Weimar, hyperinflation, billets

Un très bon ami m’a rapporté des billets de banques et vous savez quoi ! Je suis multimillionnaire (merci à lui de sa générosité).

je vous le donne en millions: 35 Millions de Reich Marks  !!

Demain j’arrête !

Hyperinflation around the globe: hyperinflation around the globe

Entre déflation et hyperinflation, je préfère le premier !

mais au cas où, voici:

le mode d’emploi en cas d’hyperinflation: HyperinflationSurvivalGuide

et Gerald.Swanson.-.The.hyperinflation.survival.guide.[88pp.scan.OCR]

 

Allez je vous laisse je dois me dépêcher de dépenser ces millions avant qu’il ne valent plus rien. Ah zut c’est déjà le cas !

 

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La ville de Lausanne se finance à bon compte sur les marchés (pour combien de temps ?)

La ville de Lausanne vient de lancer un nouvel emprunt pour CHF 100 mios avec échéance en 2022. Le prix d’émission est de 100.91% et le coupon offert de 1.625%.

Ville de Lausanne 2011-2022 Prospectus EC (prospectus avec les comptes de la ville de Lausanne d’autres informations comme la rémunération du syndic (maire) etc.)

En voilà une excellente nouvelle !

Pour qui ?

Pour l’émetteur, car il ne paie qu’un intérêt minime (de peu supérieur à celui du marché) pour financer son train de vie.

Le taux du marché avoisine 0.9% annuel pour un emprunt à cette échéance en CHF. Avec un prix d’émission au-dessus du pair (100.91%), le rendement à servir est à peine de plus de 1.5% annuel pour emprunter.

Question: Est-ce un intérêt normal ?

Deux réponses me viennent à l’esprit:

  1. Oui si des acquéreurs sont d’accord de prêter de l’argent à la ville de Lausanne en contrepartie d’un rendement si faible (et je ne tiens pas compte des impôts sur le revenus du coupon !)
  2. Non si on regarde de plus près les comptes (bilan) de la ville de Lausanne (Sans rating officiel, mais qu’on estime proche de A+)

Démonstration:

Découvert au bilan de la Ville 265 mios de CHF

Garantie pour les rentes futures (retraites, 2ème pilier = promesses) 736 mios de CHF (Hors Bilan) et 329 mios de CHF de cautionnement /garanties

Cerise sur le gâteau, la dette de la ville de Lausanne s’élève (attention roulement de tambour…..) à 2,24 milliards de CHF soit 2’240 mios de CHF, plus élevée que le canton dont elle est le chef lieu !!

L’évolution du canton de Vaud se situe sur la voie du désendettement (c’est possible !!! malgré la période actuelle)

Si l’histoire doit nous servir de guide…….

merci à la personne (qui se reconnaîtra) de m’avoir suggéré cet article lors d’un repas fort agréable et qui m’écrit aussi:

  • Il n’y a pas de garantie du Canton et il me semble que ce dernier devrait exercer sinon un devoir d’ingérence du moins un devoir de surveillance.
  • L’écart par rapport au prix du marché (bien que de plus de ½ %) est insuffisant pour couvrir le risque.
  • On se demande souvent comment la Grèce a pu s’endetter à un point tel. Nous en avons une démonstration in vivo et l’on voit que les mêmes erreurs peuvent se produire en Suisse, sous nos yeux.
  • Rien ne dit que Lausanne ne sera pas attaquée par des hedge funds comme la Grèce l’a été.
  • L’emprunt inclut les clauses habituelles, plus une clause d’exigibilité immédiate si l’émetteur est mis partiellement ou totalement sous administration forcée ou sous assistance

 

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La BNS devra rendre des comptes

J’avais parlé de la possibilité de fixer un plancher de cours pour l’euro à 1,20 ou d’arrimer le franc suisse à l’euro.

Ce matin la BNS a donc tranché en faveur du plancher à 1,20 à défendre coûte que coûte avec selon le communiqué tous les moyens nécessaires et illimités.

Voici le communiqué de la BNS: BNS communique pre_20110906.fr

Et la presse, les syndicats applaudissent à tout rompre, le commun des mortels qui ne s’y intéresse pas croît que les décisions sont de toute manière prises par des gens qui “savent ce qu’ils font” et moi je pleure (heureusement je ne suis pas le seul dans cet état).

Par chance mon blog est un espace de liberté et après avoir réfléchi, analysé cette décision, il me vient des idées, des conclusions et une prise de position. Exceptionnellement les commentaires sont ouverts, car le sujet est important (pour autant qu’ils concernent le sujet).

Je suis fâché, oui vous avez lu, je suis fâché.

Désormais, la Suisse au travers de la BNS acquiert de l’euro jusqu’à 1.20.

Croyez vous que l’euro va remonter à 1.4, voire 1.60?

En ce qui me concerne, je n’y crois pas, car la mise en place d’un plancher va créer une nouveau sport: L’arbitrage devise Euro/CHF, à savoir que dans le marché il y a une donnée certaine: La BNS vous rachète votre euro à 1,2 quoiqu’il arrive !

Toutes les idées se bousculent dans ma tête et je vous les livre en bloc.

  1. Que va-t-il se passer si la zone euro explose et que l’euro s’écroule ?  Ou si l’Allemagne sort de l’euro, ou si les pays de la zone euro font faillite. La BNS va-t-elle acheter de l’euro comme une folle et va faire s’écrouler le franc suisse de concert ? Il va dès lors falloir rendre des comptes aux citoyens suisses et leur expliquer pourquoi la BNS est en faillite ou en difficulté. Je tiens à faire remarquer que la BNS est une S.A. dont les actionnaires sont les cantons pour 1/3, les banques cantonales pour 1/3 et les particuliers pour 1/3. La confédération n’est pas actionnaire. En conséquence, il faudra – en cas de gros problèmes – que les actionnaires passent à la caisse et très certainement les contribuables. (ici mon article: “N’est pas la FED qui veut !”). Les grands argentiers des cantons vont devoir se préparer à avoir un sacré trou dans leurs budgets, eux qui se plaignent déjà de ne probablement plus recevoir le dividende de la BNS qu’ils considèrent comme acquis: (relire mon article: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=6446)
  2. Les nations qui ont essayé de défendre leurs monnaies ont lamentablement échoué! L’Angleterre et sa livre (attaquée) :1992 George Soros fait chuter la livre et l’Argentine et sa parité avec le USD:  crise Argentine (SI L’HISTOIRE DOIT NOUS SERVIR DE GUIDE…)
  3. Finalement en achetant de l’euro à tour de bras (on a vu le succès de la BNS depuis 1,43 euros…) on renfloue la Grèce et la zone euro. Nous sommes en train d’acheter des dettes pourries ! Est-ce vraiment légal ? Ne doit-on pas demander au peuple ce qu’il en pense ?
  4. La BNS a pris cette décision seule: La Banque centrale européenne (BCE) a dit qu’elle avait pris note de la  décision de la BNS qui a été prise “sous sa propre responsabilité“, a précisé le conseil dans un communiqué. C’est la première fois qua le BCE commente directement les efforts de la BNS pour limiter la force du franc.
  5. Le Conseil Fédéral laisse la responsabilité de cette opération à la BNS. C’est le délire M. Hildebrand est devenu ce matin le roi des suisses ? Le roi soleil ?
  6. Et si tout cela n’était qu’une manoeuvre déguisée ? Certains ministres qui forment le conseil fédéral n’ont depuis longtemps qu’une seule idée en tête: Adhérer à la zone euro. Le peuple s’est déjà prononcé plusieurs fois contre cette adhésion. Et si on mettait la Suisse dans une position qui fait qu’elle ne peut plus revenir en arrière, à savoir être tellement liée à la zone euro qu’on ne peut plus faire autre chose que de se plier au dictat de Bruxelles.
  7. Que va-t-il se passer maintenant  ? Dans l’immédiat deux problèmes (je cite un ami avec lequel je suis d’accord)
  • “Le capital de la BNS a fondu comme neige au soleil ces derniers mois, à cause des pertes qu’elle a subies sur le marché des changes en voulant lutter, sans aucun succès, contre l’appréciation du franc contre l’Euro. Pour mémoire, son capital était de 66 milliards de francs à la fin 2009 contre 16 à fin juillet dernier. De nouvelles pertes, inévitables si la pression sur l’Euro ne cesse pas par enchantement, et la BNS devra être re-capitalisée. Qui passera à la caisse ? La Confédération (et les Cantons ?), donc vous et moi contribuables et consommateurs via les impôts, TVA et autres taxes que nous payons. L’Europe et l’Euro sont dans la mouise, mettons la Suisse et son franc dans la mouise aussi ! Voilà le message, un message de nivellement par le bas. D’ailleurs, quand la BNS parle de créer de l’argent en “quantité illimitée”, elle a quand même une limite : sa taille. L’institut a vu son bilan croître par un facteur de 2.3 depuis fin 2005, principalement par la création de monnaie à partir de rien. Avec un bilan passé à 250 milliards à fin juillet dernier, cela
    représente près de 50% du PIB suisse ! Impossible de continuer ainsi bien longtemps sans ruiner complètement le pays ! La BNS fait donc un pari dangereux.
  • L’autre problème majeur se fera sentir plus tard. Ces énormes injections monétaires ont le grand risque de provoquer de l’inflation à terme comme cela a été le cas dans les années 70 (où notre chère BNS avait pris une décision similaire). L’inflation a alors provoqué une hausse des prix, donc une baisse de notre pouvoir d’achat, ainsi qu’une hausse des taux d’intérêts. Ainsi, en se focalisant sur le court terme et essayer de sauver quelques emplois (nos exportateurs souffrent de cette hausse du franc), la BNS a décidé de sacrifier le futur et faire payer tout le monde. Cette hausse des prix et des taux d’intérêts auront de fâcheuses conséquences pour tout le monde je le répète. Une baisse du pouvoir d’achat de tous les habitants, des problèmes de compétitivité pour nos entreprises (et exportateurs aussi qu’elle essaye d’aider), des problèmes accrus de financement pour les entreprises et particuliers (les taux hypothécaires seront plus élevés), un chômage plus élevé, etc. Bref, on se rapprochera ainsi des conditions que vivent les autres pays européens. On nous forcera probablement ainsi à entrer dans la zone Euro alors que le peuple suisse s’y est refusé et s’y refuse toujours.” fin de citation.

En résumé: “Un jour noir pour la Suisse”.

Le cours de change s’est, bien entendu, approché des 1.20. La BNS espère probablement que le cours ira plus haut (par quel miracle ? il faudrait que les conditions économiques de la zone euro soient bonnes, ce qui n’est, de toute évidence, pas le cas) pour vendre les euros accumulés.

Ma vision est que le cours va rester vers les 1.2 – le fameux plancher – et que le marché va commencer à tester la solidité de ce plancher en lui tapant bien fort dessus. A chaque passage au-dessous de 1.2, le BNS achète de l’euro, pour combien de temps ? Telle est la question.

On se fige sur ce cadavre, on s’arrime au Titanic, la BNS est dos au mur et ne voudra pas revenir en arrière sauf si on l’y contraint.

 

 

 

 

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La confédération helvétique gagne de l’argent en empruntant !

100.19% c’est le prix de l’émission d’aujourd’hui pour un emprunt de la confédération à court terme (du doux nom de créance comptable)  et ceci après 100.508% pour l’avant dernière du 23 août dernier.

Cela signifie qu’il faut payer pour prêter de l’argent à la confédération helvétique.

Sont trop forts ces suisses !!

source : http://www.snb.ch/fr/mmr/reference/claims_res/source/claims_res.fr.pdf

 

 

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L’Euro à 1.1 contre CHF et alors ?

Plusieurs personnes m’ont félicité de ma prévision de cours de change à 1.1 pour l’euro contre le CHF (prononcée alors que le cours était de 1.45 – 1.5). Et Maintenant ?

Il est temps de fournir quelques détails, explications, articles, graphiques etc. avant de poursuivre.

Tout d’abord le graphique de l’euro contre CHF (source Reuters):

et 2 derniers jours (nouvelle intervention dès ce matin ?)

La BNS n’a pas fait de commentaire sur une possible intervention. Le Franc suisse c’est déprécié fortement contre toutes les monnaies du monde ces derniers jours après avoir touché la parité contre euro. Je crois grandement qu’une intervention de la BNS a été orchestrée.

A mon avis, l’espoir (ou la volonté non affichée) semble être: Parvenir à faire remonter l’euro vers 1,2 et ensuite d’annoncer son arrimage à la monnaie unique.

C’est possible à réaliser, mais…

  1. Tout d’abord, il faudra acheter massivement de l’euro (ou vendre massivement du franc suisse) afin d’obtenir le cours désiré.
  2. Il faut ensuite faire une annonce (un décret ? une loi ? appelez cela comme vous voulez qui fixe la parité euro/chf à 1,20
  3. Il faut défendre cette parité coûte que coûte. Cela signifie simplement acheter de l’euro dès qu’il est à 1.1990 et vendre de l’euro dès qu’il est à 1,2010, ceci en permanence
  4. Il faut donc avoir un interventionnisme permanent sur la paire de devises et cela aura un coût énorme à terme. Cette stratégie n’est pas viable à long terme et l’Argentine (en arrimant son Pesos au USD) en avait fait l’amère expérience

J’ai des propositions beaucoup plus décalées pour affaiblir le CHF

  1. Augmenter l’endettement de la Suisse au même niveau que les pays européens et américain….soit 100% du PIB (en résumé ne plus être le moins mauvais (ou le meilleur selon la perception que l’on affiche de la dette suisse))
  2. Instaurer des taux d’intérêts négatifs (la plus plausible) sur les comptes courants (pour les non-résidents). Problème de taille, le cash CHF se déplacera probablement sur les obligations qui- à force d’être achetées – offriront finalement un rendement négatif (hausse du cours des obligations), puis le cash ira sur les actions suisses (dont certaines possèdent des P/E de 4 et des rendements au dividende de 3-4% annuels. Nestlé par exemple ou Kudelski, pour autant que les bénéfices restent stables) ou sur de l’immobilier.
  3. Laisser UBS ou Credit Suisse faire faillite (intérêt national de les maintenir en vie sinon la Suisse est à genoux. UBS + CS = 7x le PIB suisse), ce qui fera s’écrouler le CHF (pas souhaitable du tout !)
  4. Acheter massivement de l’euro ou du USD (je parle de milliers de milliards) en espérant que cela aura un impact. De toute manière les comptes de la BNS seront  dans le rouge et la BNS imprimera de la monnaie de singe aussi (c’est ce qui arrive). Problème, cet afflux de liquidité va provoquer un problème d’inflation en Suisse par la suite.
  5. Adhérer à l’EU…..(eu…là je crois qu’aujourd’hui le peuple voterait massivement contre..)

En tout cas, c’est silence radio de la part du gouvernement et de la BNS (d’ailleurs je ferait de même si j’étais à leurs places)

Je vous livre quelques articles:

l’euro dépasse brièvement 1-09 franc (suite à l’intervention, on verra cela dans les comptes de la BNS)

La BNS prend de nouvelles mesures pour enrayer le franc fort

La Suisse doit-elle plus investir pour s’en sortir

Alors que faire me direz vous ?

Etant donné la forte volatilité de la monnaie à cause d’interventions, je ne prendrais pas de position actuellement en CHF pour des investisseurs qui n’en détiennent pas car il se peut que le CHF s’affaiblisse encore.

Pour ceux qui sont déjà investis, je garderai la position.

A court terme, la chute de l’euro était terminale (tout le monde en parle, les journaux), mais je ne vois pas ce qui a changé en quelques jours dans les économies mondiales. A court terrme l’euro peut remonter assez fort. On va voir ce qui va se passer à plus long terme.

Malheureusement (ou heureusement) la Suisse est un petit pays, maniable et flexible, mais il n’a pas la capacité de contrer avec sa BNS les flux de capitaux mondiaux.

Si les chinois, américains, européens veulent acheter du CHF (ou plutôt vendre leurs monnaies respectives), la seule possibilité offerte à la Suisse sera de les décourager et non de lutter contre cet afflux de capitaux.

 

 

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Etat en faillite, l’impact obligataire

En 2001 l’Argentine a fait défaut sur ses émissions obligataires.
Quel a été l’impact pour les détenteurs d’obligations Argentine ?
Si mes souvenirs sont bons (il y a déjà 10 ans de ça), on négociait sur le marché les obligations “Argentina” à des taux élevés (normal, le débiteur était moyennement fiable) et notamment un emprunt 10% Argentine 2009 en USD. Il devait, je pense, se négocier au dessous du pair (en dessous de 100%) et le rendement devait être donc bien supérieur à 10% annuel.

Lorsque que l’Argentine fit défaut que se passa-t-il ?

On changea tout simplement les règles ! En lieu et place du fameux coupon de 10%, on attribua un ….0% et en lieu et place de 2009……on décida d’une échéance 2035.
Ce qui revient à dire. Je ne paie plus aucun intérêt et je me laisse tellement de temps pour éventuellement te rembourser le principal que tu seras décédé entre-temps. On paie parfois un intérêt ou pas. C’est comme si vous prêtez de l’argent à un ami sans le sous et que de temps en temps il vous donne 10 francs quand il vous voit au bistrot et qu’il n’a pas tout bu.

L’avantage de l’Argentine, c’est qu’elle est entrain de s’en sortir, notamment grâce au fait qu’elle possède bien des ressources (mines, pétrole, etc.) et qu’elle peut agir sur SA monnaie, tout le contraire de la Grèce.

L’histoire de la crise argentine d’après Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_%C3%A9conomique_argentine

Ci-après, un article qui explique la faillite du pays (source:http://caderange.canalblog.com/archives/2011/07/19/21624583.html):

La signification d’une faillite ou d’un défaut de paiement de la Grèce reste faible pour l’européen,- et pour le grec-, moyen qui ne comprennent pas vraiment quel est le risque, qu’est ce qui se passerait concrètement dans ce cas pour eux , et pourquoi ils se battent en essayant de l’éviter à coup de privations et de sacrifices personnels.

La dernière faillite d’un état en date est celle de l’Argentine en 2001 dont elle n’est d’ailleurs pas encore sortie. La cause en était pourtant la même, plus de dépenses que de recettes pendant des années. A l’époque, l’Argentine était un pays exportateur de denrées agricoles, affichait un déficit budgétaire de 3.2 pct de PIB, avait une dette de 54 pct de son PIB mais avait sa monnaie propre et donc de la liberté de manoeuvre monétaire.

L’avant faillite 1990/2000 fut une période d’hyperinflation en Argentine, de taux d’intêret internationaux en hausse qui rendirent les refinancements de la dette impossibles car trop couteux. La vente massive des bijoux de famille, entendez les privatisations; se traduirent par des licenciements massifs également et par du chômage, de la pauvreté et des tensions sociales. Après la faillite de 2001, les argentins quittèrent leur pays par vagues avec la sensation que tout était perdu pour leur pays. Huit grèves successives eurent lieu en 2001 et pas moins de cinq nominations d’un président nouveau. Ce fut ce cinquième, Eduardo Duhalde, qui décida d’une autre dévaluation en 2002 et de la reconnaissance par la Congrès du défaut de paiement.

La politique de maintien d’un peso faible permit d’engranger de l’argent en exportant beaucoup de produits agricoles et en décourageant les importations. Par ailleurs les “dégraissages” brutaux d’après privatisation redonnèrent de la compétitivité à l’industrie argentine ce qui permit de revenir lentement à un meilleur équilibre primaire (avant service de la dette) des recettes et dépenses budgétaires.

Restait à restructurer les dettes existantes ce qui fut fait au détriment des préteurs/investisseurs étrangers qui y perdirent les 2/3 de leurs prêts/investissements. Seul le FMI fut intégralement remboursé.Reste encore à rembourser 9 milliards de dollars aux créanciers du Club de Paris avant de pouvoir revenir sur le marché financier international. Encore faudra t il soit payer très cher, soit donner des garanties en béton pour y arriver. Ce n’est donc pas gagné mais l’économie et donc les emplois prospèrent.

Quel parallèle avec la Grèce ou les autres pays de la zone euro? Le fait que chacun de ces pays n’a plus de capacité de manoeuvre pour dévaluer qui est la vraie réponse, à mon sens, à de telles crises de manière socialement acceptable. Le fait également que les créanciers privés laisseront des plumes inévitablement dans le cadre d’une restructuration de la dette ultérieure. Vous comprenez maintenant pourquoi l’Allemagne en particulier pousse les investisseurs privés, cad les banques, à faire d’ores et déjà leur deuil de 30pct de leur dette. Vous comprenez aussi pourquoi il est demandé à la Grèce de privatiser massivement pour rendre le tissu industriel compétitif, mais bien sur au détriment de l’emploi.

Par contre, l’Argentine des années 2001 était en bien meilleur état économique que la Grèce d’aujourd’hui: 3.2 de PIB de déficit au lieu de 10,5, 54 pct de PIB de dette au lieu de 150 pct, une bien plus forte situation exportatrice. Et pourtant elle n’a pas échappé à la faillite et à une longue remontée à la surface. Ca fait frémir.

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Les actions, l’or, le pétrole ou les obligations pour le long terme ?

Barry Ritholtz produit un graphique qui compare l’évolution (en USD) des divers investissement sur 40 ans.

N’est pas  “performer” qui veut !

Les actions ont été battues, non seulement par l’or, mais par les obligations,,,,,

NB: au sujet de l’inflation…pour autant que ce soit la vraie et non une inflation trafiquée par les autorités….

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Maintenant l’Irlande, et demain ?

Tout le monde connaît: “Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier qui rit reçoit un claquette”

Depuis quelques temps c’est:  “je te sauve, tu me sauves par la planchette, le premier qui crie reçoit une rallongette”

Tout d’abord, ce matin, c’est la joie dans les médias: L’Irlande (dont les politiques niaient l’évidence de l’urgence d’un prêt alors que les spécialistes l’annonçaient et se moquaient du ministre irlandais des finances le 1er octobre dernier: Ireland’s finance minister Brian Lenihan ridiculed by City investors) reçoit une aide d’urgence d’un montant proche de celui octroyé à la Grèce.

Comme à leurs habitudes, les intervenants trouvent cela bien et on assiste à un rebond de l’euro( tout du moins au début ou est-ce plutôt des couvertures de short qui engendrent une petite hausse de l’euro ?)

Toujours est-il que, peu de temps après sa hausse, l’euro repart à la baisse.

Voici deux graphiques (minute par minute) de l’euro contre CHF et contre USD

Et les taux ? Vont-ils faire comme ceux de la Grèce avec l’intervention européenne, puis l’arrivée des chinois, c’est à dire baisser dans un premier temps ?

Ce semble être le cas, bien que la baisse ne soit pas énorme. Les taux des autres pays de la zone restent stables à de hauts niveaux dans le même laps de temps.

Comment est-ce possible de continuer de la sorte en prêtant de l’argent à des Etats qui n’ont pas les moyens de rembourser, tout cela par simple volonté politique  ?

Comment tout cela va-t-il se terminer ?

Loïc Abadie l’explique très bien dans son dernier article et je le rejoins: http://www.objectifeco.com/economie/economie-politique/article/loic-abadie-a-quel-prix-un-pays-peut-il-repudier-sa-dette

Je continue de penser que l’euro est voué à un échec programmé: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=5899

Sauver tout le monde est impossible, parce que les faibles affablissent les “forts” et que ce système ne peut être soutenu encore longtemps.

Les politiques voient la fin, voient le mur, mais ne font que de gagner du temps. Que peuvent-ils faire d’autres ?

Ils pourraient aussi promulguer des lois qui prendraient l’épargne des citoyens en brandissant la cause nationale.

  • Utilisation des retraites pour financer les déficits
  • Utilisation des retraites pour financer les émissions obligataires d’Etats (voir mon article d’il y a bientôt 2 ans: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=1202)
  • vendre l’or des Etats et les biens publics

D’ailleurs à ce dernier sujet, j’avais mentionné la super vente d’or de Gordon Brown à un prix défiant toute concurrence.

On félicitera Gordon Brown et Nicolas Sarkozy pour leurs ventes d’or entre 1999 et 2002 pour Gordon et entre 2004 et 2006 pour Nicolas.

Gordon Brown a vendu la moitié de la réserve de la banque d’Angleterre, soit 400 tonnes (auction = aux enchères), à un prix au plus bas depuis 20 ans.

 

Depuis cette vente le prix de l’or en livre Sterling a quadruplé.

Quant à Nicolas il avait vendu pour réduire les déficits et investir dans la monnaie fiduciaire: http://www.jlgagnaire.com/pouvoir-d-achat-et-economie/vente-des-stocks-d-or-de-la-banque-de-france-par-nicolas-sarkozy

Un simple petit calcul d’un lecteur donne ce qui suit:

“En 2004, 20% du stock d’or est vendu, soit 600 tonnes à 350 euros l’once. Le kilo oscillait vers 10’000 euros et aujourd’hui il si trouve vers 32’000 euros. Nicolas aurait donc fait “perdre” (manque à gagner diront certains) la modique somme de 600’000 *(32’000-10’000) = 13 milliards d’euros soit 200 euros par français, bébé et vieillards compris”

Quant à la BNS elle n’est pas en reste et donne ses explications: vente or de la bns 2000-2005

D’ci à dire que les politiques sont encore plus mauvais gestionnaires que les financiers, il n’y a qu’un pas.

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La BNS et l’Euro s’épuisent

Dans un article du 28 octobre dernier,  je vous avait dit de vous préparer à l’EF2 (Eurofall 2).  J’annonçais qu’après le premier effondrement de l’euro depuis le début de l’année et son rebond initié en juin 2010, nous allions assister à un nouveau plongeon de la devise de l’euro-zone.

Depuis cette article, l’euro a baissé de 2.5% contre CHF et 1.65% contre USD et à mon avis ce n’est pas fini et ceci malgré les promesses du G20, comme celle d’arrêter la guerre des devise (dévaluation compétitive)

G20 engagement sur les dévaluations compétitives

En général, je ne prends pas un ton moqueur, mais là ça me fait rire.

Pourquoi ? Parce que les Etats n’ont aucune influence sur les monnaies et les taux. On le remarque tous les jours. Si les grands seigneurs qui nous gouvernent avaient un quelconque impact ou une quelconque crédibilité, les taux seraient aux niveaux que le dirigeants fixeraient et non au niveau que le marché fixe.

Preuve en est que la Banque Nationale Suisse persiste à détenir des devises étrangères et pénalise fortement son bilan(Les pertes de la BNS s’alourdissent) pour un résultat peu convaincant

Regardez l’évolution des taux européens:

Allemands et Hollandais

Français

Finlandais

Anglais

Suisses

et pour terminer les pays qui posent ou vont poser de grave problèmes: La Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et l’Italie (le marché est très inquiet: Les dettes privées portugaises et irlandaises sous forte pression)

Ce qui donne en comparaison” européenne” (avec seule la Suisse qui obtient une comparaison positive avec l’Allemagne)

Comme je l’avais écrit, il faudra que soit des pays quittent la zone, soit des pays quittent la zone, sous-entendu, soit par le haut, soit par le bas. Cette situation est intenable. Il n’existe pas trente milles solutions.

De toute manière, il va y avoir des dégâts.

Soit des pays font faillites, soit des pays quittent la zone avec comme hypothèses:

  1. un départ de pays faibles qui reprennent leurs monnaies (faibles aussi), dévaluent et les créanciers enregistrent une perte
  2. un départ des pays forts qui reprennent leurs monnaies (fortes) qui deviennent encore plus fortes. Ces pays enregistrent une perte sur l’euro et voient leurs croissances chuter de par la force de leurs monnaies
  3. une création de deux euros distincts, l’eurostrong et l’euroweak et les pays dits forts vont encaisser une perte

Ce ne sont pas les Etats qui décideront, c’est le marché qui l’imposera.

Regardez déjà la divergence entre le taux de chômage allemand et le taux en France.

et la dette publique allemande qui va probablement s’infléchir alors que celle de la France continue de monter

Il va falloir prendre des mesures extrêmement drastiques comme, par exemple, en Angleterre (Le gouvernement britannique durcit les règles pour les chômeurs) car aujourd’hui l’assistanat a eu son heure de gloire, maintenant c’est le moment de retourner à la mine (c’est valable aussi pour l’Etat)

Le dicton du jour: “A trop vouloir lutter, on se casse le nez”

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LVMH plus “safe” que la France

C’est, en tous les cas, ce qu’indiquent les taux des CDS à 5 ans

La France est à 79 et LVMH à 65, cherchez l’erreur

C’est possible, mais je crois que les CDS ne sont qu’une indication et il me semble que la société LVMH n’est pas capable d’imprimer des billets en euro (à moins que…).

Il y a peut-être une exagération de positivisme sur les obligations d’entreprises (corporate bonds)

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foodstamps, chômage, déflation et récession

Les Etats-Unis d’Amérique, qui comptent environ 305 millions d’habitants (chiffre 2008), se trouvent dans l’obligation de nourrir une partie de sa population au travers de bon de repas.

Le nombre de cas est en forte croissance. C’est une augmentation très importante puisqu’il s’agit aujourd’hui de fournir des “foodstamps” à 40,8 millions de personnes ! (source: boston.com)

Si mes calculs sont juste cela représente 13.4% de la population totale !

Le chômage augmente et les chômeurs restent au chômage de plus en plus longtemps, voir les articles ci-dessous:

Underemployment 28.4pourcent for Ages 18 to 29, 18.4 pourcent in all Age Groups – Gallup Poll

Les Etats-Unis découvrent le chômage de longue durée

 

Article WSJ: usjob market loses

Le nombre des personnes actives diminue:

Une fronde commence à s’ériger au sujet des coûts des pensions/retraites versées par les caisses étatiques à leurs assurés.

Battle Looms Over Huge Costs of Public Pensions

Comment vont-ils continuer à financer tout cela ?

Surtout que la classe moyenne souffre…The crisis of middle-class America

En tout cas pas avec la consommation du peuple américain, car ce dernier économise de plus en plus.

On assiste à la chute des crédits à la consommation:

Les taux gouvernementaux américains à 10 ans sont au plus bas.

Il est possible de trouver beaucoup de données sur les Etats-Unis, mais il faut aussi se rendre compte que c’est exactement la même chose qui est en train de se dérouler en Europe notamment,

Le chômage explose partout (Espagne, etc.) et les taux des emprunts à 10 ans chutent.

Tout ce qui précède ne semble pas du tout inflationniste. Bien au contraire, c’est la déflation qui s’annonce.

Cela n’arrange pas les affaires de Etats qui espèrent de tout coeur relancer la machine pour plusieurs raisons:

1) En cas d’inflation, les dettes perdent de leur importance. Les Etats sont fortement endettés et ils pourraient ainsi techniquement se désendetter.

2) En cas de déflation, la consommation s’écroule et les rentrées fiscales sont en chute libre. La dette pèse de tout son poids.

J’ajoute qu’en cas d’inflation les taux devraient monter, ce qui n’arrange également pas les affaires des Etats, obligés de servir un taux plus élevés (en plus de celui lié à la qualité du débiteur).

Les Etats se trouvent donc entre le marteau de l’inflation et l’enclume de la déflation.

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Si la Stagflation s’invitait à Dîner ?

Par Laurence Crottaz

Définition de la stagflation : C’est la combinaison entre la stagnation de l’activité économique et une forte inflation (hausse des prix à la consommation, sans hausse des salaires).

Aujourd’hui, il semble que ce soit c’est le plus grand danger qui menace la zone Euro.

Ce terme de stagflation a été utilisé pour la première fois en novembre 1965 par Iain Macleod pour décrire la situation de l’économie britannique durant les 30 glorieuses ensuite généralisée aux autres pays en 1970

Les causes de la stagflation de 1970:

  • la chute des taux de rentabilité des sociétés américaines depuis le milieu des années 1960, puis en Europe et au Japon
  • la crise du Système Monétaire International (abandon de l’étalon or)
  • le premier choc pétrolier en 1973

Les conséquences furent un fort ralentissement de l’activité avec une forte poussée du taux de chômage et une lourde inflation.

La seule porte de sortie a été la libéralisation de la circulation des capitaux, la baisse de la part salariale dans la richesse produite et une politique monétaire de type Milton Friedman

Avec la récente crise (qui n’est pas terminée), les turbulences ont été nombreuses et souvent comparées à de précédentes crises. Il est dès lors peu étonnant que la crainte de stagflation surgisse et que le danger soit désormais présenté par certains comme réel ou imminent. Au Royaume-Uni, un sursaut d’inflation a déjà été constaté en décembre 2009, avec une hausse de 2,9%(sur base annuelle), la plus forte depuis 1997.

Stagflation Coming In 2010 How To Cash In On The Worst Inflation Since The ’70s

et quelques articles sur la stagfaltion:

Stagflation in 2010 May Look Like Reruns of the 1970s

Bah Humbug Stagflation is around the corner

MURPHY Setting the stage for stagflation

Le Crédit Suisse dans son communiqué d’avril (https://www.credit-suisse.com/news/fr/media_release.jsp?ns=41473) relève des risques d’inflation suite aux interventions des Etats.

Il est aussi a prendre en compte qu”une crise pétrolière ajouterait un élément de plus au risque de stagflation.

Comme vous le savez, mon mari pense que le peak oil est derrière nous et que nous allons peut-être assister à une hausse du pétrole. Il est aussi très inquiet concernant le système financier dans sa globalité ce qui pourrait faire monter l’or et d’autres métaux, mais il se questionne encore sur le sujet car n’a pas d’opinion tranchée.

Les pays émergents assistent à une croissance de population importante et les ressources nécessaires pour alimenter tous ces gens sont de plus en plus grandes, ce qui – à terme – devrait faire monter les “soft commodités”.

voici, par exemple, le graphique du pétrole

Si la stagflation s’invite prochainement dans l’économie, ce sera pire que tout, avec d’un côté des problèmes économiques (chômage, ralentissement, récession) et d’un autre côté une hausse des prix (même ceux des pizze si la farine augmente).

Actuellement il est déjà difficile pour certains de joindre les deux bouts et si la déflation persiste ce sera un grave problème pour ces gens là.

Une des solutions préconisées pour lutter contre la stagflation est la libéralisation de la circulation des capitaux. De nos jours, il ne semble pas que ce soit le chemin pris par nos économies, ce serait même plutôt le contraire.

Si l’histoire doit nous servir de guide….

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Les Taux Européens sont comme des Elastiques et Menacent de Briser l’Union Monétaire

Les taux européens à 10 ans des différents pays faisant partie de l’union européenne évoluent de diverses manières et pas de plus adéquates pour une paix intra-zone.

Le marché sanctionne ou applaudit la gestion financière des Etats en imposant le taux de référance des emprunts.

Malgré tout ce qui est dit et écrit dans les journaux, les Etats n’ont aucun pouvoir sur le marché.  Si c’était le cas, cela se saurait et les taux seraient aux niveaux auquels les Etat les désirent et non à des niveaux qui leurs sont imposés.

Le marché, c’est vous, c’est moi, ce sont les intervenants qui, pour accepter de prendre plus de risque en prêtant, exigent plus de rendement. C’est simplement la loi de l’offre et de la demande.

Figurez vous que la demande pour des emprunts grecs reste faible alors que la demande pour les emprunts allemands devient grande. La rigueur allemande offre un meilleur sentiment de sécurité à l’investisseur (ne me parlez pas de spéculateurs car tous les intervenants, je dis bien tous (y compris vous et moi), spéculent.

Ils spéculent sur la capacité de la contre-partie de payer le coupon et de rembourser le principal. C’est le propre de l’être “homo investus”.

Un exemple: Si vous achetez un appartement, vous pensez toujours au prix de revente non ? Même si vous y habitez, inconsciemment vous spéculez sur le fait que vous ne perdrez pas d’argent en vous en séparant (vous spéculez sur un prix inconnu futur égal ou plus haut, sinon vous n’acheteriez pas le bien sachant que vous allez perdre des deniers)

Aujourd’hui les taux européens se tendent tels des élastiques sur les mauvais débiteurs:

Grèce (on le savait et dont les emprunts viennent d’être noté à “pourri” la dette grecque tombe a pourri)

 

Espagne

 

Portugal

 

Irlande (ou une maison sur 5 est inhabitée)

 

et baissent pour les autres débiteurs (par contre sur les derneir jours, on remarque une légère hausse)

France

 

Allemagne (qui doit faire face à une demande accrue pour ses emprunts German Bonds Advance on Demand for Safety Following Greece Cut)

et hors de la zone euro

Angleterre (la rigueur budgétaire promise par le nouveau premier ministre va-t-elle porter ses fruits ?)

 

Suisse

 

La constatation est simple.

Il est impossible de dévaluer la monnaie pour les pays en difficulté et ainsi relancer l’économie. Ils sont prisonniers.

Il est impossible pour les pays en relative (tout est relatif dans la vie) bonne santé de soutenir tout le système à bout de bras au risque d’eux-mêmes se trouver en diffcultés. Ils sont prisonniers.

La situation n’est pas tenable et il faudra se résoudre  à que, soit que des pays quittent la zone, soit que des pays quittent la zone.

Il ne reste plus qu’à déterminer lesquels et dans quel ordre.

C’est la coupe du monde, alors écoutez: La monnaie unique et le football: le-journal-du-matin_20100615_standard_signature_20100615-0656_48199680-293c-420f-8447-86ba54fe38e1-128k

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Notation – Rating de la BCV

Voici une nouvelle fraîche du jour:

Le rating de la dette long terme (AA-) et court terme (A+) de la banque cantonale vaudoise (BCV) est relevé par Standard and Poors.

494px_Blason_CH_Canton_Vaud_svg

Motif: Cela reflète la conviction que la BCV va continuer à bénéficier du soutien implicite du canton de Vaud.

A lire l’article de l’Agefi ici:bcv-rating

Ah ! oui j’oubliais que les contribuables avaient mis la main à la poche il y a quelques années pour la recapitaliser… donc en cas de problème, l’Etat sera là.

Question: Quel Etat ? Et dans quel état ? Juste pour information le Canton de Vaud possède encore une ardoise de 4 milliards de CHF (soit environ 6’000 CHF (4’000 euros) par habitant ou plus de 500 millions par conseiller d’Etat) et que les caisses de pensions affichent des taux de couverture très insuffisants (tout comme la ville de Lausanne) qui va payer ? Vous et moi.

Le coût de l’emprunt est somme toute relativement faible car les taux sont bas, mais si les taux montent ?

Dans le monde actuel, c’est l’Arlésienne. On imagine que si l’Etat est derrière, “tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes” (Pangloss dixit, dans Candide de Voltaire)

Un point positif, il faut aussi faire remarquer que la situation financière du canton de Vaud s’est très nettement améliorée, car en 2003, la dette avoisinait 8 milliards de CHF.

La diminution est importante et c’est bien, mais très insuffisant à mon sens, car cette amélioration n’a été possible que dans une phase d’expansion et d’augmentation des recettes.

Avec la crise qui pointe son nez, les conditions deviennent moins favorables et on pourrait voir la dette augmenter à nouveau (rentrées fiscales plus faibles, impôt sur la fortune plus faible, rentrée d’impôts sur les acquisitions de bien immobiliers plus basse etc.).

Pour conclure, le but de mon article d’aujourd’hui est de montrer qu’une banque cantonale affiche une notation supérieure à:

Danone (A), E.ON (A), Holcim (BBB), Carrefour (A) et j’en passe (pour information Total SA affiche AA  comme qualité de débiteur tout juste mieux que BCV !). Je privilégie toujours l’arbitrage des obligations d’Etats contre celles des entreprises (voir mon article d’hier).

Quand est-ce que les agences vont arrêter de donner des bonnes notes aux élèves dont les parents sont les Etats et les financières ? Et donner des bonnes notes aux entreprises (je sais, je sais Nestlé c’est AAA, mais c’est une exception. Au sujet du nombre de financières, je peux vous en produire une liste longue comme un jour sans pain).

Etant originaire du canton de Vaud (Saint -Barthélemy et son château), je joins une jolie présentation du canton qui fait la part belle à l’historique, aux typicités de notre beau canton et à ses autorités cantonales: http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/chancellerie/bic/fichiers_pdf/depliantVD2008-fr.pdf

Citation du jour (merci JB): “Nous, les tiers-gérants, offrons des services financiers à des particuliers et non des services particuliers à des financiers”

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Taux nominaux contre taux réels

Ralentissement ouest-européen c’est grave ! C’est le constructeur Japonais Honda l’annonce ce matin !

Cela ne me surprend pas, il ne faut pas se leurrer, la crise américaine fera des vagues par ici (elle les engendre déjà), merci la globalisation.

Rapidement ce matin: si les support (techniques du style 7000 points sur le SMI)) des marchés actions européens ne tiennent pas aujourd’hui, on doit se rendre à l’évidence que le rallye depuis le 15 juillet (voir mon article) sera terminé, mais tout n’est pas encore perdu.

Ce qui me fait sourire un peu, c’est la faculté que les intervenants ont de s’exprimer pour justifier tel ou tel mouvement de marché. Si le marché monte, c’est grâce au pétrole qui baisse. Franchement, le pétrole ne fait que de monter depuis des années et les marchés aussi ! Et maintenant le pétrole baisse et les marchés aussi, hihihhi. On en trouverait presque une corrélation positive entre les deux !

Ce matin, je vais vous parler des taux réels. Mais oui vous savez, ceux que vous encaissez réellement en plaçant votre argent et en lui déduisant l’inflation.

Voici le graphique des taux réels aux Etats-Unis………ça fait mal…

us_10_year_t_bond_real_yield__monthly_

 

Hé oui, les taux sont négatifs aujourd’hui. C’est à dire que les américains perdent de l’argent en le plaçant en “sécurité” (la notion de qualité est très subjective) dans des emprunts de l’Etat à 10 ans !

De toute manière, l’inflation telle qu’elle est calculée est une jolie arnaque. Aux USA, elle est bien plus importante encore (il y a eu changement de méthode calcul depuis l’ère Clinton !!).

La preuve trouvée sur internet:

alternate_cpi_measures

L’inflation réelle est quasiment deux fois supérieure à celle annoncée!

Pour tout un chacun cela semble assez logique par rapport au sentiment d’avoir bien rempli son caddie au supermarché, fait le plein de sa voiture, payé son loyer et de constater que son portemonnaie est plus entammé qu’il y a quelques années.

Et en Europe ?, en Suisse ? Me direz-vous.

Voici, pour commencer, le panier de la ménagère telle qu’il est utilisé (source Office fédéral de la statistique, ici)

IPC_Suisse

C’est bien joli, mais cela ne ressemble pas à un budget standard à mon avis (tiens je ne vois pas les impôts…ils augmentent aussi…), ni à l’impact global de la hausse des commodités.

Rien que d’en discuter avec le patron de la pizzeria en bas de chez moi. Il m’avoue que tout a augmenté, la farine, le transport, etc. et en plus, il enregistre une baisse de fréquentation.

Pour moi l’inflation est bien plus élevée. Les taux à court terme en CHF sont ridicules (compte épargne vers 0.75% et créance comptable de la confédération vers 1.5%).

Quant à moi, je vous laisse avec vos calculs…je vais vite aller dépenser mon argent avant qu’il vaille moins.

Bon week-end

La citation du jour: “Il faut choisir dans la vie entre gagner de l’argent et le dépenser: On n’a pas le temps de faire les deux”, Edouard Bourdet (1887 – 1945)

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Les taux d’intérêts depuis 3000 Av. J.-C.

Bonjour,

Aujourd’hui un graphique qui se passe tout simplement de commentaire. Merci beaucoup à Bibi pour cet envoi.

world_interest_rates__3000_BC_to_2000_AD_

Source: “History of interest rates” (deux éditions (1999 et 2996)) de Sidney Homer et Richard Sylla.

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La citation du jour: “Sur telles affaires, toujours Le meilleur est de ne rien dire”. Molière (Jean-Baptiste Poquelin dit) 1622 – 1673)

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