Si la Banque Nationale Suisse (BNS) m’était «comptée»

Pour mes lecteurs, voici l’article paru sur les Econoclastes il y a deux jours.

Pour commencer voici l’article qui régit les attributions de la BNS :

Article 99 de la constitution fédérale

Art. 99 Politique monétaire

1. La monnaie relève de la compétence de la Confédération; le droit de battre monnaie et celui d’émettre des billets de banque appartiennent exclusivement à la Confédération.

2. En sa qualité de banque centrale indépendante, la Banque nationale suisse mène une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays; elle est administrée avec le concours et sous la surveillance de la Confédération.

3. La Banque nationale constitue, à partir de ses revenus, des réserves monétaires suffisantes, dont une part doit consister en or.

4. Elle verse au moins deux tiers de son bénéfice net aux cantons.

Il faut ajouter que le Banque nationale est une société anonyme fondée en 1907, cotée en bourse, mais régie par une loi spéciale depuis 2002. Les détenteurs du capital sont :

La Confédération suisse ne possède aucune action.

La surveillance de la Banque nationale suisse est explicitement exclue du mandat du Contrôle fédéral des finances.

La fixation d’un taux « plancher » (floor)

Suite à la hausse vertigineuse du Franc suisse (CHF) depuis des années et de manière beaucoup plus prononcée entre 2008 et 2011, il a fallu que la BNS intervienne de manière drastique pour freiner cette hausse en appliquant un taux de change plancher contre la monnaie du principal partenaire économique (l’UE), ceci afin de stopper la force de la monnaie qui commençait à engendrer des problèmes importants pour les exportations suisses.

En conséquence en date du 6 septembre 2011 un taux de change de 1 EUR = 1.20 CHF a été fixé. La BNS a annoncé qu’elle défendrait ce seuil contre vents et marées.

Pour l’instant cette stratégie a fonctionné et s’est révélée globalement assez payante puisque ce plancher de 1.20 n’a (pour le moment) pas été attaqué.

CHF euro 1998 - 2014

La conséquence, un bilan démesuré

Suite à ce combat engagé par la BNS, le bilan de cette dernière a littéralement explosé depuis cette intervention pour se retrouver à un niveau jamais atteint. (ndlr : La BNS avait déjà acheté des euros à 1.43 plusieurs fois avant 2011 afin de tenter de freiner la hausse du CHF)

bilan BNS 1996 -2014

 

Un ratio Bilan de la BNS /PIB hallucinant 

Cette augmentation du bilan doit être remise en perspective du PIB pour se rendre compte de l’énormité du bilan de la BNS.

Ce dernier est à mettre en perspective avec les bilans des autres grandes banques centrales (toujours en rapport avec le PIB de chacun des Etats).

On constate bien évidemment la gigantesque hausse du bilan de la « Bank of Japan » suite aux injections massives de Yens

Total central bank assets as percentage of GDP 14

Si cela vous paraît déjà démesuré, cela ne m’étonne qu’à moitié. Et bien sachez (pour ceux que ne lisent pas mon blog) que la BNS fait encore plus fort !

La BNS a un bilan de 517.329 milliards de CHF (juillet 2014) et que le PIB suisse est de 151.900 milliards de CHF au 2ème trimestre 2014 (en stagnation).

En conclusion, le ratio Bilan /PIB (estimation PIB 2014) = 517.329 / 607.600 =

85.14%

Le bilan de la BNS c’est quoi ?

De quoi se constitue le bilan de la BNS aujourd’hui pour être devenu si énorme ?

Principalement de devises européennes (46%), américaines (27%) et japonaises (9%)

Et comment sont investies ces devises ? Pour 84% en obligations (73% en obligations d’Etats) et tenez vous bien, en actions et ceci pour un pourcentage de 16% représentant la modique somme de 82 milliards de CHF, soit plus de 10’000 CHF par habitant.

reserves de devises et titres en CHF BNS Q2 14


Et l’or dans tout cela ?

On se doute bien que dans toute cette histoire de devises, il y a un acteur qui a été largement laissé de côté et pour cause…l’or.

Rappel : La BNS a comme mission de conserver de l’or (mais le mandat n’est pas clairement défini puisque ce dernier ne mentionne pas la quantité et pour mémoire la BNS a vendu environ 1’300 tonnes d’or entre 2000 et 2005 (mon article de 2012 à ce sujet :http://blog.crottaz-finance.ch/?p=10238)) et il lui en reste 1040 tonnes aujourd’hui.

En conséquence, une initiative pour sauver l’or de la Suisse a été lancée et le peuple devra se prononcer le 30 novembre 2014: http://www.initiative-or.ch/initiative/index.html

Bien évidemment les milieux politiques demandent de rejeter cette initiative, car elle prive la BNS de liberté de création monétaire sans contrepartie

Depuis des années, la quantité d’or (en pourcent du bilan de la BNS) ne fait que chuter.

reserves monetaires BNS 2006-2013

Alors que son bilan explose de monnaies diverses et variées.

bilan BNS gold devises reserves

Un plancher en papier et un risque monétaire

Ces derniers temps, l’euro s’est passablement affaibli et le plancher de 1.20 se rapproche dangereusement (une intervention supplémentaire de la BNS ne peut désormais plus être exclue).

change euro chf une année

La valeur du franc suisse est indéniable car la dette publique suisse n’est que 35,2% du PIB environ (confédération et cantons) et c’est pour cela que le marché va en acheter (pour probablement se protéger de la chute des autres monnaies. En conséquence, la BNS va devoir se mettre en face des acheteurs en vendant le CHF. Pour combien de temps ? Avec quelle puissance ? Que va-t-elle faire de tous ces euros ? Achetez de la dette des pays ? Acheter des actions ?La BNS se transforme gentiment en hedge funds.

Pourquoi la BNS n’a-t-elle pas allégé son énorme position lorsque l’euro flirtait avec 1.25 CHF ?

Pourrait-on imaginer un scénario de lente intégration (rampante) de la Suisse dans l’euro (ce que veulent les dirigeants mais pas le peuple (souverain je le rappelle !)) ?

Imaginez que soudainement la BNS possède des milliers de milliards d’euros et que son message soit : « Adhérons à l’euro sinon nous sommes ruinés ! »

Et si de toute façon cette création monétaire ex-nihilo ne nous ruinait pas finalement en tuant notre pouvoir d’achat ?

Les prochains temps seront déterminants pour la Suisse, la BNS et sa politique monétaire.

Tous mes articles sur la BNS ici : http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns

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BNS: On s’approche à nouveau du « floor »

Monsieur Jordan s’est exprimé dernièrement dans les médias.

Je cite le journal « Le Temps »:

« L’exposition du franc à la crise ukrainienne

lundi, 10.03.2014
Des crises telles que celle que traverse l’Ukraine déstabilisent les marchés financiers et compromettent la stabilité de l’économie mondiale. Selon Thomas Jordan, le président de la Banque nationale suisse (BNS), ces situations d’incertitude tendent à accroître la pression à la hausse sur le franc.

Jusqu’à présent, la crise a surtout affecté les marchés financiers et celui des matières premières, déclare le président de la BNS dans un entretien au Basler Zeitung de samedi. En outre, les devises des pays de la région concernée sont considérées comme sûres.

«S’il est possible de désamorcer le conflit bientôt, l’impact sera limité», ajoute M. Jordan. Les dangers de la crise ne sont toutefois pas à sous-estimer, d’autant que l’épicentre se trouve en Europe.

Malgré un renforcement significatif du franc suisse, la BNS n’est pas intervenue sur les marchés monétaires. Depuis septembre 2012, la BNS n’a pas eu à acheter de devises pour faire prévaloir le cours plancher, a-t-il rappelé. »

 

Et voici le graphique de l’évolution de l’EUR contre le CHF depuis deux ans.

eur-chf 12-3-2014

A votre humble avis, que penser de cette situation ?

Tout d’abord Monsieur Jordan se targue de n’avoir pas eu à acheter d’euros depuis 2012. Là je dis bravo, c’était bien joué.

Par contre, vendre quelques euros n’aurait pas été une mauvaise idée lorsque le cours de change était à 1.25 en lieu et place de garder l’équivalent de 218 milliards de CHF en euro ?

On se rapproche gentiment et dangereusement du fameux plancher. Pourquoi ?

J’ai tourné cela dans tous les sens car pour moi historiquement le USD était la valeur refuge, mais pas dans ce cas là.

En effet, après réflexion, je pense que les russes retirent l’argent des USA et d’Europe pour le mettre dans un pays stable, démocratique et sur une monnaie solide.

Ils n’ont pas l’embarras du choix et il est possible que ce soit la Suisse qui joue cette valeur de refuge. Désormais, en cas d’embrasement en Ukraine ou autre problème politique Monsieur Jordan aura du soucis à se faire.

 

Fallait y penser avant, non ?!?!?

 

 

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BNS: ce qui devait arriver, arriva

Bonne année à toutes et tous.

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Voici que l’actualité me donne un article prévisible (que j’avais prévu) ici en janvier 2011 !: Les cantons suisses « assistés » ?

Le « grand argentier* du canton de Vaud s’inquiète (c’est le moment…): Broulis Un coup dur pour la Suisse et les cantons

Tant que la BNS continuera d’être une annexe de la BCE et que la politique de garder de l’Euro, des dollars et des yen en masse sera maintenue, les résultats financiers seront influencés par la monnaie papier.

Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi la BNS ne vend pas les euros quand cette monnaie monte vers 1.25, histoire de diminuer un bilan extra-gonflette !

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La BNS devra – un jour – se séparer de toutes les monnaies étrangères

La BNS persiste et signe ! Attention le danger se rapproche chaque mois (Iceberg droit devant)

La BNS devra rendre des comptes

 

Only time will tell !

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LA BNS fait un bénéfice de 11 milliards (mais n’a pas vendu un seul EURO)

Ce matin la BNS annonce avoir réalisé un bénéfice de 11 milliards de CHF !

mazette, génial !

regardons de plus près

http://www.rts.ch/info/economie/4863329-la-bns-a-degage-un-benefice-de-11-2-milliards-au-1er-trimestre.html

Je cite RTS info

« Appréciation du dollar et de l’euro

Les positions en monnaies étrangères ont pour leur part dégagé un gain de 11,16 milliards de francs, à comparer à une perte de 2,59 milliards un an plus tôt. Le résultat des positions en monnaies étrangères a été généré principalement par des gains de change à hauteur de 5,2 milliards et des plus-values sur les actions de 4,9 milliards, précise la BNS. »

Le cours de l’euro était au 31.12.2012 de 1.2074 contre 1.2166 fin mars 2013. soit une appréciation de 0.76% (je n’ai pas les cours qu’utilise la BNS mais cette dernière parle de gain de 0.9%).

Etant donné l’énorme position en devise euro (175 milliards d’euros soit 175’000 mios d’euros ou 175’000’000’000’000 CHF) cela revient à un gain de 1.575 milliards (gain non réalisé je précise)

On voit donc qu’une variation de 0.9% sur la position euros engendre 1.575 milliards de CHF de gain.

Pour mémoire les divers mouvements de l’EUR/CHF

euro chf bns 30.04.2013

Ce que je constate c’est que la BNS n’a pas l’intention de vendre ses euros (elle aurait pu le faire bien plus haut que le cours d’aujourd’hui et réduire sa position au cas où soudainement, dans un accès de faiblesse, l’euro chute à nouveau et qu’il faille en accumuler pour défendre le plancher de 1.20.

 

POURQUOI LA BNS NE VEND-ELLE PAS LES EUROS QUAND ELLE GAGNE ? Au risque de passer pour un adepte de la théorie du complot (je rappelle que le rôle de la BNS est de maintenir la stabilité des prix), je pense que – derrière cette détention complètement folle d’euros – se cache une volonté autre (adhésion future à l’UE ?)

On peut ainsi constater que la position euro n’a pas varié (ou si peu) sur le dernier trimestre

bns devises fin marrs 2013

On constate aussi que la part des actons en pourcent a passé de 9% à 15% !

reserves devises bns au 30-3-2013

 

 

En tous les cas, si la BNS se trouve mal prise parce prochainement l’euro s’effondre ou que les actions s’effondrent, il faudra qu’elle rende des comptes au peuple.

D’ailleurs l’initiative « sauver l’or de la Suisse » (si elle passe), va museler la BNS dans son champ d’actions démesuré.

C’est pour cela que la BNS demande (bien évidemment) de rejeter cette initiative. Le peuple décidera.

 

 

 

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La BNS persiste et signe ! Attention le danger se rapproche chaque mois (Iceberg droit devant)

Comme vous avez pu le lire dans vos quotidiens, la BNS a accumulé encore et encore des euros pour défendre le placher EUR/CHF à 1,2.

Le journal « Le temps » en a fait un de ses titres: « Plus de 100 milliards en six mois pour défendre le taux plancher »

En pourcent du total des détentions, on constate que l’euro représente 60% (contre 51% précédemment)

 

Et on sait de source bien informée que les réserves en Juillet on encore augmenté de 40 milliards:

BNS réserves de devises fin juillet 406,5 (fin juin 365) mrd CHF

Le bilan de la BNS (par rapport au PIB) continue de se dégrader

La Suisse est championne du monde dans ce domaine. Même les grandes banques centrales ne nous arrivent pas à la cheville !

Bilan qui ressemble comme un frère jumeau à l’augmentation des réserves de devises (normal le PIB ne bouge pas trop grandement)

 

La BNS détient ainsi 1/5 des devises mondiales: suisse 5eme des reserves devises du monde et fait le beurre de qui ?24Heures ME 08.08.2012 BNS fait le beurre de Paris et Berlin

Je vous renvoie à tous mes articles sur la BNS (http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns) qui semble vouloir interpréter à sa manière la fable de la grenouille et du boeuf

A relire: Si l’histoire doit nous servir de guide: « La BNS devra rendre des comptes« 

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La B.N.S. serre les fesses

Voilà plusieurs semaines que je ne vous ai écrit ce que je pense toujours du plancher de change EURO/CHF qui a été mis en place par la BNS.

Pour mémoire quelques uns de mes billets:

La BNS devra rendre des comptes

Les bilans des banques centrales en % du PIB

Les billets de banque en francs suisses sont-ils couverts par de l’or ?

Ces derniers jours, il me semble qu’on assiste à beaucoup d’agitation autour de la BNS et de la défense du cours de change plancher CHF contre EURO (à 1.20 CHF pour 1 EURO) (je rappelle que l’utilisation du terme PEG est erronée car ce n’est pas un taux de change fixe (parité) que la BNS défend. Dans le cas cas de figure d’un PEG, elle devrait acheter et  surtout vendre en permanence pour maintenir ce fameux PEG.

Dans le modèle actuel de plancher, la BNS ne fait que de soutenir l’euro (ou affaiblir le CHF) dès que le cours de change passe au-dessous du plancher de 1.2.

Thomas Jordan persiste et signe

La BNS veut des mesures pour réduire l’attrait de la Suisse

Il reste encore quelques idées et possibilités comme la mise en place d’un taux d’intérêt négatif sur les compte en CHF détenu pas des non-résidents

Des PPE aux prix clairement surfaits

La BNS se plaint d’un bulle immobilière, mais elle en est parteillement responsable. Je lui propose quelques idées (politiquement incorrectes) pour décourager les acheteurs, comme:  L’accession à la propriété doit devenir plus difficile en empêchant les retraits de prévoyance ou en imposant  ces mêmes retrait de manière plus forte.  Autre idée: Forcer les banques à avoir encore plus de capitaux propres, elles ne pourront plus trop prêter ces prochains temps. Par contre, impossible (comme il est suggéreé) d’avoir un impact sur les taux (sauf ceux que la BNS maîtrise soit très court terme). Les taux sont déterminés généralement par le marché !

SNB considers capital controls if euro falls apart

hayek bns

Le Fils de feu Nicolas Hayek se contredit:

D’un côté, il demande que l’on affaiblisse le CFH à 1,3 voire 1,35 contre euro et de l’autre que les matières premières baissent….Je n’ai pas fait de grandes études, mais toute chose étant égale par ailleurs, si le CHF s’affaibit à 1,35, il y aura instantanément une hausse (en CHF) des matière premières.

La force du CHF est un avantage depuis longtemps pour les importations…personne n’en parle.

Par contre, subsiste toujours le problème d’avoir lié la destinée du franc suisse à l’euro.

Surtout si la sortie de la Grèce se confirme et que cela coûte 1’000 milliards d’euros..
http://www.bloomberg.com/news/2012-05-25/dallara-says-greek-euro-exit-may-exceeed-1-trillion-euros.html

et la BCE serait insolvable

http://www.agefi.fr/articles/marches-la-bce-serait-insolvable-si-la-grece-devait-quitter-l-europe–250034.html

et Madame Lagarde qui met de l’huile sur la feta

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/-Tous-les-Grecs-doivent-payer-leurs-imp-ts–24094729

Je continue de dire que ce lie euro-chf est une pure folie.

Nous ne connaîtrons qu’en juillet ce qui a été réalisé par la BNS durant le deuxième trimestre de l’année (je parle du détail)

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BNS today

Il y a une heure, la BNS vient de publier son rapport d’activité dont le contenu a retenu toute mon attention.

Notre Banque Centrale a acquis des devises étrangères, je cite:

« La banque centrale a tout de même acquis des devises pour une contre-valeur de 17,8 milliards de francs en 2011. Les achats ont été conclus « avec un large cercle de contreparties en Suisse et à l’étranger », selon le rapport d’activité paru jeudi »

Le fonds de stabilisation a rapporté 440 millions de CHF: Le fonds de stabilisation UBS a apporté 440,2 millions à la BNS

Grâce à cette fixation de taux plancher la BNS a réalisé un gain de plus de 13 milliards (contre une perte de plus de 20 l’année précédente), surtout à la hausse des actifs comme l’or notamment.

la banque centrale confirme son retour au bénéfice en 2011

voici deux graphiques du cours de change euro contre franc suisse

Je me permets de vous proposer à nouveau deux articles que j’avais rédigés concernant le bilan de la BNS et aussi sur le fait qu’elle devrait rendre des comptes.

La BNS devra rendre des comptes

Les bilans des banques centrales

Son intervention n’est pas anodine. Pour l’instant le maintien du plancher n’a pas engendré de coûts massifs, mais que se passera-t-il au cas où l’euro se trouve dans de graves turbulences ?

La question est posée et je suppute que même les dirigeants de la BNS ne savent pas ce qu’il pourrait se produire. Devoir acheter des dizaines de milliards d’euros n’est pas à la portée de toute les banques centrales.

N’est pas le FED qui veut !

à lire ici: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=7901

 

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La BNS devra rendre des comptes

J’avais parlé de la possibilité de fixer un plancher de cours pour l’euro à 1,20 ou d’arrimer le franc suisse à l’euro.

Ce matin la BNS a donc tranché en faveur du plancher à 1,20 à défendre coûte que coûte avec selon le communiqué tous les moyens nécessaires et illimités.

Voici le communiqué de la BNS: BNS communique pre_20110906.fr

Et la presse, les syndicats applaudissent à tout rompre, le commun des mortels qui ne s’y intéresse pas croît que les décisions sont de toute manière prises par des gens qui « savent ce qu’ils font » et moi je pleure (heureusement je ne suis pas le seul dans cet état).

Par chance mon blog est un espace de liberté et après avoir réfléchi, analysé cette décision, il me vient des idées, des conclusions et une prise de position. Exceptionnellement les commentaires sont ouverts, car le sujet est important (pour autant qu’ils concernent le sujet).

Je suis fâché, oui vous avez lu, je suis fâché.

Désormais, la Suisse au travers de la BNS acquiert de l’euro jusqu’à 1.20.

Croyez vous que l’euro va remonter à 1.4, voire 1.60?

En ce qui me concerne, je n’y crois pas, car la mise en place d’un plancher va créer une nouveau sport: L’arbitrage devise Euro/CHF, à savoir que dans le marché il y a une donnée certaine: La BNS vous rachète votre euro à 1,2 quoiqu’il arrive !

Toutes les idées se bousculent dans ma tête et je vous les livre en bloc.

  1. Que va-t-il se passer si la zone euro explose et que l’euro s’écroule ?  Ou si l’Allemagne sort de l’euro, ou si les pays de la zone euro font faillite. La BNS va-t-elle acheter de l’euro comme une folle et va faire s’écrouler le franc suisse de concert ? Il va dès lors falloir rendre des comptes aux citoyens suisses et leur expliquer pourquoi la BNS est en faillite ou en difficulté. Je tiens à faire remarquer que la BNS est une S.A. dont les actionnaires sont les cantons pour 1/3, les banques cantonales pour 1/3 et les particuliers pour 1/3. La confédération n’est pas actionnaire. En conséquence, il faudra – en cas de gros problèmes – que les actionnaires passent à la caisse et très certainement les contribuables. (ici mon article: « N’est pas la FED qui veut ! »). Les grands argentiers des cantons vont devoir se préparer à avoir un sacré trou dans leurs budgets, eux qui se plaignent déjà de ne probablement plus recevoir le dividende de la BNS qu’ils considèrent comme acquis: (relire mon article: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=6446)
  2. Les nations qui ont essayé de défendre leurs monnaies ont lamentablement échoué! L’Angleterre et sa livre (attaquée) :1992 George Soros fait chuter la livre et l’Argentine et sa parité avec le USD:  crise Argentine (SI L’HISTOIRE DOIT NOUS SERVIR DE GUIDE…)
  3. Finalement en achetant de l’euro à tour de bras (on a vu le succès de la BNS depuis 1,43 euros…) on renfloue la Grèce et la zone euro. Nous sommes en train d’acheter des dettes pourries ! Est-ce vraiment légal ? Ne doit-on pas demander au peuple ce qu’il en pense ?
  4. La BNS a pris cette décision seule: La Banque centrale européenne (BCE) a dit qu’elle avait pris note de la  décision de la BNS qui a été prise « sous sa propre responsabilité« , a précisé le conseil dans un communiqué. C’est la première fois qua le BCE commente directement les efforts de la BNS pour limiter la force du franc.
  5. Le Conseil Fédéral laisse la responsabilité de cette opération à la BNS. C’est le délire M. Hildebrand est devenu ce matin le roi des suisses ? Le roi soleil ?
  6. Et si tout cela n’était qu’une manoeuvre déguisée ? Certains ministres qui forment le conseil fédéral n’ont depuis longtemps qu’une seule idée en tête: Adhérer à la zone euro. Le peuple s’est déjà prononcé plusieurs fois contre cette adhésion. Et si on mettait la Suisse dans une position qui fait qu’elle ne peut plus revenir en arrière, à savoir être tellement liée à la zone euro qu’on ne peut plus faire autre chose que de se plier au dictat de Bruxelles.
  7. Que va-t-il se passer maintenant  ? Dans l’immédiat deux problèmes (je cite un ami avec lequel je suis d’accord)
  • « Le capital de la BNS a fondu comme neige au soleil ces derniers mois, à cause des pertes qu’elle a subies sur le marché des changes en voulant lutter, sans aucun succès, contre l’appréciation du franc contre l’Euro. Pour mémoire, son capital était de 66 milliards de francs à la fin 2009 contre 16 à fin juillet dernier. De nouvelles pertes, inévitables si la pression sur l’Euro ne cesse pas par enchantement, et la BNS devra être re-capitalisée. Qui passera à la caisse ? La Confédération (et les Cantons ?), donc vous et moi contribuables et consommateurs via les impôts, TVA et autres taxes que nous payons. L’Europe et l’Euro sont dans la mouise, mettons la Suisse et son franc dans la mouise aussi ! Voilà le message, un message de nivellement par le bas. D’ailleurs, quand la BNS parle de créer de l’argent en « quantité illimitée », elle a quand même une limite : sa taille. L’institut a vu son bilan croître par un facteur de 2.3 depuis fin 2005, principalement par la création de monnaie à partir de rien. Avec un bilan passé à 250 milliards à fin juillet dernier, cela
    représente près de 50% du PIB suisse ! Impossible de continuer ainsi bien longtemps sans ruiner complètement le pays ! La BNS fait donc un pari dangereux.
  • L’autre problème majeur se fera sentir plus tard. Ces énormes injections monétaires ont le grand risque de provoquer de l’inflation à terme comme cela a été le cas dans les années 70 (où notre chère BNS avait pris une décision similaire). L’inflation a alors provoqué une hausse des prix, donc une baisse de notre pouvoir d’achat, ainsi qu’une hausse des taux d’intérêts. Ainsi, en se focalisant sur le court terme et essayer de sauver quelques emplois (nos exportateurs souffrent de cette hausse du franc), la BNS a décidé de sacrifier le futur et faire payer tout le monde. Cette hausse des prix et des taux d’intérêts auront de fâcheuses conséquences pour tout le monde je le répète. Une baisse du pouvoir d’achat de tous les habitants, des problèmes de compétitivité pour nos entreprises (et exportateurs aussi qu’elle essaye d’aider), des problèmes accrus de financement pour les entreprises et particuliers (les taux hypothécaires seront plus élevés), un chômage plus élevé, etc. Bref, on se rapprochera ainsi des conditions que vivent les autres pays européens. On nous forcera probablement ainsi à entrer dans la zone Euro alors que le peuple suisse s’y est refusé et s’y refuse toujours. » fin de citation.

En résumé: « Un jour noir pour la Suisse ».

Le cours de change s’est, bien entendu, approché des 1.20. La BNS espère probablement que le cours ira plus haut (par quel miracle ? il faudrait que les conditions économiques de la zone euro soient bonnes, ce qui n’est, de toute évidence, pas le cas) pour vendre les euros accumulés.

Ma vision est que le cours va rester vers les 1.2 – le fameux plancher – et que le marché va commencer à tester la solidité de ce plancher en lui tapant bien fort dessus. A chaque passage au-dessous de 1.2, le BNS achète de l’euro, pour combien de temps ? Telle est la question.

On se fige sur ce cadavre, on s’arrime au Titanic, la BNS est dos au mur et ne voudra pas revenir en arrière sauf si on l’y contraint.

 

 

 

 

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