Banque Nationale Suisse (BNS), les achats continuent ?

Le 15 janvier 2015 a été marqué par un fait que peu de monde attendait.

Je vous l’avais écrit maintes fois sur ce blog le jour même où la BNS avait pris la décision de défendre l’indéfendable, à savoir un taux plancher entre deux monnaies.

Pour mémoire tous mes articles qui parlent de la BNS: http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns

Je vous ai donc manqué en ce début d’année et j’ai été un peu frustré de ne pas pouvoir commenter à chaud ce que j’avais prévu et annoncé depuis des années.

Aujourd’hui – après cet abandon et la chute des devises contre CHF ( de fin décembre 2014 à fin janvier 2015 de 13.5% pour l’EUR, de 7.4% pour le USD et 5.6% pour le JPY) –  quelle est la taille du bilan de la BNS ?

somme du bilan de la BNS

Si je ne compte pas trop faux, nous avions un bilan:

– fin 2014 de CHF 510 milliards en devises,  CHF 39 milliards en or et un total du bilan de CHF 561 milliards

– fin janvier 2015 de CHF 507 en devises, CHF 39 milliards en or et un total du bilan de CHF 557.8 milliards

Vous me connaissez, vous me voyez donc venir avec ma petite remarque qui tue.

Comment est-il possible d’avoir quasiment la même exposition en devises si celles-ci baissent entre 7 et 13% sur le mois ? (la BNS possédait l’équivalent de CHF 147 milliards en USD et CHF 236 milliards en EUR à fin 2014) et la même taille de bilan d’un mois à l’autre.

Je vous le donne en mille! La BNS a abandonné le plancher, mais a continué d’accumuler des devises. Nous saurons à la fin du trimestre la répartition des différents postes, mais force est de constater que l’entêtement règne.

J’ose espérer que la BNS a conclu un pacte secret avec la BCE pour revendre les obligations d’Etats européens en portefeuille, sinon je ne donne pas cher du futur des “actifs” de la BNS et de son bilan.

Ce matin sur la RTS: pas touche à l’indépendance de la BNS

Ah oui j’oubliais elle est tellement indépendante qu’elle fixe des intérêts négatifs sur les comptes (sur l’argent que déposent les banques et institutions financières et caisses de pensions. sauf…..

pour la caisse de pension de la confédération (PUBLICA).

Elle est belle l’indépendance !

Et je comprend que certains montent au créneau: http://www.rts.ch/info/suisse/6563833-les-caisses-maladie-contestent-le-taux-d-interet-negatif-introduit-par-la-bns.html

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7 réflexions au sujet de « Banque Nationale Suisse (BNS), les achats continuent ? »

  • 17 mars 2015 à 17 h 46 min
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    on doit pas avoir le même Reuter parce que le”pressrelease pour janvier de la BNS donne BNS: les réserves de devises ont légèrement augmenté en janvier à 498,4 mrd CHF Ce qui fait 12 Mrds de moins que ce que vous dites et elles sont bien a 509 a fin février mais le $ est remonté a 1 CHF donc 7% plus haut que le chiffre que vous donnez, ce qui, sur une position de 220 Mrs nous donne bien les 12 Mrds d’augmentation DONC l’augmentation entre les 2 ne vient pas d’achats d’€ mais de réévaluation de la position $ si on ajoute aussi la hausse des £ et Yen

  • 17 mars 2015 à 20 h 35 min
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    Bon retour Olivier!
    Je pensais que tu ne reviendrai plus sur ton blog!!!:)
    Heureusement que Delamarche, bechade Philippe herlin et Olivier berruyer ont tenu la baraque en ton absence. ‘-)
    A ce propos quand vas- tu rejoindre la joyeuse bande des econoclasfes??
    Cordialement,
    Jérôme

  • 17 mars 2015 à 22 h 10 min
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    Ouf, l’Olivier fait le printemps ! Il faudrait expliquer à la BNS que les taux négatifs ont été inventés pour dissuader le placement de capitaux étrangers en francs suisses et non pour pénaliser les placements des suisses eux-mêmes…! Les dirigeants suisses adôôôrent se tirer des balles dans le pied, ce qui, ma foi, est un spectacle qui ne plaide pas pour l’intelligence. En plus, fiscalement, un intérêt négatif n’est déductible que si l’on est professionnel en titre. Autrement, seul les intérêts des dettes sont déductibles. L’intérêt passif sur les actifs n’est pas un coût d’acquisition du revenu.

    Mais là aussi, les choses devraient pouvoir changer, au nom du principe de l’égalité de traitement : si les intérêts sur les actifs sont négatifs, alors les intérêts sur les dettes devraient être positifs. Cette contribution à la réduction de la masse d’épargne est en effet un service qui doit être rémunéré. Cela va de soi. Si l’état fait autre chose, il viole le principe constitutionnel de l’égalité de traitement. Or, les banques viennent d’exclure, dans leurs conditions générale, toute prétention d’intérêt sur les dettes. Elles s’apprêtent en outre à imposer les intérêts passifs sur les actifs détenus par les clients, ce qui ne sera pas pour déplaire au nouveau directeur du Crédit suisse. Il est profondément français et la philosophie française de la banque est d’abuser du client en toute circonstance. Ceux qui prétende qu’il n’y voit rien se trompent.

  • 18 mars 2015 à 11 h 48 min
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    de retour…..enfin!!!

  • 18 mars 2015 à 17 h 59 min
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    Bien sûr que la BNS achète, mais plus en relation avec un niveau fixe. C’est ce qu’elle a toujours fait pour lisser l’inéluctable hausse du CHF. Le problème n’est pas là. L’argent qui ne rapporte rien ne vaut rien. Nous allons vers une parité CHF/EURO/DOLLAR. La baisse de l’Euro, la hausse du dollar le prouvent. La seule activité de la BNS est de jongler avec ces deux monnaies, ce qui a comme effet de les rapprocher. Mais cela n’a aucun effet sur la marche de l’économie. Le faible coût de la monnaie n’a nullement relancé l’économie, pas même l’économie suisse qui ne va pas bien du tout. Et pas plus que la baisse du pétrole. Genève a trois-cents-mille mètres carrés de bureaux à louer. A la louche, cela doit représenter la place pour 15’000 salariés bien payés, soit 1,5 milliard de masse salariale soit près de 6 milliard de PNB vacant. Ce qui représente une régression du PIB de l’ordre de 5 %. La banque, le conseil juridique, la restauration sont touchés. Nous payons la politique de la grisonne Schlumpf, qui a trahi son parti et les suisses. Notre production avait été remplacée par la finance. La finance a été chassée par cette ancienne présidente du Tribunal du district d’Imboden. Le mal est fait : nous n’avons plus ni la production, ni la finance. A nos frontières (ou presque) la guerre se prépare. L’affaire Ukrainienne n’est pas terminée. Les conscrits sont envoyés à la boucherie avec de l’armement d’un autre âge, face à des spetsnaz redoutables et magnifiquement armés. Et pendant ce temps, le développement de l’Orient continue à exploser. Les asiatiques traversent cette période sans souffrir grâce à une énergie bon marché (le litre d’essence a perdu 60 cts ou 30 % en Suisse en un an). Les seuls aptes à en profiter, en Suisse, sont les agriculteurs ! Nous étions banquiers, nous revoilà paysans, Mme Schlumpf. Nous fêtons cette année Morgarten. Eh bien, rendons les grisons aux autrichiens, ce pays qu’un autre grison n’aurait jamais dû quitter : Bertossa.

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