-lavs-848944218450

Question bête…c’est quand les prochains bénéfices ?

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4 réflexions au sujet de « La BNS se bat comme une tigresse »

  • 18 juin 2020 à 11 h 41 min
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    Bonjour, excellente présentation de la situation :

    “On vous vole tout simplement votre épargne.” : vous avez raison sur le fond, toutefois désolé de retourner le couteau dans la plaie (pour moi aussi d’ailleurs) mais sur la forme il est tout simplement LEGAL pour la BNS (et consorts) de ‘voler’ les épargnants. Ce n’est pas ILLEGAL.

    C’est choquant, bla bla bla bla, mais trouvez-moi un politicien ou un parlementaire de poids qui est prêt à ferrailler contre la politique de la BNS … En coulisse, certainement vous trouverez des politiques qui sont ‘choqués’ par la situation, mais aucun n’osera et encore moins avec le soutien de son parti … Qui aurait le courage de couper la mamelle qui le nourrit (les bénéfices à se partager entre les cantons) ?

    En poussant le raisonnement plus loin, on peut dire que les cantons sont complices de la dépréciation de l’épargne en acceptant sans broncher d’encaisser les bénéfices de la BNS. Dans le fond, peu importe les moyens pour y parvenir, c’est pas leur problème.

    C’est là justement tout le problème. Impossible de remettre en cause le système parce qu’on a fait en sorte que la responsabilité soit diluée.

    Concernant l’intervention de la BNS sur l’EUR, j’ai entendu ce matin sur les infos de la RSR qu’en fait l’EURO s’est apprécié de lui-même suite aux multiples annonces de la BCE et Bruxelles de ‘plans d’aide’ et que la BNS n’y serait pas pour grand chose.

  • 22 juin 2020 à 8 h 19 min
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    On pensera ce que l’on veut de la BNS, mais si les politiciens ne lui font pas de reproches, c’est que le CHF reste fort et depuis très très longtemps, ce qui rend les importations bon marché. Cela tient à ce que les budgets publics sont raisonnables. Ce qui ne l’est pas – et ce qui fait de la Suisse un leader dans ce domaine – c’est la sur-dette dans le domaine hypothécaire. Et là encore, lorsque la BNS annonce une baisse des valeurs immobilières, comme elle l’a fait dans le passé, ses pronostics sont exacts. Nous avions critiqué le système suisse de prévoyance en ce sens que le marché suisse était bien trop étroit pour utiliser la masse d’épargne LPP et le marché étranger bien trop risqué pour externaliser ce type de placement. Et c’est bien ce qui s’est produit : la masse de capitaux LPP a été telle et la bourse est montée si haut avec des rendements si bas que les caisses, qui n’ont pas à assumer les même charges fiscales que les particuliers, se sont investies en masse sur l’immobilier, poussant la production bien au-delà des besoins. Si les particuliers ont continué à investir, c’est que les taux étaient exceptionnellement bas. Il est parfaitement clair aujourd’hui – je l’affirme parce que l’on a déjà vécu cela dans certaines crises antérieures à celle de 2009, que l’immobilier va subir un recul des valeurs que seul le taux négatif empêche pour l’instant de survenir. Tant que l’immobilier offre un rendement faible, mais plus ou moins égal à la bourse, il tient. Mais il suffit que des immeubles se vident ou ne trouvent pas preneur pour que le marché s’effondre. Ce qui provoque des appels à l’ajustement de la part des banques qui n’ont d’autre choix que de réduite leurs engagements si elle veulent être couvertes en cas de liquidation. De bonne affaires en perspectives : les premiers à acheter des belles positions à des prix cassé pourront être les premiers à réduire les loyers, ce qui leur garanti une situation ajustée. Cela se fait évidemment au détriment de celui qui est obligé de vendre. Mais c’est ainsi. C’est comme cela que les crises se résolvent. La BNS n’a pas beaucoup d’alternatives. Sauf à faire comme la Suède : verser des intérêts à ses emprunteurs. Mais là, on peut attendre longtemps….

  • 22 juin 2020 à 8 h 32 min
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    Et puis il ne faut pas oublier que les taux négatifs sont une instigation à investir dans tout ce qui passe. Ce qui explique la hausse de la bourse alors que la situation économique n’est pas brillante. Dans l’immobilier où il y a sur-offre. On pousse le détenteur de capitaux à placer de l’argent dans des objets surévalués. Ce qui compromet la stabilité de la valeur sur le long terme. Celle-ci peut parfaitement s’effondrer le jour où les taux sont à la hausse. Ceux qui prétendent que le jour où les taux augmenteront n’est pas arrivé se trompent. Cette hausse peut parfaitement survenir même en présence de masses de capitaux gigantesques (et du coup sans valeur). Il suffit que l’appréciation du risque, telle qu’elle est perçue par le marché, se modifie , et cu coup, le taux des crédits peut parfaitement monter, quel que soit le taux de référence de la BNS. L’alignement des taux du marché sur le taux de la BNS est d’ailleurs une exception historique. On voit bien, en regardant les banques, que ces taux n’intègrent pas la prime de risque qui seraient normalement raisonnable. C’est que dans ce domaine, les plus exposés, qui ont concurrencé les banques sur leur terrain, sont les assureurs qui se sont lancés dans le crédit. On craint de détenir des actions des banques, mais alors que dire de la détention des actions de sociétés d’assurance. Certes, elles savent lisser les opérations sur le long terme, mais lorsqu’elles l’ont déjà fait jusqu’au limites les plus extrême, alors ce sont bien elle qui sont assises sur une bombe.

  • 22 juin 2020 à 18 h 20 min
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    La fausse monnaie mène à la ruine et à la folie ce qui provoquera la révolte des peuples…

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