Une Barack de dettes

Sous les deux administrations Obama, la dette fédérale US a doublé !

Cela veut dire que, durant ces dernières huit années, le président Obama a accumulé autant de dettes (au niveau fédéral) que tous les présidents qui l’ont précédés…

barackdettes

 

Et le coût de la dette US

dette-et-son-cout

Si je prends un exemple fictif….

La France (sans la dette cachée) annonce 2’000 milliards de dettes et que le taux (coût) est de 1%, on obtient une charge annuelle de 20 milliards.

A l’époque (révolue) dette était de 1’000 milliards et le taux à servir de 2% soit une charge annuelle de 20 milliards.

Plus en arrière dans le temps, 500 milliards de dette et un taux de 4%, soit 20 milliards en intérêts.

 

Moralité: La baisse des taux n’a pas encouragé les gouvernements à des économies, bien au contraire !

Les taux peuvent remonter rapidement (on le sait), par contre on ne pourra pas couper la dette de moitié en cas de doublement des taux.

 

CQFD = Ce Qui Fait la Dette

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L’intiative Monnaie pleine (Suisse)

Cet article n’est pas pour vous donner des instructions de vote concernant l’intiative « monnaie pleine », mais vous rendre attentifs à certains points au sujet de la monnaie scripturale que vous utilisez tous les jours.

Il faut absolument vous renseigner pour comprendre ce qu’est l’argent aujourd’hui (si vous ne le savez pas), qui le crée, comment il est détruit. Ce n’est pas compliqué, mais il faut absolument le savoir avant de voter (pour ou contre cette initiative).

http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/ (NB: Cette intiative ne vient d’aucun parti)

Les vidéos suivantes vous expliquent ce qu’est la monnaie et comment des sociétés privées (banques) créent de l’argent « public ».

Qui crée de l’argent:

Plus complet ici: (https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Argent_Dette)

Un banquier suisse explique en 36 minutes la création monétaire (part. 1)

Ainsi vous êtes désormais au courant pour avoir votre opinion sur le sujet.

Une autre vidéo sur le sujet:

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Les taux hypothécaires depuis 1850 (mise à jour 18 août 2015)

evol tx hypo depuis 1850 au 18.8.2015

Petite mise à jour des taux hypothécaires à taux variables

 

intérêt hypothécaire competiteurs CH

Et une petite liste des taux proposés par les banques en Suisse pour un bien en Suisse financé en CHF

Rappel: Les Suisses sont extrêmement endettés personnellement (privé)

Les suisses assis sur une montage de dettes

http://www.gbnews.ch/economie/economie-suisse/lendettement-2-les-suisses-de-plus-en-plus-endettes-une-realite

 

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Le Brésil: La fin du miracle, chute du Real et hausse des taux

En 2011, je vous avais annoncé que le Brésil allait dans le mur car tout n’était bâti que sur l’emprunt, la dette:  Braise-île

Force est de constater que j’avais raison….

Inquiétudes sur le Brésil

Brésil Moody’s abaisse la note mais relève sa perspective

En plus, le réal brésilien se ramasse contre le USD qui monte (-30% depuis une année)

exch rate BR -USD 2007-2015

 

Et l’inflation monte et toujours pas de croissance, Quel miracle !

Brésil l’inflation ralentit en juillet mais reste à un niveau élevé sur 12 mois

Les taux des obligations à hauts rendements montent tout comme les taux des pays émergent: http://blog.crottaz-finance.ch/tout-est-une-histoire-de-taux/

taux Bresil

Et les CDS en apportent une preuve supplémentaire

 

bresil CDS 12-8-15

 

« He bien: Dansez Maintenant »

http://www.lafontaine.net/lesFables/afficheFable.php?id=1

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Comment la BNS va-t-elle affaiblir le CHF ?

Je ne vais pas revenir sur la perte de la BNS de 50.1 milliards de CHF pour le premier semestre 2015 dans le détail, je crois que les journaux l’ont assez bien mentionnée.

Ce que je vous prédisais arrive.

Après avoir anticipé- il y a près de 4 ans – l’abandon du taux plancher, je m’aventure dans un pronostic qui peut sembler hasardeux, mais tout à fait plausible.

Tout d’abord, je désire juste mentionner l’article du temps:

50 milliards de pertes pour la BNS dans lequel Monsieur Bakhtiari avance des arguments à tomber de la chaise: La BNS a les reins assez solides pour faire face à des réserves négatives

On doit savoir d’où viennent ces explications fumeuses: De la pensé unique de banquiers. Monsieur Laurent Bakhtiari est diplômé d’un Master en Finance d’Audencia Nantes et d’un Master en mathématiques quantitatives d’Imperial College London. en conclusion, un Français (dont le pays est plombé depuis 1974 sans aucun budget à l’équilibre)) avec une culture de banque anglo-saxonne vient nous dire que ce n’est pas grave de faire des pertes et que la BNS a les reins super solides !

Là je dis tout simplement BRAVO ! On est donc très loin de l’école autrichienne.

Plus sérieusement, comment peut-on être si convaincu que la banque centrale suisse est invincible. L’abandon du taux plancher (sous la pression d’une explosion du Bilan) n’a-t-il pas déjà démontré que la marché est bien plus puissant que toute banque centrale.

J’ajoute que Monsieur Bakhtiari se permet de faire de la politique puisqu’il avance qu’heureusement l’initiative 20% de réserve en or (qui a été balayée parce qu’incomprise par tout un chacun et surtout super attaqué par le lobby financier) était une aberration économique. Tout dépend du moment du vote. Je ne suis pas certains qu’après l’abandon du taux plancher cette initiative aurait été balayée aussi fortement. Tout cela n’est plus qu’histoire)

Pour revenir à notre bilan de la BNS et pour mémoire, car certains – dont Monsieur fait partie – semblent avoir la mémoire très courte.

A certaines périodes les réserves en or de la BNS étaient composées jusqu’à 50% d’or.

Monsieur Dominque Casai mentionne d’ailleurs: « La Banque centrale européenne  possède 27% d’or, les banques centrales des pays de la zone euro affichant des pourcentages très élevés d’or sur leur bilan, à l’instar de l’Allemagne (67%), de la France (65%), ou de l’Italie (66%). La BNS aurait donc une marge si elle devait suivre les allocations de ses voisines. «S’il est vrai que la forte concentration d’or qu’avait la BNS il y a vingt ans n’était pas judicieuse, il faut constater que les 8% actuels sont extrêmement bas »

Allez une piqure de rappel (source Bilan)

or bns bilan

Comme je l’ai mentionné rapidement dans un article, j’imagine (sans être comploteur) ce que nous mijote la BNS (involontairement ?) puisqu’elle garde les euros dans son bilan énorme (quasiment 90% du PIB, alors que les Japon en est à 50% et les autres pays encore plus bas)

Tout d’abord des chiffres:

PIB Suisse 640 milliards de CHF environ

Bilan de la BNS: 577 milliards de CHF (juste petite remarque: la BNS a perdu 50,1 milliards depuis le début de l’année 2015 et son bilan a passé de 561 à 577 (+16)…donc approximativement 66 milliards de CHF d’achats de devises (50+16)

bns bilan fin juin

Dettes de la Suisse (publique Canton et confédération) 34.5%

(source:http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/21/02/ind32.indicator.71103.3208.html) soit environ 220 milliards.

Le monde entier nous envie cette dette basse (sauf les Russes qui en ont une encore plus basse) et c’est probablement le pourquoi de l’intérêt des investisseurs pour le CHF et ceci malgré les taux négatifs imposés sur les liquidités en CHF.

Vous me connaissez, vous me voyez donc venir.

Comment faire pour ne plus attirer les investisseurs ? Il suffit d’être super mauvais comme les autres. Pour cela, il faudrait endetter le pays de manière importante. La BNS nous y amène gentiment.

Il est possible dans un futur proche – sans que cela ne soit une utopie « débilissime » – que la BNS perde beaucoup, mais vraiment beaucoup d’argent, à savoir 100 ou même 200 milliards de CHF sur ses placement devises et aussi actions (pour mémoire la BNS possède une exposition de 100 milliards au marché des actions).

Comment ? hausse des taux, chute des marchés, chutes des devises etc.

Si la BNS perd 220 milliards, on pourrait imaginer qu’elle appelle au secours et demande a être recapitalisée. Par qui ? Par la Confédération (le peuple indirectement) qui lancerait une magnifique émission obligataire géante.

Par ce tour de passe-passe, la Suisse aurait un endettement immédiat de 69% et se rapprocherait des ses voisins.

Mais tout cela n’est que le fruit de mon imagination débordante qui m’avait vu annoncer, le jour de son instauration en 2011, l’abandon du taux plancher avec fracas: http://blog.crottaz-finance.ch/la-bns-devra-rendre-des-comptes/

Tout comme la pensée unique se trompe ou veut nous tromper (comme ici Bilan en 2012: Pourquoi la BNS va gagner son pari sur l’euro )

A relire sans modération:

http://blog.crottaz-finance.ch/si-la-banque-nationale-suisse-bns-metait-comptee/

http://blog.crottaz-finance.ch/si-la-bns-metait-comptee-episode-no-2/

 

La vidéo de la direction de la BNS

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Les prêts débiles des élites européennes à la Grèce

Voilà tout est bien qui fini bien. Comme dans tout bon film le happy end est de mise.

Nous sommes passé très prêt d’un Grexit et malgré le fait avoué que certains ministres des finances de certains pays étaient contre cette aide massive, les dirigeants politiques ont réussi un tour de force : Donner encore de l’alcool à un alcoolique dont le foie est complètement pourri.

Les révélations concernant ce polar de série B sortent chaque jour comme:

Tsipras: Alexis Tsipras aurait sollicité Vladimir Poutine pour aider la Grèce à imprimer des drachmes (démenti par Poutine lui-même)

(très étonnant que le sérieux « Le Temps » journal de « mainstream » ose citer le site Zerohedge…en général on décrie les sites alternatifs qui dénoncent certaines pratiques de manipulations de cours etc.)

Varoufakis: Le plan B aux allures de polar de l’apprenti sorcier Varoufakis (Le pire dans toute cela c’est les grecs n’avaient même plus de quoi imprimer des billets, ayant détruit les presses: https://uk.news.yahoo.com/cant-print-drachmas-says-greeces-101107328.html#im9UGnt)

Les Grecs impriment toujours des euros (billets) et il y a un tournus comme on peut le voir ici: http://www.ecb.europa.eu/stats/euro/production/html/index.en.html

Dès lors comment savoir si des billets imprimés dans un pays peuvent être valables ou non (en imaginant qu’un pays sorte de la zone euro)?

Une piste ici: http://www.zerohedge.com/news/2015-06-16/how-find-what-country-euro-note

Tout cela me fait penser à une tragi-comédie.

Plus sérieusement, les chiffres sont têtus et je ne vois pas comment ce que je prédis depuis des années ne va pas se produire, à savoir la sortie de la zone euro d’un (ou plusieurs membres)

Quand on regarde l’échelonnement de la dette grecque, on sait comment cela va finir. Ce n’est juste qu’une question de temps.

grece dette hors tbills

greece boat hole

 

 

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La Banque Nationale Suisse au service du public ou des marchés? Par Liliane Held-Khawam

Madame Liliane Held-Khawan nous gratifie ce jour (comme à son habitude) d’un excellent article.

La BNS temple de la richesse de la Suisse du 20ème siècle est devenu son talon d’Achille. Depuis une dizaine d’années cette entreprise cotée en bourse semble avoir donné une place prépondérante aux besoins des marchés financiers par rapport à ceux du public. Dans son rapport d’activité de 2012 (p66) on peut lire ceci en réponse à la demande de la création d’un fond souverain : « … associer le placement des réserves monétaires de la BNS à des intérêts stratégiques de la Suisse engendrerait un risque de conflit d’intérêts et mettrait potentiellement en danger l’indépendance de la BNS ». Tout est dit.

Dans un contexte d’union douanière, le marché est roi et le marché financier le roi des rois. Bien avant la populaire crise des subprimes, les gouvernants de grandes puissances ont octroyé une place prépondérante aux banques commerciales. Ceci s’est fait grâce au pouvoir de création monétaire qui leur a été délégué. Cette monnaie qui s’appuie sur des dettes – appelée aussi scripturale (1)- est la racine d’un système financier déséquilibré et malade. Le pouvoir de créer de la monnaie ex-nihilo a permis aux financiers de s’infiltrer dans tous les coins de la vie politique, économique, sociale et privée. Cette monnaie scripturale représente plus de 90% de la masse monétaire mondiale ce qui bouleverse totalement la donne en matière de pouvoir monétaire, financier et politique. Sa portée politico-sociale est majeure!

Ce pouvoir étendu offert à un groupe de personnes a créé un chamboulement dans le métier bancaire rythmé par les crises et les scandales. La Suisse a été par exemple sonnée en 2007 par la découverte de l’implication de la légendaire UBS dans la crise américaine des subprimes et de ses pertes vertigineuses. La première surprise passée, on a expliqué au citoyen qu’il devait payer pour des personnes privées  ayant opéré sur sol américain. Encore plus surprenant, des pratiques criminelles éclaboussant ces grandes banques transnationales ont échappé aux mains de la justice.

Bref, les conséquences pratiques de tout cela se sont cristallisées en 2011 autour du financement des dettes publiques européennes et les risques de défaut de paiement de certains pays. La crise était si aigüe qu’elle menaçait d’emporter avec elle la zone euro et sa monnaie. Les banques européennes lourdement chargées en créances publiques (grecques, espagnoles,..) hautement risquées dans une monnaie qui l’était tout autant ne se faisaient plus confiance. C’en était à tel point qu’elles avaient du mal à se procurer du dollar américain. Elles couraient le risque de devoir vendre leurs actifs en dollars et de stopper le financement de compagnies américaines. Le système était en train de se gripper sévèrement !

C’est donc pour éviter un effondrement des marchés que 5 banques centrales dont la BNS ont décidé de mettre en place l’assouplissement quantitatif de manière massive en septembre 2011. C’est une politique monétaire dite « non conventionnelle » qui consiste en une expansion du bilan de la banque centrale qui rachète aux établissements financiers de manière définitive ou temporaire (REPO) des actifs même toxiques. Ces acquisitions se font en monnaie nationale via les comptes à vue que les banques possèdent auprès des banques centrales. C’est ainsi que la zone euros a pu refinancer à bon compte ses dettes souveraines et que l’euro a été sauvé.

Cette décision de l’assouplissement quantitatif -annoncée par le New York Times le 15 septembre 2011 (2)- explique à elle seule la décision quant à la fixation par la BNS d’un taux-plancher avec l’euro (septembre de la même année). Il semble évident que ce taux plancher lui permet à ce jour de ne pas faire apparaître les pertes comptables liées à la valeur réelle de l’euro. Le mécanisme de l’assouplissement quantitatif se lit dans le bilan de la BNS. On peut relever quelques éléments qui retiennent l’attention.

Le premier élément est l’expansion sans précédent de son bilan sans réalité économique. Celui-ci a été multiplié par plus de 4 entre fin 2004 et fin 2013. Cette tendance expansionniste s’est poursuivie immuablement durant les sept premiers mois de 2014, le bilan passant de 490 à 517 milliards de francs sur cette période !
Un deuxième élément qui interpelle est le soutien massif de l’euro qui occupe quasiment la moitié des devises (46%) pour atteindre la somme vertigineuse de 215 milliards de francs suisses au 30 juin 2014. A titre indicatif, cette rubrique s’élevait à 112 milliards de francs en 2010.

Le 3ème élément fort intéressant est que la BNS investit massivement dans la reprise d’obligations d’État. Ces actifs sont en effet passés de 170 milliards fin 2010 à 340 milliards en juillet 2014 !
Le 4ème élément est un comportement nouveau de la BNS. Il consiste à récupérer des créances d’institutions risquées. Ainsi, les placements avec une notation financière égale ou inférieure à « A » sont passés de 6 milliards de francs en 2010 à près de 37.5 milliards de francs en juillet 2014 ! Voilà une conséquence claire de l’assainissement des banques et institutions financières.

Toutes ces acquisitions/reprises d’actifs des établissements commerciaux doivent être financées. Ceci s’est fait via plusieurs comptes de l’actif ou du passif du bilan. En voici quelques-uns.

  • Lors des subprimes, la BNS a vendu 250 tonnes d’or entre 2007 et 2009.
  • La BNS a augmenté les billets physiques en circulation qui sont passés de 40 à 63 milliards de francs en moins de 10 ans.
  • La BNS a renfloué les banques en Suisse (« compte des virements des banques en Suisse »)  via leur compte à vue auprès de la banque centrale. Cette rubrique a littéralement explosé en même temps que le bilan de la BNS. Elle est passée de moins de 6 milliards en 2005 à 305 milliards en juillet 2014. Elle  constitue la contrepartie apportée par la banque centrale en échange des titres en devises qu’elle assume dorénavant appelés « placement en devises étrangères » inscrits au bilan de la BNS.

Cet argent déposé sur des comptes courants -rémunéré actuellement à 0%- appartient désormais à des banques commerciales (identités non communiquées). Il constitue un actif pour ses propriétaires et un dû pour la banque centrale. Ce sont donc de facto des crédits purs et durs contractés par la BNS auprès des banques commerciales. Celles-ci peuvent grâce à ce « renflouement » développer leur propre création monétaire scripturale et donc amplifier leurs activités plus ou moins spéculatives

  • les « comptes des virement de banques et d’institutions étrangères », autre source de financement des acquisitions de devises et de créances publiques. Le principe est le même que le précédent à la différence près que les établissements se trouvent à l’étranger. Cette rubrique est passée de moins de 2 milliards en 2011 à près de 15 milliards (19 mia en avril 2014). Un bond notable a eu lieu en 2012 (12 mia). Peut-on y voir un lien avec l’ouverture d’une agence de la BNS à Singapour ?

Cette observation du bilan de la BNS appelle plusieurs constats. Le premier c’est que la BNS semble s’être elle-même financiarisée à l’image des Etats ou des entreprises transnationales y c des grandes banques. Son impressionnante expansion sans lien avec l’économie réelle et le PIB donne le sentiment de la constitution d’une bulle spéculative géante.

La présence massive de placements en euros fait perdre de facto l’indépendance tant recherchée dans la loi sur la BNS de 2003. D’ailleurs, quelques semaines avant la fixation du taux-plancher on pouvait relever ce passage dans un article du Temps du 15 juillet 2011 (3):

« Alors que le franc s’envolait mercredi vers de nouveaux sommets, Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse, a fermement rejeté toute idée d’arrimer la monnaie helvétique à l’euro. «Notre mandat principal est d’assurer la stabilité des prix. Lier le franc à l’euro entraînerait de nouveaux problèmes, comme la hausse des taux d’intérêt en Suisse. En outre, une telle opération nécessiterait de modifier la Constitution. Nous ne pourrions plus assurer l’indépendance de notre politique monétaire», a-t-il rappelé mercredi à Zurich lors d’un podium de discussion organisé par l’Efficiency Club. »
La Constitution n’a pas été modifiée, le taux-plancher a été posé et la BNS a perdu son indépendance en matière de politique monétaire. A tout cela s’ajoute une question : que se passerait-il en cas de sortie d’un Etat-membre de la zone euro? Qui supportera les conséquences d’un défaut de paiement d’un des créanciers à risques?

Les risques d’hyperinflation sont réels. Tant que les banques commerciales accepteront de laisser leurs centaines de milliards dormir sur le compte à vue de la BNS à 0%, l’inflation sera en principe contenue. Mais que se passerait-il si ces mêmes banques pilotées en bonne partie par des puissances financières étrangères venaient à retirer leurs dépôts non obligatoires ? Et si elles décidaient de les injecter dans le marché suisse?

Le même septembre 2011, un évènement peu relayé dans la presse a eu lieu à Berne. Les autorités fédérales ont validé une loi appelée Too big to fail. Celle-ci garantit de manière illimitée et sans condition toute défaillance de toute banque répertoriée comme too big to fail. Cette garantie concerne l’argent public du pays mais aussi l’argent des citoyens (épargnes, caisses de pension, assurance-vie…). Le citoyen-contribuable qui gagne son argent grâce à son effort au travail doit garantir un circuit financier représenté par des responsables qui semblent bénéficier d’une impunité à toute épreuve. Les risques liés au concept de la Too big to fail a été remis en question par le FMI (4).

Les enjeux en termes de démocratie et du bien commun sont gigantesques, existentiels et essentiels pour l’avenir. Le travail n’est plus le facteur créateur de richesses. Le danger d’une création d’un circuit fermé créateur de richesses gigantesques réservé à une élite semble être en train de se mettre en place. Les gains basés avant tout sur la spéculation et les « coups » peuvent être si importants que la tentation des banquiers de tourner le dos au financement de l’économie réelle augmente.

A ce stade les questions et interrogations sont nombreuses. Est-ce que le portefeuille gigantesque de la BNS est encore utilisé pour le bien commun compte tenu de son refus de constituer un fond souverain pour la Suisse? Sa force de frappe boursière peut-elle « booster » artificiellement les marchés boursiers? Participe-t-elle alors à enrichir un petit nombre de manière démesurée? Est-elle devenue partie prenante de la finance-casino? Cette politique est-elle compatible avec la mission que le législateur lui a assignée ? Est-il légitime de faire porter des risques majeurs d’un système pour le moins problématique par les petits épargnants, contribuables, retraités? Est-elle en train de transférer son indépendance à des tiers étrangers avec l’assouplissement quantitatif et l’explosion du compte des virements des banques en Suisse remettant alors en cause la souveraineté du pays sans mandat connu? Quel poids politique ce compte de virements des banques donne-t-il à leurs propriétaires?

Surprenante BNS qui nous avait habitués à la prudence. Nous nous retrouvons avec une monnaie quasiment privatisée et une indépendance monétaire pratiquement perdue! La monnaie, la politique monétaire et la banque centrale sont autant de pierres angulaires à l’édifice de l’intérêt public, du bien commun et de la démocratie. Objectivité et neutralité doivent garantir l’équité entre les citoyens. Tout comportement qui ressemblerait à du favoritisme d’un groupe ou d’un autre est contraire à l’esprit d’une économie libre, à la liberté d’entreprendre et à l’Etat de droits.

Au pouvoir illégitime octroyé au marché financier, s’ajoute le fait que la richesse de la Suisse et des suisses est en mode de dilution avancée. Alors qu’une minorité d’individus a acquis un pouvoir de vie et de mort sur la monnaie nationale, un nombre grandissant du peuple peine à boucler ses fins de mois. C’est par la monnaie que la démocratie est en train de filer…

Liliane Held-Khawam

(1)La monnaie scripturale détruit les États! https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2014/07/19/la-monnaie-scripturale-detruit-les-etats/

(2) 5 Central Banks Move to Supply Cash to Europe, September 15, 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/16/business/global/borrowing-costs-stubbornly-high-at-spanish-auction.html?_r=0

(3) http://www.letemps.ch/Page/Uuid/823b8ba4-ae59-11e0-8d13-d03d80d505be/Lier_le_franc_%C3%A0_leuro_cr%C3%A9erait_de_nouveaux_probl%C3%A8mes

(4) Le dernier « Rapport sur la stabilité financière globale » du FMI consacre un chapitre entier (sur trois) aux problèmes générés par les garanties étatiques offertes aux établissements considérés comme TBTF. Il y est très clairement expliqué que les banques qui bénéficient de ce type de garantie « ont peu d’incitation à surveiller et punir les prises de risque excessives ». Elles bénéficient par ailleurs de conditions d’emprunt plus avantageuses que ne le justifierait leur profil de risque, ce qui peut leur permettre d’augmenter leur niveau d’endettement pour « s’engager dans des activités plus risquées ». Ces établissements sont ainsi encouragés à rechercher une rentabilité à brève échéance, au détriment de leur viabilité à plus long terme.

Source : Global Financial Stability Report, avril 2014, p.102,

http://www.imf.org/External/Pubs/FT/GFSR/2014/01/pdf/text.pdf

The implicit government protection of these banks distorts prices and resource allocation. Because creditors of SIBs do not bear the full cost of failure, they are willing to provide funding at a lower cost than warranted by the institutions’ risk profiles. They also have little incentive to monitor and punish excessive risk-taking. SIBs then may take advantage of the lower funding costs to increase their leverage and engage in riskier activities. Banks may also seek to grow faster and larger than justified by economies of scale and scope to reap the benefits of the implicit funding subsidy granted to TITF institutions.

  • les « comptes des virement de banques et d’institutions étrangères », autre source de financement des acquisitions de devises et de créances publiques. Le principe est le même que le précédent à la différence près que les établissements se trouvent à l’étranger. Cette rubrique est passée de moins de 2 milliards en 2011 à près de 15 milliards (19 mia en avril 2014). Un bond notable a eu lieu en 2012 (12 mia). Peut-on y voir un lien avec l’ouverture d’une agence de la BNS à Singapour ?

Cette observation du bilan de la BNS appelle plusieurs constats. Le premier c’est que la BNS semble s’être elle-même financiarisée à l’image des Etats ou des entreprises transnationales y c des grandes banques. Son impressionnante expansion sans lien avec l’économie réelle et le PIB donne le sentiment de la constitution d’une bulle spéculative géante.

La présence massive de placements en euros fait perdre de facto l’indépendance tant recherchée dans la loi sur la BNS de 2003. D’ailleurs, quelques semaines avant la fixation du taux-plancher on pouvait relever ce passage dans un article du Temps du 15 juillet 2011 (3):

« Alors que le franc s’envolait mercredi vers de nouveaux sommets, Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse, a fermement rejeté toute idée d’arrimer la monnaie helvétique à l’euro. «Notre mandat principal est d’assurer la stabilité des prix. Lier le franc à l’euro entraînerait de nouveaux problèmes, comme la hausse des taux d’intérêt en Suisse. En outre, une telle opération nécessiterait de modifier la Constitution. Nous ne pourrions plus assurer l’indépendance de notre politique monétaire», a-t-il rappelé mercredi à Zurich lors d’un podium de discussion organisé par l’Efficiency Club. »
La Constitution n’a pas été modifiée, le taux-plancher a été posé et la BNS a perdu son indépendance en matière de politique monétaire. A tout cela s’ajoute une question : que se passerait-il en cas de sortie d’un Etat-membre de la zone euro? Qui supportera les conséquences d’un défaut de paiement d’un des créanciers à risques?

Les risques d’hyperinflation sont réels. Tant que les banques commerciales accepteront de laisser leurs centaines de milliards dormir sur le compte à vue de la BNS à 0%, l’inflation sera en principe contenue. Mais que se passerait-il si ces mêmes banques pilotées en bonne partie par des puissances financières étrangères venaient à retirer leurs dépôts non obligatoires ? Et si elles décidaient de les injecter dans le marché suisse?

Le même septembre 2011, un évènement peu relayé dans la presse a eu lieu à Berne. Les autorités fédérales ont validé une loi appelée Too big to fail. Celle-ci garantit de manière illimitée et sans condition toute défaillance de toute banque répertoriée comme too big to fail. Cette garantie concerne l’argent public du pays mais aussi l’argent des citoyens (épargnes, caisses de pension, assurance-vie…). Le citoyen-contribuable qui gagne son argent grâce à son effort au travail doit garantir un circuit financier représenté par des responsables qui semblent bénéficier d’une impunité à toute épreuve. Les risques liés au concept de la Too big to fail a été remis en question par le FMI (4).

Les enjeux en termes de démocratie et du bien commun sont gigantesques, existentiels et essentiels pour l’avenir. Le travail n’est plus le facteur créateur de richesses. Le danger d’une création d’un circuit fermé créateur de richesses gigantesques réservé à une élite semble être en train de se mettre en place. Les gains basés avant tout sur la spéculation et les « coups » peuvent être si importants que la tentation des banquiers de tourner le dos au financement de l’économie réelle augmente.

A ce stade les questions et interrogations sont nombreuses. Est-ce que le portefeuille gigantesque de la BNS est encore utilisé pour le bien commun compte tenu de son refus de constituer un fond souverain pour la Suisse? Sa force de frappe boursière peut-elle « booster » artificiellement les marchés boursiers? Participe-t-elle alors à enrichir un petit nombre de manière démesurée? Est-elle devenue partie prenante de la finance-casino? Cette politique est-elle compatible avec la mission que le législateur lui a assignée ? Est-il légitime de faire porter des risques majeurs d’un système pour le moins problématique par les petits épargnants, contribuables, retraités? Est-elle en train de transférer son indépendance à des tiers étrangers avec l’assouplissement quantitatif et l’explosion du compte des virements des banques en Suisse remettant alors en cause la souveraineté du pays sans mandat connu? Quel poids politique ce compte de virements des banques donne-t-il à leurs propriétaires?

Surprenante BNS qui nous avait habitués à la prudence. Nous nous retrouvons avec une monnaie quasiment privatisée et une indépendance monétaire pratiquement perdue! La monnaie, la politique monétaire et la banque centrale sont autant de pierres angulaires à l’édifice de l’intérêt public, du bien commun et de la démocratie. Objectivité et neutralité doivent garantir l’équité entre les citoyens. Tout comportement qui ressemblerait à du favoritisme d’un groupe ou d’un autre est contraire à l’esprit d’une économie libre, à la liberté d’entreprendre et à l’Etat de droits.

Au pouvoir illégitime octroyé au marché financier, s’ajoute le fait que la richesse de la Suisse et des suisses est en mode de dilution avancée. Alors qu’une minorité d’individus a acquis un pouvoir de vie et de mort sur la monnaie nationale, un nombre grandissant du peuple peine à boucler ses fins de mois. C’est par la monnaie que la démocratie est en train de filer…

Liliane Held-Khawam

(1)La monnaie scripturale détruit les États! https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2014/07/19/la-monnaie-scripturale-detruit-les-etats/

(2) 5 Central Banks Move to Supply Cash to Europe, September 15, 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/16/business/global/borrowing-costs-stubbornly-high-at-spanish-auction.html?_r=0

(3) http://www.letemps.ch/Page/Uuid/823b8ba4-ae59-11e0-8d13-d03d80d505be/Lier_le_franc_%C3%A0_leuro_cr%C3%A9erait_de_nouveaux_probl%C3%A8mes

(4) Le dernier « Rapport sur la stabilité financière globale » du FMI consacre un chapitre entier (sur trois) aux problèmes générés par les garanties étatiques offertes aux établissements considérés comme TBTF. Il y est très clairement expliqué que les banques qui bénéficient de ce type de garantie « ont peu d’incitation à surveiller et punir les prises de risque excessives ». Elles bénéficient par ailleurs de conditions d’emprunt plus avantageuses que ne le justifierait leur profil de risque, ce qui peut leur permettre d’augmenter leur niveau d’endettement pour « s’engager dans des activités plus risquées ». Ces établissements sont ainsi encouragés à rechercher une rentabilité à brève échéance, au détriment de leur viabilité à plus long terme.

Source : Global Financial Stability Report, avril 2014, p.102,

http://www.imf.org/External/Pubs/FT/GFSR/2014/01/pdf/text.pdf

The implicit government protection of these banks distorts prices and resource allocation. Because creditors of SIBs do not bear the full cost of failure, they are willing to provide funding at a lower cost than warranted by the institutions’ risk profiles. They also have little incentive to monitor and punish excessive risk-taking. SIBs then may take advantage of the lower funding costs to increase their leverage and engage in riskier activities. Banks may also seek to grow faster and larger than justified by economies of scale and scope to reap the benefits of the implicit funding subsidy granted to TITF institutions.

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Engagements financiers bruts et déficits des administrations publiques en % du PIB (prévision 2015)

engagement financiers et deficit ou excédents etats est 2015

Il est ainsi assez facile de visualiser les bons et les mauvais élèves.

Quand je lis les prévisions de l’OCDE de déficits de 3.1% pour la France, de gros doutes m’envahissent…

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Taux européens, la grande détente

Ce matin les agences de notation relèvent leurs notes sur l’Espagne et la Grèce.

La Grèce et l’Espagne obtiennent un relèvement de leur note

Il y a bien longtemps que je n’ai produit les graphiques des taux à 10 ans et grande surprise…

 

L’Espagne emprunte quasiment au même taux que les USA  (à 0.5% près)

spain generic 10 years 23-5-2014

us generic 10 years 23-5-14

 

Et la Grèce

greece 10 years generic 23-5-14

 

LE TED Spread

Macrotrends.org_TED_Spread_Historical_ChartLes taux semblent démontrer qu’il n’y a aucune crainte quant à l’évolution futur des marchés.

Le VIX est en bas, tout va bien madame la marquise.

On se dirait juste avant 2008.

Alors que les dettes n’ont fait que d’augmenter ! Allez comprendre !

Un jour (demain ? après-demain ? dans des des années ?) , nous regarderons cela en nous disant que c’était évident et que cela ne pouvait pas durer.

Tout ce que nous voyons comme prix est une vue tronquée.

Les taux hyper bas, les injections monétaires, les bilans de banques centrales et les endettements exercent une distorsion sur les prix.

Tout va très bien madame la marquise…..paraît-il

 

 

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Audio RTS:Le wishfull thinking est monnaie courante et il faut y croire

Ce matin sur la Radio Suisse Romande Jean-Pierre Beguelin ancien chef économiste de la BNS et de Pictet qui nous raconte sa jolie vision des choses (sans contradicteur bien sûr). Le pays des bisounours.

Tout va bien, les banques sont super capitalisées et les banques centrales ont tout pouvoir.

Je me marre… (jaune) et heureusement que sur son site un autre Jean-Pierre (Chevallier) nous explique la BCE en folie: http://www.jpchevallier.com/article-les-marioles-de-la-bce-en-folie-120229607.html

et du besoin de 4 banques françaises: http://www.jpchevallier.com/article-leverage-reel-des-banques-francaises-2-trimestre-2013-119425554.html. D’après M. Chevallier il faut déjà 4x plus d’argent que ce qu’annonce M. Beguelin.

Certains intervenants comme les analystes, économistes proches du pouvoir ou des banques n’ont pas vu la crise 2008 arriver.

Rien n’a changé depuis (voire c’est pire en ce qui concerne les dettes et le chômage), mais pour eux tout va bien. Retour à la normalité paraît-il.

Il m’est toujours impossible de comprendre comment il est possible de ne pas voir, ni admettre les évidences.

MUNDUS VULT DECIPI ERGO DECIPIATUR

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Audio/Vidéo: RTS, La politique monétaire de la FED mène-t-elle le monde à sa ruine?

Cédric Tille et Pierre Leconte en contradiction.

La politique monétaire de la FED mène-t-elle le monde à sa ruine? – 19.09.2013

La FED, la Réserve fédérale américaine, continue d’inonder le marché de ses liquidités alors que les spécialistes s’attendaient plutôt à une réduction. Cette politique monétaire extrêmement expansive pour la Banque centrale américaine est destinée à soutenir à tout prix l’économie et réduire le chômage. Le débat entre Cédric Tille, professeur d’économie à l’Institut de hautes études internationales et du développement et Pierre Leconte, gérant de fortune chez Buchs Finance à Genève et président fondateur du Forum monétaire de Genève pour la paix et le développement.

Cédric Tille: https://sites.google.com/site/cedrictilleheid/ un proche de la BNS.

Il ne peut donc pas nier l’action d’une banque centrale (2011- à aujourd’hui: Member of the Bank Council of the Swiss National Bank). Pour lui la FED est toute puissante….on en reparle dans quelques années.

Pierre Leconte: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Leconte

Suis d’accord avec lui on aurait dû laisser des banques faire faillite.

 

 

 

 

 

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Bruno Bertez: La tromperie sur la stimulation

Je ne pouvais pas résister à vous produire l’article de Monsieur Bruno Bertez de ce jour. Promesses électorales, liens entre banquiers et gouvernants, tout y est.

11 septembre 2013

Les milliards injectés par les banques centrales et les gouvernements se retrouvent dans le système bancaire. Et non dans l’économie.

Bruno Bertez

Les responsables de la conduite des affaires, banquiers centraux et gouvernements, prétendent, pour justifier leur action, mener des politiques de stimulation. A les entendre, ils stimulent depuis 2009.

«Simulent» est un terme qui conviendrait mieux! Les politiques menées ne sont que marginalement stimulantes, sauf bouffées spéculatives temporaires qui créent «un climat», un «sentiment» positif éphémère.

Ces politiques, contrairement à ce que l’on dissimule et donc à ce que l’on croit, sont très efficaces pour… maintenir à flots le système bancaire et tenter de reconstituer les fonds propres disparus dans la crise.

Les politiques de soi-disant stimulation sont en réalité des cache-sexes qui dissimulent l’obscénité de la manœuvre. Faire payer aux citoyens, ménages, contribuables, épargnants, le prix de la crise que le couple maudit formé par les banques et les gouvernements ont provoquée.

La propagande des responsables a réussi à faire passer les mesures monétaires qui ont été prises pour des mesures de stimulation. C’est un gros, un très gros mensonge. La Fed n’injecte pas 85 milliards de dollars par mois dans l’économie américaine. Elle achète pour un montant de 85 milliards de titres à long terme, valeurs du Trésor et titres hypothécaires. Cet argent se retrouve dans le système bancaire et non pas dans l’économie. Tout le problème de la gestion de la crise est précisément de résoudre le problème de la transmission de la sphère financière à la sphère de l’économie réelle. Comment faire pour que l’argent qui se trouve dans le système bancaire se transforme en monnaie et vienne alimenter l’économie. A ce jour, personne n’a trouvé la réponse à cette question. L’analyse vaut également pour l’action de la BCE de Draghi.

Une grande partie de l’argent est conservée par le système bancaire sous forme de réserves excédentaires. Si les banques n’emploient pas cet argent sous forme de prêts, c’est parce qu’il n’y a pas de demande solvable suffisante. Il est faux de dire que les banques sont responsables de la croissance lente, elles souhaiteraient certainement une croissance plus rapide. Simplement, le système est grippé. La crise est une crise d’excès de dettes, une crise de surendettement. Tous les agents économiques, et maintenant partout dans le monde, on le voit avec la crise en cours des émergents, sont surendettés. Avec un surendettement en mis-match de durée et de risque. C’est ce surendettement qui constitue un boulet pour les économies. En situation d’excès de dettes, si on se refuse à la restructuration généralisée qui allègerait le fardeau, il faut se résoudre à une croissance lente pendant longtemps.

Il est évident que les milliers de milliards qui ont été transférés aux banques auraient pu être mieux utilisés. Mais c’est une autre histoire. La meilleure économiste de France, Anne Roumanov, vous savez celle qui dit «on ne nous dit pas tout» a livré une piste de réflexion que les grands de ce monde feraient bien de méditer: «si cet argent, ils nous l’avaient donné à nous, nous, on aurait su quoi en faire». L’erreur de 2009 a été de donner la priorité au sauvetage du système bancaire, au sauvetage des actionnaires et des détenteurs d’obligations des banques.

On n’a pas sauvé l’économie, on a sauvé les banques. Pour être exact, il conviendrait de dire: on tente de sauver les banques. Car il est évident, pour qui regarde et comprend le fonctionnement du système, que ce n’est qu’un répit. Il ne faut pas confondre les facilités que confèrent «les accommodements comptables» et les excès de liquidités avec les vraies solutions.

Comme nous l’avons dit plus haut, à partir du moment où on se refuse au moratoire et aux restructurations, rééchelonnements, le stock de dettes constitue un handicap pour les économies. Imaginez un chasse-neige qui repousse devant lui la neige accumulée. C’est exactement la situation mondiale; le stock de dettes ne se réduit pas, au contraire, il ne cesse d’enfler. Il ne cesse d’enfler parce que les gouvernements et les banques centrales n’ont qu’une idée en tête: relancer le crédit. La tendance très lourde des économies est à ce que l’on appelle le «deleveraging»; le «deleveraging», c’est le désendettement. Les agents économiques voudraient assainir leurs bilans. Ils sont donc frileux. Les responsables de la conduite des affaires essaient de les inciter à prendre des risques, ils manipulent le prix du risque, mais les gens sont raisonnables, ils savent au fond d’eux-mêmes que rien n’est résolu. Ils préfèrent rester prudents. Les seuls risques que l’on prend dans le système, ce sont les risques de la spéculation financière. On joue sur la valeur des choses.

La durée de la stagnation induite par cette situation n’est pas fixée d’avance. Elle dépendra de beaucoup de choses, entre autres de la dépréciation des monnaies. C’est dire des rapports des forces sociales. Si les banques centrales réussissent à gonfler l’inflation effective, sans, en contrepartie, faire monter les taux d’intérêt, donc en contrôlant les anticipations, alors le désendettement réel sera plus rapide et la croissance nominale repartira plus vite. Ce processus viendra compléter la répression fiscale.

Parmi les erreurs des responsables, il y en a une qu’il ne fallait pas commettre. C’est celle du changement des standards comptables du secteur financier (normes du FASB). En changeant les standards comptables, on a dispensé les banques de fournir des comptes honnêtes, de prendre leurs pertes, de se recapitaliser sérieusement. On a fait exactement ce que l’on avait déconseillé de faire en son temps aux Japonais. C’est ainsi que l’on a transformé une crise qui aurait pu durer deux ans en une crise générationnelle.

En dehors d’une opération Vérité très improbable, opération qui consisterait à reconnaître la vraie valeur dépréciée des dettes et créances, il y a très peu de solutions pour retrouver une croissance raisonnable. L’activité économique d’un pays dépend à la fois des revenus et du crédit. Pendant des années, les revenus salariaux ont stagné, voire régressé en termes réels. Ils stagnent encore. Et ils sont amputés par la hausse du prix des services fournis par les Etats, les impôts. Le phénomène est aggravé par le chômage. L’absence de gain de pouvoir d’achat a été compensée par le recours au crédit. Le recours au crédit est maintenant bloqué pour cause de surendettement. Quelles sont les solutions? On peut imaginer de favoriser la hausse des revenus salariaux; d’augmenter l’endettement du gouvernement s’il le peut encore; de piller la demande des autres pays en favorisant la baisse de sa monnaie, c’est la carte mercantiliste.

On ne peut monter les revenus salariaux car il y a risque de perte de compétitivité et incidence sur les taux d’intérêt. On ne peut augmenter à l’infini la dette des Etats car ils sont déjà en majorité insolvables. Quant au mercantilisme, tout le monde s’y essaie, ce qui en annule les bénéfices. L’une des choses qui passe inaperçue, mais qui est très grave, est que le consensus, la coopération, qui ont permis de faire face en 2009 ont disparu. Les réunions en «G» ne donnent plus de résultats, les forces dissociatives sont à l’œuvre, partout. Nous sommes dans une phase de fragmentation généralisée, de re-domestication. On défait l’histoire. Les trente dernières années ont été celles d’un mix qui a débouché sur une catastrophe: innovations technologiques, mondialisation, laxisme monétaire, goût du risque. Le mix se dissocie. Les remèdes sont dérisoires.

La politique qui est suivie, et qui vise à favoriser la constitution d’un «effet de richesse» pour s’opposer à l’appauvrissement réel, est totalement inefficace. Les ménages ne tombent pas dans le piège que leur tendent les banques centrales, ils ne dépensent pas la richesse fictive qui est créée par le gonflement temporaire des cours de bourse. Les agents économiques ne dépensent que les revenus qu’ils considèrent comme stables. C’est l’une des découvertes de Milton Friedman, découverte qui lui a, parmi d’autres, valu le Prix Nobel en 1976. Un gonflement des cours de Bourse de 1% produit, au mieux, une hausse du PIB de 0,03%.

La hausse des cours des actifs financiers constitue ce que l’on appelle de la «création de valeur», on ajoute des zéros dans les livres de comptes. Hélas, la création de valeur n’équivaut pas à de la création de richesse, ce n’est pas parce que vous aurez rajouté des zéros partout que vous aurez produit plus de biens et services échangeables! Le gonflement de la valeur des assets est en réalité un mécanisme de transfert de richesse, de vraie richesse, cette fois. En effet, celui qui bénéficie du gonflement des valeurs boursières se trouve à la tête d’un pouvoir d’achat qui lui permet de se payer, de s’attribuer un droit de prélèvement supplémentaire sur la production nationale et mondiale réelle. La création de valeur boursière dilue le patrimoine et les revenus de tous ceux qui ne participent pas au festin. La création de valeur est un moyen de fausser la répartition du gâteau national et mondial. Au lieu de favoriser la reprise économique, elle la bloque.

La montée des antagonismes, le chômage, provoquent dislocation et délitation du tissu social. La tentation du bouc émissaire refait surface. On joue avec le feu sous cet aspect. La stigmatisation de l’industrie financière ou de groupes sociaux est encouragée par les politiciens à la petite semaine. L’industrie financière ne serait pas ce qu’elle est si les gouvernements n’étaient pas ce qu’ils sont et si les banques centrales retournaient à leurs pratiques traditionnelles. Ce sont les gouvernements qui ont poussé à la dérégulation financière afin de pouvoir s’endetter plus. Afin de payer les additions de leurs promesses électorales. Ce sont les banques centrales complaisantes qui ont accepté de mener les politiques monétaires ultra-laxistes qui ont permis les dérives bancaires.

En fait, tout le monde est responsable, ou coupable, comme l’on veut. Les gouvernements et les banques centrales ont répondu à une demande sociale qui veut que l’on puisse jouir plus vite tout en faisant moins d’effort. Nous sommes dans des sociétés de moindre effort, de confort, de «convenience», sans autre frein au glissement sur la mauvaise pente, que les crises, lesquelles se produisent lorsque les promesses dont vit et se reproduit le système, ne peuvent plus être tenues. Il faut bien comprendre que le système produit ses propres justifications, morales, émotionnelles, théoriques; on trouve toujours une théorie pour justifier les comportements et décisions des Pouvoirs. Il suffit de regarder ce qui se passe pour justifier les interventions guerrières, on invente le principe du «punitisme». S’il n’y a en a pas, le système se charge d’en produire une et de l’imposer. Ceci signifie que, dans notre conception, les changements, les corrections, ne peuvent être conduits par les «chefs», fussent-ils légitimement élus. Non, le changement ne peut être qu’imposé par la Nécessité, par la Réalité. La situation actuelle se définit, précisément, comme un déni de cette Réalité.

 

 

Je me permets d’ajouter un graphique de circulation de la monnaie fiduciaire aux USA…no comment

velocity sept 2013

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Humour en Grèce

Mon fils rentre de Grèce, plus précisément de l’île de Zante (Zakynthos (en transcription latine du grec) et également appelée Zacynthe).

Il me rapporte une photo qui montre que certains grecs ont tirés les leçons de ce qui leurs arrive (sans pour autant que leurs problèmes soient réglés).

Cette photo résume bien l’état d’esprit.

 

grrece

Traduction: Un crédit est uniquement octroyé aux personnes de plus de 90 ans et qui sont accompagnées de leur grand-mère

 

No comment

La maison ne fait plus crédit….

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Une dépression déflationniste semble inévitable

Billet invité Monsieur U.

Les pays du G10 nagent dans un océan de dettes. Une grande partie de ces dettes ne seront jamais remboursées. Une dépression déflationniste me paraît donc inévitable dans de nombreux pays.
Pour avoir une vue d’ensemble de l’endettement des pays du G10
À noter, la position peu envieuse de la Suisse dans ce classement des pays les plus endettés par rapport à leur PIB. Bien que les dettes existantes de son secteur public ne représentent que 40% de son PIB, le secteur bancaire (avec notamment les deux Frankensteins que sont l’UBS et le CS) ainsi que le très important endettement des ménages (hypothèques principalement) font que le pays a une dette totale de près de quatre fois son PIB.
Comment de nombreux analystes et économistes peuvent-ils encore pronostiquer de la croissance économique dans le futur ? Des années de récession pour nettoyer le système de toutes ces dettes me paraissent malheureusement inévitables…
Pourquoi, dans un premier temps en tout cas, faut-il craindre la déflation plutôt que l’inflation ou l’hyperinflation (des prix) malgré l’ahurissante quantité de « monnaie » qui a été créée par les banques centrales ?
Avez-vous entendu parler de Farinet, Joseph-Samuel de son prénom (1845-1880) ?
C’était un faux-monnayeur qui sévissait en Valais et qui a été condamné à la prison pour avoir fabriqué de fausses pièces de 20 centimes (près de 2 francs de valeur actuelle). Pour moi, les banquiers centraux actuels sont aussi, en quelque sorte, de faux-monnayeurs; mais eux, ils ne risqueront jamais la prison. En effet, dans les régimes de monnaies fiduciaires que nous connaissons depuis des décennies, ils oeuvrent en toute légalité et avec la bénédiction de la plupart des politiciens.
Avant que la crise actuelle ne commence, le plus grand créateur de monnaie a été le système bancaire (par le mécanisme du crédit). Les banques étant en pleine crise (au bord de la faillite), ce sont les banques centrales qui ont pris le relais. Que vous jetiez un oeil sur les chiffres de la banque centrale américaine, japonaise, européenne, anglaise ou suisse, partout vous pourrez remarquer un gonflement ahurissant de leur bilan respectif dû à une création de « monnaie » à partir de rien.
Ces milliers de milliards créés ne signifient-ils pas un retour prochain de l’inflation (une hausse importante des prix) voire de l’hyperinflation (une hausse phénoménale des prix) comme s’en inquiètent la plupart des commentateurs qui s’expriment sur le sujet ? En effet, ces excès de moyens monétaires par rapport à l’offre de biens et services devraient avoir pour conséquence une hausse des prix (et donc une perte de pouvoir d’achat des monnaies).
Je crois que ces analyses oublient de mentionner quelque chose d’important. Si les banques centrales peuvent créer pratiquement autant de moyens monétaires qu’elles le veulent, elles ne maîtrisent pas leur utilisation. Donc, l’analyse de ce problème ne doit pas s’arrêter à la quantité de monnaie en circulation mais tenir compte de sa circulation effective dans l’économie, ce que les gens en font. Là intervient la notion de vitesse de circulation de cette monnaie, ou de vélocité (velocity en anglais).
Je vais prendre un petit exemple un peu absurde pour illustrer cela. Si M. Philipp Hildebrand, président de la BNS (Banque Nationale Suisse), un grand copain à vous, vous fait livrer par camion cent milliards de francs en billets de mille fraîchement imprimés, et que vous décidiez de les stocker dans votre cave sans dépenser un seul de ces billets, quel en serait le résultat ? Quantité de nouvelle « monnaie » créée (à partir de rien) : cent milliards de francs. Vitesse de circulation de ces cent milliards : zéro !
Je vais maintenant prendre un exemple bien réel, celui des Etats-Unis, illustré par quelques graphiques  :
La banque centrale américaine, la Fed, s’est engagée dans un vaste plan de soutien au système financier et à l’Etat fédéral en faisant tourner « sa planche à billets » électronique. Elle a fabriqué une énorme quantité de « monnaie » (à partir de rien) et son bilan a explosé.

Cette nouvelle « monnaie » apparaît dans les mesures de masse monétaire comme M1 ou M2 dont la progression s’est accélérée ces dernières années.

Où est allé toute cette « monnaie » ?
Les premiers bénéficiaires ont été les banques. Politiciens et banquiers ont une relation particulière et s’entre-aident depuis des décennies sur le dos du reste de la population; les uns ont le privilège de pouvoir créer de la « monnaie » à partir de rien par un simple jeu d’écritures comptables, les autres leurs ont accordé ce privilège car ils peuvent payer une partie de leurs promesses électorales avec cette « monnaie ». Qu’ont fait les banques de toute cette « monnaie » ? Pas de nouveaux crédits, car après avoir pris des « bouillions » par leurs propres fautes (à force d’avoir trop prêté), elles sont devenues très conservatrices. D’ailleurs, la demande de nouveaux crédits de la part du secteur privé est quasi inexistante; le système est saturé de dettes et les entreprises n’ont guère envie d’investir pour développer leurs capacités dans le climat actuel. Les banques ont principalement fait deux choses : placer des sommes énormes auprès de la banque centrale
et prêter d’autres sommes énormes à l’Etat fédéral.
Laisser son argent moisir sur un compte de la banque centrale, c’est comme le mettre dans sa cave. Aucun impact sur les prix (et l’activité économique). Donc une grosse partie des milliards créés n’ont eu aucune influence inflationniste.
L’Etat fédéral a été l’autre principal bénéficiaire. Une grande partie de l’argent créé (à partir de rien) par la banque centrale a en effet servi à financer ses dépenses en très forte augmentation (politique keynésienne de soutien et d’intervention tout azimut qui a connu une accélération sous l’ère Bush junior et encore plus sous l’ère Obama), ceci soit directement, soit indirectement. En effet, d’une part la banque centrale a financé directement l’Etat par monétisation de ses dettes et d’autre part, les banques, comme j’en ai parlé au paragraphe précédent, ont dirigé une partie de cet argent créé au financement de l’Etat. Et qu’a fait l’Etat de tout cet argent ? Toutes sortes de dépenses dont la productivité totale doit être proche de zéro (et peut-être même négative). À part certains investissements qui seront productifs  un jour (infrastructures par exemple), le gros des dépenses va à l’assistanat de plus en plus généralisé, aux fonctionnaires de plus en plus nombreux (dont la productivité globale est certainement négative) et à l’armée (la plus grande armée du monde installée dans une centaine de pays, qui se bat sur plusieurs fronts et qui est destructeur de richesses). L’argent dépensé par le gouvernement entre bien dans le système économique et a donc une certaine influence. Une influence principalement sur les biens de première nécessité comme la nourriture, l’énergie et la santé, dont les prix augmentent généralement d’année en année. Mais pour le reste, l’effet me semble marginal.
Toute cette « monnaie » créée (à partir de rien, je le répète une nouvelle fois, chose qui n’est possible que dans le système de monnaie fiduciaire que nous connaissons), a donc une certaine influence sur certains prix. Pourquoi n’a-t-elle pas d’influence sur tous les prix et donc provoquer une inflation galopante ? À cause du niveau exorbitant de dettes accumulées ces dernières décennies, dettes qui étouffent par leur poids (le service de ces dettes, soit le paiement des intérêts et du principal) de plus en plus de particuliers, d’entreprises et même de collectivités publiques. Cela a un effet dépressionniste et déflationniste qui s’oppose à l’effet inflationniste de la création de nouvelle « monnaie ». Nous assistons donc à un combat titanesque entre inflation et déflation. D’un côté les Etats et leurs banques centrales qui dépensent et créent de la « monnaie », dans des proportions gigantesques, et de l’autre principalement le secteur privé qui a accumulé tellement de dettes qu’il ne peut plus les supporter, et, par le biais des faillites qui se multiplient, provoque une destruction de « monnaie ». D’un côté, on crée de la « monnaie » pour soutenir un système condamné à la faillite (en réalité, on ne fait que d’acheter du temps à crédit), de l’autre, on en détruit ou on refuse de l’utiliser (on dépense moins, on épargne plus). Résultat : on n’utilise plus autant la « monnaie » et sa vitesse de circulation diminue.
Cela a pour effet d’annuler tout ou partie, selon le moment, les effets inflationnistes que cette « monnaie » nouvellement créée pourrait ou devrait avoir.
Dans le texte, j’ai mis le terme « monnaie » entre guillemets car pour moi, la « monnaie » qui a cours légal dans le régime actuel n’est en réalité que de la fausse monnaie. On peut en fabriquer à partir de rien. Elle perd de sa valeur continuellement (sauf durant de rares périodes de déflation). Bien que la valeur ce cette « monnaie » ne repose sur rien, les gens l’utilisent parce qu’ils peuvent l’échanger contre des biens ou services. Un jour, cela risque de changer et les gens perdront totalement confiance si l’on n’entreprend pas une réforme monétaire radicale.
Cette crise, son ampleur et tous les excès qui lui sont associés (déficits, niveau des dettes, développement phénoménale du système financier, importance de la spéculation, déviances malhonnêtes de toutes sortes), n’ont été possibles à ce degré que parce que notre « monnaie fiduciaire » n’est pas une monnaie honnête. J’espère sincèrement que l’on retournera rapidement à une monnaie honnête, comme celle que l’on a connue durant la période de l’étalon-or, seul frein à tous ces excès. Si ce n’est pas le cas, on risque le chaos et peut-être même la fin de la civilisation occidentale…
Bonne chance et joyeuses fêtes !
Monsieur U.
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La Ville de Lausanne bientôt en Faillite ?

Est-ce mon article du 11 novembre dernier qui a réveillé quelques journalistes ?

Pour rappel: La ville de Lausanne se finance à bon compte sur les marchés (pour combien de temps ?)

Toujours est-il que désormais on constate enfin publiquement que la ville a été très très mal gérée financièrement avec un passif aujourd’hui de plusieurs milliards de CHF (dette supérieur – en montant – à celle du canton de Vaud dont Lausanne est le chef-lieu). Où est passé cet argent ?

J’ajoute en que la caisse de pension (la prévoyance retraite) de la Ville de Lausanne est en sous-couverture très très importante et le syndic (maire) est épinglé par la cours des comptes. Ce dernier réfute toute mauvaise gestion de la caisse.

Daniel Brélaz fait débat

L’article de Lausanne Cité: http://www.lausannecites.ch/node/1758

 

Un exemple de faillite par le passé: Loèche-les-Bains (Leukerbad)

Il semble que mondialement les communes font preuve de largesse financière. Ceci étant normal ce n’est pas leur argent, mais celui des contribuables. Toujours facile de dépenser l’argent des autres.

J’aime à répéter Milton Friedman à ce sujet:

1) Vous dépensez votre propre argent pour vous-même. Vous faites alors attention et essayez d’obtenir le plus possible de votre argent.

2) Vous dépensez votre propre argent pour quelqu’un d’autre. Par exemple, vous achetez un cadeau pour quelqu’un que vous connaissez. Vous ferez sans doute plus attention au coût du présent qu’au plaisir qu’il pourra procurer.

3) Vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous-même. Par exemple, vous êtes à un déjeuner d’affaires que vous allez régler avec la carte de crédit de votre entreprise. Vous ferez certainement moins attention au coût et plus au fait de bien manger.

4) Enfin, vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour quelqu’un d’autre. Dans ce cas-là, vous ne serez pas inquiets au sujet de la dépense, ni préoccupés par ce que vous allez dispenser.

L’Etat représente le tiers de notre revenu national…(en Suisse) et 50% en France.

PS: Pour la version originale, voir « Free to choose » de Milton Friedman

 

 

 

 

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La ville de Lausanne se finance à bon compte sur les marchés (pour combien de temps ?)

La ville de Lausanne vient de lancer un nouvel emprunt pour CHF 100 mios avec échéance en 2022. Le prix d’émission est de 100.91% et le coupon offert de 1.625%.

Ville de Lausanne 2011-2022 Prospectus EC (prospectus avec les comptes de la ville de Lausanne d’autres informations comme la rémunération du syndic (maire) etc.)

En voilà une excellente nouvelle !

Pour qui ?

Pour l’émetteur, car il ne paie qu’un intérêt minime (de peu supérieur à celui du marché) pour financer son train de vie.

Le taux du marché avoisine 0.9% annuel pour un emprunt à cette échéance en CHF. Avec un prix d’émission au-dessus du pair (100.91%), le rendement à servir est à peine de plus de 1.5% annuel pour emprunter.

Question: Est-ce un intérêt normal ?

Deux réponses me viennent à l’esprit:

  1. Oui si des acquéreurs sont d’accord de prêter de l’argent à la ville de Lausanne en contrepartie d’un rendement si faible (et je ne tiens pas compte des impôts sur le revenus du coupon !)
  2. Non si on regarde de plus près les comptes (bilan) de la ville de Lausanne (Sans rating officiel, mais qu’on estime proche de A+)

Démonstration:

Découvert au bilan de la Ville 265 mios de CHF

Garantie pour les rentes futures (retraites, 2ème pilier = promesses) 736 mios de CHF (Hors Bilan) et 329 mios de CHF de cautionnement /garanties

Cerise sur le gâteau, la dette de la ville de Lausanne s’élève (attention roulement de tambour…..) à 2,24 milliards de CHF soit 2’240 mios de CHF, plus élevée que le canton dont elle est le chef lieu !!

L’évolution du canton de Vaud se situe sur la voie du désendettement (c’est possible !!! malgré la période actuelle)

Si l’histoire doit nous servir de guide…….

merci à la personne (qui se reconnaîtra) de m’avoir suggéré cet article lors d’un repas fort agréable et qui m’écrit aussi:

  • Il n’y a pas de garantie du Canton et il me semble que ce dernier devrait exercer sinon un devoir d’ingérence du moins un devoir de surveillance.
  • L’écart par rapport au prix du marché (bien que de plus de ½ %) est insuffisant pour couvrir le risque.
  • On se demande souvent comment la Grèce a pu s’endetter à un point tel. Nous en avons une démonstration in vivo et l’on voit que les mêmes erreurs peuvent se produire en Suisse, sous nos yeux.
  • Rien ne dit que Lausanne ne sera pas attaquée par des hedge funds comme la Grèce l’a été.
  • L’emprunt inclut les clauses habituelles, plus une clause d’exigibilité immédiate si l’émetteur est mis partiellement ou totalement sous administration forcée ou sous assistance

 

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N’est pas la FED qui veut ! (et la BNS l’apprendra à ses dépens)

Discussion avec un ami qui amène certaines questions et remarques:

Le cours de l’action de la BNS:

Dans un article du quotidien 24 heures, on pouvait lire ceci :

« Les interventions de la Banque nationale suisse (BNS) et l’hypothèse que le cours du franc pourrait être provisoirement arrimé à celui de l’euro ont amené quelque répit dans l’appréciation du franc, valeur refuge mais considérée actuellement comme nettement surévaluée. »

Question 1: Le BNS est une Société Anonyme, cotée en bourse et dont le capital est détenu:

  1. Par les Cantons suisses
  2. Par les Banques Cantonales
  3. par les particuliers (1 tiers)

La Confédération Helvétique ne possède aucune action.

Cette idée d’un arrimage du franc suisse à l’euro me paraît totalement folle. Pourquoi ?
Il suffit d’aligner quelques chiffres:

PIB suisse (à fin 2009) : 536 milliards de francs

Dette Confédération: 111 milliards de francs soit 20.7% du PIB

Dette Confédération., Cantons et communes  : 210 milliards de francs soit 39.2% du PIB

Bilan de la BNS (à fin juin 2011) : 258 milliards de francs soit 48.1% du PIB !!!

 

La BNS a essuyé une perte de 19.17 milliards de francs en 2010.

Cette année, la perte se monte à 10.8 milliards au premier semestre. Le capital de BNS a fondu de moitié en un an  à 28.6 milliards à fin juin 2011 (l’euro était au-dessus de 1.20 pour mémoire).

Et si cela continue, qui viendra renflouer la BNS ?

réponse: Les actionnaires : Cantons et banques cantonales pour 55%,et les particuliers pour le reste.

Pour comparaison, après toutes les folies réalisées par la Banque centrale US, la Fed, son bilan représente « seulement » 20% du PIB américain.

Arrimer le franc suisse à l’euro ne fera qu’accentuer les problèmes pour les caisses de pension. Elles devront vraiment encaisser la perte sur la devise européenne car celle-ci ne pourra plus monter !

50 mias partis en fumee

Il me semble que cette histoire d’arrimage est une rumeur pour enfumer -un peu plus – les marchés.

je vous livre les quelques articles au sujet de la BNS que j’ai rédigé depuis quelques mois.

Les réserves monétaires de la BNS 2003-2010: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=7206

Les cantons suisses assistés: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=6446

La BNS toujours impuissante ! et inconsciente ?: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=4584

 

 

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