Audio: RTS, Pour Stéphane Garelli, la Suisse devrait se doter d’un fonds souverain

Voilà Un homme respectable qui s’exprime (M. Garelli s’exprime dès la minute 10 sur la BNS):

“Pour l’économiste Stéphane Garelli, invité du Journal du Matin, la Suisse aurait dû créer un fonds souverain plutôt que d’abandonner le taux plancher, afin de garantir sa capacité à investir.

Questionné sur l’abandon du taux plancher, l’économiste et professeur à l’IMD Stéphane Garelli dit qu’il n’a “pas compris la décision de la BNS”.

Pour lui, une réflexion aurait dû être menée avant l’abandon du taux plancher visant à mettre en place une solution alternative, que ce soit un fonds souverain, un fonds public-privé – une idée lancée récemment par Andreas Höfert, chef économiste de l’UBS -, ou un fonds d’infrastructures.

“Dans la situation actuelle, il y a beaucoup trop d’argent sur le marché qui ne sait pas où aller, qui ne sait pas où s’investir”, souligne le professeur de l’IMD, “on est dans un système où on est très riche en cash et très pauvre en investissement.”

“Le monde veut de la stabilité, pourquoi est-ce que nous ne leur en vendrions pas?”

Les fonds de pension cherchent à investir, rappelle Stéphane Garelli, qui souligne qu’en gardant un taux de 1 franc 20 pour 1 euro, il aurait été possible d’engranger l’argent dans un fonds souverain, à l’image de ce que fait la Norvège.

Et en plus, “nous vendons de la sécurité, nous vendons de la stabilité. Le monde en veut, pourquoi est-ce que nous ne leur en vendrions pas”, propose Stéphane Garelli. Il rappelle que le fonds souverain norvégien est le principal actionnaire privé de Nestlé. “Et pourquoi n’est-ce pas nous?”, s’interroge-t-il.

Stéphane Garelli explique qu’avec un tel fonds souverain, il serait possible de laisser une partie du fonds disponible en liquide à la BNS, une partie pourrait servir à acheter des actions comme le fait le fonds souverain norvégien. Enfin, la dernière partie pourrait être un fonds d’infrastructure qui permet d’investir dans les infrastructures en Suisse, avec un retour garanti.

De nombreux intérêts sont en jeu dans la BNS

Questionné sur la non-existence d’un fonds souverain en Suisse, Stéphane Garelli met en cause la grande prudence de la Suisse, mais surtout les nombreux intérêts en jeu dans la BNS:”il y a la BNS elle-même, qui veut garder sa marge de manoeuvre, mais aussi des intérêts politiques: une grande partie des dividendes de la BNS part à la Confédération et aux cantons. Se séparer de cet argent n’est jamais bienvenu, surtout que certains cantons ont mis dans leur budget des revenus de la BNS, qu’ils n’auront pas cette année.”

Dans tous les cas, pour Stéphane Garelli, il n’est pas possible de continuer à avoir plus de 530 milliards de francs d’argent “parqué à quelque part et qui ne fait rien”.

 

 

En Suisse, nous sommes en déflation (voir tableau ci-après)

CPI Switzerland

Où je ne suis pas d’accord avec Monsieur Garelli c’est qu’il avance qu’il fallait garder le taux plancher et que nous sommes est très riche en cash (qui est créé ex-nihilo).

Il parle du fonds souverain Norvégien. Ce dernier a du soucis avec le cours du pétrole et il pourrait vendre ses actifs:

http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-08-10/for-norway-oil-at-50-is-worse-than-the-global-financial-crisis

http://www.theguardian.com/environment/2015/jun/05/norways-pension-fund-to-divest-8bn-from-coal-a-new-analysis-shows

Je crois que Monsieur Garelli ne se rend pas compte des risques que la BNS fait peser sur la Suisse (comme tous ceux qui font partie de la pensée “main stream”)

Ma question quand la BNS va-t-elle revendre ses positions ?

Et si tout va mal, la BNS va probablement faire un tour de passe-passe:

Si La BNS continue à essuyer des pertes:

1) Elle sera recapitalisée

2) La BNS cessera d’évaluer ses actifs aux cours des marchés et peut aisni continuer à accumuler des pertes qu’elle cachera au public.

 

Toutes ces histoires me rappelle des prix Nobel à la tête d’un hedge funds (1998)

Qui se souvient ?

 

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6 réflexions au sujet de « Audio: RTS, Pour Stéphane Garelli, la Suisse devrait se doter d’un fonds souverain »

  • 11 août 2015 à 16 h 37 min
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    Merci M. Crottaz de poser la question du débouclage.
    J’ai le sentiment que beaucoup de gens y compris dans la finance ont perdu toutes proportions quantitatives monétaires notamment en terme de QE pour les banquiers centraux.
    Comment faire comprendre aux moins sages que notre franc suisse est échangeable dans une certaine mesure contre un autre actif intangible mais bien naturellement pas dans des volumes à l’infini? Qui veut vraiment acheter au prix d’aujourd’hui des entreprises? Lesquelles vendent des produits et des services qui deviendront forcément un jour obsolètes, désuets et probablement moins chers. Voilà pourquoi nous sommes dans une spirale déflationniste.
    Le monde change… Les nouveaux comportements consuméristes comme l’achat en ligne démolissent la chaîne de distribution.
    Le cash est à découvert.
    Le roi est nu !

  • 11 août 2015 à 22 h 29 min
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    L’éternelle discussion sur le travail de la BNS.

    Comme déjà invoqué par le passé ici-même, la solution proposée par Milton Friedman n’était de toute évidence pas la pire à savoir inscrire dans les status de la BNS (voir même dans la constitution fédérale) le célèbre objectif de croissance des agrégats monétaires indexé sur la croissance réelle moyenne!

    Ok, pour ça, il faut encore être en mesure de la définir, mais ça règlerait beaucoup de problèmes. La BNS n’aurait d’autre choix que d’aligner sa politique avec un objectif concret et nous serions certain de ne plus jamais revoir l’ogre “inflation”.

    Maintenant, un fond souverain… Le bilan de la BNS est un outils de politique monétaire et il doit être disponible pour réagir rapidement à tout moment. D’autre part, la BNS ne peut être un véhicule d’investissement en Suisse pour la simple et bonne raison qu’elle pourrait user de son influence pour manipuler l’orientation économique du pays (chose que tout libéral ne peut accepter).

    Alors oui il y a du cash en masse, en provenance directe de la zone euro. Mais si qqn doit faire qqh avec ce cash, c’est l’économie réelle. Hors, tout ce cash dans les bilans des banques suisses les met dans une situation désagréable (ratio Actifs/FP en détérioration car afflue d’argent très important+taux bas). Mais le plus important et qu’on oublie, c’est que les banques ne peuvent plus prêter aujourd’hui (principale véhicule d’investissement en Suisse), elles sont pieds et mains liés par une réglementation astreignante et ne laisse plus beaucoup de place à d’autre investissements que les oblig. d’état.

    Bref, une petite griffe dans la constitution et une bonne dose de libéralisation, voilà ce qu’il nous faut.

    Le reste de la discussion, à savoir si la BNS a bien investi dans l’or, les titre Apple ou encore le schiste US, n’est que futilité je pense sincèrement.

    Mais je suis toujours très étonné de ne voir personne discuter des agrégats monétaires CHF qui sont bien mal en point…

  • 12 août 2015 à 15 h 48 min
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    Jérôme, je n’ai pas compris où il fallait mettre “une petite griffe dans la constitution” et ce que devrait contenir cette “griffe”! Quant à la libéralisation tout le monde a pu constater son inefficience depuis les années 90. Alors en quoi “libéraliser” davantage?

    Je n’ai pas compris non plus ce qu’il faut dire des “agrégats monétaires CHF” et à quoi voyez-vous qu’ils sont mal en point?

    Je vous mets les liens suivants de la BNS concernant les agrégats monétaires: La révision de la statistique monétaire en 1995(par rapport à celle de 1985):http://www.snb.ch/fr/mmr/reference/monpol_monstat_revision/source/monpol_monstat_revision_1995_fr.pdf et un peu plus loin sur cet autre lien, La Définition des agrégats monétaires: http://www.snb.ch/fr/mmr/reference/monpol_monstat_definition/source/monpol_monstat_definition.fr.pdf

    J’espère vous avoir aidé.

  • 12 août 2015 à 21 h 56 min
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    “Quant à la libéralisation tout le monde a pu constater son inefficience depuis les années 90. Alors en quoi « libéraliser » davantage?”

    Pardon? Vous sortez ça d’où? Regardez la part des dépenses publiques par rapport au PIB et vous me direz si nous vivons libres ou non..

  • 13 août 2015 à 11 h 07 min
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    De quel pays Jérôme? Et quelle corrélation avec l’efficience supposée du libéralisme avec le rapport Dépenses publiques/PIB? Je ne vous suis pas.

    Si vous pouviez répondre à mes questions précédentes, ce serait bien. Merci.

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