La Suisse championne du monde des taux négatifs

Ce matin la presse en parle:

La Suisse emprunte à 10 ans à un rendement négatif

C’est quand même hallucinant de voir que des personnes (ou institutions) placent leur argent à 10 ans avec un taux NEGATIF

Cela signifie qu’ils paient pour déposer leur argent durant 10 ans ! C’est complétement DEBILE

J’ajoute qu’en plus ils doivent supporter les coûts (frais de transactions, droits de garde) d’un tel investissement et qu’on empêche le retrait cash de milliards

La courbe des taux en Suisse se déplace vers le bas de manière quasi parallèle depuis une année.

La question est quand cela va-t-il s’arrêter ?

CCJDsIcUsAEBDJ5

structure des taux suisses dans le temps

indice prix cons suisse 8-4-2015

source: communiqué de presse: http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/medienmitteilungen.Document.193165.pdf

Avec des croissances aussi faibles et en ralentissement, je ne vois pas comment les taux pourraient remonter.

En comparaison internationale, les allemands et français proposent aussi des taux négatifs sur un certain nombre d’échéances

structure des taux comparaison internationale

Comme je vous l’ai dit plusieurs fois, nous sommes en déflation et les chiffres qui sortent sont mauvais, mais personne ne semble s’en inquiéter. Les marchés des actions montent sans cesse alors que nous sommes dans une situation pire qu’avant 2008. (merci à Chalres Sannat): http://www.economiematin.fr/news-situation-etats-unis-crise-economique-graphique-sannat

 

Pour en revenir aux taux, j’ai une explication (qui vaut ce qu’elle vaut).

Je vous la livre en mille (billets de) : Les caisses des pensions

En effet, nos chères caisses de pensions doivent investir

  1. Le cash qui rentre des cotisations (tous les mois)
  2. Une grande partie des fonds dans les obligations libellées en CHF
  3. Dans des obligations avec une notation élevée

Les caisses de pensions doivent faire face à un grande problème, à savoir comment générer du revenu pour servir des rentes alors qu’on leur donne un rendement négatif. Pour mémoire, un taux d’intérêt positif doit être octroyé sur la part obligatoire (c’est la loi). La part sur-obligatoire -quant à elle – peut subir un intérêt négatif.

Je rappelle aussi que les caisses de pensions on transféré le risque aux assurées depuis des années en passant de la primauté des prestations à la primauté des cotisations. pour mémoire: prévoyance posez-vous les bonnes questions

En 2009 déjà, je vous avais parlé que les Etats feraient tout pour trouver des financement: David Vincent les a vus !

et votre retraite à taux zéro: votre retraite placé à un taux 0% et prévoyance négative c’est possible

 

 

 

 

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2 réflexions au sujet de « La Suisse championne du monde des taux négatifs »

  • 15 avril 2015 à 10 h 52 min
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    Il faut pousser la logique jusqu’au bout. Les emprunts doivent désormais être fait à taux positif. Cela favorisera l’utilisation des liquidités abondantes dans l’économie réelle. Cela contribuera, légitimement, à couvrir les intérêts passifs à payer sur les dépôts.

  • 15 avril 2015 à 11 h 29 min
    Permalink

    Trop jeune pour voter, le 3 décembre 1972, (la majorité électorale était à 20 ans), contre l’inscription du principe d’épargne-prévoyance obligatoire dans notre constitution fédérale (LPP), j’ai tout de même milité, comme jeune libéral, contre ce projet, en compagnie… des communistes (POP) qui lui préféraient, à juste titre, une extension de l’AVS !

    Mon opposition reposait sur une seule question : comment empêcher que cette masse d’épargne supplante le rôle indispensable joué par l’épargne individuelle volontaire (base fondamentale du capitalisme). On peut mesurer à quel point cette vision était juste (les fleurs sont gratuites aujourd’hui). La gestion des fonds d’épargne LPP a été un facteur de renchérissement de toutes les niches d’investissement, actions Nestlé et immobilier en tête. Leur absence de fiscalisation (la création de cette épargne n’est pas imposée sur le revenu) a créé un privilège dont les entrepreneurs ne bénéficient pas, bien qu’ils soient les premiers formateurs d’épargne volontaire.

    Bref, jadis les banques déroulaient le tapis rouge à l’entrepreneur qui épargnait. Aujourd’hui ce sont les gestionnaires de fonds LPP qui y ont droit, les entrepreneurs étant priés de prendre l’entrée de service. Le pouvoir de l’argent est donc passé des mains des entrepreneurs à celles de ce que j’appelle des fonctionnaires privés, chargé de gérer de manière anonyme, non pas leur propres fonds, mais ceux des autres, sachant que ces derniers n’y entendent rien en matière de gestion, ce qui permet toute les formes d’investissement (si vous voyez ce que je veux dire – voir affaire Performa, pour un cas particulièrement extrême).

    Résultat : jusque-là les gestionnaires ont été grassement payés (alors qu’ils ne font souvent que déléguer la gestion à d’autres). La masse sous gestion renchérit considérablement la valeur des biens d’investissement et les taux de rendement plongent inéluctablement, selon le principe qu’il ne peut pas avoir un rendement élevé pour une telle masse d’épargne. Certains fonds sont d’ailleurs traités comme des poubelles au point de tout perdre (Caisse de pension de la Confédération, fonds de fonctionnaires de Lausanne), sans que jamais personne ne demande où est passé l’argent. Une sorte d’Omerta à la Napolitaine. Peu importe : ils ont été renfloués par les contribuables (ceux qui payent l’impôt sur le revenu constitué en épargne,… justement…).

    Et bien, je vous le dis aujourd’hui, les rendements sur les investissement ne vont plus jamais monter. Ils vont continuer à baisser en tendant vers zéro. Pour deux raisons. D’abord parce que l’épargne-prévoyance est un monstre qui ne s’arrête jamais quel que soit l’état de la conjoncture. Le principe de l’épargne est d’être volontaire. L’épargne obligatoire n’est pas de l’épargne. Elle est un système de réserve, ce qui est différent. Ensuite parce que les conditions faites aux entreprises pour se créer et se développer sont de plus en plus austères, ce qui raréfie les opportunités d’investissement. C’est ainsi que l’on voit exploser la valeur des titres au moment de leur introduction en bourse.

    Ceci devrait d’ailleurs conduire les fonds d’épargne-prévoyance progressivement à la faillite : faute d’un rendement minimum, les frais de gestions ne seront plus couvert, surtout lorsque les taux sont négatifs non seulement pour les capitaux étrangers, mais aussi pour les capitaux suisses. Comme il sera trop coûteux de reconstituer les fonds perdus, c’est finalement l’AVS fondée uniquement sur la solidarité qui prendra le relais. Les quelques fonds restant servant de simple réservoir-tampon.

    Ce qui revient à dire que les communistes et moi avions raison en 1972, pour des motifs diamétralement opposés, mais qui relèvent tous les deux le même défaut : l’épargne obligatoire est un outil hybride qui mélange de façon peu heureuse des concepts sociaux et des concepts capitalistes. Or, on ne peut être un peu socialiste ou un peu capitaliste. On est capitaliste ou on ne l’est pas. On est socialiste ou on ne l’est pas. En voulant être les deux on n’est plus rien du tout.

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