Billet invité : L’épargne des suisses et la BNS

“L’épargne des Suisses a été engagée par la BNS pour financer sa politique d’affaiblissement du franc.”

Il y a tout juste un an, est paru un excellent article dans le magazine “L’illustré” à propos de notre BNS et de sa politique de lutte contre le franc fort.

Vous pouvez y accéder via ce lien :

https://www.illustre.ch/magazine/bns-aspire-lepargne-suisses

Je vous recommande fortement de le lire, juste pour être plus ou moins conscient de ce qui se passe.

J’avais lu le livre de M. Vincent Held qui est interviewé dans cet article et partage ses opinions.

Voici quelques points si cela vous intéresse :

La “monnaie centrale” regroupe les billets et pièces en circulation (le numéraire) et les avoirs à vue détenus par les banques auprès de la banque centrale.

En Suisse, la monnaie centrale est créée par la banque nationale.

La BNS peut émettre autant de numéraire (billets et pièces) qu’elle le désire. Ce poste représente actuellement un peu moins de 10% de son bilan.

Le gros de la “monnaie centrale” est constitué des avoirs à vue détenus par les banques. Pour augmenter le volume de “monnaie centrale”, la BNS achète des devises ou des titres à une banque commerciale et lui crédite la contre-valeur en francs sur son compte à vue (compte de virement).

Le financement des actifs de la BNS, principalement en euros et dollars (dont des actions), se fait donc à crédit, en grande partie via les comptes de virement des banques commerciales ! 

Quelques chiffres (à fin 2019) pour montrer l’ampleur du problème:

Bilan de la BNS : 861 milliards.

PIB de la Suisse : 703 milliards.

Bilan de la BNS par rapport  au PIB : 122% (contre moins de 30% il y a vingt ans) !

Investissements en monnaies étrangères : 794 milliards.

Financés par…

Avoirs en comptes de virement des banques : 506 milliards.

Le détail se trouve ici (résultats et bilan de la BNS) :

https://www.snb.ch/fr/mmr/reference/pre_20200302_1/source/pre_20200302_1.fr.pdf

N’est-ce pas “un peu” inquiétant ?

Une “bombe à retardement” pour la Suisse ?

Quelle époque formidable nous vivons !

Monsieur U.

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4 réflexions au sujet de « Billet invité : L’épargne des suisses et la BNS »

  • 22 juillet 2020 à 20 h 07 min
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    Bonjour, le sujet récurrent (avec l’or) sur le blog et vous avez raison. Mais, dans le fond, à quoi cela sert-il encore de continuer à les blâmer, critiquer leurs choix, la seule certitude (avec la mort et les impôts) c’est que la BNS a le destin (économique, financier et social) de ce pays entre leurs mains. Imaginez la responsabilité.

    Acheter des actions de sociétés non suisses, est-ce le rôle de la BNS ? Trop tard pour se poser la question.

    La BoJ a par exemple déjà racheté les actions de 50% (!) de toutes les sociétés japonaises côtées à la bourse de Tokyo, elle. Donc, la BoJ est le plus grand actionnaire d’à peu près tout ce qui bouge économiquement au Japon.

    Semblerait que quand cela va aller prochainement de mal en pis, la BCE ne serait pas contre que les BN EU rachète aussi des actions de sociétés nationales côtées le moment oppportun, à savoir quand la grosse vague des futures faillites va débouler…

    Non, tout ce que j’espère sincèrement c’est que les individus perchés en haut de la BNS ne souffrent pas des mêmes maladies que des acteurs zombie irresponsables des marchés financiers (bipolarité, sociopathie, alcool, drogues). Il ne faut se fier aux apparences (costume cravate dents blanches coupe de cheveux réglementaire langue de bois).

    Saviez-vous que 25% des avocats actifs en France souffrent de dépression ?

    Faut bien tenir dans ce monde de m…. C’est juste pour abonder dans le sens (version crue) de votre propos “Quelle époque formidable nous vivons !”.

    Vous n’êtes pas au bout de nouvelles surprises qui dans le fond sont assez prévisibles Monsieur Crottaz.

    Bon, je vais m’ouvrir une bouteille (allez, va pour une Désirée) et continuer à me motiver qu’il faut croire à une reprise en V, et que les BN sont là pour cela et l’avantage c’est qu’elles sont intarrisables.

    “Moi si je résume, je vous dirai qu’il n’existe que deux choses infinies : l’Univers et la bêtise humaine… mais pour l’Univers, je n’ai pas de certitude absolue.” (Albert Einstein)

  • 23 juillet 2020 à 11 h 01 min
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    Bonjour Olivier,
    J’ai une question : j’aurais voulu connaître le scénario de la catastrophe possible mais dans sa phase finale. Je m’explique : si je comprends le risque que nous fait courir la BNS c’est qu’en cas d’effondrement du marché et/ou des devises étrangères, le stock de titres et de devises perd soudain tout ou partie de sa valeur. Donc OK, les marchés s’effondrent, -90%, la BNS annonce qu’elle fait une perte de X centaines de milliards, plus que ses fonds propres. Elle est en faillite(!?) Mais qu’est-ce qui se passe ensuite…

  • 23 juillet 2020 à 11 h 22 min
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    Il semble qu’une banque centrale ne peut pas faire faillite, mais on parle plutôt de défaut.

    Il y a plusieurs risques (plus ceux que je ne vois pas)
    J’avais écrit un article il y a bien longtemps (2015 déjà) sur comment la BNS va affaiblir le CHF : https://www.crottaz-finance.ch/blog/comment-la-bns-va-t-elle-affaiblir-le-chf/

    Désormais la BNS ne peut plus revenir en arrière…que va-t-il se passer ? Aucune idée, mais un piste sérieuse c’est la destruction de la valeur de la monnaie et de l’inflation (la question c’est quand) mais comme tout le monde est mauvais….(les endettements, créations monétaires c’est l’école des fans !)

  • 24 juillet 2020 à 19 h 36 min
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    Les agissements de la BNS me font penser au système du Carry Trade qui, il me semble, avait mis à mal quelques pays d’Asie du Sud-Est le siècle dernier… Je ne sais pas si l’on est dans ce cas de figure, mais cela y ressemble dans l’idée, l’approche (globalisée).

    La BNS s’est massivement endettée en CHF et a, en contrepartie de son Bilan, acheter des actions Européennes et américaines (avec ces CHF).

    Si les actions dégringoles, le Bilan de la BNS va se retrouver très déséquilibré avec comme passif, une dette en CHF qui elle, n’aura pas bougé !

    Cela me fait penser aussi un peu à l’idée qu’avait eu cette Commune française qui, début des années 2000, s’était endettée en CHF plutôt qu’en EUR car le taux d’intérêt (d’emprunt) était beaucoup plus avantageux … Cependant, le CHF s’était très fortement apprécié par la suite (ou l’EUR s’était très fortement déprécié selon ….) et la Commune n’avait plus assez d’euro pour rembourser sont crédit en CHF … Je ne me souviens plus de quelle commune il s’agissait et je ne me rappelle plus comment cela avait réellement terminé, mais il me semble que la Commune avait du demander de l’aide à l’Etat français …

    Concernant la BNS, si un tel cas devait se produire, comme elle aura une dette en CHF qu’elle ne pourra pas « rembourser » sans devoir imprimer à nouveau car plus aucun actif en CHF à disposition, ne pourrait-elle pas simplement abandonner le CHF (par défaut) et adopter l’EUR ou l’USD … comme monnaie principale vu qu’elle n’aura plus que ça dans son Bilan …. !

    Cela paraît complètement utopique. Mais plus rien ne me surprend de nos jours avec tous ces mongoles de politiciens surdiplômés … Mais bon, il y a aussi les consommateurs …

    PS. AMZ à USD 3’000 l’action …. Non, vraiment plus rien ne me surprend. J’ai même arrêté d’être écœuré … c’est dire !

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