8 réflexions au sujet de « 2 trillions USD rescue package »

  • 25 mai 2020 à 9 h 24 min
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    C’est bien parce que la cash ne vaut plus rien que les détenteurs de capitaux investissent dans d’autres valeurs. Non pas parce qu’ils sont convaincus que leurs investissements ainsi décidés en valent la peine. Ce n’est pas “pour progresser” mais “pour tenter de sauvegarder”, quitte à ce que le rendement soit nul. Rien à voir avec l’esprit d’entreprise qui mobilise normalement l’investissement. A quoi rime ce cash créé par les Etats sur la base de rien, qui ne circule même pas et qui est déposé par les banques sur leur compte-courant auprès de la banque centrale ? Dieu fasse qu’il y reste, car s’il était mis sur le marché, ce serait de désastre total. L’homme a toujours eu ce défaut de croire qu’avoir du cash, c’est avoir une fortune. Pour les banques centrales, émettre du cash stimulerait l’investissement. Or le cash n’a qu’une fonction : celle de rendre possible les échanges. Demeure réservé le cas du cash disposant d’une valeur intrinsèque : l’or. Bon. Maintenant que les centaines de millions de milliers de milliards sont sur la table, qu’est-ce qu’on en fait ? qui veut les emprunter pour les investir dans des instruments productifs, quand on sait la difficulté qu’il y a à les gérer. Relations propriétaire-locataire tendues. Relations employeur-travailleur tendues. Relations individu-administration tendues sur plusieurs plans; fiscalité, règles de droit public encadrant l’activité, permis, autorisations, licences, redevances, présomption de fraude. Services publics à la dérive, voire absents. Frontières à ouvertures variables compliquant les échanges. On en passe et des plus joyeuses. En émettant une telle masse d’argent, les états font avant tout diluer la valeur de la monnaie. Ce qui dévalue l’épargne dans la même mesure. Tant qu’il n’est pas en circulation, cela ne se voit pas. Mais il suffit de peu, d’un grain de sable, tout petit, pour que tout s’effondre : une fuite panique pour se débarrasser du cash provoquerait immédiatement, en quelques semaines, une hyper-inflation que les banques centrales ne pourraient absolument pas juguler, même en émettant des emprunts à taux élevé pour en résorber la masse. On ne peut pas à la fois multiplier les bêtises et prétendre être crédible. La hausse d’intérêt ? voici mon expérience. Il fut un temps où la livres sterling était devenue attractive. Elle servait des intérêts légèrement supérieurs au marché. Londres voulait montrer que la Berline européenne ne valait pas une messe. Non, la Livre n’allait pas disparaître. Et pour la rendre encore plus attractive (le niveau de cette monnaie permettait l’achat de biens étrangers à bon compte) la Banque d’Angleterre a haussé, peu à peu ses taux. Or, soudain la hausse du taux de la livre a été interprétée dans les publications proche du groupe de Berlin non pas comme une capacité de l’économie anglaise à rémunérer correctement le capital, comme un succès économique de l’économie, mais comme une faiblesse. Ce n’est pas le marché qui s’est exprimé, mais les commentateur qui ont lancé cette réflexion. Et, du coup, sans raison valable, la livre s’est effondrée. Vu ainsi, la monnaie n’a qu’un rôle : celui de jouer au poker menteur. Le poker, c’est un jeu typiquement anglo-américain, qui consiste à mélanger la réalité et la fiction pour désarçonner son comparse.

  • 26 mai 2020 à 9 h 13 min
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    Bonjour, non pas 2 trillions mais 1,5 million escroqués à diverses banques en Suisse :

    “Vaud: grosse arnaque présumée aux crédits coronavirus”

    https://www.letemps.ch/suisse/vaud-grosse-arnaque-presumee-aux-credits-coronavirus

    “… Le magistrat «n’a pas connaissance», à ce stade, de fraude plus importante en Suisse. Mais «on parle de soupçon, d’éléments douteux», insiste-t-il.”

    Scandaleux.

    C’est logique, c’est mathématique et des études psychologiques ont déjà révélés le rapport ‘biaisé’ des humains avec le cash … Des affaires comme cela il y en aura encore un tas d’autres et pour toute sorte de montants différents, sans compter les pertes sèches quand les faillites vont s’enchaîner … Cet argent distribué à tout-va (sans contrôle), cela vient de nos impôts et taxes et certains ont travaillé dur pour les honorer. Quels sont les noms des personnes à Berne qui seront pénalement responsables (politiciens, parlementaires, haut fonctionnaires fédéraux) et qui devront rendre des comptes ? Ou peut-être que l’on essayera de noyer le poisson pour diluer la responsabilité (on connait cela aussi à Genève). Les médias seront-ils autorisés à divulguer toutes ces escroqueries au crédit relais ?

    Quand c’est le foutoir, en général il n’y a plus personne pour assumer en haut lieu. Courage, fuyons.

  • 26 mai 2020 à 12 h 31 min
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    @ PDC

    Je souris (dans le bon sens) suite à votre dernier post.

    J’avais mentionné dans le billet « Le marché des actions plus sur-évalué que jamais ? » du 12 avril l’irresponsabilité du notre beau gouvernement à inonder aveuglément et sans contrôle les entreprises de prêt à taux zéro ….

    J’y avais mentionné ce que j’avais vu passé à travers une fiduciaire de la région (pour y être du milieu). Les prêts Covid octroyés en moins de 2 heures sur un simple bout de papier !!!

    Vous m’aviez tout de même demandé : « vos propos sont-ils ironiques ? »

    En Avril et Mai, j’ai eu des dizaines de téléphone (dont je vais vous passer le type de personne) qui me demandaient si il était possible de reprendre/acheter des Sociétés (anonymes ou à responsabilités limitées) qui seraient sans activité depuis le début de l’année afin de faire des demandes de prêts Covid dessus et ensuite transférer les fonds sur des fournisseurs … à l’étranger (cela je l’avais aussi mentionné dans un autre post).

    De plus, l’article ci-après du 9 avril 2020 comme quoi les prêts Covid seraient « métrisés » car sous contrôle automatique (Lol) …. m’avait fait hurlé de rire !

    https://www.letemps.ch/economie/aide-aux-entreprises-controles-renforces-autour-creditsrelais

    Extrait :
    « Le directeur du Contrôle fédéral des finances (CDF), Michel Huissoud, l’annonçait vendredi dernier: les contrôles seront renforcés. Il confirme mardi qu’une première étape vient d’être franchie: «Les entrepreneurs peuvent demander un prêt correspondant au maximum à 10% de leur chiffre d’affaires. Après une phase test menée ces derniers jours, nous sommes dès maintenant en mesure de contrôler automatiquement si les chiffres annoncés correspondent aux données des dernières déclarations fiscales. Les demandes faites précédemment seront aussi entrées dans ce système.»
    Et je me demande bien de quelle manière la Suisse pourra aller chercher l’argent sur un compte à l’étranger ? Surtout si celui-ci, entretemps, a déjà été vidé ou re-transférer ailleurs ?

    Merci au contribuable suisse de passer à la caisse 🙂

  • 26 mai 2020 à 18 h 27 min
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    @Seb :

    – Vous voulez dire que vos interlocuteurs (qu’apparemment vous ne connaissiez pas) vous ont sans gêne expliqué la raison de vouloir reprendre une coquille vide ?

    “… les chiffres annoncés correspondent aux données des dernières déclarations fiscales.”

    – A moins que les banques (intermédiaire prêteur) demandent à chaque client au préalable les x dernières déclarations fiscales pour avaliser leur dossier (ce qui est étonnant puisqu’il a toujours été dit qu’il n’y aurait pas de demande de docs), cela ressemble alors à un passe-droit juridique de l’état de pouvoir accéder à ce genre d’information sans le consentement écrit du résident fiscal. Le secret fiscal cela existe aussi, mais est-ce bien encore fiable quand on constate ce que des dun&bradstreet ou creditreform ont comme informations confidentielles en matière financière stockées dans leurs DB sur TOUT ce qui bouge en Suisse ? Et qui leur a vendu toutes ces informations, et avec le consentement de qui ?

    Je ne peux pas me prononcer plus car je n’ai pas effectué de demande de crédit relais.

  • 27 mai 2020 à 10 h 59 min
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    Bonjour, en prolongement à mon commentaire du 26 mai 2020 à 9 h 13 min :

    “Malgré les tentatives d’abus, le contrôle des crédits-relais n’est pas modifié”

    https://www.letemps.ch/economie/malgre-tentatives-dabus-controle-creditsrelais-nest-modifie

    – On rassure les honnêtes citoyens, on enjolive que ‘tout est sous contrôle’, n’empêche que s’ils in fine n’arrivent pas à récupérer tout l’argent fraudé, il est sera perdu. A cela si on additionne les crédits accordés à des entreprises qui feront faillites dans les 24 prochains mois, l’addition des pertes sera ‘salée’.

    “Echec cuisant de l’«hélicoptère monétaire» aux Etats-Unis”

    .”.. Les chèques envoyés aux ménages américains n’ont été dépensés que pour un tiers des montants, selon une enquête. Certains bénéficiaires ont même employé l’argent pour spéculer en bourse”

    https://www.letemps.ch/economie/echec-cuisant-lhelicoptere-monetaire-aux-etatsunis

    Probablement que le réel bénéficiaire de cette ‘opération’ sera Mr Trump qui l’avait mis en place pour des raisons électoralistes (il avait même imposé que son nom soit imprimé sur chaque chèque).

    J’apprend hier soir sur BFM que selon des syndicats 20% des entreprises en France (essentiellement dans les services) ont obligés certains de leurs employés à continuer à travailler (au noir) malgré le fait qu’ils bénéficiaient du chômage partiel. Preuves et témoignages à l’appui. 20% cela devient une fraude à large échelle.

    Ce matin, je discute avec un ami qui est associé dans une respectable étude d’avocat sur la place de Genève, qui me confirme qu’il n’y a pas besoin d’aller en France puisqu’en Suisse il y a le même phénomène et du même niveau d’ampleur. Spécialiste du droit du travail, il croule actuellement sous de nouveaux dossiers suite à des dénonciations et plaintes de salariés obligés de continuer à travailler alors que leurs employeurs encaissaient le chômage partiel, et pratiquaient le chantage vis-à-vis de leurs employés.

    Il y a un gap entre les déclarations rassurantes de nos autorités et la réalité sur le terrain quant à l’utilisation correcte des deniers publiques.

  • 28 mai 2020 à 23 h 25 min
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    Ce n’est pas parce que la Confédération veut favoriser les crédits que les banques doivent les accorder. On ne cesse pas d’être banquier sous prétexte que votre créancier est la Confédération. N’oublions pas qu’en toute circonstance, c’est la Confédération qui a le dernier mot. Elle dira : il s’agissait d’accorder des crédits à ceux qui en avaient besoin. Et la mesure de ce besoin était faite par les banquiers supposés professionnels en cette matière. Il n’a jamais été question qu’un banquier renoncer à exécuter correctement son métier. Et les banques qui auront accordé des crédits à l’aveugle verront dans quel état sera leur bilan révisé.

  • 29 mai 2020 à 17 h 52 min
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    @Yaroslav : Bonjour,

    “Et les banques qui auront accordé des crédits à l’aveugle verront dans quel état sera leur bilan révisé.”

    C’est la Confédération, avec l’argent des impôts et taxes payés par les citoyens et entreprises, qui garantit l’apport de fonds aux banques qui ne sont que des intermédiaires, c’est également ces mêmes banques qui ont dû appliqué le ‘0 check’ (0 contrôle) sur les demandes de crédit-relais, ceci également imposé par la Confédération (rules).

    En cas de fraude ou faillite, ce ne sont donc pas les banques qui subiront les pertes financières mais bien la Confédération. Sinon elles n’auraient pas joué le jeu.

    La responsabilité, en dernier ressort, est uniquement politique.

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