Je vous l’avais dit (trop tôt)

Je vais vous parler de moi (un peu et en toute modestie….parce que les marchés rendent modeste) et de ce qui m’est arrivé sur les marchés boursiers, mes vues et recommandations dans le temps.

Je viens de réaliser que c’est le timing qui est le plus difficile. On voit toujours les choses survenir, mais la difficulté c’est l’instant X: http://blog.crottaz-finance.ch/market-timing/

Durant les années 90 (1993-1994 pour être plus précis), dans le département de gestion où je travaillais, nous avions pensé que les taux des obligations allaient baisser et avions (par exemple) acheté des obligations 7% EDF 2015 (22 ans !). Les taux sont monté  contre toute attente et le marché des actions  1994 n’avait pas été brillant. Ce n’est que par la suite que les taux ont commencé à baisser.

Fin des années 1990, je ne croyais pas au P/E de 5000 voire plus sur les titres technos et avais copieusement arrosé les portefeuilles de Nestlé, Unilever etc. (Qui ne faisaient pas grand chose).

Je me suis fait appeler “Arthur” plusieurs fois par des clients ne comprenant pas qu’on pouvait gagner de l’argent avec des poudres à lessive et que les Alcatel, Vivendi, Canal+ c’était l’avenir ….. On a vu ce qui est advenu de ces titres (Alcatel par exemple passant de 95 Eur à 2 Eur)

Puis en 2001, alors dans un autre établissement, nous avions reçu la visite de deux super analystes d’une banque allemande.

Objectif sur le Pétrole 5-10 USD (on traitait vers 30 USD). Après la présentation, nous avions acheté toutes les pétrolières (ENI, Repsol Total Royal Dutch, Shell etc..), pour les revendre quand Goldmann Sachs voyait 250 USD le baril (on était à 140) Là c’était bien vu. ! (Quels contrariants !Merci Jean-François, je sais que tu t’en souviens)

Historical Crude Oil Prices - Crude Oil Price History Chart
Puis j’ai vu la bulle sur l’immobilier américain avec des crédits débiles impossibles à rembourser. J’avais personnellement acheté des puts sur HGX. “Arrivé à échéance trois mois avant la débâcle !” J’ai tout perdu.
hgx
J’avais vu la parité EUR/CHF (sur ce blog) avant que la BNS ne mette le plancher. Je vous ai parlé des taux d’intérêt négatifs
En 2011, j’ai vu le Brésil  et les problèmes à venir, je vous en ai parlé la semaine passée.
En 2011, J’ai vu la fin du taux plancher de la BNS (3.5 plus tard), le 15 janvier 2015 était la date fatidique pour la crédibilité de la BNS !
Je vous parle de la BNS et des problèmes que ce hedge funds va engendrer et des potentielles pertes abyssales (les deux premiers trimestres -50 milliards de CHF).
Que se passe-t-il avec les 100 milliards de CHF que la BNS a investi dans les actions (dont 1 milliard dans des actions APPLE).
La BNS perd 500 mios par jour depuis vendredi
Je ne compte pas les pertes sur le USD !
Depuis plusieurs années je vous parle de l’or et des mines qui ont perdu tellement et je suis faux depuis 3-4 ans….
gdx 24-8-15
Est-ce aujourd’hui l’instant X  ?
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Les taux hypothécaires depuis 1850 (mise à jour 18 août 2015)

evol tx hypo depuis 1850 au 18.8.2015

Petite mise à jour des taux hypothécaires à taux variables

 

intérêt hypothécaire competiteurs CH

Et une petite liste des taux proposés par les banques en Suisse pour un bien en Suisse financé en CHF

Rappel: Les Suisses sont extrêmement endettés personnellement (privé)

Les suisses assis sur une montage de dettes

http://www.gbnews.ch/economie/economie-suisse/lendettement-2-les-suisses-de-plus-en-plus-endettes-une-realite

 

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Le “Dow Jones U.S. Auto Index” nous indique-t-il le prochain mouvement ?

L’indice des voitures est dans une tendance baissière (-10.26% depuis juin 2015)

DJI vs DJT 2015

Durant la crise de 2008, l’indice avait perdu 69% contre 48% pour le Dow Jones Industrial

DJI vs DJT 2007-2009

La fameuse croissance n’existe que dans les yeux de ceux qui veulent la voir.

Les chinois et les américains possèdent des montagnes de stock(s) de voiture sur les bras et les ventes baissent!!! (source: http://blogs.piie.com/trade/?p=389)

export car china

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20150710_inv3

 

20150813_autoinv

 

Source: http://www.zerohedge.com/news/2015-07-10/here-flashing-red-light-inventory-sales-ratio

http://www.zerohedge.com/news/2015-07-13/us-automakers-worst-nightmare-chinese-auto-inventories-explode-may

Vous dire que c’est un indicateur précurseur du ralentissement à venir, c’est un pas que je franchis allégrement

 

 

 

 

 

 

 

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Les monnaies émergentes sont des paniers (de monnaies) percés

Le Yuan baisse, baisse (le marché aussi avec encore 6% ce matin)

Ce qui est fabuleux et je reprends, telle quelle, la phrase d’un ami (je cite):

“Alors que de nombreux investisseurs, analystes, économistes, le gouvernement américain, et je ne sais qui d’autre, pendant des années, ont pensé ou se sont plaint, que le Yuan était artificiellement maintenu sous-évalué et que cela a été rendu possible par le strict contrôle de la banque centrale chinoise qui maintenait un cours plancher (ou « Peg ») par rapport au dollar américain à coups d’interventions quotidiennes, ET que maintenant que ce contrôle a été rendu un peu plus lâche, que le Yuan peut fluctuer plus librement, dans une fourchette élargie, n’est-il pas déconcertant pour tous ces gens que le cours de cette monnaie baisse ?

Le Yuan n’a-t-il pas été artificiellement maintenu sous-évalué ces dernières années comme on nous l’a souvent répété ?

Ne devrait-il pas monter pour refléter le « miracle économique chinois » (le pays est devenu la 2e économie du monde ou même la 1er en termes de parité de pouvoir d’achat) ?

La seule explication qui me vient en tête est que peut-être, ces nombreux investisseurs, analystes, économistes, le gouvernement américain, et je ne sais qui d’autre, se sont complètement trompés… ;-)”

Effectivement quel paradoxe !

rmb yuan

Avant 1998, si mes souvenirs sont bons plusieurs banques avaient lancé des produits d’investissement sur l’Asie, l’Amérique Latine etc. avec la superbe idée que les monnaies de ces pays et la croissance de ces régions allaient être magnifiques. Grave erreur la crise de 1998 a démontré le contraire.
Aujourd’hui les monnaies, dites émergentes, se ramassent des…

bouillon-de-poule-au-pot-maggi-x15-bouillons

comme par exemple:

 

 

sans-titre

 

monnaie

http://www.boursorama.com/actualites/la-roupie-indonesienne-continue-sa-glissade-c24c99664e0b297a799722f33cdad83e

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Source: http://www.economist.com/news/business-and-finance/21661207-rupiah-and-ringgit-plumb-depths-unseen-asian-financial-crisis-south-east-asias

No place to hide !! And a lot of place where you can lose money !

 

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La Chine se lâche (et lâche les autres)

Le FMI a commis une erreur à mon avis.

Il n’a pas accédé à la demande de la Chine que son Renminbi (RMB) soit intégré dans le panier des monnaies de réserve (actuellement USD, EUR, YEN et GBP (http://www.imf.org/external/np/exr/facts/fre/sdrcbf.htm)) alors que la devises chinoise a passé de la 13ème à la 5ème place dans les monnaies les plus utilisées et que ce même RMB est monté de 73% contre YEN depuis 2011

RMB YEN

Source : http://www.blackswantrading.com/s/081215-bscc-more-chinese-devaluation-aiph.pdf

Pour ceux qui ne connaissent pas la différence entre Yuan et Renminbi: https://fr.wikipedia.org/wiki/Yuan

Les Chinois ont beaucoup soutenu l’économie mondiale et là ils ont simplement décidé d’arrêter et laisser leur monnaie dévaluer.

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Grâce aux chinois qui ont tenu le RMB lié au USD, les exportations des autres pays ont pu être maintenuesCMLbTVUUkAA3F1N

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Les chinois sont toujours de gros détenteurs de dette américaine (ndlr: Les chinois sont 140 fois plus nombreux que les suisses mais ne détiennent que 6 fois plus de bons du trésor américains, cherchez l’erreur (ou l’horreur) source: http://www.treasury.gov/resource-center/data-chart-center/tic/Pages/ticsec2.aspx)

US TBUILLS HLDS may 2015

La maxime qui dit que le dollar c’est notre monnaie, mais c’est votre problème pourrait s’appliquer pour le RMB désormais.

L’évolution du Yuan (RMB) contre USD sur 20 ans (merci à mon ami pour le graphique)

yuan per USD

Qui sont les vainqueurs et perdants de la dévaluation ? http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-08-11/more-losers-than-winners-in-china-devaluation-as-bmw-lvmh-slump

Le FMI applaudit alors que les USA ne sont pas contents

http://www.boursorama.com/actualites/la-chine-devalue-son-yuan-embarras-de-washington-satisfecit-du-fmi-db11875880b02b1f471f7f5da877984d

http://www.marketwatch.com/story/chinas-central-bank-10-devaluation-talk-is-nonsense-2015-08-13

 

Nous sommes en guerre monétaire !

“Je te tiens tu me tiens par la barbichette, le premier qui ri, il reçoit un claquette !

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Le Brésil: La fin du miracle, chute du Real et hausse des taux

En 2011, je vous avais annoncé que le Brésil allait dans le mur car tout n’était bâti que sur l’emprunt, la dette:  Braise-île

Force est de constater que j’avais raison….

Inquiétudes sur le Brésil

Brésil Moody’s abaisse la note mais relève sa perspective

En plus, le réal brésilien se ramasse contre le USD qui monte (-30% depuis une année)

exch rate BR -USD 2007-2015

 

Et l’inflation monte et toujours pas de croissance, Quel miracle !

Brésil l’inflation ralentit en juillet mais reste à un niveau élevé sur 12 mois

Les taux des obligations à hauts rendements montent tout comme les taux des pays émergent: http://blog.crottaz-finance.ch/tout-est-une-histoire-de-taux/

taux Bresil

Et les CDS en apportent une preuve supplémentaire

 

bresil CDS 12-8-15

 

“He bien: Dansez Maintenant”

http://www.lafontaine.net/lesFables/afficheFable.php?id=1

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Audio: RTS, Pour Stéphane Garelli, la Suisse devrait se doter d’un fonds souverain

Voilà Un homme respectable qui s’exprime (M. Garelli s’exprime dès la minute 10 sur la BNS):

“Pour l’économiste Stéphane Garelli, invité du Journal du Matin, la Suisse aurait dû créer un fonds souverain plutôt que d’abandonner le taux plancher, afin de garantir sa capacité à investir.

Questionné sur l’abandon du taux plancher, l’économiste et professeur à l’IMD Stéphane Garelli dit qu’il n’a “pas compris la décision de la BNS”.

Pour lui, une réflexion aurait dû être menée avant l’abandon du taux plancher visant à mettre en place une solution alternative, que ce soit un fonds souverain, un fonds public-privé – une idée lancée récemment par Andreas Höfert, chef économiste de l’UBS -, ou un fonds d’infrastructures.

“Dans la situation actuelle, il y a beaucoup trop d’argent sur le marché qui ne sait pas où aller, qui ne sait pas où s’investir”, souligne le professeur de l’IMD, “on est dans un système où on est très riche en cash et très pauvre en investissement.”

“Le monde veut de la stabilité, pourquoi est-ce que nous ne leur en vendrions pas?”

Les fonds de pension cherchent à investir, rappelle Stéphane Garelli, qui souligne qu’en gardant un taux de 1 franc 20 pour 1 euro, il aurait été possible d’engranger l’argent dans un fonds souverain, à l’image de ce que fait la Norvège.

Et en plus, “nous vendons de la sécurité, nous vendons de la stabilité. Le monde en veut, pourquoi est-ce que nous ne leur en vendrions pas”, propose Stéphane Garelli. Il rappelle que le fonds souverain norvégien est le principal actionnaire privé de Nestlé. “Et pourquoi n’est-ce pas nous?”, s’interroge-t-il.

Stéphane Garelli explique qu’avec un tel fonds souverain, il serait possible de laisser une partie du fonds disponible en liquide à la BNS, une partie pourrait servir à acheter des actions comme le fait le fonds souverain norvégien. Enfin, la dernière partie pourrait être un fonds d’infrastructure qui permet d’investir dans les infrastructures en Suisse, avec un retour garanti.

De nombreux intérêts sont en jeu dans la BNS

Questionné sur la non-existence d’un fonds souverain en Suisse, Stéphane Garelli met en cause la grande prudence de la Suisse, mais surtout les nombreux intérêts en jeu dans la BNS:”il y a la BNS elle-même, qui veut garder sa marge de manoeuvre, mais aussi des intérêts politiques: une grande partie des dividendes de la BNS part à la Confédération et aux cantons. Se séparer de cet argent n’est jamais bienvenu, surtout que certains cantons ont mis dans leur budget des revenus de la BNS, qu’ils n’auront pas cette année.”

Dans tous les cas, pour Stéphane Garelli, il n’est pas possible de continuer à avoir plus de 530 milliards de francs d’argent “parqué à quelque part et qui ne fait rien”.

 

 

En Suisse, nous sommes en déflation (voir tableau ci-après)

CPI Switzerland

Où je ne suis pas d’accord avec Monsieur Garelli c’est qu’il avance qu’il fallait garder le taux plancher et que nous sommes est très riche en cash (qui est créé ex-nihilo).

Il parle du fonds souverain Norvégien. Ce dernier a du soucis avec le cours du pétrole et il pourrait vendre ses actifs:

http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-08-10/for-norway-oil-at-50-is-worse-than-the-global-financial-crisis

http://www.theguardian.com/environment/2015/jun/05/norways-pension-fund-to-divest-8bn-from-coal-a-new-analysis-shows

Je crois que Monsieur Garelli ne se rend pas compte des risques que la BNS fait peser sur la Suisse (comme tous ceux qui font partie de la pensée “main stream”)

Ma question quand la BNS va-t-elle revendre ses positions ?

Et si tout va mal, la BNS va probablement faire un tour de passe-passe:

Si La BNS continue à essuyer des pertes:

1) Elle sera recapitalisée

2) La BNS cessera d’évaluer ses actifs aux cours des marchés et peut aisni continuer à accumuler des pertes qu’elle cachera au public.

 

Toutes ces histoires me rappelle des prix Nobel à la tête d’un hedge funds (1998)

Qui se souvient ?

 

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Vidéo: Revue de Presse Jovanovic – Reichman (Août 2015)

Anxiogène je vous dis.

Assurance vie

Dettes

RSI

Destruction des indépendants

Trop de fonctionnaires, etc.

Europe, Allemagne

La France (l’Europe) se meurt-elle ? (la vidéo semble longue, mais vaut la peine)

Le dette cachée de la France 3200 milliards: http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/06/11/31007-20150611ARTFIG00140-3200-milliards-d-euros-la-dette-francaise-cachee-dont-on-ne-parle-pas.php

Les Assurances-vie: http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/le-jackpot-de-l-assurance-vie-dans-le-viseur-du-gouvernement_1334120.html

Les caisses sont vides ?: http://www.leparisien.fr/aubervilliers-93300/rsa-et-si-le-departement-ne-pouvait-plus-payer-l-an-prochain-26-07-2015-4971751.php

Vol de l’épargne des français: http://www.atlantico.fr/decryptage/en-faisant-main-basse-epargne-francois-hollande-finit-se-couper-francais-michel-garibal-880763.html

Au tennis on dirait “Game, Set and Match”

Les dirigeants ont perdu tout contact avec la base. Je suis d’accord avec M.Reichman, ils seront chassés du pouvoir.

Les super accords signés par nos dirigeants…

Traité transatlantique (TTIP): http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/06/24/31001-20150624ARTFIG00118-traite-transatlantique-voulons-nous-continuer-a-nous-aligner-sur-les-etats-unis.php et http://www.monde-diplomatique.fr/2013/11/WALLACH/49803 et http://www.huffingtonpost.fr/2014/05/19/ttip-traite-libre-echange-europe-etats-unis_n_5336832.html

Fatca: http://blog.crottaz-finance.ch/tag/fatca/

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Comment la BNS va-t-elle affaiblir le CHF ?

Je ne vais pas revenir sur la perte de la BNS de 50.1 milliards de CHF pour le premier semestre 2015 dans le détail, je crois que les journaux l’ont assez bien mentionnée.

Ce que je vous prédisais arrive.

Après avoir anticipé- il y a près de 4 ans – l’abandon du taux plancher, je m’aventure dans un pronostic qui peut sembler hasardeux, mais tout à fait plausible.

Tout d’abord, je désire juste mentionner l’article du temps:

50 milliards de pertes pour la BNS dans lequel Monsieur Bakhtiari avance des arguments à tomber de la chaise: La BNS a les reins assez solides pour faire face à des réserves négatives

On doit savoir d’où viennent ces explications fumeuses: De la pensé unique de banquiers. Monsieur Laurent Bakhtiari est diplômé d’un Master en Finance d’Audencia Nantes et d’un Master en mathématiques quantitatives d’Imperial College London. en conclusion, un Français (dont le pays est plombé depuis 1974 sans aucun budget à l’équilibre)) avec une culture de banque anglo-saxonne vient nous dire que ce n’est pas grave de faire des pertes et que la BNS a les reins super solides !

Là je dis tout simplement BRAVO ! On est donc très loin de l’école autrichienne.

Plus sérieusement, comment peut-on être si convaincu que la banque centrale suisse est invincible. L’abandon du taux plancher (sous la pression d’une explosion du Bilan) n’a-t-il pas déjà démontré que la marché est bien plus puissant que toute banque centrale.

J’ajoute que Monsieur Bakhtiari se permet de faire de la politique puisqu’il avance qu’heureusement l’initiative 20% de réserve en or (qui a été balayée parce qu’incomprise par tout un chacun et surtout super attaqué par le lobby financier) était une aberration économique. Tout dépend du moment du vote. Je ne suis pas certains qu’après l’abandon du taux plancher cette initiative aurait été balayée aussi fortement. Tout cela n’est plus qu’histoire)

Pour revenir à notre bilan de la BNS et pour mémoire, car certains – dont Monsieur fait partie – semblent avoir la mémoire très courte.

A certaines périodes les réserves en or de la BNS étaient composées jusqu’à 50% d’or.

Monsieur Dominque Casai mentionne d’ailleurs: “La Banque centrale européenne  possède 27% d’or, les banques centrales des pays de la zone euro affichant des pourcentages très élevés d’or sur leur bilan, à l’instar de l’Allemagne (67%), de la France (65%), ou de l’Italie (66%). La BNS aurait donc une marge si elle devait suivre les allocations de ses voisines. «S’il est vrai que la forte concentration d’or qu’avait la BNS il y a vingt ans n’était pas judicieuse, il faut constater que les 8% actuels sont extrêmement bas”

Allez une piqure de rappel (source Bilan)

or bns bilan

Comme je l’ai mentionné rapidement dans un article, j’imagine (sans être comploteur) ce que nous mijote la BNS (involontairement ?) puisqu’elle garde les euros dans son bilan énorme (quasiment 90% du PIB, alors que les Japon en est à 50% et les autres pays encore plus bas)

Tout d’abord des chiffres:

PIB Suisse 640 milliards de CHF environ

Bilan de la BNS: 577 milliards de CHF (juste petite remarque: la BNS a perdu 50,1 milliards depuis le début de l’année 2015 et son bilan a passé de 561 à 577 (+16)…donc approximativement 66 milliards de CHF d’achats de devises (50+16)

bns bilan fin juin

Dettes de la Suisse (publique Canton et confédération) 34.5%

(source:http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/21/02/ind32.indicator.71103.3208.html) soit environ 220 milliards.

Le monde entier nous envie cette dette basse (sauf les Russes qui en ont une encore plus basse) et c’est probablement le pourquoi de l’intérêt des investisseurs pour le CHF et ceci malgré les taux négatifs imposés sur les liquidités en CHF.

Vous me connaissez, vous me voyez donc venir.

Comment faire pour ne plus attirer les investisseurs ? Il suffit d’être super mauvais comme les autres. Pour cela, il faudrait endetter le pays de manière importante. La BNS nous y amène gentiment.

Il est possible dans un futur proche – sans que cela ne soit une utopie “débilissime” – que la BNS perde beaucoup, mais vraiment beaucoup d’argent, à savoir 100 ou même 200 milliards de CHF sur ses placement devises et aussi actions (pour mémoire la BNS possède une exposition de 100 milliards au marché des actions).

Comment ? hausse des taux, chute des marchés, chutes des devises etc.

Si la BNS perd 220 milliards, on pourrait imaginer qu’elle appelle au secours et demande a être recapitalisée. Par qui ? Par la Confédération (le peuple indirectement) qui lancerait une magnifique émission obligataire géante.

Par ce tour de passe-passe, la Suisse aurait un endettement immédiat de 69% et se rapprocherait des ses voisins.

Mais tout cela n’est que le fruit de mon imagination débordante qui m’avait vu annoncer, le jour de son instauration en 2011, l’abandon du taux plancher avec fracas: http://blog.crottaz-finance.ch/la-bns-devra-rendre-des-comptes/

Tout comme la pensée unique se trompe ou veut nous tromper (comme ici Bilan en 2012: Pourquoi la BNS va gagner son pari sur l’euro )

A relire sans modération:

http://blog.crottaz-finance.ch/si-la-banque-nationale-suisse-bns-metait-comptee/

http://blog.crottaz-finance.ch/si-la-bns-metait-comptee-episode-no-2/

 

La vidéo de la direction de la BNS

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L’or et les mines dans tous leurs états

La chute brutale de l’or a été de toute évidence orchestrée. Ayant moi-même géré des montants très important à l’époque, je sais très bien que le principe de “best execution” doit être la règle, à savoir soigner les ordres de vente ou d’achat afin de ne pas surpayer ou sous-encaisser.

Force est de constater que certains intervenant ne s’embarrassent pas et massacre les cours. En ce qui me concerne, je ne donnerais pas un kopek à gérer à de tels bandits.

20150719_gold_flashcrash

Sans vouloir céder à la théorie du complot, tout est fait pour faire lâcher les mains faibles.

Nous sommes aujourd’hui, et ceci depuis des années, dans une guerre monétaire. Le vainqueur n’est pas encore défini, entre les USA et les banques qui manipulent les cours papiers contre  Chinois et Russes qui achètent le tangible.

russian gold buying 07-20poupou

Et les Chinois (qui veulent protéger leur monnaie à 20% par de l’or)

china%20gold

Gold holdings
Gold holdings

On constate qu’aux deux premières places on voit les USA (dont aucun audit des réserves n’a pu être effectué malgré les demandes de Ron Paul notamment) et les Allemands (dont les stocks se trouvent aux USA et que les allemands n’arrivent pas à rapatrier..).

Il y a de la place pour que les chinois et les russes en achètent encore et je pense qu’ils vont même profiter pour accélérer les achats.

Au moment où je vous écris, le sentiment sur l’or est au plus bas. Les banques (y.c. nos “amis qui vous veulent du bien” Goldmann Sachs) voient l’or aller même jusqu’à 900 voire au-dessous.

Le sentiment au plus bas:

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Le hic c’est qu’il y a toujours un décalage entre la production, les coûts de production, le cours du sous-jacent.

Aujourd’hui la majorité des mines produisent à perte, alors que la production est encore en courbe ascendante.

gold production

le point clé est les coûts de productions:

all in costs

allincosts2

Une très grande quantité de mines sont en perte et c’est pourquoi je pense que l’or est très très proche d’un bas.

sangoldstockfall

Les titres touchent des plus bas

Voici un graphique avec les périodes baissières sur les titres or. 2011-2015 est une des périodes les plus fortes

July18_2015BGMIbears1

On est survendu au possible

July23_2015GDMos

Certains disent que comme les taux vont monter ce n’est pas bon pour les mines, voici une preuve du contraire avec la hausse des intérêts aux USA de 1968 à 1978

gold and interest ratese

Les mines sont bon marché par rapport à l’or

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Je rappelle que les mines sont des actions et non de l’or physique. Les actions sont influencées par l’offre, la demande, le sentiment, l’environnement politique et j’en passe.

Si j’étais moi, j’achèterais des mines et de l’or (idem pour le secteur de l’argent métal)

In Gold we trust

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ET la BNS persiste et signe (son arrêt de mort ?)

La BNS continue d’essayer d’affaiblir le CHF. La BNS continue de vendre du franc suisse pour acheter probablement des euros et du dollar.

http://www.tdg.ch/economie/bns-intervenue-marches-stabiliser/story/11982547

Tout est résumé dans la vidéo par le journaliste:

La BNS a perdu – à mon avis – toute sa crédibilité.

et comme je vous l’avais déjà fait remarquer, la BNS détient 100 milliards de francs suisses en actions diverses et variées (notamment américaines).

http://www.rts.ch/info/economie/6901175-apple-exxon-l-industrie-d-armement-la-bns-investit-des-milliards-aux-usa.html

http://www.rts.ch/info/economie/6900778-la-bns-privilegierait-le-gaz-de-schiste-aux-energies-renouvelable.html

Reste juste à connaître le montant des ventes de francs suisse et la taille du bilan scandaleusement dangereux de notre banque nationale.

Ici tous mes articles sur la BNS: http://blog.crottaz-finance.ch/tag/bns/

 

Pour conclure ce billet, je vous propose un scénario pour affaiblir le franc suisse:

Il était une fois une grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf.

A ces fins elle commence à manger, manger, manger jusqu’à ingurgiter tellement d’euros et de dollars qu’elle n’a plus aucune marge de manoeuvre.

Soudainement, les actifs qu’elle a emmagasinés commencent à chuter fortement. Lourdement au point de faire une perte abyssale de (allez mettons un chiffre abyssal) de 250 milliards de francs suisses.

Qui va venir à l’aide de cette grenouille pour un montant pareil ?

La Confédération !

Pour mémoire l’endettement de la Suisse (Cantons et Confédération) est d’environ 38% (mettons 40% par simplification) et le PIB Suisse est d’environ 650 milliards de CHF (par simplification aussi et comme on l’a vu en Grèce le PIB peut aussi s’écrouler!)

Si la Confédération lance des emprunts pour 250 milliards pour renflouer la BNS, il s’agira d’environ 40% d’endettement en plus pour le pays.

Le tour sera donc joué. Le suisse sera endetté à la même hauteur que ses voisins européens à 80%

 

Le but dans notre monde actuel n’étant pas d’être le meilleur, mais le moins mauvais  ou comme les autres !

 

 

 

 

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Grèce on y arrive enfin !

Après des années de souffrance des grecs (entre autres), la finalité que j’avais maintes fois annoncée sur ce blog, notamment en juin 2010 où j’écrivais:

“La situation n’est pas tenable et il faudra se résoudre à que, soit que des pays quittent la zone, soit que des pays quittent la zone.

Il ne reste plus qu’à déterminer lesquels et dans quel ordre.”

Qui détient la dette grècque:

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PSI : Private Sector

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voici un moment que les comptes se vident

 

Un peu d’humour en attendant le dénouement

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Les mois qui arrivent seront chauds pour la Grèce

Ce n’est pas la température qui va uniquement monter, mais la pression des créanciers (merci Heinz de m’avoir fait parvenir les graphiques)

Mai et Juin de grandes échéances de remboursement à venirGreece - Pay back schedule April 2015

Les obligations à 3 ans et leur rendements (en bleu) de 28%

Greece - Yield on 3-year government bonds 20.4.15

Les pays qui foncent vers le faillite

Countries going towards bankruptcy April 2015

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes (panglos dans Candide de Voltaire)

 

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La BNS se tire une balle dans le pied

La mise en place d’un intérêt négatif de -0.75% sur tous les dépôts auprès de la BNS pose plusieurs problèmes à notre noble institution qu’est notre banque centrale et met les dépositiaires dans l’embarras.

Un taux d’intérêt négatif avait été mis en place il y a quelques décennies (1979), mais il ne frappait que les capitaux étrangers.

Au contraire, aujourd’hui, tout le monde est frappé par cette mesure, surtout les caisses de pensions (sauf celles de la confédération, oh scandale ! La caisse de pension de la BNS exemptée du taux d’intérêt négatif ), assurances, banques, etc.

Presque toutes les banques répercutent à leurs clients l’intérêt négatif selon leurs fortunes (ça change au jour le jour):

Lombard Odier, la Banque Cantonale de Zurich, Credit Suisse, UBS ou encore

BCV: http://www.tdg.ch/economie/argentfinances/La-BCV-pratiquera-le-taux-negatif-au-comptegouttes/story/11226102

Pictet (dès 1 mios, 10 février 2015): http://www.bilan.ch/argent-finances/pictet-introduit-tour-taux-negatifs-gros-clients

La BNS a ouvert une boîte de pandore.

 

Petit aparté:

Il y a désormais des années que la BNS devait changer les billets de banque en circulation. Elle a trouvé maintes excuses dont celle de problèmes d’impression, de papiers, de sécurité…

Je vais vous écrire le fond de ma pensée. Il est totalement impossible que ces problèmes durent aussi longtemps (ils existent depuis 2010)

2012: http://www.lematin.ch/economie/Nos-futurs-billets-de-banque-cherchent-leur–papier/story/23428267

2014: http://www.bilan.ch/economie/de-billets-de-banque-lan-prochain-suisse

En fait (idée certainement issue de mon cerveau de tordu qui cherche toujours à savoir à qui profit le crime) je pense que c’est une volonté.

En effet, si le secret bancaire tombait, il serait totalement impossible de changer les anciens billets contre les nouveaux (pour ceux qui posséderaient du cash non déclaré), puisqu’un passage au guichet serait obligatoire et laisserait une trace.

10er 100

Evelyne Widmer-Schlumpf et la BNS jouent la montre et attendent que tous les accords passent en force (OCDE, GAFI) (elles l’espèrent avant le vote sur cette initiative: http://www.proteger-la-sphere-privee.ch/)

 

Revenons à nos moutons:

Nous assistons à une légère ruée sur le cash pour le mettre au coffre plutôt que de subir un intérêt négatif. Tout ce cash (déclaré) est pénalisé.  La BNS a même donné des instructions pour empêcher les grands retraits (par des caisses de pension ou assurances):

On assiste aussi à des scènes étranges où des personnes, qui ont économisé depuis des années, veulent – à tout prix – acheter un bien immobilier pour ne pas subir un intérêt négatif sur les centaines de milliers de CHF qu’elles possèdent en compte.

On constate effectivement que les billets en circulation sont en constante augmentation (c’était d’ailleurs un de mes anciens concours)

billets en circulation suisse 1979-2015

Comme presque tout le monde le sait,  les banques créent de l’argent à partir des dépôts qu’elles obtiennent.

Si les déposants / épargnants se mettent à retirer leur argent, les banques vont devoir faire face à une espèce de “banque run”

Les banques (institutions privées) créent donc de la monnaie qui est un “bien” étatique ! (l’Etat et les banques marchent donc la main dans la main)

Certains veulent que cela change: Une récolte de signatures est en cours:

monnaie pleine

http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/

En conclusion:

“Withdraw or not withdraw that is the question !”

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Banque Nationale Suisse (BNS), les achats continuent ?

Le 15 janvier 2015 a été marqué par un fait que peu de monde attendait.

Je vous l’avais écrit maintes fois sur ce blog le jour même où la BNS avait pris la décision de défendre l’indéfendable, à savoir un taux plancher entre deux monnaies.

Pour mémoire tous mes articles qui parlent de la BNS: http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns

Je vous ai donc manqué en ce début d’année et j’ai été un peu frustré de ne pas pouvoir commenter à chaud ce que j’avais prévu et annoncé depuis des années.

Aujourd’hui – après cet abandon et la chute des devises contre CHF ( de fin décembre 2014 à fin janvier 2015 de 13.5% pour l’EUR, de 7.4% pour le USD et 5.6% pour le JPY) –  quelle est la taille du bilan de la BNS ?

somme du bilan de la BNS

Si je ne compte pas trop faux, nous avions un bilan:

– fin 2014 de CHF 510 milliards en devises,  CHF 39 milliards en or et un total du bilan de CHF 561 milliards

– fin janvier 2015 de CHF 507 en devises, CHF 39 milliards en or et un total du bilan de CHF 557.8 milliards

Vous me connaissez, vous me voyez donc venir avec ma petite remarque qui tue.

Comment est-il possible d’avoir quasiment la même exposition en devises si celles-ci baissent entre 7 et 13% sur le mois ? (la BNS possédait l’équivalent de CHF 147 milliards en USD et CHF 236 milliards en EUR à fin 2014) et la même taille de bilan d’un mois à l’autre.

Je vous le donne en mille! La BNS a abandonné le plancher, mais a continué d’accumuler des devises. Nous saurons à la fin du trimestre la répartition des différents postes, mais force est de constater que l’entêtement règne.

J’ose espérer que la BNS a conclu un pacte secret avec la BCE pour revendre les obligations d’Etats européens en portefeuille, sinon je ne donne pas cher du futur des “actifs” de la BNS et de son bilan.

Ce matin sur la RTS: pas touche à l’indépendance de la BNS

Ah oui j’oubliais elle est tellement indépendante qu’elle fixe des intérêts négatifs sur les comptes (sur l’argent que déposent les banques et institutions financières et caisses de pensions. sauf…..

pour la caisse de pension de la confédération (PUBLICA).

Elle est belle l’indépendance !

Et je comprend que certains montent au créneau: http://www.rts.ch/info/suisse/6563833-les-caisses-maladie-contestent-le-taux-d-interet-negatif-introduit-par-la-bns.html

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La Banque Nationale Suisse au service du public ou des marchés? Par Liliane Held-Khawam

Madame Liliane Held-Khawan nous gratifie ce jour (comme à son habitude) d’un excellent article.

La BNS temple de la richesse de la Suisse du 20ème siècle est devenu son talon d’Achille. Depuis une dizaine d’années cette entreprise cotée en bourse semble avoir donné une place prépondérante aux besoins des marchés financiers par rapport à ceux du public. Dans son rapport d’activité de 2012 (p66) on peut lire ceci en réponse à la demande de la création d’un fond souverain : « … associer le placement des réserves monétaires de la BNS à des intérêts stratégiques de la Suisse engendrerait un risque de conflit d’intérêts et mettrait potentiellement en danger l’indépendance de la BNS ». Tout est dit.

Dans un contexte d’union douanière, le marché est roi et le marché financier le roi des rois. Bien avant la populaire crise des subprimes, les gouvernants de grandes puissances ont octroyé une place prépondérante aux banques commerciales. Ceci s’est fait grâce au pouvoir de création monétaire qui leur a été délégué. Cette monnaie qui s’appuie sur des dettes – appelée aussi scripturale (1)- est la racine d’un système financier déséquilibré et malade. Le pouvoir de créer de la monnaie ex-nihilo a permis aux financiers de s’infiltrer dans tous les coins de la vie politique, économique, sociale et privée. Cette monnaie scripturale représente plus de 90% de la masse monétaire mondiale ce qui bouleverse totalement la donne en matière de pouvoir monétaire, financier et politique. Sa portée politico-sociale est majeure!

Ce pouvoir étendu offert à un groupe de personnes a créé un chamboulement dans le métier bancaire rythmé par les crises et les scandales. La Suisse a été par exemple sonnée en 2007 par la découverte de l’implication de la légendaire UBS dans la crise américaine des subprimes et de ses pertes vertigineuses. La première surprise passée, on a expliqué au citoyen qu’il devait payer pour des personnes privées  ayant opéré sur sol américain. Encore plus surprenant, des pratiques criminelles éclaboussant ces grandes banques transnationales ont échappé aux mains de la justice.

Bref, les conséquences pratiques de tout cela se sont cristallisées en 2011 autour du financement des dettes publiques européennes et les risques de défaut de paiement de certains pays. La crise était si aigüe qu’elle menaçait d’emporter avec elle la zone euro et sa monnaie. Les banques européennes lourdement chargées en créances publiques (grecques, espagnoles,..) hautement risquées dans une monnaie qui l’était tout autant ne se faisaient plus confiance. C’en était à tel point qu’elles avaient du mal à se procurer du dollar américain. Elles couraient le risque de devoir vendre leurs actifs en dollars et de stopper le financement de compagnies américaines. Le système était en train de se gripper sévèrement !

C’est donc pour éviter un effondrement des marchés que 5 banques centrales dont la BNS ont décidé de mettre en place l’assouplissement quantitatif de manière massive en septembre 2011. C’est une politique monétaire dite « non conventionnelle » qui consiste en une expansion du bilan de la banque centrale qui rachète aux établissements financiers de manière définitive ou temporaire (REPO) des actifs même toxiques. Ces acquisitions se font en monnaie nationale via les comptes à vue que les banques possèdent auprès des banques centrales. C’est ainsi que la zone euros a pu refinancer à bon compte ses dettes souveraines et que l’euro a été sauvé.

Cette décision de l’assouplissement quantitatif -annoncée par le New York Times le 15 septembre 2011 (2)- explique à elle seule la décision quant à la fixation par la BNS d’un taux-plancher avec l’euro (septembre de la même année). Il semble évident que ce taux plancher lui permet à ce jour de ne pas faire apparaître les pertes comptables liées à la valeur réelle de l’euro. Le mécanisme de l’assouplissement quantitatif se lit dans le bilan de la BNS. On peut relever quelques éléments qui retiennent l’attention.

Le premier élément est l’expansion sans précédent de son bilan sans réalité économique. Celui-ci a été multiplié par plus de 4 entre fin 2004 et fin 2013. Cette tendance expansionniste s’est poursuivie immuablement durant les sept premiers mois de 2014, le bilan passant de 490 à 517 milliards de francs sur cette période !
Un deuxième élément qui interpelle est le soutien massif de l’euro qui occupe quasiment la moitié des devises (46%) pour atteindre la somme vertigineuse de 215 milliards de francs suisses au 30 juin 2014. A titre indicatif, cette rubrique s’élevait à 112 milliards de francs en 2010.

Le 3ème élément fort intéressant est que la BNS investit massivement dans la reprise d’obligations d’État. Ces actifs sont en effet passés de 170 milliards fin 2010 à 340 milliards en juillet 2014 !
Le 4ème élément est un comportement nouveau de la BNS. Il consiste à récupérer des créances d’institutions risquées. Ainsi, les placements avec une notation financière égale ou inférieure à « A » sont passés de 6 milliards de francs en 2010 à près de 37.5 milliards de francs en juillet 2014 ! Voilà une conséquence claire de l’assainissement des banques et institutions financières.

Toutes ces acquisitions/reprises d’actifs des établissements commerciaux doivent être financées. Ceci s’est fait via plusieurs comptes de l’actif ou du passif du bilan. En voici quelques-uns.

  • Lors des subprimes, la BNS a vendu 250 tonnes d’or entre 2007 et 2009.
  • La BNS a augmenté les billets physiques en circulation qui sont passés de 40 à 63 milliards de francs en moins de 10 ans.
  • La BNS a renfloué les banques en Suisse (« compte des virements des banques en Suisse »)  via leur compte à vue auprès de la banque centrale. Cette rubrique a littéralement explosé en même temps que le bilan de la BNS. Elle est passée de moins de 6 milliards en 2005 à 305 milliards en juillet 2014. Elle  constitue la contrepartie apportée par la banque centrale en échange des titres en devises qu’elle assume dorénavant appelés « placement en devises étrangères » inscrits au bilan de la BNS.

Cet argent déposé sur des comptes courants -rémunéré actuellement à 0%- appartient désormais à des banques commerciales (identités non communiquées). Il constitue un actif pour ses propriétaires et un dû pour la banque centrale. Ce sont donc de facto des crédits purs et durs contractés par la BNS auprès des banques commerciales. Celles-ci peuvent grâce à ce « renflouement » développer leur propre création monétaire scripturale et donc amplifier leurs activités plus ou moins spéculatives

  • les « comptes des virement de banques et d’institutions étrangères », autre source de financement des acquisitions de devises et de créances publiques. Le principe est le même que le précédent à la différence près que les établissements se trouvent à l’étranger. Cette rubrique est passée de moins de 2 milliards en 2011 à près de 15 milliards (19 mia en avril 2014). Un bond notable a eu lieu en 2012 (12 mia). Peut-on y voir un lien avec l’ouverture d’une agence de la BNS à Singapour ?

Cette observation du bilan de la BNS appelle plusieurs constats. Le premier c’est que la BNS semble s’être elle-même financiarisée à l’image des Etats ou des entreprises transnationales y c des grandes banques. Son impressionnante expansion sans lien avec l’économie réelle et le PIB donne le sentiment de la constitution d’une bulle spéculative géante.

La présence massive de placements en euros fait perdre de facto l’indépendance tant recherchée dans la loi sur la BNS de 2003. D’ailleurs, quelques semaines avant la fixation du taux-plancher on pouvait relever ce passage dans un article du Temps du 15 juillet 2011 (3):

« Alors que le franc s’envolait mercredi vers de nouveaux sommets, Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse, a fermement rejeté toute idée d’arrimer la monnaie helvétique à l’euro. «Notre mandat principal est d’assurer la stabilité des prix. Lier le franc à l’euro entraînerait de nouveaux problèmes, comme la hausse des taux d’intérêt en Suisse. En outre, une telle opération nécessiterait de modifier la Constitution. Nous ne pourrions plus assurer l’indépendance de notre politique monétaire», a-t-il rappelé mercredi à Zurich lors d’un podium de discussion organisé par l’Efficiency Club. »
La Constitution n’a pas été modifiée, le taux-plancher a été posé et la BNS a perdu son indépendance en matière de politique monétaire. A tout cela s’ajoute une question : que se passerait-il en cas de sortie d’un Etat-membre de la zone euro? Qui supportera les conséquences d’un défaut de paiement d’un des créanciers à risques?

Les risques d’hyperinflation sont réels. Tant que les banques commerciales accepteront de laisser leurs centaines de milliards dormir sur le compte à vue de la BNS à 0%, l’inflation sera en principe contenue. Mais que se passerait-il si ces mêmes banques pilotées en bonne partie par des puissances financières étrangères venaient à retirer leurs dépôts non obligatoires ? Et si elles décidaient de les injecter dans le marché suisse?

Le même septembre 2011, un évènement peu relayé dans la presse a eu lieu à Berne. Les autorités fédérales ont validé une loi appelée Too big to fail. Celle-ci garantit de manière illimitée et sans condition toute défaillance de toute banque répertoriée comme too big to fail. Cette garantie concerne l’argent public du pays mais aussi l’argent des citoyens (épargnes, caisses de pension, assurance-vie…). Le citoyen-contribuable qui gagne son argent grâce à son effort au travail doit garantir un circuit financier représenté par des responsables qui semblent bénéficier d’une impunité à toute épreuve. Les risques liés au concept de la Too big to fail a été remis en question par le FMI (4).

Les enjeux en termes de démocratie et du bien commun sont gigantesques, existentiels et essentiels pour l’avenir. Le travail n’est plus le facteur créateur de richesses. Le danger d’une création d’un circuit fermé créateur de richesses gigantesques réservé à une élite semble être en train de se mettre en place. Les gains basés avant tout sur la spéculation et les « coups » peuvent être si importants que la tentation des banquiers de tourner le dos au financement de l’économie réelle augmente.

A ce stade les questions et interrogations sont nombreuses. Est-ce que le portefeuille gigantesque de la BNS est encore utilisé pour le bien commun compte tenu de son refus de constituer un fond souverain pour la Suisse? Sa force de frappe boursière peut-elle « booster » artificiellement les marchés boursiers? Participe-t-elle alors à enrichir un petit nombre de manière démesurée? Est-elle devenue partie prenante de la finance-casino? Cette politique est-elle compatible avec la mission que le législateur lui a assignée ? Est-il légitime de faire porter des risques majeurs d’un système pour le moins problématique par les petits épargnants, contribuables, retraités? Est-elle en train de transférer son indépendance à des tiers étrangers avec l’assouplissement quantitatif et l’explosion du compte des virements des banques en Suisse remettant alors en cause la souveraineté du pays sans mandat connu? Quel poids politique ce compte de virements des banques donne-t-il à leurs propriétaires?

Surprenante BNS qui nous avait habitués à la prudence. Nous nous retrouvons avec une monnaie quasiment privatisée et une indépendance monétaire pratiquement perdue! La monnaie, la politique monétaire et la banque centrale sont autant de pierres angulaires à l’édifice de l’intérêt public, du bien commun et de la démocratie. Objectivité et neutralité doivent garantir l’équité entre les citoyens. Tout comportement qui ressemblerait à du favoritisme d’un groupe ou d’un autre est contraire à l’esprit d’une économie libre, à la liberté d’entreprendre et à l’Etat de droits.

Au pouvoir illégitime octroyé au marché financier, s’ajoute le fait que la richesse de la Suisse et des suisses est en mode de dilution avancée. Alors qu’une minorité d’individus a acquis un pouvoir de vie et de mort sur la monnaie nationale, un nombre grandissant du peuple peine à boucler ses fins de mois. C’est par la monnaie que la démocratie est en train de filer…

Liliane Held-Khawam

(1)La monnaie scripturale détruit les États! https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2014/07/19/la-monnaie-scripturale-detruit-les-etats/

(2) 5 Central Banks Move to Supply Cash to Europe, September 15, 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/16/business/global/borrowing-costs-stubbornly-high-at-spanish-auction.html?_r=0

(3) http://www.letemps.ch/Page/Uuid/823b8ba4-ae59-11e0-8d13-d03d80d505be/Lier_le_franc_%C3%A0_leuro_cr%C3%A9erait_de_nouveaux_probl%C3%A8mes

(4) Le dernier « Rapport sur la stabilité financière globale » du FMI consacre un chapitre entier (sur trois) aux problèmes générés par les garanties étatiques offertes aux établissements considérés comme TBTF. Il y est très clairement expliqué que les banques qui bénéficient de ce type de garantie « ont peu d’incitation à surveiller et punir les prises de risque excessives ». Elles bénéficient par ailleurs de conditions d’emprunt plus avantageuses que ne le justifierait leur profil de risque, ce qui peut leur permettre d’augmenter leur niveau d’endettement pour « s’engager dans des activités plus risquées ». Ces établissements sont ainsi encouragés à rechercher une rentabilité à brève échéance, au détriment de leur viabilité à plus long terme.

Source : Global Financial Stability Report, avril 2014, p.102,

http://www.imf.org/External/Pubs/FT/GFSR/2014/01/pdf/text.pdf

The implicit government protection of these banks distorts prices and resource allocation. Because creditors of SIBs do not bear the full cost of failure, they are willing to provide funding at a lower cost than warranted by the institutions’ risk profiles. They also have little incentive to monitor and punish excessive risk-taking. SIBs then may take advantage of the lower funding costs to increase their leverage and engage in riskier activities. Banks may also seek to grow faster and larger than justified by economies of scale and scope to reap the benefits of the implicit funding subsidy granted to TITF institutions.

  • les « comptes des virement de banques et d’institutions étrangères », autre source de financement des acquisitions de devises et de créances publiques. Le principe est le même que le précédent à la différence près que les établissements se trouvent à l’étranger. Cette rubrique est passée de moins de 2 milliards en 2011 à près de 15 milliards (19 mia en avril 2014). Un bond notable a eu lieu en 2012 (12 mia). Peut-on y voir un lien avec l’ouverture d’une agence de la BNS à Singapour ?

Cette observation du bilan de la BNS appelle plusieurs constats. Le premier c’est que la BNS semble s’être elle-même financiarisée à l’image des Etats ou des entreprises transnationales y c des grandes banques. Son impressionnante expansion sans lien avec l’économie réelle et le PIB donne le sentiment de la constitution d’une bulle spéculative géante.

La présence massive de placements en euros fait perdre de facto l’indépendance tant recherchée dans la loi sur la BNS de 2003. D’ailleurs, quelques semaines avant la fixation du taux-plancher on pouvait relever ce passage dans un article du Temps du 15 juillet 2011 (3):

« Alors que le franc s’envolait mercredi vers de nouveaux sommets, Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse, a fermement rejeté toute idée d’arrimer la monnaie helvétique à l’euro. «Notre mandat principal est d’assurer la stabilité des prix. Lier le franc à l’euro entraînerait de nouveaux problèmes, comme la hausse des taux d’intérêt en Suisse. En outre, une telle opération nécessiterait de modifier la Constitution. Nous ne pourrions plus assurer l’indépendance de notre politique monétaire», a-t-il rappelé mercredi à Zurich lors d’un podium de discussion organisé par l’Efficiency Club. »
La Constitution n’a pas été modifiée, le taux-plancher a été posé et la BNS a perdu son indépendance en matière de politique monétaire. A tout cela s’ajoute une question : que se passerait-il en cas de sortie d’un Etat-membre de la zone euro? Qui supportera les conséquences d’un défaut de paiement d’un des créanciers à risques?

Les risques d’hyperinflation sont réels. Tant que les banques commerciales accepteront de laisser leurs centaines de milliards dormir sur le compte à vue de la BNS à 0%, l’inflation sera en principe contenue. Mais que se passerait-il si ces mêmes banques pilotées en bonne partie par des puissances financières étrangères venaient à retirer leurs dépôts non obligatoires ? Et si elles décidaient de les injecter dans le marché suisse?

Le même septembre 2011, un évènement peu relayé dans la presse a eu lieu à Berne. Les autorités fédérales ont validé une loi appelée Too big to fail. Celle-ci garantit de manière illimitée et sans condition toute défaillance de toute banque répertoriée comme too big to fail. Cette garantie concerne l’argent public du pays mais aussi l’argent des citoyens (épargnes, caisses de pension, assurance-vie…). Le citoyen-contribuable qui gagne son argent grâce à son effort au travail doit garantir un circuit financier représenté par des responsables qui semblent bénéficier d’une impunité à toute épreuve. Les risques liés au concept de la Too big to fail a été remis en question par le FMI (4).

Les enjeux en termes de démocratie et du bien commun sont gigantesques, existentiels et essentiels pour l’avenir. Le travail n’est plus le facteur créateur de richesses. Le danger d’une création d’un circuit fermé créateur de richesses gigantesques réservé à une élite semble être en train de se mettre en place. Les gains basés avant tout sur la spéculation et les « coups » peuvent être si importants que la tentation des banquiers de tourner le dos au financement de l’économie réelle augmente.

A ce stade les questions et interrogations sont nombreuses. Est-ce que le portefeuille gigantesque de la BNS est encore utilisé pour le bien commun compte tenu de son refus de constituer un fond souverain pour la Suisse? Sa force de frappe boursière peut-elle « booster » artificiellement les marchés boursiers? Participe-t-elle alors à enrichir un petit nombre de manière démesurée? Est-elle devenue partie prenante de la finance-casino? Cette politique est-elle compatible avec la mission que le législateur lui a assignée ? Est-il légitime de faire porter des risques majeurs d’un système pour le moins problématique par les petits épargnants, contribuables, retraités? Est-elle en train de transférer son indépendance à des tiers étrangers avec l’assouplissement quantitatif et l’explosion du compte des virements des banques en Suisse remettant alors en cause la souveraineté du pays sans mandat connu? Quel poids politique ce compte de virements des banques donne-t-il à leurs propriétaires?

Surprenante BNS qui nous avait habitués à la prudence. Nous nous retrouvons avec une monnaie quasiment privatisée et une indépendance monétaire pratiquement perdue! La monnaie, la politique monétaire et la banque centrale sont autant de pierres angulaires à l’édifice de l’intérêt public, du bien commun et de la démocratie. Objectivité et neutralité doivent garantir l’équité entre les citoyens. Tout comportement qui ressemblerait à du favoritisme d’un groupe ou d’un autre est contraire à l’esprit d’une économie libre, à la liberté d’entreprendre et à l’Etat de droits.

Au pouvoir illégitime octroyé au marché financier, s’ajoute le fait que la richesse de la Suisse et des suisses est en mode de dilution avancée. Alors qu’une minorité d’individus a acquis un pouvoir de vie et de mort sur la monnaie nationale, un nombre grandissant du peuple peine à boucler ses fins de mois. C’est par la monnaie que la démocratie est en train de filer…

Liliane Held-Khawam

(1)La monnaie scripturale détruit les États! https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2014/07/19/la-monnaie-scripturale-detruit-les-etats/

(2) 5 Central Banks Move to Supply Cash to Europe, September 15, 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/16/business/global/borrowing-costs-stubbornly-high-at-spanish-auction.html?_r=0

(3) http://www.letemps.ch/Page/Uuid/823b8ba4-ae59-11e0-8d13-d03d80d505be/Lier_le_franc_%C3%A0_leuro_cr%C3%A9erait_de_nouveaux_probl%C3%A8mes

(4) Le dernier « Rapport sur la stabilité financière globale » du FMI consacre un chapitre entier (sur trois) aux problèmes générés par les garanties étatiques offertes aux établissements considérés comme TBTF. Il y est très clairement expliqué que les banques qui bénéficient de ce type de garantie « ont peu d’incitation à surveiller et punir les prises de risque excessives ». Elles bénéficient par ailleurs de conditions d’emprunt plus avantageuses que ne le justifierait leur profil de risque, ce qui peut leur permettre d’augmenter leur niveau d’endettement pour « s’engager dans des activités plus risquées ». Ces établissements sont ainsi encouragés à rechercher une rentabilité à brève échéance, au détriment de leur viabilité à plus long terme.

Source : Global Financial Stability Report, avril 2014, p.102,

http://www.imf.org/External/Pubs/FT/GFSR/2014/01/pdf/text.pdf

The implicit government protection of these banks distorts prices and resource allocation. Because creditors of SIBs do not bear the full cost of failure, they are willing to provide funding at a lower cost than warranted by the institutions’ risk profiles. They also have little incentive to monitor and punish excessive risk-taking. SIBs then may take advantage of the lower funding costs to increase their leverage and engage in riskier activities. Banks may also seek to grow faster and larger than justified by economies of scale and scope to reap the benefits of the implicit funding subsidy granted to TITF institutions.

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Si la Banque Nationale Suisse (BNS) m’était «comptée»

Pour mes lecteurs, voici l’article paru sur les Econoclastes il y a deux jours.

Pour commencer voici l’article qui régit les attributions de la BNS :

Article 99 de la constitution fédérale

Art. 99 Politique monétaire

1. La monnaie relève de la compétence de la Confédération; le droit de battre monnaie et celui d’émettre des billets de banque appartiennent exclusivement à la Confédération.

2. En sa qualité de banque centrale indépendante, la Banque nationale suisse mène une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays; elle est administrée avec le concours et sous la surveillance de la Confédération.

3. La Banque nationale constitue, à partir de ses revenus, des réserves monétaires suffisantes, dont une part doit consister en or.

4. Elle verse au moins deux tiers de son bénéfice net aux cantons.

Il faut ajouter que le Banque nationale est une société anonyme fondée en 1907, cotée en bourse, mais régie par une loi spéciale depuis 2002. Les détenteurs du capital sont :

La Confédération suisse ne possède aucune action.

La surveillance de la Banque nationale suisse est explicitement exclue du mandat du Contrôle fédéral des finances.

La fixation d’un taux « plancher » (floor)

Suite à la hausse vertigineuse du Franc suisse (CHF) depuis des années et de manière beaucoup plus prononcée entre 2008 et 2011, il a fallu que la BNS intervienne de manière drastique pour freiner cette hausse en appliquant un taux de change plancher contre la monnaie du principal partenaire économique (l’UE), ceci afin de stopper la force de la monnaie qui commençait à engendrer des problèmes importants pour les exportations suisses.

En conséquence en date du 6 septembre 2011 un taux de change de 1 EUR = 1.20 CHF a été fixé. La BNS a annoncé qu’elle défendrait ce seuil contre vents et marées.

Pour l’instant cette stratégie a fonctionné et s’est révélée globalement assez payante puisque ce plancher de 1.20 n’a (pour le moment) pas été attaqué.

CHF euro 1998 - 2014

La conséquence, un bilan démesuré

Suite à ce combat engagé par la BNS, le bilan de cette dernière a littéralement explosé depuis cette intervention pour se retrouver à un niveau jamais atteint. (ndlr : La BNS avait déjà acheté des euros à 1.43 plusieurs fois avant 2011 afin de tenter de freiner la hausse du CHF)

bilan BNS 1996 -2014

 

Un ratio Bilan de la BNS /PIB hallucinant 

Cette augmentation du bilan doit être remise en perspective du PIB pour se rendre compte de l’énormité du bilan de la BNS.

Ce dernier est à mettre en perspective avec les bilans des autres grandes banques centrales (toujours en rapport avec le PIB de chacun des Etats).

On constate bien évidemment la gigantesque hausse du bilan de la « Bank of Japan » suite aux injections massives de Yens

Total central bank assets as percentage of GDP 14

Si cela vous paraît déjà démesuré, cela ne m’étonne qu’à moitié. Et bien sachez (pour ceux que ne lisent pas mon blog) que la BNS fait encore plus fort !

La BNS a un bilan de 517.329 milliards de CHF (juillet 2014) et que le PIB suisse est de 151.900 milliards de CHF au 2ème trimestre 2014 (en stagnation).

En conclusion, le ratio Bilan /PIB (estimation PIB 2014) = 517.329 / 607.600 =

85.14%

Le bilan de la BNS c’est quoi ?

De quoi se constitue le bilan de la BNS aujourd’hui pour être devenu si énorme ?

Principalement de devises européennes (46%), américaines (27%) et japonaises (9%)

Et comment sont investies ces devises ? Pour 84% en obligations (73% en obligations d’Etats) et tenez vous bien, en actions et ceci pour un pourcentage de 16% représentant la modique somme de 82 milliards de CHF, soit plus de 10’000 CHF par habitant.

reserves de devises et titres en CHF BNS Q2 14


Et l’or dans tout cela ?

On se doute bien que dans toute cette histoire de devises, il y a un acteur qui a été largement laissé de côté et pour cause…l’or.

Rappel : La BNS a comme mission de conserver de l’or (mais le mandat n’est pas clairement défini puisque ce dernier ne mentionne pas la quantité et pour mémoire la BNS a vendu environ 1’300 tonnes d’or entre 2000 et 2005 (mon article de 2012 à ce sujet :http://blog.crottaz-finance.ch/?p=10238)) et il lui en reste 1040 tonnes aujourd’hui.

En conséquence, une initiative pour sauver l’or de la Suisse a été lancée et le peuple devra se prononcer le 30 novembre 2014: http://www.initiative-or.ch/initiative/index.html

Bien évidemment les milieux politiques demandent de rejeter cette initiative, car elle prive la BNS de liberté de création monétaire sans contrepartie

Depuis des années, la quantité d’or (en pourcent du bilan de la BNS) ne fait que chuter.

reserves monetaires BNS 2006-2013

Alors que son bilan explose de monnaies diverses et variées.

bilan BNS gold devises reserves

Un plancher en papier et un risque monétaire

Ces derniers temps, l’euro s’est passablement affaibli et le plancher de 1.20 se rapproche dangereusement (une intervention supplémentaire de la BNS ne peut désormais plus être exclue).

change euro chf une année

La valeur du franc suisse est indéniable car la dette publique suisse n’est que 35,2% du PIB environ (confédération et cantons) et c’est pour cela que le marché va en acheter (pour probablement se protéger de la chute des autres monnaies. En conséquence, la BNS va devoir se mettre en face des acheteurs en vendant le CHF. Pour combien de temps ? Avec quelle puissance ? Que va-t-elle faire de tous ces euros ? Achetez de la dette des pays ? Acheter des actions ?La BNS se transforme gentiment en hedge funds.

Pourquoi la BNS n’a-t-elle pas allégé son énorme position lorsque l’euro flirtait avec 1.25 CHF ?

Pourrait-on imaginer un scénario de lente intégration (rampante) de la Suisse dans l’euro (ce que veulent les dirigeants mais pas le peuple (souverain je le rappelle !)) ?

Imaginez que soudainement la BNS possède des milliers de milliards d’euros et que son message soit : « Adhérons à l’euro sinon nous sommes ruinés ! »

Et si de toute façon cette création monétaire ex-nihilo ne nous ruinait pas finalement en tuant notre pouvoir d’achat ?

Les prochains temps seront déterminants pour la Suisse, la BNS et sa politique monétaire.

Tous mes articles sur la BNS ici : http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns

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Engagements financiers bruts et déficits des administrations publiques en % du PIB (prévision 2015)

engagement financiers et deficit ou excédents etats est 2015

Il est ainsi assez facile de visualiser les bons et les mauvais élèves.

Quand je lis les prévisions de l’OCDE de déficits de 3.1% pour la France, de gros doutes m’envahissent…

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