LA BNS fait un bénéfice de 11 milliards (mais n’a pas vendu un seul EURO)

Ce matin la BNS annonce avoir réalisé un bénéfice de 11 milliards de CHF !

mazette, génial !

regardons de plus près

http://www.rts.ch/info/economie/4863329-la-bns-a-degage-un-benefice-de-11-2-milliards-au-1er-trimestre.html

Je cite RTS info

« Appréciation du dollar et de l’euro

Les positions en monnaies étrangères ont pour leur part dégagé un gain de 11,16 milliards de francs, à comparer à une perte de 2,59 milliards un an plus tôt. Le résultat des positions en monnaies étrangères a été généré principalement par des gains de change à hauteur de 5,2 milliards et des plus-values sur les actions de 4,9 milliards, précise la BNS. »

Le cours de l’euro était au 31.12.2012 de 1.2074 contre 1.2166 fin mars 2013. soit une appréciation de 0.76% (je n’ai pas les cours qu’utilise la BNS mais cette dernière parle de gain de 0.9%).

Etant donné l’énorme position en devise euro (175 milliards d’euros soit 175’000 mios d’euros ou 175’000’000’000’000 CHF) cela revient à un gain de 1.575 milliards (gain non réalisé je précise)

On voit donc qu’une variation de 0.9% sur la position euros engendre 1.575 milliards de CHF de gain.

Pour mémoire les divers mouvements de l’EUR/CHF

euro chf bns 30.04.2013

Ce que je constate c’est que la BNS n’a pas l’intention de vendre ses euros (elle aurait pu le faire bien plus haut que le cours d’aujourd’hui et réduire sa position au cas où soudainement, dans un accès de faiblesse, l’euro chute à nouveau et qu’il faille en accumuler pour défendre le plancher de 1.20.

 

POURQUOI LA BNS NE VEND-ELLE PAS LES EUROS QUAND ELLE GAGNE ? Au risque de passer pour un adepte de la théorie du complot (je rappelle que le rôle de la BNS est de maintenir la stabilité des prix), je pense que – derrière cette détention complètement folle d’euros – se cache une volonté autre (adhésion future à l’UE ?)

On peut ainsi constater que la position euro n’a pas varié (ou si peu) sur le dernier trimestre

bns devises fin marrs 2013

On constate aussi que la part des actons en pourcent a passé de 9% à 15% !

reserves devises bns au 30-3-2013

 

 

En tous les cas, si la BNS se trouve mal prise parce prochainement l’euro s’effondre ou que les actions s’effondrent, il faudra qu’elle rende des comptes au peuple.

D’ailleurs l’initiative « sauver l’or de la Suisse » (si elle passe), va museler la BNS dans son champ d’actions démesuré.

C’est pour cela que la BNS demande (bien évidemment) de rejeter cette initiative. Le peuple décidera.

 

 

 

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27 réflexions au sujet de « LA BNS fait un bénéfice de 11 milliards (mais n’a pas vendu un seul EURO) »

  • 30 avril 2013 à 16 h 47 min
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    Quelle analyse, j’applaudis des mains! Par contre:  » je pense que – derrière cette détention complètement folle d’euros – se cache une volonté autre (adhésion future à l’UE ?) ». Par pitié, ne parlez pas de malheur!

  • 30 avril 2013 à 17 h 09 min
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    Bah d’ici là l’Europe sera entrée en guerre…..

  • 30 avril 2013 à 17 h 31 min
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    Bonjour,comment peut-on analyser le fait que sur un marché un intervenant comme un arbitragiste ne se défait pas d’une partie de son stock alors que le cours lui est favorable?A moins d’avoir des ordres strictes de ne pas vendre.Il faut voir là une volonté affichée de maintenir la BNS en porte à faux au cas où un changement d’unité monétaire serait nécessaire à la bonne marche de l’Union Européenne,ce qui veut dire que la tête de la BNS appartient déjà à cette Union,si elle n’en serait pas déjà la dirigeante,bien entendu toujours en sous-main!

  • 30 avril 2013 à 19 h 24 min
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    La BNS ne veut pas vendre des obligations d’Etats européens, car cela pourrait faire remonter le taux de ces obligations. Evidemment cela est totalement en dehors du cadre de son mandat, de même que le boursicotage qui a pour but de faire monter les cours de la bourse (comme la FED). Raison pour laquelle il faut voter pour l’initiative « sauver l’or de la Suisse ».

  • 30 avril 2013 à 20 h 14 min
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    Les placements en actions pour 15% de la réserve de devise, cela fait quand même 10’000 CHF par Suisse placé en actions étrangères…

  • 1 mai 2013 à 8 h 24 min
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    Merci pour votre excellente analyse, cela confirme, helas, que depuis plus de 30 ans la structure qui nous exploite, 2emepilier, ass.maladie, schengen, asile, etc…. n’a qu’un but,
    reduire notre pays et notre peuple a l’etat de colonie mondialiste, les traîtres sont aux commandes, alors revoltons-nous comme cela va se produire en Europe, sinon nous disparaitrons….

  • 1 mai 2013 à 9 h 12 min
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    merci de votre analyse de « plus prêt ». Déformation professionnelle ? 😉
    plus sérieusement, que la monstrueuse position en euro de la BNS ne bouge pas n’est malheureusement pas une surprise.
    Ce qui m’étonne, c’est son exposition aux actions qui croît, croît, croît de manière spectaculaire, cela représente maintenant un fonds de placement en action de 66 MdCHF.
    Je ne suis bien entendu pas un spécialiste de prérogatives des banques centrales mais j’aimerais bien connaître un peu plus sur le sujet.

  • 1 mai 2013 à 9 h 28 min
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    @buzz
    Ah oui merci excellent !! ou de plus près, mais comme je ne fais pas de prêt, c’est étonnant, mais drôle.
    effectivement 15% d’actions soit près de 70 milliards, soit 100’000 chf par habitant…..c’est totalement fou !

  • 1 mai 2013 à 16 h 54 min
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    Trés bonne analyse comme tjrs.
    Je reste surpris que la BNS ne vende pas ses euros…

    Peut-etre que finalement la BNS a un projet de faire des prets aux banques europeene en euros 🙂
    Finallement quand la BNS vendra ses euros, le taux va exhonerablement augmenté.
    Je serais interessé de voir comment ils ont reussi á garder un cours plancher á 1.20 si lgtps.

    Bonne fin de journée,
    Fefal

  • 1 mai 2013 à 22 h 20 min
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    Toujours pas compris !
    C’est affligeant !

    Donc, la BNS aurait du vendre ses Euro pour réaliser une plus value en Francs suisse, Francs suisse qu’elle peut créer ex nihilo !?

    Ai-je bien compris votre raisonnement ?

    Quand comprendrez-vous tous qu’une banque centrale n’est pas la pour gagner de l’argent qu’elle fabrique … et pour cause, elle le fabrique .. a partir de rien !

    La Fed, la BCE, la BoJ et la BNS, toutes … n’ont qu’un seul but faire en sorte que leurs papiers servent aux échanges en ayant un glissement en valeur dans le temps le plus faible possible – ça … c’était avant, maintenant, les banques centrales doivent s’assurer que leur papier ne prenne pas trop de valeur par rapport a celui des voisines, voir si possible en perde !

    @ Fefal : La BNS devrait garder ses cartouches pour les Banques Suisses, de condamnations … en pertes abyssales pour l’instant limitées aux USA (mais l’Eurozone affûte les couteaux en ce moment même) combien de temps pourront-elles encore faire illusion avec leurs faux bilans ?

    Quand a l’adhésion de la Suisse a l’Europe, elle y viendra, elle n’aura pas le choix, mais ce sujet n’intéresse absolument personne en Europe.

  • 2 mai 2013 à 9 h 47 min
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    MEDIAPART, Paul Jorion : « La zone euro est à deux doigts de l’éclatement », le 30 avril 2013.

    Mediapart : Un économiste grec, Yanis Varoufakis, considère sur son blog que le mémoire de la Bundesbank est un acte de guerre et annonce la fin de la zone euro telle que nous la connaissons. Partagez-vous cette analyse ?

    Paul Jorion : Les conclusions de Yanis Varoufakis au billet alarmiste qu’il poste sur son blog sont probablement bonnes, mais pas pour les raisons qu’il avance. Entre la Grèce, Chypre, le Portugal, il est clair que c’est l’Allemagne qui tient la zone euro. Elle a commencé à faire les comptes. L’addition devient de plus en plus lourde et les risques aussi, comme le traduit Target 2 (système de compensation intra-européen qui montre que l’Allemagne est créditrice à hauteur de 700 milliards d’euros à l’égard du reste de la zone euro). Enferrée dans sa position d’exportateur net, elle devient de plus en plus en risque. Les Allemands sont devenus les seuls répondants. La zone euro est devenue un fardeau beaucoup trop lourd pour eux. L’intérêt calculé de l’Allemagne est de couper le cordon.

    Mediapart : Peut-elle décider de le faire ?

    Paul Jorion : La raison voudrait que l’on arrête la politique du chacun pour soi, qu’on rebâtisse un ordre monétaire international, dont l’absence depuis 1971 entraîne tout le monde par le fond. Au niveau européen, la construction telle qu’elle a été faite montre toutes ses lacunes et ses erreurs. Il faudrait aller vers plus de fédéralisme, afin qu’un système budgétaire et fiscal commun vienne compléter la monnaie unique. Mais si cela se fait, ce sera contre les opinions publiques. Celles-ci ont décroché du projet européen : elles souhaitaient une Europe des citoyens, elles n’ont que l’Europe des marchands. À ce stade, il y a toutes les raisons d’être pessimiste. Nous sommes dans une période très critique. La zone euro est à deux doigts de l’éclatement. Le système est dans une telle situation de fragilité que la moindre étincelle peut le faire exploser.

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=52999

  • 2 mai 2013 à 9 h 50 min
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    La Suisse est déjà dans l’Europe avec ces accords bilatéraux(libre circulation,Schengen etc..)et surtout avec ce taux de change fixe à 1,2.-frs et ces conséquences,elle est pied et mains liées à l’Europe même si on veut faire croire le contraire!

  • 2 mai 2013 à 10 h 11 min
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    @Kermit
    pas compris votre « c’est affligeant ». si cela m’est adressé ou non.
    Comme vous n’êtes pas suisse, je rajoute qu’en ce qui concerne les bénéfices de la BNS, ils sont redistribués en grande partie aux cantons (dans leurs budgets). De plus, si vous relisez mes articles concernant la BNS, cette dernière appartient à 1/3 aux cantons, 1/3 aux banques cantonales et 1/3 à des actionnaires privés
    Quant à vendre de l’euro pour engranger le bénéfice et réduire la masse monétaire, je pense que c’était la meilleure chose à faire au cas où il fallait à nouveau acheter des euros en cas de problèmes sur cette monnaie, puisque la BNS a décidé de soutenir inconditionnellement le plancher sans limite.
    Quant à l’adhésion, je ne crois pas que le peuple y soit favorable, bien au contraire.

  • 2 mai 2013 à 12 h 23 min
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    @AlexT
    votre lien est absolument passionnant et j’ai été convaincu par le développement de l’auteur pour conclure que la BSN a acheté en masse le Nikkei et faisant en même temps de l’hedge sur le yen.

    concernant la mascarade de l’euro, voici un article tout frais de Charles Grave:
    http://institutdeslibertes.org/mais-ou-sont-donc-passes-les-oints-du-seigneur/

    pour vous faire saliver: un début…
    Les « Oints du Seigneur » sont ces gens qui se sentent appelés par une force supérieure à guider le Peuple, l’Europe, voir l’Humanité toute entière vers de lendemains qui chantent.

    L’exemple parfait de cette démarche peut se trouver dans l’Euro.
    Avant l’Euro, l’Europe allait tres bien.

    bonne lecture !

  • 2 mai 2013 à 14 h 14 min
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    Depuis septembre 2008, la monnaie centrale de la BNS a été multipliée par 7.
    Donc 1/7 de la « nouvelle » monnaie est la monnaie « d’avant ».
    Que se passera-t-il si le marché se retourne contre le franc et décide de se débarrasser d’un (ou plus) des 6/7 « invisibles » (ils n’ont pas l’air de circuler, en tout cas on ne voit pas de renchérissement pour le moment) ?
    Ou alors, si les actifs correspondant à ces 6/7 « invisibles » font eux-même une perte de 1/6 ~= 16,7% (donc si l’équivalent de l’intégralité de la monnaie « d’avant » part en fumée) ?
    Probablement, ces situations sont facilement gérables, mais peut-être qu’il y a des failles et que la BNS pourrait soudain se retrouver dans la m*.
    A méditier pour tous ceux qui gardent trop de CHF en cash…

  • 2 mai 2013 à 20 h 26 min
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    Ai je tort ou raison mais, en ayant lu il y a deux jours dans la presse que certains actifs toxiques ont pu être dénoue Sans casse et même avec un bénéfice ( exemple fortis en belgique).

    Que tout ce bla bla ne sert à rien, toutes les grandes banques et acteurs économiques sont tous d’accord sur un point : éviter l’erreur de 1929 : asphyxier l’économie. D’où baisse des taux, injection de liquidités sur le marche’ d’une manière ou d’une autre.

  • 3 mai 2013 à 1 h 07 min
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    Tout d’abord, merci Olivier pour ce blog très instructif et merci aussi ne pas m’avoir censuré.
    Le terme « affligeant » n’était pas adressé a quelqu’un en particulier.
    Concernant une banque centrale, peut importe le(s) propriétaire(s), seul compte le fait qu’elle gère une monnaie fiduciaire qu’elle peut donc créer a partir de rien.
    Le fait de parler de bénéfice est donc impropre dans ce cas.
    Quand au fait de considérer les Francs Suisses obtenus de ventes d’actifs en Euro pour réduire ensuite la masse monétaire en Francs Suisses, ceci serait exactement l’inverse de ce que font et recherche a faire TOUTES les banques centrales de la planète – BNS comprise.
    La BNS agit au mieux de ses intérêts qui sont ceux de l’économie Suisse !
    @BA : Jorions depuis plusieurs années, annonce la fin du capitalisme, sans comprendre que l’on assiste en fait a la fin de la sociale démocratie et renchérie par une attitude qui oscille entre le crypto communisme et l’altermondialisme.

    Je fais partie de la première génération d’européen, un des premier beneficiaire des échanges Erasmus. Mon pays, c’est l’Europe ! Les problèmes Franco-français, Iberico-espagnoles … ne m’intéresse pas. Pour l’instant, la capitale n’est pas Bruxelles mais Berlin, et je suis chez moi en Allemagne comme en Belgique. Je suis pour une intégration fédérale rapide et totale – qui est de toute manière inévitable –
    Je voyage beaucoup, et je suis a chaque fois étonné de la place de l’Europe et de l’Euro de part le monde – en seulement quelques années ! –

    Demandez aux grecs s’il veulent un retour aux Drachmes, au Portugais, aux Espagnoles, aux français …. et même les allemands, personne ne veut un retour aux monnaies nationales, d’autant plus que leurs anciennes monnaies étaient souvent abonnées aux dévaluations. Il faudra que ces Etats s’adaptent, car il n’y a plus d’obstacle aux départs qu’il s’agisse leurs citoyens ou de leurs entreprises. Le départ d’un pays de la zone Euro signifiera évasion des capitaux, émigration des actifs et des emplois. Nous assistons a la mise en concurrences de systèmes étatiques, les obèses devront se mettre au régime et faire du sport, il n’y a pas d’autre alternative et de la part d’états qui ont des décennies de mauvaises habitudes, il est tout a fait normal qu’ils trouvent cela très désagréable !

    Quand a la Suisse, l’intégration est en cours, il y a de plus en plus de Suisses qui vivent de l’autre cote de la frontière.
    Et concernant la diplomatie, il n’y a pas de relations bilatérales entre la Suisse et l’Eurogroupe, la Suisse n’intéresse personne et doit obéir aux injonctions.

    Je pense que certains de vos leaders politiques, tout comme certains en Europe, on flatté la fibre nationaliste et prôné le repli identitaire qui vous a mené dans une impasse.

    A méditer : pensez-vous que les américains vous auraient traité de la même façon si la Suisse avait été dans l’Eurozone ?

    Désolé d’avoir été un peu long.

  • 3 mai 2013 à 1 h 28 min
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    En tout cas, pas de souci à propos de l’erreur de 1929, elle ne sera pas répétée. L’ennui est qu’il n’y a probablement pas de solution miracle. Comment arriver à éviter l’asphyxie sans « noyer le moteur » ? Pas si simple!
    Vu autrement: les pompiers d’une crise (par exemple la Fed pour celle de 2002) sont en même temps les pyromanes de la suivante (par exemple celle de 2008), et probablement ainsi de suite…

  • 3 mai 2013 à 6 h 31 min
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    Kermit,
    J’ai toujours été intrigué par les étudiant Erasmus, parceque a moins d’être bilingue de naissance, je ne vois pas comment un étudiant peut faire des études à l’étranger dans une autre langue.
    Ce n’est quand même pas ce que l’on apprend au lycée ( français), puis 1h30 de cours de la gué par semaine pendant 2 semestres a l’université que l’on pratiQue une langue étrangère.

  • 3 mai 2013 à 11 h 16 min
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    Kermit: je partage tout à fait vos idées et je pense aussi qu’il s’agit d’un problème de génération.Les adeptes de la manne étatique française (fonctionnaires, retraité, chômeurs,DOM TOM etc…)voient dans l’affaiblissement de l’Etat un risque pour leur devenir sans se rendre compte que c’est justement l’euro qui leur a permis de vivre si bien ces dernières années par la possibilité d’un déficit extravagant sans commune mesure avec l’effort demandé au privé. Actuellement ou les monnaies « dévaluent », l’UE dépense au moins pour un projet concret mais difficile au contraire des USA et du japon.Les erreurs proviennent de l’absence de convergence des politiques fiscales, sociales, militaires malgré la création de l’euro.Ce que nous n’avons pu décider par un traité, les technocrates essaient de l’imposer par les faits, profitant de l’état de délabrement des situations nationales.Perso,compte tenu de l’incompétence, lâcheté des hommes politiques, je n’y vois pas d’inconvénient.
    Nous vivons une mutation dont le résultat est semé d’embuches.

  • 3 mai 2013 à 20 h 38 min
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    @ Olivier
    programme Erasmus
    Je travaille dans une université romande et à ce titre, je peux vous donner certains éclairages. Les programmes de mobilité sont un succès certain qui nous posent parfois quelques difficultés logistiques.
    Pourquoi est-ce une réussite en terme de flux ?
    Parce que le programme Erasmus concerne de étudiants avancés maîtrisant l’anglais. Dans notre haute école, la moitié des cours de dernière année de bachelor sont dispensés en anglais et plus ou moins l’entier du programme de master en anglais.
    Ceci est un avantage pour les étudiants suisses qui maîtrisent naturellement la langue internationale des élites et qui permet aux étudiants de l’ensemble de l’Europe d’être dans leur élément. et ceci est vrai non seulement pour les européens mais est également pour des étudiants acceptés sur dossier venant de plus loin, des USA à la Chine.
    je pense sincèrement que ces gens seront par la suite des gens fiers d’avoir étudié en Suisse et qui vont essaimer cet état d’esprit chez eux.

  • 3 mai 2013 à 23 h 46 min
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    @olivier
    Le programme Erasmus est avant tout une incitations aux étudiants leur permettant de vivre pendant une longue période (de 6 mois a plusieurs années) dans un autre état membre. Il s’agit, dans la plupart des cas, d’échanges, donc, la même quantité d’élève du même niveau des mêmes écoles. En général, les périodes d’échanges sont de même durée. Il ne s’agit pas forcement d’obtenir le diplôme dans l’autre état membre, j’ai fais 2 programmes Erasmus, l’un était un échange et la période a « l’étranger » comptait dans mon cursus national de manière tout a fait normale, l’autre programmes devait me mener au diplôme Allemand. Dans le cas des échanges, nous prenions littéralement la place des autres étudiants chez eux, dans leur école ou université, y compris pour les logements !!! et même chose pour eux.
    Ce programme a été la partie de ma vie étudiante la plus passionnante, j’ai pu étudier en Allemagne pendant la période de la chute du mur de Berlin, de la bulle immobilière Allemande, je suis allé en RDA alors que le pays était toujours sous régime communiste, mais les Vopos n’arrêtaient plus les occidentaux, j’ai pu aller absolument ou je voulais … Berlin est, Karl Marx Stadt, Dresden, Leipzig …j’ai pu voir la fin du communisme dans ce pays juste avant le grand nettoyage …. !!!
    L’autre gros avantage d’Erasmus, c’est que l’intégration européenne avait déjà eu lieu et j’avais donc les mêmes droit qu’un étudiant Allemand, j’ai donc travaillé a mi-temps dans une entreprise Allemande en même temps que mes études. Chose impossible pour nos collègues américains. J’ai énormément appris de l’Allemagne pendant mon travail, beaucoup plus qu’a l’école, le système social, fiscal, la gestion incroyable du personnel, les rapports avec les autres generations, la hiérarchie. Dans la petite zone industrielle ou je travaillais, il y avait 2 leaders mondiaux dans leur secteur !

    La langue n’est pas un problème, car tout le monde sait que s’en est un !
    Certaines écoles vont organiser des cours de soutient, dans d’autre cas se sont les élèves eux même qui aident les Erasmus (souvent des élèves qui allaient participer au même programme Erasmus l’année suivante). Lors des examens, les Erasmus ont droit a quelques faveurs : examens seprares ou adaptes, utilisation de dictionnaires, notation adaptée de la part des correcteurs. Il est a noter que a part les cours d’anglais, je n’ai jamais eu de cours dans cette langue, ça n’est pas le but d’Erasmus. J’ai eu un ami qui lui a eu des problèmes de langues, c’était a l’université de Stuttgart ou certains enseignants n’utilisaient que le Schwabe pendant leurs cours (et il a du s’y mettre). Moi, j’ai pu parfaire mon anglais car j’étais en zone d’occupation britannique (j’ai vu les chars anglais dans les rues d’Osnabruck)

    Les Erasmus ne viennent pas chercher des compétences spéciales, bien au contraire, a niveau de formation équivalent, ils cherchent une immersion totale dans un autre pays membre – Ce programme Erasmus a été une réussite totale, les Erasmus finissent souvent par travailler ensemble car ils sont l’interface entre deux langues ou deux cultures dans les entreprises – voir plus : ma femme a suivi un programme Erasmus en France –

    Le seul problème, c’est que lorsqu’on a goûté au syteme éducatif allemand, on ne peut plus étudier en France (et c’est encore pire en ce qui concerne le monde du travail !!!)

    L’un des pilier fondateur du programme Erasmus était Franck Biancheri dont vous devez connaitre une autre de ses realisations le LEAP2020 (http://www.leap2020.eu/Francais_r26.html) les seuls a ma connaissance a avoir prévu l’effondrement financier et économique en cours plusieurs années avant 2007.

    Désolé d’avoir été a nouveau long, mais je ne pense pas que l’on réalise en Suisse la profonde mutation qui est en train de s’opérer tout autour de vous.

  • 4 mai 2013 à 18 h 25 min
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    Je ne doute pas une seule seconde du flux d’étudiant Erasmus.
    Juste sur le niveau de langue, la qualité des études dans une autre langue et finalement à qui cela profite vraiment ?
    Qui peut se payer un niveau de langue étrangère ? Pour un programme payé avec les impôts de chacun.
    Quand certains dénoncent le détournement de fonds publiques.

  • 5 mai 2013 à 13 h 05 min
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    @olvier
    Seule l’immersion dans une autre culture est intéressant. L’apprentissage d’une langue le c.ul sur une chaise, cela ne fonctionne nul part !
    J’ai rencontre dans la société allemande ou je travaillais (Il s’agissait de SAP) un traducteur français (le département de traduction de SAP était le 2eme plus gros bureau de traduction d’Allemagne) qui m’avait expliquer son arrivée en Allemagne quelques années plus tôt, fraîchement diplômé de l’université française d’une licence d’Allemand, il était capable de lire Goethe, mais il ne comprenait rien a ce que lui disait les Allemands !!!
    C’est d’ailleurs vrai pour toute étude, les écoles et universités ne servent a rien, les diplômes ne sont que des pseudo monopoles de connaissances et vous devriez savoir que l’ultra libéralisme prône l’abrogation des diplômes.
    Pour ma part, un étudiant qui n’a pas effectue une partie de son cursus hors de son pays d’origine n’a rien appris, tout juste écouté de vieux séniles déblatérer sur l’histoire de se qu’il est censé apprendre. C’est pour cela qu’en Allemagne le cursus est quasiment réalisé a moitié de stages en entreprises.
    Il semble que vous n’ayez pas vraiment quitte votre Suisse car vous sauriez qu’il faut environ 6 mois a un individu normal pour maîtriser correctement une langue étrangère, suffisamment du moins pour suivre des cours et passer des examens.
    Quand au paiement – la première fois, j’étais dans une école privée, l’argent que j’aurais du gagner pendant mon stage en entreprise a été reverse sur le compte de l’organisation de l’échange car l’école allemande n’était pas privée, je payais mon école et mon logement … je ne vois pas a quoi aurait pu servir une bourse ou ce que cela a coûté aux impôts ?
    Etant salarie mi-temps, j’étais financièrement totalement autonome en Allemagne – j’ai même ramené beaucoup d’argent de mon séjours –
    Maintenant il est certain qu’un étudiant d’université boursier dans son pays d’origine doit aussi être soutenu hors de son pays.
    A qui cela profite-t-il ?
    A tout le monde … et c’est bien le problème des Suisses de ne pas le comprendre !?

    Petite anecdote.. tout le monde connait le niveau des américains en géographie, et l’un de mes amis américains, regardant une carte de l’Europe, me demandait le nom de cette petite mer intérieure a l’Europe …. La Suisse lui dis-je !

    Mais y a pas l’feu au lac !
    ;o)

  • 5 mai 2013 à 23 h 37 min
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    Quelques précisions sur le programme ERASMUS:
    Il a été mis en place en 1987 avec un budget de 85 millions d’écus. Un écu = 0,68 GBP, 6,64 FRF, 1,13 USD, 0,75 IEP 10,8625 MAD. Lors des discussions sur la création d’une monnaie fiduciaire européenne en 1979, le premier terme choisi, European Currency Unit, dont les initiales étaient ECU, rappelait de vieux souvenirs aux francophones, mais à l’initiative du chancelier allemand Kohl, le nom de l’unité monétaire européenne retenu fut Euro car en Allemagne, le nom de cette monnaie se serait prononcée ein Ecu, proche homophoniquement de eine Kuh (en français : une vache). C’est une anecdote sur le polylinguisme…

    ERASMUS est un acronyme signifiant « EuRopean Action Scheme for the Mobility of University Students », ce qui signifie « Programme d’Action Européen pour la Mobilité des Etudiants ». Mais il fait référence au moine humaniste et théologien néerlandais Erasme (1465-1536) qui a voyagé de nombreuses années à travers l’Europe pour s’enrichir des différentes cultures et développer son humanisme… donc imposer sa façon de penser…

    Le budget européen prévu pour la période 2009 à 2013 est de 950 millions d’euros. La Commission européenne propose une augmentation budgétaire d’environ 70 % par rapport au budget actuel sur sept ans, ce qui signifierait une affectation de 19 milliards d’euros au nouveau programme pour la période 2014-2020. Cela représenterait 1,6 % du budget global.

    Les avantages principaux de ce programme sont l’exonération des droits de scolarité de l’université d’accueil, la reconnaissance formelle de la partie des études effectuées à l’étranger, ainsi que le maintien des bourses, prêts et couverture sociale du pays de l’université expéditrice. Afin de valider sa période d’étude à l’étranger, l’étudiant doit choisir un programme d’étude qui fait partie intégrante du programme qu’il suit dans son université d’origine. De plus, l’étudiant concerné doit avoir achevé sa première année d’étude universitaire. Enfin, un contrat d’étude est signé avant le départ de l’étudiant qui fixe la liste des matières qu’il devra suivre, ainsi que le nombre d’ECTS(European Credits Transfer System qui fait partie du processus de Bologne qui a comme but de construire un espace européen de l’enseignement supérieur pour la licence, le baccalauréat, le bachelor, le master et le doctorat) correspondant à sa période de mobilité.

    Il a débuté en 1987 avec 3’244 étudiants et 7’797 enseignants pour arriver en 2007/2008 à 182’697 étudiants et 28’615 étudiants.

    Il concerne les 27 états membres de l’UE, les 4 pays de l’AELE(dont la Suisse) à venir la Croatie et la Turquie et n’importe quel pays à travers ERASMUS MUNDUS depuis 2003.

    Je retiens donc que ce programme crée des crédits toujours plus nombreux à la charge des Universités donc des Etats. Pas mal en période de crise… Je me demande si Erasmus, l’humaniste théologien voyait son apostolat repris pour un prosélytisme financier, puisque son principal objectif dans la stratégie de Lisbonne de l’Union européenne, est de rendre l’Europe plus « compétitive ».

    Tout cela me laisse bien songeur, moi qui ai voyagé autant qu’ERASMUS avant le programme ERASMUS! Par exemple, j’ai connu les pays du bloc communiste dès 1975: Allemagne de l’Est, Pologne et Russie, également l’Allemagne de l’Ouest, les Pays-Bas, la Belgique, la France, l’Italie et bien d’autres pays en dehors de l’Europe géographique. J’ai appris le latin et le grec à l’école suisse, comme l’anglais, l’allemand, l’italien, puis sur le terrain, l’espagnol, le polonais, le russe et des notions d’autres langues. Je n’ai bénéficié d’aucune bourse mais plein de motivation et de curiosité. Toutes mes études je les ai faites dans mon pays, la Suisse jusqu’à la fin de mes études universitaires, ce qui ne m’a nullement pénalisé pour avoir continué à étudier à l’étranger et apprendre toute ma vie… Et je n’ai pas coûté un CHF à mon pays. Et je n’ai fait aucune dette pour apprendre car j’ai payé mes études en travaillant.

    Quand je lis les commentaires ci-dessus, je sens un acte de foi pro-européen que je ne partage hélas pas. Et je ne considère non plus l’anglais comme étant la langue des « élites » mais comme une langue comme les autres accessible à qui veut l’apprendre, voire une langue de colonisateur comme l’était le latin dans le monde romain.

    Je considère que la Suisse n’a pas besoin de l’Union Européenne pour être performante. En tout cas pas cette Union européenne qui s’éloigne étrangement de ses principes démocratiques pour glisser vers une oligarchie. Je ne tiens pas à ce que mon pays fasse partie d’une Union de commerçants(banques centrales, FMI, mafieux politiques, normalisation/standardisation par l’acculturation, bien-être des multinationales aux programmes à courte vue, ni faire partie d’un projet de fusion du monde occidentale avec les Etats-Unis où toutes les décisions seraient prisent à Washington et éventuellement vassalisées à Bruxelles…) qui piétinent les droits élémentaires de ses habitants pour de la « compétition ». C’est avant tout ça la liberté pour moi: Dire NON!

    Platon disait: « La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses » et Erasme dans « l’Eloge de la folie » disait: « … peu de gens comprennent l’immense avantage qu’il y a à ne jamais hésiter et à tout oser ». 🙂

  • 6 mai 2013 à 5 h 20 min
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    A mon avis la BNS ne peut pas vendre encore les euros tous simplement si elle le fait c’est qu’elle fait remonter directement le Frs, cela devrait être si semple que cela.

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