Les billets de banque en francs suisses sont-ils couverts par de l’or ?

La réponse est oui, mais plus précisément à quel niveau ?

Comme presque chacun le sait les banques centrales possèdent plus ou moins d’or.

La Banque nationale Suisse ne fait donc pas exception à cette situation.

Il me revient à l’esprit un article que j’ai publié en 2009 et décide de le mettre à jour.

Tout était parti d’une question posée par un auditeur qui assistait à une présentation d’économiste (la question posée reste toujours d’actualité !)

L’interrogation était simple: « Aux Etats-Unis les déficits sont catastrophiques, idem en Europe, qu’en est-il de la couverture or de notre monnaie en Suisse ? »

Je vais vous montrer la réponse à cette question en vous produisant tout simplement les chiffres et tableaux de la BNS (Banque Nationale Suisse).

Tout d’abord le montant en or de la BNS

Soit 1025,1 tonnes d’or qui représente 43,349 milliards (au cours de 42’291 CHF le kilo (au 31.12.2010) qui représente presque le cours du marché, il ne faut donc pas espérer une quelconque réserve de ce côté là)

Quel est la quantité de billets en circulation ?

Si je sais bien lire (je prends le dernier chiffre, car il me semble que les réserves or n’ont pas bougé)  55.7 milliards soit une couverture or de 77.82 % (en augmentation par rapport à 2009 alors à un peu plus de 60%). Mais le propos ne s’arrête pas là, car il faut tenir compte des autres « billets » qui physiquement pourraient être réclamés. Les comptes à vue (crédit etc.) et des comptes épargne qui ne figurent pas dans le tableau précédent.

Voici donc le total de ce qui est appelé masse monétaire M3…..

et sa merveilleuse évolution (surtout après la crise de 2008)

Toutes données peuvent être compulsées ici: annrep_2010_komplett.fr

Si on prend M3, soit 781,717 milliards cela offre une couverture or de 5.54%%……..je défaille !

Ce sont les chiffres fin 2010, soit bien avant l’intervention de la BNS pour affaiblir le franc suisse. Dès que le rapport annuel au 31.12.2011 sort, je m’attelerai à la tâche de vous reproduire le même article avec les nouvelles données.

En attendant:

C’est l’histoire d’un type qui se demande combien font 2+2.

Il demande à son médecin à l’occasion. Ce dernier répond: « Je pense connaître la réponse, mais il va falloir que je demande l’avis de mes confrères ».

Notre homme se tourne alors vers un mathématicien et lui pose la même question. Le savant lui répond 3,9 périodique.

La réponse ne le satisfait pas. En désespoir de cause, il contacte un économiste et un comptable. Combien font 2+2 ?

L’économiste: « D’après mes anticipations environ 4, mais je vous dirai dans quelques temps pourquoi la réponse que je vous fournis est fausse. »

Le comptable: « Dîtes moi combien vous voudriez que ça fasse ! »

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17 réflexions au sujet de « Les billets de banque en francs suisses sont-ils couverts par de l’or ? »

  • 11 février 2012 à 10 h 30 min
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    Combien font 2 + 2 ?

    Selon Pierre Desproges , la réponse marque la différence entre un psychotique et un névrosé.

    Pour le psychotique, 2 + 2 font 5, et il en est absolument ravi.

    Pour un névrosé, 2 + 2 font 4, et il en est désespéré.

  • 11 février 2012 à 16 h 31 min
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    Excellent article, Olivier, comme d’habitude.

    Et je relance le think tank…

    Je voulais poursuivre sur deux exemples de monnaies dans l’histoire des monnaies fiduciaires : le dollar-papier-cul et l’euro-papier-cul
    car oui, vos billets de banque sont juste du papier.

    En fait, ce qui compte c’est garder la confiance (du latin fidus) c’est que beaucoup de monde ait confiance.

    L’US dollar existe depuis 1913 et se maintient par une demande :

    celle issue des déficits commerciaux, résultant du fait que le dollar est monnaie d’échange commerciaux à qui il faut des dollars puisqu’ils en dépensent plus qu’ils n’en gagnent.(sauf pour la chine et le japon, qui ont décidé de s’en passer. Sauf pour la syrie et l’iran et autres qui veulent de l’or ou payent leur pétrole en or)

    et celle issue du fait que les pays en stockent (la monnaie de réserve) car en période d’excédent commercial, on garde du dollar pour continuer à importer sans être obligé d’en acheter même si on est en déficit commercial.

    C’est pourquoi le dollar américain est une monnaie de singe mais une monnaie vers laquelle tout le monde finit par se tourner.
    Les US « exportent leur inflation » en recevant des intérêts de la part des pays en déficit commerciaux à qui ils prêtent des dollars.

    Petit infos sur l’euro : il n’est pas monnaie de réserve ni monnaie de commerce mondial.
    De ce fait, aucune demande ni phénomène de stockage ne soutient son cours.

    Si la BCE rachète les dettes sans valeur (les dettes PIIGS), comme d’aucuns forcent pour l’y inciter (à l’image de la fed qui rachète les dettes du trésor US), c’est l’inflation assurée et y’a aucun moyen de l’exporter ailleurs.
    L’euro ne vaut plus que 1.32$. on paye plus cher nos importations.

    rapport euro/dollar
    L’euro ba baisser fin février avec les 1000 milliards ex-nihilo et non soutenus par la croissance (négative O_o) de l’économie.
    mais remontera plus tard quand B2 fera son QE 3 OU 4 (je sais plus à combien il en est)

    Mais je bute sur ceci :

    Quelles sont les conséquences des milliards d’euros créés ex-nihilo par la BCE pour aider les banques qui sont en faillite technique ?
    (500 milliards à Noel, 1000 milliards prévus pour fin Février)

    Aucune tant que cette masse monnétaire ne circule pas.
    Mais ces masses vont-elles se mettre à circuler ?
    Y-a-t-il un moyen d’anticper le moment où cette masse va circuler ?
    Les banquiers mettront-ils cette masse en circulation ?

    Merci à ceux qui savent de me renseigner sur ce sujet.

    Ceci dit je ne suis pas très optimiste sur le fidus des monnaies. Sachant que le successeur à Hildebrand avait annoncé en septembre 2011 qu’il n’hésiterait pas à activer la planche à billets.

    Et pour l’euro… c’est encore pire.

  • 11 février 2012 à 19 h 40 min
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    Bonsoir,

    De toute façon, l’or montera quelque soit la devise si les incertitudes économiques persistent encore et ce n’est pour demain que nous aurons une vraie reprise de la croissance en particulier dans les pays développés. En fait, l’or n’est pas adossé à la signature d’un Etat contrairement à l’euro, le dollar, le yen…

  • 12 février 2012 à 9 h 01 min
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    A mon avis peu importe.
    Car de toute façon croyez-vous les banques centrales échangeront, en Suisse comme ailleurs, un seul gramme d’or contre leurs devises ???
    Donc connaitre exactement cette conversion qui n’aura jamais lieu c’est un peu… un savoir inutile !

  • 12 février 2012 à 12 h 17 min
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    En fait la BNS avec son or ne s’intéresse qu’ a couvrir la monnaie réelle?

  • 12 février 2012 à 18 h 10 min
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    Bonjour,

    Merci de votre article, je découvre votre site et je le parcours avec intérêt. Pour ma part, et excusez moi si je m’exprime mal mais je ne suis pas économiste, je n’ai pas compris ou je n’ai pas vu s’il y avait un graphique qui montre l’évolution de la réserve d’or en fonction de la devise nationale (ex. de 1970 – 2011) en CHF/g d’or. Peut-être serait il intéressant de comparer ce chiffre aux autres pays, principalement le dollar US, l’euro, la rouble, le yuan (ou remibi je ne sais jamais). Je ne saisis pas non plus la subtilité entre M1, M2 et M3 même si j’en comprend le principe.

    Sinon je me demande également s’il faut tenir compte de l’or des particuliers. En effet, dans un monde où le contribuable est souvent la cible d’appel de fonds de son état, je me demande dans quel mesure, le calcule de la masse d’or des banques centrales est suffisante.

    Merci d’avance de votre avis éclairé,

    Jules Mathys

  • 12 février 2012 à 20 h 58 min
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    Cher Jules,

    L’état ne manquera pas d’appel de faire appel aux contribuables…

    Par exemple un certain Roosevelt, a inauguré le processus en 1933 (Fort Knox)

    mais chez nous en france :
    alors que c’était au début prévu pour l’été 2012, l’état français a accéléré le calendrier à septembre 2011 la traçabilité des achats d’or (c’est plus anonyme) et interdit de payer en liquide.
    De nouvelles lois visant à durcir les conditions de de vente sont dan les tuyaux.

    Remarquez comme on vous localise et vous fiche quand vous souhaitez acheter, alors que c’est si facile de le vendre en l’envoyant par la poste. (or postal…)

    De plus, en cas de besoin, n’importe quel état n’hésitera pas à vous spolier. soyez-en persuadé.

  • 13 février 2012 à 3 h 25 min
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    Tiens, les commentaires sont revenus?!

    Voilà qui est bien agréable après un coup de semonce justifié.

    Je vais assez souvent sur le site de Paul Jorion. Je ne sais pas quel système de modération il a mais ça marche pas mal. Tout ce que je sais c’est qu’il ne le fait pas lui-même, mais délègue.
    Peut-être pourriez-vous entrer en contact (sur son site, y a un lien) avec lui pour demander comment il fait?

    Bonne continuation pour ce blog qui est une mine d’infos.

  • 13 février 2012 à 12 h 25 min
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    Oui juste
    Mais le rapport annuel sst le document officiel.
    Effectivemet je vais faire une mise à jour avec ces chiffres hallucinants

  • 13 février 2012 à 18 h 00 min
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    Grosse-cata-en-vu: d’après ce que j’ai compris en écoutant différentes émissions des experts sur BFM,les 500 milliards n’auraient pas été créé ex nihilo.
    en fait, par exemple; A et B étant 2 banques qui n’ont pas confiance l’une envers l’autre.Elles ne se prêtent plus.A et B donnent leur argent à la BCE pour ne pas risquer de le perdre.Du coup, A et B peuvent emprunter de l’argent à la BCE à faible cout.La BCE me semble tout simplement être le gage de confiance.

  • 14 février 2012 à 23 h 01 min
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    Merci tloc, mais j’ai pigé ce qui se passe.

    je pense pas que ce soient de simples gages sur les transferts de liquidités qui soient… Cela reviendrait à brasser du vent. Et les « experts » passent 80% de leur temps à raconter des contre-vérités pour nous « rassurer »

    à mon avis, la BCE émet des liquidités propres et est remboursée en dettes PIIGS. (sans valeur…)

    la bce est devenue une grosse lessiveuse du bilan des banques incompétentes comme (BPCE, socgen,unicredit, commerzbank, crédit agricole…. )
    pour essayer que le système pète pas comme en 1930 où Ferdinand Pécora a pu imposer le glass steagall.

    Tout en faisant quand même payer le contribuable puisqu’au final, notre devise baisse donc le prix de ce que nous importons monte.
    La BCE devient juste une sorte de bad bank, une station d’épuration, de drainage de la merde des autres banques.
    Pour qu’aucun scandale n’éclate.

  • 15 février 2012 à 13 h 36 min
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    Mercredi 15 février 2012 :

    L’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande, veulent que la Grèce quitte la zone euro.

    C’est un secret de polichinelle.

    Mais le ministre des Finances grec vient juste de s’en apercevoir.

    Grèce : « Plusieurs » pays de la zone euro « ne veulent plus de nous » affirme Vénizélos.

    « Plusieurs » pays de la zone euro « ne veulent plus de nous », a déclaré mercredi le ministre des Finances grec Evangélos Vénizélos, qui souhaite « convaincre » les pays partenaires que la Grèce pourra « réussir » à y rester.

    « Il faut dire la vérité au peuple grec, il y a plusieurs (pays de la zone euro) qui ne veulent plus de nous. Et il faut les convaincre » que la Grèce peut « réussir » à y rester, « pour les prochaines générations, pour nos enfants », a déclaré M. Vénizélos à son arrivée chez le président de la République Carolos Papoulias.

    http://www.boursorama.com/actualites/grece-plusieurs-pays-de-la-zone-euro-ne-veulent-plus-de-nous-affirme-venizelos-2116d225dbd6ea3b0c2c988bd4ad4cd6

  • 15 février 2012 à 15 h 25 min
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    Le président du directoire de Bosch, l’un des industriels les plus respectés d’Allemagne et proche conseiller de la chancelière Angela Merkel, a plaidé pour une sortie de la Grèce de l’Union européenne dans un entretien à Manager Magazin.

    « Cet Etat, avec ses retraités fantômes et ses gens riches qui ne paient pas d’impôts, un Etat qui n’a pas d’administration qui fonctionne, n’a pas sa place dans l’Union européenne, » a déclaré Franz Fehrenbach dans un entretien à paraître vendredi 17 février.

    Il s’agit du dernier en date d’une liste de grands dirigeants d’entreprises allemandes à s’élever contre le rôle de la Grèce dans l’UE et la mise en place d’un deuxième plan d’aide. Selon une enquête menée auprès de plus de 300 dirigeants parue dans le magazine, environ 57 % d’entre eux souhaitent une sortie de la Grèce de la zone euro et un retour à la drachme.

    A la question de savoir ce que les dirigeants politiques devraient faire si la Grèce ne quittait par la zone euro de son propre chef, Franz Fehrenbach, qui ne s’exprimait pas en tant que conseiller du gouvernement, a répondu : « Alors, l’Union Européenne doit modifier ses lois et l’expulser, aussi difficile que cela puisse paraître. »

    Reste par ailleurs un désaccord sur le point de savoir s’il faut conserver l’objectif d’un niveau d’endettement public grec ramené à 120% du PIB d’ici 2020 ou si on peut le laisser atteindre un niveau plus élevé, par exemple 125% du PIB. Sur ce point, « il y a les fétichistes du 120% qui n’en démordent pas », en particulier les Pays-Bas, l’Allemagne et la Finlande, selon une source proche des négociations.

    « Nous faisons face à une situation particulière, on nous pose toujours de nouvelles conditions, et cela est dû au fait qu’il y a des puissances dans l’Europe qui jouent avec le feu, qui croient que la décision d’octobre sur le nouveau prêt pourrait ne pas être appliquée, et qui veulent que la Grèce soit hors de la zone euro », a déclaré le ministre des Finances grec M. Vénizélos, à l’issue d’une rencontre sur l’économie avec le président grec Carolos Papoulias.

    Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a réaffirmé mercredi la volonté de son pays d’aider la Grèce, mais seulement si celle-ci n’était pas « un puits sans fond ».

    Mais le Luxembourg, quatrième pays de la zone euro toujours noté « triple A » par les trois grandes agences de notation avec l’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande, a également manifesté son impatience ces derniers jours.

    Son ministre des Finances, Luc Frieden, a laissé entendre lundi que la Grèce pourrait être exclue de la zone euro si elle ne tenait pas ses promesses de réformes et de réduction du déficit public. « S’ils ne font pas tout cela, je pense qu’alors nous devrons continuer avec 16 pays » dans l’Union monétaire et « qu’ils s’excluent eux-mêmes de la zone euro », a-t-il dit.

    http://www.boursorama.com/actualites/la-grece-amere-et-determinee-face-a-des-europeens-intransigeants-2116d225dbd6ea3b0c2c988bd4ad4cd6

    En clair :

    L’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande, ne veulent plus prêter des dizaines de milliards d’euros à la Grèce, car ils savent que la Grèce ne les leur remboursera jamais.

    L’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande, veulent que la Grèce quitte la zone euro.

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