La BNS renoue instantanément avec les bénéfices

C’est ce que nous dit le Blick: Nationalbank macht schon wieder Gewinn

Car d’après l’article, la BNS a gagné 20 milliards de CHF (dont 10 sur la hausse du cours de l’or), a acheté des euros à 1.12, qu’elle possède aussi des réserves dans d’autres devises (USD), de l’or et que par la baisse du franc suisse, les réserves de devises sont montées (189 milliards).

Soit, j’en prends acte, c’est dès lors génial cette stratégie. C’est limite du délit d’initié (ou Front Running). On achète lourdement des euros à 1.12 et on lance une O.P.A. sur l’euro à 1.2.

Je suis aussi d’accord qu’une hausse soit « comptablement parlant » enregistrée sur quelques jours, mais qu’en est-il des euros acheté à 1.43 et 1.40 ? Ah oui j’oubliais! On remet les compteurs à zéro tous les trimestres. On agit comme les sociétés cotées en bourse avec un trimestre bénéficiaire à 10 millions – qu’on applaudit – oubliant au passage les 10 trimestres déficitaires à 100 millions.

Revenons à notre mouton BNS (qui ne se laissera pas tondre)

J’ai été catastrophé par la fixation du plancher à 1.2 pour les raisons que j’ai évoquées ici: « La BNS devra rendre des comptes » . Mais je ne suis pas aussi borné que cela et je vais essayer de prendre du recul.

  • Certains pensent que la BNS fait une très bonne affaire en achetant de l’euro et de le placer dans des obligations allemandes et françaises (car pour mémoire le Portugal, l’Irlande ne figurent plus sur la liste des investissements recommandés). L’article: SNB kauft nur deutsche und französische Anleihen. Si Je comprends bien cet article, on achète une dette qui est de meilleur qualité en pensant que malgré le fait que l’émetteur soient lourdement engagé sur la mauvaise qualité, cela n’aura pas d’impact. Personne n’envisage d’effet domino? Tiens cela me rappelle le subprime ou l’exemple pris par Konrad Hummler qui parlait de mélanger les qualités de saucisses médiocres avec la bonne saucisses de Saint-Gall en espérant avoir une bonne saucisse en finalité.
  • D’autres pensent que la BNS a agit avec grande intelligence et qu’elle est en train de revendre les euros qu’elle a acheté. L’idée est que le prix moyen des euros à 1,43, puis 1,40, puis, puis..on obtient un cours d’achat moyen à 1.2 et que la BNS est en train de vendre pour s’en sortir. Elle annoncera par la suite ne plus soutenir le plancher. Cela relève plus de la stratégie d’un trader plutôt que celle d’une banque centrale, j’ai de la peine à y croire.
  • D’autres encore pensent que c’est pure folie: Unlimited Spelled Backwards Is Zimbabwe et que la BNS va devoir dépenser 200 milliards: Swiss May Spend 200 Billion Euros on Peg, BMO Says (alors que nous ne détenons que 1040 tonnes d’or soit 55 milliards de CHF) ou que c’est suicidaire: swiss-move

L’avenir nous dira donc si c’est un coup de génie, un coup monté ou un coup pour se faire démonter.

Je me demande de plus en plus s’il ne faut pas acheter du dollar…..mais là aussi je doute.

 

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