Grexit ? Tous s’excitent !

Hier un documentaire de plus d’une heure sur RTS2 intitulé « Grèce: de la démocratie aux marchés »:

http://www.rts.ch/play/tv/histoire-vivante/video/grece-de-la-democratie-aux-marches?id=6901757

« L’Agora, dans l’Antiquité, représentait le centre névralgique de la cité. Aujourd’hui, en Grèce, ce mot semble avoir été vidé de son sens, le lieu étant devenu celui des transactions commerciales. Alors que le pays traverse une crise profonde, la population doit faire face au chômage, voire à la pauvreté. Chronique d’une effroyable détresse sociale. »

Les recherches internet des Grecs, reflet de leurs inquiétudes

http://www.rts.ch/info/sciences-tech/reperages-web/6903214-les-recherches-internet-des-grecs-reflet-de-leurs-inquietudes.html

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11 réflexions au sujet de « Grexit ? Tous s’excitent ! »

  • 30 juin 2015 à 11 h 36 min
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    J’ai regardé hier le documentaire de plus d’une heure sur RTS2 intitulé « Grèce: de la démocratie aux marchés »: http://www.rts.ch/play/tv/histoire-vivante/video/grece-de-la-democratie-aux-marches?id=6901757

    « L’Agora, dans l’Antiquité, représentait le centre névralgique de la cité. Aujourd’hui, en Grèce, ce mot semble avoir été vidé de son sens, le lieu étant devenu celui des transactions commerciales. Alors que le pays traverse une crise profonde, la population doit faire face au chômage, voire à la pauvreté. Chronique d’une effroyable détresse sociale. »

    Dans ce reportage on parle du travail dit « scientifique » de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff publié en 2009 un ouvrage très documenté « This Time Is Different – Eight Centuries of Financial Follies » qui a été modifié qu’après 2010 prétendant que la barre symbolique de 90% d’endettement par rapport au PIB entraînerait un ralentissement de la croissance et une grave récession et cette théorie a été reprise sans aucun discernement par toute la classe politique européenne et « atlantiste », gobant sans aucun recul ou critique scientifique ce que les deux chercheurs de Harvard prétendaient dans cet ouvrage. Des chercheurs de l’université du Massachusetts devaient invalider un peu tardivement cette étude qui aurait eu un « bug » (savamment orchestré par les banques spéculatives américaines ?) de lecture d’un fichier Excel! Ça semble énooorme comme erreur !! Quelle arnaque intellectuelle et manipulation typique américaine pour affaiblir l’Europe, ce que l’Amérique a réussi à faire merveilleusement en imposant l’idée de l’austérité aux pays de la Zone Euro et de l’Union européenne.

    Car le GREXIT n’est pas seulement un problème purement comptable, mais un problème TRES politique: Garder l’alliance atlantique et l’OTAN intacts, car l’ennemi est la Russie depuis 1945 malgré la chute du communisme en 1989. Si la BCE, le FMI et les technocrates de Bruxelles, Allemagne et France en tête, insistent tellement à garder la Grèce dans l’Union Européenne c’est pour garder intact l’impérialisme américain même si les peuples européens doivent en souffrir très longtemps et totalement vassalisés à la spéculation et aux multinationales américaines!

    Tous les « Me(r)dias » font leur maximum pour dénigrer Syriza et ses dirigeants en reprenant en cœur les insultes et les dénigrements des politiques inféodés aux USA comme « des enfants »(Christine La Garde du FMI), Mario Draghi et les technocrates de Bruxelles, qui tous habillement confondent allègrement Zone Euro avec Union Européenne et Europe géographique! Donc malgré l’aberration de continuer à garder la Grèce dans la Zone Euro, ils continueront à le faire malgré les coûts exorbitants pour les contribuables de la Zone Euro, pas seulement pour les grecs!

    On dénigre les politiques grecs, le peuple grec (en le traitant de peuple de paresseux, d’arnaqueurs, etc.!).

    Et pourtant plus personne ne parle de la Grèce en 1987: « A l’appel de la Confédération syndicale hellénique les Grecs sont dans la rue et clament leur colère: le plan d’austérité appliqué par le gouvernement socialiste, qui leur vaut depuis une année un blocage des salaires, met à mal leur pouvoir d’achat. Dévaluation de la drachme, inflation, manque chronique de capitaux dans un pays beaucoup trop dépendant de l’étranger, c’est la fin de l’état de grâce pour les socialistes. La stabilisation de la situation financière de la Grèce devra passer par une réforme des structures économiques du pays. »

    Voir le reportage ici: http://www.rts.ch/archives/tv/information/tele-journal/6902914-crise-grecque.html

    Cette crise est le 3e « remake » grec, car la Grèce du roi Constantin, de Papadopoulos, puis sa chute sont des crises toutes orchestrées par les Etats-Unis… depuis l’entrée de la Grèce dans l’OTAN en 1952. C’est là qu’il faut chercher l’entêtement des technocrates européens à garder la Grèce dans la Zone Euro. Pas ailleurs. Ce pays se portera nettement mieux quand il instaurera à nouveau sa monnaie nationale et aura dévalué la drachme de 50%. Les investisseurs grecs gagneront beaucoup d’argent en vendant leurs euros contre des drachmes pour redresser l’économie grecque! On verra la suite…

  • 30 juin 2015 à 11 h 50 min
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    Rogoff est un sbire du FMI. Il prône d’ailleurs la suppression du cash.
    Paraît il que les Ricains sont très en colère contre les Grecs dont ils lorgnaient les 130 tonnes d’or.

  • 30 juin 2015 à 12 h 56 min
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    milou, Kenneth Rogoff n’est pas seulement un sbire du FMI mais aussi du comité consultatif de la FED de New York. Il siège dans le “Council on Foreign Relations”, le plus important think tank américain, ayant pour but d’analyser la politique étrangère des Etats-Unis et la situation politique mondiale, directement lié à l’espionnage économique(voir la NSA qui écoutait Bercy et les ministres français de l’économie pour les contrats supérieurs à 200 Mio de $) et dont le programme n’est autre que la mise en place des “International Institutions and Global Governance” au mépris de tout ce que veulent les politiques élus par les peuples! Et ce programme existe depuis 1945! La cotisation annuelle de cette organisation crapuleuse est de 30’000 $ !

    Et ce n’est pas fini: Kenneth Rogoff est connu pour son conflit avec Joseph Stiglitz, le prix Nobel, qui critiquait son attitude au sein du FMI comme économiste en chef et ancien chef économiste de la Banque Mondiale! Pour les français, sachez que la plupart de ses articles et des “conneries” qu’il écrit est repris sans réserve par le quotidien français “Les Echos”!

    Rogoff a aussi reçu le prix d’honneur “summa cum laude”(= en latin “avec le plus grand honneur”) de Yale University en 1975(Les armoiries de l’Université de Yale, sont un bouclier avec un livre portant la phrase en hébreu אורים ותמים (Urim V’Tamim = oracle), datant du début du XVIIIe siècle: http://images1.villagevoice.com/imager/u/original/6681493/yale_seal.gif), puis grand Maître d’échecs, premier échiquier de l’équipe des Etats-Unis et diplômé PhD 1980 du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et professeur d’économie à Harvard depuis 2004. On sait sans aucun secret à quel point ces universités et cet institut sont liés directement avec le lobby industriel et militaire américains ainsi qu’aux services d’espionnages préoccupés depuis la fin de la guerre froide à recycler les espions(dont les scientifiques sont un important vivier) dans l’espionnage économique pour la suprématie des Etats-Unis dans tous les domaines.

    Pour celles et ceux qui ne savent pas ce qu’est un “oracle” voilà les définitions:

    1. Historique: Réponse d’une divinité à la personne qui la consulte.

    “Il était allé à Cumes sur les lieux où la Sibylle rendait ses oracles” (Barrès,Cahiers,t.12, 1920, p.312): “Nicias monte à la tribune et déclare que ses prêtres et son devin annoncent des présages qui s’opposent à l’expédition. Il est vrai qu’Alcibiade a d’autres devins qui débitent des oracles en sens contraire (…). Surviennent des hommes qui arrivent d’Egypte; ils ont consulté le dieu d’Ammon (…) et ils en rapportent cet oracle: les Athéniens prendront tous les Syracusains.” Fustel de Coul., Cité antique, 1864, p.280.

    C’est de l’Oracle de Delphes que Socrate lui-même a recueilli le célèbre précepte: «Connais-toi toi-même», et l’Oracle n’enseignait pas la philosophie (Gilson, Espr. philos. médiév., 1932, p.2).

    2. Origine religieuse judéo-chrétienne: Parole de Dieu, de ses prophètes.

    “Il avait les audaces d’images, les éclairs, les retentissements des oracles de Jéhovah” (Lamart., Confid., 1851, p.295).

    C’est aussi une “parole divinatoire inspirée par une puissance supérieure, propice ou néfaste.” [Macbeth] ou “apprend que l’oracle des sorcières s’est accompli” (Staël, Corinne, t.2, 1807, p.75) – “D’autres peuplades essayent d’exploiter les esprits (…). On s’efforce parfois de leur tirer quelques oracles” (Valéry, Variété III, 1936, p.191).

    Quant à Carmen Reinhart, de son vrai nom Carmen Castellanos, née à la Havane en 1955, émigrée avec sa famille 4 ans avant l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir en 1959, elle a obtenu un PhD à l’Université de Columbia(Université dont on connaît son rôle raciste anti-noirs dans les manifestations de 1968… et grande collaboratrice du Pentagone; Warren Buffet en était un des étudiants…) a travaillé aussi au FMI après un passage chez Bear Stearns, puis professeur à l’Université du Maryland(Université travaillant pour la NASA, le NIH et le département de la sécurité intérieure et le NIST (National Institute of Standards and Technology), et elle siège évidemment elle aussi comme par hasard au “Council on Foreign Relations”.

    Bref, du beau monde dont la première préoccupation est la Démocratie…

  • 3 juillet 2015 à 14 h 45 min
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    Le référendum du 5 juillet invite le peuple grec à se prononcer sur le programme requis par l’Euro group. La question est la suivante :
    “Acceptez-vous le projet d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International lors de l’Euro groupe du 25 juin 2015 et composé de deux parties, qui constitue leur proposition unifiée? ”

    1er document: “Réformes pour la réussite du programme actuel et au-delà.”
    2e document: “Analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette.”

    En clair, acceptez-vous OUI/NAI ou NON/OXI le projet? Le problème est de savoir si chaque citoyen grec connaît ces documents, a accès à ces documents (ici en anglais sur le site de l’UE: http://ec.europa.eu/news/2015/06/20150628_fr.htm ) ou aura suffisamment d’argent pour se déplacer pour voter. Car le citoyen grec doit voter là où il est inscrit et non là où il habite.

    Tous ces éléments font que les résultats risquent de ne pas vraiment représenter l’opinion réelle des grecs et risque d’élever le pourcentage d’abstentionnisme.

    En résumé ce que dit ce programme:
    1. La réforme de la TVA
    2. La réforme de la législation fiscale
    3. La libéralisation de tout le marché, de tous les produits, de tous les services et de tous les métiers.
    4. La privatisation de tous les secteurs et entités encore en mains de l’Etat.
    5. La transformation de l’administration publique en entités autonomes selon le modèle cher à Bruxelles. (cf. l’exemple suisse dans l’article: « Comment démembrer et privatiser un Etat? »)
    6. La restructuration du système des retraites

    On voit que l’enjeu est la PRIVATISATION de tous les services: Chemins de fer, aéroports, hôpitaux, télécommunications, ports, centres de formation, secteur électrique, gaz, etc.

    La conséquence? Baisse des revenus de l’Etat. Le gouvernement grec devra au plus vite vendre tous les biens publics…. à une société anonyme (propriété de l’Etat? Vraiment?) appelée HRADF (=Hellenic Republic Asset Development Fundest) dont les responsables de son comité ne seront autres que le les observateurs de l’Euro zone et de la Commission européenne… choisis par la Troïka! Ici la liste: https://lilianeheldkhawam.files.wordpress.com/2015/07/privatiser-grece.png

    En fait, peu importe le résultat du référendum, car dans les deux cas le résultat sera le même pour le gouvernement Tsipras:

    1. Il n’a pas dénoncé cette dette injuste dans les faits. Il admet que le pays la doit ainsi que ses charges.
    2. Il n’a pas dénoncé la politique partiale privée de la Banque centrale qu’il devrait nationaliser.
    3. Il admet la privatisation de biens publics que le résultat soit oui ou non le 5 juillet puisque les 2 textes en présence la prévoient.
    4. Il n’a pas dénoncé la création monétaire scripturale injuste et illégitime des banques commerciales qui fausse le fonctionnement économique et financier du pays.

    Source: Les enjeux du référendum grec du 5 juillet, par Liliane Held-khawam: https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2015/07/03/les-enjeux-du-referendum-grec-du-5-juillet-liliane-held-khawam/

  • 6 juillet 2015 à 8 h 23 min
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    Sommé de partir, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis annonce sa démission: http://www.letemps.ch/Page/Uuid/847207aa-23a2-11e5-9a9f-be4265bf5f16/Somm%C3%A9_de_partir_le_ministre_grec_des_Finances_Yanis_Varoufakis_annonce_sa_d%C3%A9mission

    Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a annoncé lundi sa démission au lendemain de la victoire du non au référendum sur les propositions des créanciers d’Athènes.

    Le ministre des finances grec Yanis Varoufakis a annoncé sa démission lundi matin au lendemain du référendum en Grèce, où le non au plan d’austérité des créanciers de la Grèce l’a largement remporté. Avant le scrutin, le ministre avait mis son poste en jeu mais uniquement en cas de victoire du oui au référendum.

    «Peu de temps après l’annonce des résultats du référendum, on m’a informé d’une certaine préférence de certains membres de l’Eurogroupe, et de +partenaires+ associés, (…) pour mon +absence+ des réunions; une idée que le Premier ministre (Alexis Tsipras) a jugé potentiellement utile à l’obtention d’un accord. Pour cette raison je quitte le ministère des Finances aujourd’hui», a-t-il expliqué sur son blog.

    Selon lui, «la valeur» du résultat du référendum, qui a vu le non l’emporter à 61,31%, est «importante», «comme (celle de) tous les combats pour les droits démocratiques».

    «La grande légitimité apportée à notre gouvernement» doit être «investie immédiatement dans un OUI à une solution adéquate», a-t-il ajouté, appelant à un accord comprenant «une restructuration de la dette, moins d’austérité, une redistribution en faveur des plus démunis, et de vraies réformes».

    «Je porterai le dégoût des créanciers avec fierté», a dit Yanis Varoufakis, habitué des sorties publiques.

  • 6 juillet 2015 à 8 h 30 min
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    Voilà ce qu’écrit Yanis Varoufakis sur sn blog à propos de sa démission “forcée” voulue par certains de l’Euro Group: http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/06/minister-no-more/

    Minister No More!

    Posted on July 6, 2015 by yanisv

    The referendum of 5th July will stay in history as a unique moment when a small European nation rose up against debt-bondage.

    Like all struggles for democratic rights, so too this historic rejection of the Eurogroup’s 25th June ultimatum comes with a large price tag attached. It is, therefore, essential that the great capital bestowed upon our government by the splendid NO vote be invested immediately into a YES to a proper resolution – to an agreement that involves debt restructuring, less austerity, redistribution in favour of the needy, and real reforms.

    Soon after the announcement of the referendum results, I was made aware of a certain preference by some Eurogroup participants, and assorted ‘partners’, for my… ‘absence’ from its meetings; an idea that the Prime Minister judged to be potentially helpful to him in reaching an agreement. For this reason I am leaving the Ministry of Finance today.

    I consider it my duty to help Alexis Tsipras exploit, as he sees fit, the capital that the Greek people granted us through yesterday’s referendum.

    And I shall wear the creditors’ loathing with pride.

    We of the Left know how to act collectively with no care for the privileges of office. I shall support fully Prime Minister Tsipras, the new Minister of Finance, and our government.

    The superhuman effort to honour the brave people of Greece, and the famous OXI (NO) that they granted to democrats the world over, is just beginning.

  • 7 juillet 2015 à 9 h 47 min
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    Parfois il est bon de lire quelques médias hors du système “main stream” européo-atlantiste et les salades diffusées dans la presse franco-allemande reprises par les presses pro-Union Européenne, comme la majorité des médias suisses.

    Voici un article du Courrier des Balkans du 2 juillet 2015: http://www.courrierdesbalkans.fr/articles/grece.html

    Grèce : « le référendum s’imposait comme une évidence démocratique »
    Courrier des Balkans | De notre correspondant à Athènes | jeudi 2 juillet 2015

    Faute d’accord politique, le référendum était nécessaire, et la Grèce est prête dès lundi à revenir à la table des négociations. Quelle Europe veut-on ? Une Europe sociale ou bien l’Europe de l’austérité et du néolibéralisme ? Les explication de Geórgios Katroúgalos, ministre de la Réforme administrative du gouvernement Tsipras.
    Propos recueillis par Pavlos Kapantais

    Professeur de droit constitutionnel et avocat, Geórgios Katroúgalos est ministre de la Réforme administrative du gouvernement d’Alexis Tsipras.
    Le Courrier des Balkans (CdB.) : Vendredi dernier, lors de la réunion de l’Eurogroupe, les ministres des Finances disaient que l’on était proches d’un accord. Pourquoi avoir choisi le référendum si un accord était à portée de main ?
    Geórgios Katroúgalos (G.K.) : Nous n’étions pas proches du tout d’un accord. Par exemple, la dernière proposition des créanciers nous interdisait même de rétablir les conventions collectives ! Pourtant, elles font partie des acquis européens… Tout cela est évidemment motivé par des raisons politiques, et pas du tout économiques. Au final, la question qui se pose est de savoir si nous voulons une Europe sociale ou une Europe de l’austérité et du néolibéralisme.
    CdB. : L’idée d’un référendum était discutée à l’intérieur du parti déjà bien avant son arrivée au pouvoir. Comment et pourquoi a-t-il finalement été décidé de le convoquer pour le 5 juillet ?
    G.K. : Depuis février, ma position personnelle n’a pas changé : en cas d’accord, un référendum était inutile. Mais sans accord, le référendum est nécessaire. Par conséquent, une fois que nous avons reçu un ultimatum de la part de nos créanciers, le référendum s’est imposé comme une évidence. Il faut savoir que l’accord proposé était très loin de nos positions et du mandat que nous avons reçu lors des élections du 25 janvier. Nous avons donc besoin que le peuple tranche. Par ailleurs, plus le gouvernement se montrait conciliant et faisait des concessions, plus les créanciers reculaient et remettaient sur la table des éléments qui ne faisaient pas partie des négociations. Comme l’a justement écrit l’économiste américain Paul Krugman, les créanciers n’ont pas arrêté de changer les règles du jeu.
    CdB. : Le FMI aurait-il pu accepter un plan qui n’incluait pas un effacement de la dette ?
    G.K. : Toutes nos propositions partaient du même principe : si nous avons proposé des mesures qui allaient contre notre philosophie et notre ligne politique, c’était parce que, pour nous, tout accord devait s’accompagner d’une résolution de la question de solvabilité de la dette, qui est essentielle pour l’avenir du pays…
    C.d.B. : Etiez-vous conscients que l’effacement de la dette n’était pas d’actualité pour les autres pays européens ?
    G.K. : Une partie de Syriza considérait en effet que cela n’était pas possible, mais le Premier ministre et l’équipe de négociations pensaient que c’était malgré tout réalisable.
    C.d.B. : Au-delà du respect de la volonté populaire, quel est le but du référendum ?
    G.K. Pour nous, il est en continuité avec la négociation. Nos créanciers nous mettent la pression et essaient d’annuler le référendum. Or, tant que le peuple résiste et reste avec nous, nous pouvons continuer d’espérer que l’issue du processus de négociation sera au final bénéfique pour le pays et son économie.
    CdB. : Comment en est-on arrivé à la fermeture des banques et au contrôle des capitaux ?
    G.K. : Il s’agit là d’une décision nécessaire dû au manque de liquidités, ce qui est le résultat direct de la décision de la BCE de ne pas relever le plafond de l’Emergency Liquidity Assistance (ELA) Les créanciers du pays veulent créer un climat de peur pour peser sur le résultat du référendum.
    CdB. : Croyez-vous qu’ils réussiront ? Quel est votre pronostic concernant l’issue du référendum ?
    G.K. : Je suis très optimiste. Le peuple grec est fier et digne. Il ne va pas accepter de se suicider uniquement par ce qu’on tente de lui faire peur. Je suis sûr que nous aurons une victoire nette du non.
    C.d.B. : Finalement, un compromis n’aurait-il pas été meilleur que le saut actuel vers l’inconnu ?
    G.K. : C’est ce que nous avons essayé de faire, de toutes nos forces. Si vous regardez nos propositions, il y a toute une série de mesures très difficiles qui vont même, en partie, contre nos principes… Nous avons fait toutes ces concessions pour trouver non seulement un accord, mais aussi une solution permanente qui contiendrait tant un allègement de la dette que des mesures pour favoriser la croissance et remettre ainsi l’économie du pays sur de bons rails. Cependant, la dette n’a pas été discutée, non plus que les mesures pour soutenir la croissance. Par conséquent, il nous était impossible d’accepter une simple extension des plans actuels et de leur logique, en laissant la société et l’économie sur la spirale mortelle qui les entraîne depuis cinq ans.
    C.d.B. : Si le non l’emporte, que se passera-t-il le 6 juillet ?
    G.K. : Dans l’histoire de l’Union européenne, quand la voix d’un peuple s’exprime par référendum, elle est toujours entendue. Que ce soit en Irlande, en France ou au Danemark. Nous attendons donc le 6 juillet avec optimisme, et on recommencera ensuite à négocier…
    C.d.B. : Vous êtes donc prêts à revenir à la table des négociations avec les Européens ?
    G.K. : Nous sommes prêts à revenir à la table des négociations, mais nous ne sommes pas prêts à nous rendre comme des bêtes que l’on conduit à l’abattoir.

  • 8 juillet 2015 à 14 h 19 min
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    Les coupables impunis de la crise grecque:
    Le quotidien kémaliste Cumhuriyet rappelle que la Grèce n’est pas la seule responsable de la crise actuelle.

    Qui demandera des comptes aux banques françaises et allemandes, lesquelles ont accordé aux banques grecques des crédits à des taux trop élevés, et donc impossibles à rembourser? Des crédits qui ont servi aux Grecs pour acheter des marchandises aux grands pays de l’UE.

    Ce système, dont profitent les entreprises allemandes actives en Grèce mais aussi dans tous les coins de l’Europe, et qui ont fait du pays le champion du monde des exportations, sera-t-il jamais remis en cause? Personne pour s’opposer à des allemands qui ont pu se relever du désastre de la Seconde Guerre mondiale sans avoir à régler la majeure partie de leurs dettes?

    De la même façon, personne ne s’en prend aux banques américaines, qui, en créant la bulle immobilière de 2008, ont été à l’origine de la crise financière et ont en plus été secourues. Personne ne remet non plus en question les technocrates bruxellois.

    Ici le lien de l’article de Ceyda Karan, journaliste du Cumhuriyet: http://www.cumhuriyet.com.tr/koseyazisi/316531/Avrupa_nin_hesapsizligi.html#

  • 8 juillet 2015 à 17 h 12 min
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    Selon le Sénat français(plus exactement par le Sénateur de la Côte-d’Or, membre de la Commission des Finances, Conseiller municipal de Dijon, Alain Houpert de la Commission des Finances), l’Euro-système est exposé à un risque de 118 milliards d’€uros en cas de défaut grec:

    – L’Euro-système aide également la Grèce par le biais du mécanisme de liquidité d’urgence (ELA = Emergency Liquidity Assistance), qui apporte des fonds aux banques commerciales grecques dont l’accès au marché interbancaire est limité.

    – L’Euro-système a accumulé les créances sur la Banque de Grèce à travers le système de paiememnt TARGET2. Selon les états financiers de la Banque de Grèce publiés le 31 mai 2015, cette dette atteignait à cette date 100,3 milliards d’€uros.

    – Au total, l’€uro-système est donc “exposé” à un éventuel défaut grec à hauteur d’environ 118,4 milliards d’€uros.
    – En novembre 2012, les Etats de la Zone Euro se sont engagés à rétrocéder à la Grèce les revenus perçus par les banques centrales nationales sur les titres obligataires grecs; les montants ainsi rétrocédés représenteraient 13,9 milliards d’€uros sur la période 2012-2015.

    Conclusions? Attendre encore et encore avant de “restructurer” la dette grecque ou l’annuler? Dans les deux cas qui va payer sinon le contribuable européen?

  • 8 juillet 2015 à 20 h 03 min
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    Les principaux médias grecs ont publié les résultats d’un sondage soi-disant réalisé par l’institut Greek public opinion (GPO), sondage largement repris par les médias “Mean Stream” occidentaux spécifiant que 75,7% des Grecs interrogés ont répondu «oui» ou «plutôt oui» à la question de savoir si la Grèce devait rester «à tout prix dans la zone euro».

    Le 1er juillet d’autres sondages ont été effectués par le même institut et prévoyaient le “oui” au référendum grec. On connaît le résultat, mais qui sait que ces sondages étaient tous faux et que l’institut GPO même devait dénoncer la publication de ces sondages et déclarait qu’il n’avait rien à voir avec ces études ?!!

    Donc, j’en viens à me demander si l’apophtegme du “75,7% des grecs veulent rester dans la Zone Euro[…] ” est vrai ou faux.

    Dans le journal iefimerida du 16.06.2015, les chiffres et les questions du GPO sont légèrement différentes… : Ici le lien pour l’article en grec: http://www.iefimerida.gr/news/212087/gpo-562-nai-se-epodyni-symfonia-kai-eyro

    Résultats détaillés du sondage :

    Cela fait 4,5 mois que les élections sont passées, sans accord conclu; estimez-vous comme responsable principal de cette situation le gouvernement grec ou nos partenaires-créditeurs ?
    • Le gouvernement grec : 37,4 %
    • Nos partenaires-créditeurs : 56,3 %
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 6,3 %

    Etes-vous d’accord ou en désaccord avec la stratégie poursuivie par le gouvernement à négocier avec nos partenaires ?
    • Je suis d’accord et plutôt d’accord : 54,3 %
    • Je suis en désaccord & plutôt en désaccord : 43,8 %
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 1,9 %

    Ne pensez-vous pas que l’affaire se terminera par :
    • Rupture entre la Grèce et les prêteurs : 8,3 %
    • Compromis avec les retraites principalement en Grèce : 67,8 %
    • Transiger avec les prêteurs dans le domaine des retraites : 19,4 %
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 4,5 %

    Dans le cas d’une impasse dans les négociations avec nos prêteurs pensez-vous que :
    • Vous devez conserver le même gouvernement : 41,1 %
    • Former un autre gouvernement de cette Assemblée : 29,9 %
    • Décider de nouvelles élections parlementaires : 19,3 %
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 3,5 %

    Si l’option pour la Grèce est soit:
    a) un mauvais deal consacré aux mesures d’austérité et rester dans l’euro ou
    b) faillite et sortie de l’euro, que choisiriez-vous ?
    • Un mauvais deal aux mesures d’austérité et rester dans l’euro : 56,2 %
    • Faillite et laisser l’euro : 35,4 %
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 8,4 %

    La même question posées aux électeurs SYRIZA et de répondre :
    • Un mauvais deal aux mesures d’austérité et de rester dans l’euro : 43,3 %
    • Faillite et laisser l’euro : 45,6 %
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 11,1 %

    Ne pensez-vous pas que les membres du SYRIZA, qui peuvent entrer en conflit avec l’accord pouvant entraîner la chute du gouvernement, seront prêts à revoter à la chambre ou pas ?
    • Oui & plutôt Oui : 67,9 %
    • Non & probablement pas : 27,7 %
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 4,4 %

    Ne pensez-vous pas que notre pays doit rester à tout prix dans la zone euro ?
    • Oui et je suppose que oui : 69,7 % (c’était 80,3 % au 19/01/2015)
    • Non & probablement pas : 28,9 % (c’était 17,2 %)
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 1,5 % (c’était 2,5 %)

    La même question aux électeurs SYRIZA de répondre :
    • Oui et plutôt Oui : 55,9 %
    • Non & probablement pas : 41,8 %
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 2.3 %

    Pensez-vous que le risque de la Grèce de sortir de la zone euro, est définitive ?
    • Oui et je suppose que oui : 28,4 % (c’était 40,7 % le 19/01/2015)
    • Non & probablement pas : 68,1 % (55 %)
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 1,5 % (de 4,3 %)

    S’il y avait un référendum sur la question « euro ou monnaie nationale », vous allez voter pour ?
    • Sans doute plutôt l’euro : 68,5 %
    • Sans doute plutôt la monnaie nationale : 27,6 %
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 3,9 %

    La même question aux électeurs SYRIZA de répondre :
    • Sans doute plutôt l’euro : 53,8 %
    • Sans doute plutôt la monnaie nationale : 39,5 %
    • Je ne sais pas/pas de réponse : 6,7 %

    Πηγή: GPO: 56,2% «ναι» σε επώδυνη συμφωνία και ευρώ | iefimerida.gr http://www.iefimerida.gr/news/212087/gpo-562-nai-se-epodyni-symfonia-kai-eyro#ixzz3fK3gmByE

    On peut voir que les chiffres sont bien différents et plus nuancés.

    J’ai essayé de trouver ce fameux institut de sondage GPO et je ne l’ai pas trouvé! De plus je n’ai trouvé aucun détail sur comment ont été faits les analyses.

    Conclusion: Que penser? Les “Me(r)dias” nous racontent des vérités ou nous mènent en bateau? Je pencherai plutôt pour le “bateau”… 🙂

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