La BNS en position de faiblesse.

Voilà bien longtemps que je n’ai écrit sur la BNS et son bilan démesuré.

La publication, ce jour, des résultats de la BNS pour le premier trimestre 2020 m’a fait l’ effet d’une piqure de rappel.

LA BNS perd 38,2 milliards (UBS avait anticipé 30 milliards)

La BNS été déjà bien intervenue sur le marché des changes encore dernièrement

Voici le communiqué de la BNS

Décryptons les résultats

  • Perte de 41,2 milliards de francs, précise jeudi la BNS dans un communiqué.
  • Le stock d’or, resté inchangé, a généré une plus-value de 2,8 milliards grâce à la hausse des cours.
  • Les positions en francs ont dégagé un bénéfice de 0,3 milliard.
  • Concernant les positions en monnaies étrangères, le contexte boursier défavorable a entraîné des pertes de 31,9 milliards de francs sur les titres et instruments de participation et d’autre part des pertes de changes ont été enregistrées pour un montant total de 17,1 milliards.
  • Toutefois, le produit des intérêts et celui dividendes se sont inscrits à respectivement 2,1 milliards de francs et 0,7 milliard. Un gain de cours de 5,1 milliards a résulté des titres porteurs d’intérêts et des instruments sur taux d’intérêt. Concernant les positions en francs, le bénéfice de 0,3 milliard trouve son origine dans le prélèvement d’intérêt négatifs sur les avoirs en comptes de virement

Le bilan de la BNS se situe – au 31 mars 2020 -à 852 milliards de CHF, ce qui représente environ 120% du PIB (qui peut être estimé à 700 milliards à fin 2019)

Le poste qui a rapporté le plus se trouve être l’or alors qu’il ne représente plus que 6% du bilan (52 des 852 milliards). Les intérêts négatifs (merci à la BNS de se servir sur l’épargne (Caisse de Pension notamment)) ont rapporté 300 millions.

Ce qui m’inquiète plus, c’est que le PIB va littéralement s’effondrer avec le confinement actuel.

Il y a quelques jours Le Secrétariat à l’Economie (SECO) a communiqué une anticipation de chute du PIB de 170 milliards au maximum soit – 12%.

Si je me base sur ces chiffres, cela voudra dire un PIB de 616 milliards de CHF pour 2020.

Ce qui voudra effectivement dire que le bilan de la BNS passera à 138% du PIB

Voici, ci-dessous, une comparaison des bilans des grandes Banques Centrales

C’est l’histoire d’une grenouille qui…..

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13 réflexions au sujet de « La BNS en position de faiblesse. »

  • 23 avril 2020 à 17 h 35 min
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    @Crottaz : Bonjour, en tenant compte que la situation actuelle (Q1 2020) reste ‘exceptionnelle’, quelle(s) banque(s) centrale(s) fait mieux que la BNS en terme de stratégie sur le risque/résultat ? On se pose bien déjà cette question sur quels sont les pays qui s’en sortent mieux que les autres en terme de résultat sur le corona par rapport à d’autres …

    NB : si cela vous prend trop de temps, laissez tomber ma demande … Merci quand même.

  • 23 avril 2020 à 18 h 19 min
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    J’ai envie de dire : et alors ?

    Malgré la situation de la BNS, les investisseurs continuent à acheter du francs suisse et à le considérer comme une valeur refuge, au vu de la situation économique et la stabilité juridique et des institutions suisses.

    Je me fais volontairement un peu provocateur.
    Amicalement
    Patrice

  • 23 avril 2020 à 18 h 40 min
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    @Patrice Simon-Vermot : Bonjour, je ne pense pas que @Crottaz réponde la même chose que vous, si t’en est qu’il souhaite y répondre naturellement.

    Ma question est orientée non sur l’attractivité mais sur la meilleure performance. Je suis un non initié de la finance, je ne suis pas la bonne personne pour trouver l’élément de réponse.

    Oui le CHF est et continuera à être très recherché … Mais là, vous enfoncez une porte ouverte …

    “Remplacer le jugement par la curiosité.”

    Cordiales salutations,

  • 24 avril 2020 à 3 h 51 min
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    Première observation : Le stock d’or ? Quel stock d’or ? Au cours d’une conférence publique du directeur de la BNS, j’avais posé une question : “M. Le Président, où nos réserves d’or se situent-elles” ? Réponse : “en sécurité”. C’est un aveu ! car si elles se trouvaient en Suisse, on pourrait en vérifier l’existence effective. Nous avons probablement une créance en délivrance d’or contre le USA, lesquelles nous obéissent au doigt et à l’oeil, c’est bien connu. (Comme à l’Allemagne, qui a exercé sa créance en demandant la livraison physique et à laquelle fort Knox a répondu qu’il fallait étaler la livraison sur plusieurs années – le temps que les USA reconstituent cette réserve qu’ils avaient eux-mêmes “prêtée” à des banques américaine, lesquelles les avaient vendues en se couvrant de leur obligation de restitution au gouvernement avec des futures sur l’or, futures dont les débiteurs sont des sociétés bidons dont la prétendue surface est validée par des réviseurs fantoches). C’est dire que la croissance de la valeur de notre stock d’or est une croissance purement comptable, au moins partiellement. Seconde observation. La BNS ne peut faire que des pertes. C’est le pire établissement bancaire que l’on puisse imaginer. Il émet des CHF et puis les échange contre des monnaies plus faibles. Lorsqu’elle a des liquidités, la BNS les place indifféremment dans des entreprises qui marchent et qui ne marchent pas. En achetant le marché de façon non sélective, la BNS soutient des société dont la situation autrement devrait être assainie. Ainsi la BNS donne au marché une vision faussée de la valeur économique des sociétés. Troisième observation. Lorsque les pays verront que l’économie suisse – elle aussi – est fondée très largement sur des échanges possibles uniquement grâce à la globalisation (exportation en Chine des montres fabriquées en Suisse), comme l’Allemagne (produits Bosch fabriqués en Chine pour être distribués hors de Chine) et que le virus révèle la fragilité de ce système où la production ne se trouve pas sur le même marché que la consommation (entreprises internationales plutôt que transnationales – voir Charles Gave sur cette question), il pourrait y avoir un désengagement des capitaux libellés en CHF. Et alors, la BNS pourrait faire faillite, car elle n’aurait pas dans son bilan assez de devises pour lutter contre la baisse du franc suisse. C’est déjà arrivé en 2009 : la BNS avait dû emprunter des dollars aux USA pour racheter des CHF. Une remarque enfin : ce qui nous attend, c’est une hausse des coûts et une baisse de valeur. Telle est la conséquence de la récession économique qui se déroule sous nos yeux. La seule chose qui ne baissera pas c’est les impôts. J’ai plus de 65 ans, tout en étant actif. Alors que je suis confiné, l’administration de la TVA m’a dressé un procès-verbal de carence avec amende à la clé parce que je n’avais pas retourné à temps ma déclaration. Virus ? quel virus ? Morale de l’histoire : il faut détenir une part de son patrimoine en or physique. La seule valeur refuge réelle. Et les seuls pays à avoir constitué un stock considérable sont la Chine, la Russie. Mieux vaut avoir en compte des roubles que des euros.

  • 24 avril 2020 à 9 h 53 min
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    Juste une petite remarque. A mon grand étonnement (et plaisir) je vois que la BNS a réalisé une partie de son portefeuille action fin 2019. Dans le grand vacarme actuel il faut leur (ou plus exactement à BlackRock) donner ce credit…

    https://i.imgur.com/y5gDHo4.png

  • 24 avril 2020 à 15 h 09 min
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    > Prenez les milliards, il y en a assez pour tout le monde

    Effectivement à ce stade on peut se demander pourquoi lever des impôts ?
    Ceci dit malgré les explications réitérées sur la “stérilisation des interventions” des banques centrales je ne comprend toujours pas pourquoi on ne voit pas d’inflation significative …

  • 26 avril 2020 à 21 h 19 min
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    Merci @Yaroslav pour votre très intéressante contribution.

  • 26 avril 2020 à 22 h 29 min
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    Emettre de la monnaie dans une économie sans croissance revient à diluer la valeur de le monnaie détenue par les épargnants. Laquelle et, en plus, exposée à l’inflation (ce qui n’est pas la même chose). Ceci explique pourquoi il est préférable d’avoir des valeurs tangibles. En terme de liquidités, nous sommes dans une situation ou l’émission de monnaie importe peu aux banques centrales. Elles se fichent éperdument que cela diminue la valeur de l’épargne privée. Comme la banque centrale d’URSS à Moscou, en 1960. Non, le CHF n’est pas une valeur refuge. Mais elle est considérée comme telle par les ressortissants d’autres pays. Et c’est uniquement pour cela que le CHF tient le coup : on est moins mauvais que les autres. Lorsque j’étais jeune, en 1965, le ticket de bus coûtait CHF 0.60. Et le CHF valait 8000 anciens francs français. Il a valu soudain 80 CHF lorsque l’ancien FF a été remplacé par le NF. Des millions d’ouvriers se croyaient millionnaires et, soudain n’avaient plus que le 1 % de leur avoir scriptural sur leur carnet d’épargne. Pourtant, sous le Président Poincarré, 1 CHF = 1 FF = FB. Conclusion : il est préférable que la politique ne s’occupe pas de la monnaie et que la monnaie ne s’occupe pas de politique. Mais la tentation est trop grande et, avec de gens comme Greenspan ou Lagarde, la monnaie rejoint la politique sur son lit d’absurdités. La monnaie est une chose merveilleuse. En un instant, on dispose des fonds pour un opération. Mais le prix à payer est dissuasif.

  • 28 avril 2020 à 10 h 44 min
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    @AlexT

    « (…) je ne comprend toujours pas pourquoi on ne voit pas d’inflation significative … »

    Pour ma part, je pense que les milliards et billions imprimés depuis 10 maintenant par les BC ont servi à acheter des actions sur les marchés principaux (DOW, S&P, MSCI, NAS, SMI, DAX, FTSE, CAC .. etc) et donc, n’ont fait qu’enrichir des milliardaires qui détenaient déjà la majorité des ces capitaux boursiers.

    Alors si un multimillionnaire ou multi milliardaire a 1 ou 2 milliards en plus sur ses comptes en fin d’année, même si il achète 10 tours, 6 bateaux et 36 voitures, …. la grande majorité de ce « surplus » n’est pas dépensé, ne va pas dans le marché (commercial). Donc à part faire monter les prix de l’immobilier et des terrains au centre des grandes mégalopoles, ou le prix des œuvres d’art ou des voyages commerciaux dans l’espace, …. ca ne fera pas augmenter le prix des biens courants (à taille humaine), là ou les acheteurs sont de plus en plus rare (baisse du pouvoir d’achat, du revenu et du taux d’épargne)

    L’année dernière de mémoire, le patron fondateur de Zara a reçu 1.7 milliard rien qu’en dividendes et UNIQUEMENT SUR SA FORTUNE PERSONNELLE !!!!
    Comment voulez-vous dépenser tout cet argent !? En gros CHF 200’000 par heure ! Impossible

  • 28 avril 2020 à 11 h 19 min
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    @Seb

    “Pour ma part, je pense que les milliards et billions imprimés depuis 10 maintenant par les BC ont servi à acheter des actions sur les marchés principaux (DOW, S&P, MSCI, NAS, SMI, DAX, FTSE, CAC .. etc) et donc, n’ont fait qu’enrichir des milliardaires qui détenaient déjà la majorité des ces capitaux boursiers.”

    C’est aussi ce que j’ai pensé depuis le début, parce que ça semble logique, sans savoir pourtant si j’ai raison. Tout lien vers une opinion d’expert allant dans ce sens serait donc le bienvenu.

    Si bien que la politique interventionniste et keynésienne défendue surtout par la gauche (bon, par la droite aussi dans la plupart des pays) conduit à une augmentation de l’écart de fortune et de revenus entre les plus pauvres et les plus riches, combattue par la gauche, alors qu’une approche “autrichienne”, défendue par les économistes les plus libéraux, conduirait à préserver le pouvoir d’achat des employés à petits revenus et celui des retraités modestes.

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