La BNS devra rendre des comptes

J’avais parlé de la possibilité de fixer un plancher de cours pour l’euro à 1,20 ou d’arrimer le franc suisse à l’euro.

Ce matin la BNS a donc tranché en faveur du plancher à 1,20 à défendre coûte que coûte avec selon le communiqué tous les moyens nécessaires et illimités.

Voici le communiqué de la BNS: BNS communique pre_20110906.fr

Et la presse, les syndicats applaudissent à tout rompre, le commun des mortels qui ne s’y intéresse pas croît que les décisions sont de toute manière prises par des gens qui « savent ce qu’ils font » et moi je pleure (heureusement je ne suis pas le seul dans cet état).

Par chance mon blog est un espace de liberté et après avoir réfléchi, analysé cette décision, il me vient des idées, des conclusions et une prise de position. Exceptionnellement les commentaires sont ouverts, car le sujet est important (pour autant qu’ils concernent le sujet).

Je suis fâché, oui vous avez lu, je suis fâché.

Désormais, la Suisse au travers de la BNS acquiert de l’euro jusqu’à 1.20.

Croyez vous que l’euro va remonter à 1.4, voire 1.60?

En ce qui me concerne, je n’y crois pas, car la mise en place d’un plancher va créer une nouveau sport: L’arbitrage devise Euro/CHF, à savoir que dans le marché il y a une donnée certaine: La BNS vous rachète votre euro à 1,2 quoiqu’il arrive !

Toutes les idées se bousculent dans ma tête et je vous les livre en bloc.

  1. Que va-t-il se passer si la zone euro explose et que l’euro s’écroule ?  Ou si l’Allemagne sort de l’euro, ou si les pays de la zone euro font faillite. La BNS va-t-elle acheter de l’euro comme une folle et va faire s’écrouler le franc suisse de concert ? Il va dès lors falloir rendre des comptes aux citoyens suisses et leur expliquer pourquoi la BNS est en faillite ou en difficulté. Je tiens à faire remarquer que la BNS est une S.A. dont les actionnaires sont les cantons pour 1/3, les banques cantonales pour 1/3 et les particuliers pour 1/3. La confédération n’est pas actionnaire. En conséquence, il faudra – en cas de gros problèmes – que les actionnaires passent à la caisse et très certainement les contribuables. (ici mon article: « N’est pas la FED qui veut ! »). Les grands argentiers des cantons vont devoir se préparer à avoir un sacré trou dans leurs budgets, eux qui se plaignent déjà de ne probablement plus recevoir le dividende de la BNS qu’ils considèrent comme acquis: (relire mon article: http://blog.crottaz-finance.ch/?p=6446)
  2. Les nations qui ont essayé de défendre leurs monnaies ont lamentablement échoué! L’Angleterre et sa livre (attaquée) :1992 George Soros fait chuter la livre et l’Argentine et sa parité avec le USD:  crise Argentine (SI L’HISTOIRE DOIT NOUS SERVIR DE GUIDE…)
  3. Finalement en achetant de l’euro à tour de bras (on a vu le succès de la BNS depuis 1,43 euros…) on renfloue la Grèce et la zone euro. Nous sommes en train d’acheter des dettes pourries ! Est-ce vraiment légal ? Ne doit-on pas demander au peuple ce qu’il en pense ?
  4. La BNS a pris cette décision seule: La Banque centrale européenne (BCE) a dit qu’elle avait pris note de la  décision de la BNS qui a été prise « sous sa propre responsabilité« , a précisé le conseil dans un communiqué. C’est la première fois qua le BCE commente directement les efforts de la BNS pour limiter la force du franc.
  5. Le Conseil Fédéral laisse la responsabilité de cette opération à la BNS. C’est le délire M. Hildebrand est devenu ce matin le roi des suisses ? Le roi soleil ?
  6. Et si tout cela n’était qu’une manoeuvre déguisée ? Certains ministres qui forment le conseil fédéral n’ont depuis longtemps qu’une seule idée en tête: Adhérer à la zone euro. Le peuple s’est déjà prononcé plusieurs fois contre cette adhésion. Et si on mettait la Suisse dans une position qui fait qu’elle ne peut plus revenir en arrière, à savoir être tellement liée à la zone euro qu’on ne peut plus faire autre chose que de se plier au dictat de Bruxelles.
  7. Que va-t-il se passer maintenant  ? Dans l’immédiat deux problèmes (je cite un ami avec lequel je suis d’accord)
  • « Le capital de la BNS a fondu comme neige au soleil ces derniers mois, à cause des pertes qu’elle a subies sur le marché des changes en voulant lutter, sans aucun succès, contre l’appréciation du franc contre l’Euro. Pour mémoire, son capital était de 66 milliards de francs à la fin 2009 contre 16 à fin juillet dernier. De nouvelles pertes, inévitables si la pression sur l’Euro ne cesse pas par enchantement, et la BNS devra être re-capitalisée. Qui passera à la caisse ? La Confédération (et les Cantons ?), donc vous et moi contribuables et consommateurs via les impôts, TVA et autres taxes que nous payons. L’Europe et l’Euro sont dans la mouise, mettons la Suisse et son franc dans la mouise aussi ! Voilà le message, un message de nivellement par le bas. D’ailleurs, quand la BNS parle de créer de l’argent en « quantité illimitée », elle a quand même une limite : sa taille. L’institut a vu son bilan croître par un facteur de 2.3 depuis fin 2005, principalement par la création de monnaie à partir de rien. Avec un bilan passé à 250 milliards à fin juillet dernier, cela
    représente près de 50% du PIB suisse ! Impossible de continuer ainsi bien longtemps sans ruiner complètement le pays ! La BNS fait donc un pari dangereux.
  • L’autre problème majeur se fera sentir plus tard. Ces énormes injections monétaires ont le grand risque de provoquer de l’inflation à terme comme cela a été le cas dans les années 70 (où notre chère BNS avait pris une décision similaire). L’inflation a alors provoqué une hausse des prix, donc une baisse de notre pouvoir d’achat, ainsi qu’une hausse des taux d’intérêts. Ainsi, en se focalisant sur le court terme et essayer de sauver quelques emplois (nos exportateurs souffrent de cette hausse du franc), la BNS a décidé de sacrifier le futur et faire payer tout le monde. Cette hausse des prix et des taux d’intérêts auront de fâcheuses conséquences pour tout le monde je le répète. Une baisse du pouvoir d’achat de tous les habitants, des problèmes de compétitivité pour nos entreprises (et exportateurs aussi qu’elle essaye d’aider), des problèmes accrus de financement pour les entreprises et particuliers (les taux hypothécaires seront plus élevés), un chômage plus élevé, etc. Bref, on se rapprochera ainsi des conditions que vivent les autres pays européens. On nous forcera probablement ainsi à entrer dans la zone Euro alors que le peuple suisse s’y est refusé et s’y refuse toujours. » fin de citation.

En résumé: « Un jour noir pour la Suisse ».

Le cours de change s’est, bien entendu, approché des 1.20. La BNS espère probablement que le cours ira plus haut (par quel miracle ? il faudrait que les conditions économiques de la zone euro soient bonnes, ce qui n’est, de toute évidence, pas le cas) pour vendre les euros accumulés.

Ma vision est que le cours va rester vers les 1.2 – le fameux plancher – et que le marché va commencer à tester la solidité de ce plancher en lui tapant bien fort dessus. A chaque passage au-dessous de 1.2, le BNS achète de l’euro, pour combien de temps ? Telle est la question.

On se fige sur ce cadavre, on s’arrime au Titanic, la BNS est dos au mur et ne voudra pas revenir en arrière sauf si on l’y contraint.

 

 

 

 

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88 réflexions au sujet de « La BNS devra rendre des comptes »

  • 6 septembre 2011 à 16 h 52 min
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    Monsieur,

    Merci pour cette «  » » »bonne nouvelle » » » ».

    Le monde devient de plus en plus fou et les technocrates qui en sont à la
    tête, ou qui pensent y être,
    ne savent plus quoi faire, pour autant qu’ils aient jamais sus, interviennent
    au coup par coup, pour se
    donner bonne conscience ou pour se faire réélire et conserver leurs beaux
    salaires. Ils sont tous
    complètement perdus.

    Ils tombent tous dans le même travers qui va nous amener au chaos et ne se
    rendent pas compte qu’ils
    font tous partie d’une même et gigantesque manipulation. Il ne faut en effet
    pas croire que la situation
    est perdue pour tout le monde. Les Goldman and Sachs and Cie ne sont pas très
    loin derrière.

    La course à la dévaluation monétaire effrénée n’est pas terminée, elle ne
    fait que commencer et le franc
    suisse ne serra pas épargné. Une seule valeur sur la durée, le métal
    précieux, qu’il soit jaune ou gris. Une
    possibilité complémentaire avec de la pierre sans emprunt et des terres
    agricoles avec rendement.

    Tout le reste finira par périr dans un avenir assez proche.

    Pour nos enfants une éducation à la dur avec des valeurs de travail et
    morales inébranlables. Quand ils
    arriveront sur le marché du travail il est possible que le gros de la crise
    sera passé (mais pas tout à fait
    terminé) et qu’avec des yeux inquisiteurs ils pourront trouver des
    opportunités. Crise = opportunité.

  • 6 septembre 2011 à 16 h 55 min
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    Bonjour Olivier,

    Crois tu qu’on nous a pas flouer le traité de maastricht nous l’avions refusé.
    Et bien il est devenu Lisbonne en force!

    On va tous dans le mur, seuls les autistes qui nous gouvernent ne veulent pas le voir!

    cdt

  • 6 septembre 2011 à 17 h 11 min
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    Une très grande surprise ce matin avec une chute de 10% sur le CHF. Cela prouve une chose; la situation est desastreuse, toutes les banques centrales font le maximum pour que les cours ne chutent pas. Voir de tels mouvements sur les monnaies me laisse songeur, nous sommes au bord du gouffre. C’est que le début. Le nein eleven boursier arrive, septembre 2011, après octobre, novembre, je vous dit pas dans quelle soupe on nage. Le Dow Johns ne va pas tenir longtemps…

  • 6 septembre 2011 à 17 h 20 min
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    merci pour cette analyse en effet effrayante d’une situation qui ne peut qu’empirer nos conditions de vie moyen, long terme, au nom d’un soulagement court terme. ET comment se fait-il en fin de comte qu’une banque centrale ait tant de pouvoir sur la monnaie et le pouvoir d’achat…scandaleux en effet.

  • 6 septembre 2011 à 17 h 33 min
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    oui mais pour celles qui ont un change à 1.45 ?
    tout comme d’ailleurs les caisses de pensions qui ont dans leurs livres des euros achetés à 1.50 et plus….

  • 6 septembre 2011 à 17 h 47 min
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    Bonjour Olivier,
    bonjour TLM,

    Dans ce concert bien réglé, une petite voix dissonante pour approuver la décision de la BNS d’injecter des liquités en quantité illimitée afin de limiter la baisse de l’€ à CHF 1,20.

    En effet, regardons le bilan … la masse d’Or de la BNS est réévaluée, sa masse de devises est également réévaluée, les produits que la Suisse exportent seront moins chers et le tourisme aussi moins cher pour les étrangers.

    Franchement, n’est ce pas un peu de la stupide gloriole que de vouloir posséder une monnaie forte alors que la déflation guette la Suisse.

    Un avis contrariant,
    Bonne soirée à Tous

  • 6 septembre 2011 à 17 h 49 min
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    De toute façon, l’€uro ou le z€ro (cela va revenir au même !…)
    est appelé à disparaître dans les plus brefs délais, PAR LA FORCE DES CHOSES, la nature ayant horreur du vide !

    L’Allemagne ne veut plus payer pour le reste du Continent, comme elle l’a fait depuis plus d’un siècle (3 guerres plus tard et une réunification obligée) : n’oubliez pas que cela reste ancré dans la mémoire collective germanique !!!

    Chassez le naturel !!!….

  • 6 septembre 2011 à 18 h 01 min
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    Bonjour,
    je suis actuellement en vacances à Nice en faisant le change pour tout ce qui s’achète le prix payé est ridicule par rapport à un salaire suisse, c’est là que l’on voit la surrévaluation du frs. cours normal même à 1.50 cela reste bon marché…………je persiste et signe pour un cours à 1.60 – 1.70 à court terme. Vous verrez d’où la chute va venir
    les arbres ne montent pas au ciel.

  • 6 septembre 2011 à 18 h 01 min
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    C’est du dirigisme révoltant et je pense anticonstitutionnel
    Qui aura la gniaque d’attaquer cette décision?
    Pour le faire, il faut des burnes!
    Est-ce que nos bon partis de droite qui prônent la loi du libre marché, du libéralisme (humain, bien sûr) vont enfin oser s’impliquer pour combattre cette adhésion de facto à l’euro?
    Non, je ne suis pas d’accord: on n’est pas au bord du gouffre: on est déjà en train de tomber dans le vide
    Les gens ne se rendront compte de la chute que lorsque que l’on s’écrasera sur le sol de l’insolvabilité et de la ruine des classes moyennes et inférieures qui s’en suivra
    Je pense à un complot (oui, j’ose le dire et si ce n’est pas un complot, c’est encore pire: de la bêtise mêlée d’incompétence et de surdité)
    Ce complot est en marche et il vise vous et moi: les payeurs d’impôts
    En-dessous: les cas sociaux que nous allons rejoindre
    En-dessus: les évadés fiscaux qui sont établis fiscalement dans certaines îles et dans le Delaware
    La classe moyenne, tu oublies
    Je ne sais plus qui a dit (Amora, s’il me lit, va certainement nous documenter): « On en a pas besoin: et elle coûte trop cher »
    Classe moyenne révoltes-toi pendant qu’il est encore temps et qu’un Patriot Act n’est pas encore (officiellement) appliqué chez nous
    CA SENT LE ROUSSI!

  • 6 septembre 2011 à 18 h 10 min
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    Indépendance de la BNS ils me font rire,c’est l’organisme le plus manipulé,par l’économie,les politiques,les banques centrales,mais pas par les citoyens commun qui eux n’ont pas de mot à dire.Les pertes qui vont s’en filé comme des perles sur un collier.Il faut sauver les riches entrepreneurs sur le dos des citoyens.

  • 6 septembre 2011 à 18 h 27 min
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    Sur le point 1, la BNS peut toujours changer de cap, non (par exemple arrimer sur un euro allemand…)?

    Sauver 100000 emplois (hypothèse à vérifier je vous le concède), c’est aussi sauver les impôts qui vont avec (et la paix sociale!!!). C’est donc peut-être la moins pire des solutions à envisager dans une optique de poursuivre les systèmes financiers et économiques actuels!

    On peut accuser les politiques et managers de tous les maux mais je ne vois pas un seul individu au monde, pas une seule entreprise, ni même un gouvernement, capable de contrôler un système qui est simplement devenu trop complexe pour être contrôlable. Monnaie Fiat à grande ampleur. Tout le monde espère que cela perdure…

    On sera toujours plus intelligents après; en attendant, il nous faut rester responsables et prendre les décisions, individuellement et collectivement, qui nous paraissent les plus justes à la lumière des données dont nous disposons, et dans la mesure de nos moyens, malheureusement limités, de les comprendre et de les traiter.

    Pas simple.

  • 6 septembre 2011 à 18 h 42 min
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    il prépare la réforme monétaire de Novembre.

    Annonce le 8 Novembre. Arrimé le CHF à L euro dans les conditions actuels est intenable.

    De tt façon à terme ils veulent régionaliser l europe et la suisse, ilôt d indépendance au milieu de ce mastodonde ne fait pas parti de leur plan.

    Ils ont trouvé le moyens de lié la suisse à la situtation financière de l europe. Félicitations à eux et on se retrouve tous LE 8 NOVEMBRE 2011

  • 6 septembre 2011 à 19 h 00 min
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    Bonsoir à tous

    J’ose poster une question qui me turlupine depuis ce matin.

    Et si la BNS venait de sauver Crédit Suisse et/ou UBS ???

    Est-ce que hier soir, il y a eu rupture chez ces banques? Problème de liquidités?

    Tier riel très bas – exposition Euro & dollars élevée – risque d’amende très salée pour CS aux US – blocage de l’interbancaire – etc… chaud brûlant pour ces 2 banques…

    Un petit coup de pouce le BNS et hop, les actifs sont réévalué, et ça passe pour aujourd’hui…..

    A lire Zerohedge et Chevallier, on fini par penser au pire…

    Merci Olivier pour la ré-ouverture des comments

  • 6 septembre 2011 à 19 h 47 min
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    J’abonde dans le sens d’un sauvetage des banques suisse pour éviter un risque systémique. Imaginez tous ses étrangers qui ont souscrit un prêt en francs suisse via la UBS et le CS à 1.43 €

  • 6 septembre 2011 à 20 h 02 min
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    Après 10 ans à manger des pâtes, je suis encore prêt à dépenser 50% de mon pouvoir d’achat pour aller à Bern pour réclamer une nationalisation d’UBS et CS et vivre les 10 prochaines années dans un camps de travail pour assisté sociale.

    Mais comme partout dans le monde c’est la politique
    [_] Bourgeois et loin du peuple.
    [_] Corrompu et proche des lobbies.
    [_] Américaine et proche de la pensée unique.
    [_] Anti-collégiale et proche de l’égoïsme.
    (Cocher toutes les cases)
    Qu’il faut radicalement changé et je craint que la Suisse comme les autres pays occidentaux aient perdu cette noble tradition qui on fait leur richesse.

  • 6 septembre 2011 à 20 h 25 min
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    Je suis frontalier français et pour le franc fort. Non pas que je profiterais indûment de la situation (soyez sûrs que mon salaire sera figé pour plusieurs années), mais simplement car quand un pays a la chance d’avoir une monnaie forte du fait de son exemplarité, vouloir l’arrimer sur une monnaie à la dérive est suicidaire, quelqu’en soit le prétexte.

    En France, dans les années 80 où l’on a connu plusieurs dévaluations successives, la qualité des produits fabriqués par l’industrie était déplorable, du fait que les matières premières devenaient hors de prix. Les usines devaient tourner avec leurs moyens, et donc des ersatz de produits étaient manufacturés. Dans le quotidien, on ne pouvait plus acheter de produits importés sauf à agréer à un sacrifice par ailleurs, et de l’autre, les produits made in France (cela existait à l’époque) étaient d’une piètre qualité. Bénéfice pour les français: 0. Bénéfice à l’export: 0, puisque nos vendions de la m… qui ne trouvait pas acheteur.

    Quant au franc suisse et la décision de la BNS… Le franc suisse, selon moi, a perdu définitivement de son aura. Bien sûr, la BNS ne pourra pas contrecarrer les marchés, on va donc assister à des hauts et des bas, ponctués par les interventions, lesquels viendront à bout des capacités de la BNS. Pire… Dans l’esprit des investisseurs, il y aura toujours cette petite question en suspens: et si… Et si la BNS décidait, comme en 2011, de faire ceci ou cela. Et c’est précisément là ou le bas blesse.

    Par ailleurs, argumenter que la Suisse se doit de garder une monnaie « moins forte » (lire faible, puisqu’elle s’arrime à l’euro) sous prétexte qu’elle est voisinne de l’eurozone reste selon moi un manque de discernement. La croissance se trouve et se trouvera en Asie, pas en Europe. La Chine fera le prix des matières premières, pas l’Europe, ni les US, qui devront suivre. Le vrai objectif des industries suisses (et européennes in extensio) devrait être de vendre là où il reste des clients solvables, et cela, ce n’est sûrement pas en EU. Quelque soit le prix d’un produit, s’il est nécessaire à l’acheteur, il l’achètera. Vouloir à tout prix baisser de manière artificielle le prix à l’export est vain.

    Enfin, les Suisses qui se réjouïssent de cette décision, en effet, devront rendre des comptes. Amis Suisses, votre quotidien changera dans les années à venir, du fait de cette hérésie.

  • Ping : Franc suisse : le sabotage va bon train | Fouthèse.com

  • 6 septembre 2011 à 21 h 07 min
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    une voix de plus pour la BNS.

    Inflation très faible en Suisse (parmi les plus faibles)
    De nombreuses sociétés en difficulté
    Le secteur du tourisme n’en parlons pas.
    Des emplois menacés
    Des frontaliers ont deja vu leur salaire diminué (à Nyon)
    La vraie valeure de l’euro est estimée à 1.35 par de nombreux analystes, on est donc encore en dessous…
    De nombreux analystes estiment que ce taux plancher est soutenable pour la BNS
    Les prévisions de croissance ont déjà été revues à la baisse pour la Suisse

    tous ceux qui ont fait des prêts en CHF ne peuvent plus rembourser etc… (Vous allez me dire bien fait pour eux, moi je dis que ce n’est pas si simple…)

    La Suisse est un petit pays et dépend malheureusement des autres, désolé Mr Crottaz…

  • 6 septembre 2011 à 21 h 21 min
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    Mardi 6 septembre 2011 :

    Grèce : taux des obligations à un an : 88,485 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 52,314 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 19,815 %. Record historique battu.

    Mathieu Bruckmüller : Comment expliquez-vous la déroute des banques en Bourse ?

    Sébastien Korchia, gérant actions chez Meeschaert : La semaine dernière, une mission d’évaluation composée du FMI, de l’Union Européenne et de la BCE qui s’était rendue en Grèce pour superviser la mise en place de leur plan d’austérité a claqué la porte. Le marché se dit que le FMI pourrait arrêter de renflouer la Grèce. Pour preuve, le taux d’intérêt des obligations grecques à un an a atteint hier les 80%. A deux ans, il est à 49%. De tels chiffres suggèrent que les investisseurs parient sur un défaut quasi-certain du pays. Si cela se produit, c’est la fin de la partie. La Grèce sera en faillite et les obligations grecques ne vaudront plus rien. En conséquence, les banques européennes qui détiennent en partie de la dette grecque (dont la Société Générale, BNP Paribas et BPCE) subiront des pertes conséquentes. Elles devront donc être recapitalisées jusqu’à 200 milliards d’euros si l’on en croit le FMI. Seul hic: faire une augmentation massive de capital en période de chute des marchés boursiers n’est pas très opportun, surtout si toutes les banques se livrent de concert à cet exercice.

    Mathieu Bruckmüller : Quelle est la solution pour enrayer cette spirale à la baisse ?

    Sébastien Korchia : La décision est politique. La question qui se pose est : ne faut-il pas laisser sortir la Grèce de l’euro pour qu’elle puisse procéder à une dévaluation massive afin de s’en sortir ? Pour le marché, la solution serait que les sommes consacrées au sauvetage de la Grèce soient désormais dédiées à la recapitalisation des banques européennes. Bref, laisser la Grèce faire faillite et créer un plan de sauvetage pour les institutions financières. C’est la seule solution pour arrêter l’hémorragie. Car au final, une chute en dominos des banques serait beaucoup plus grave que la faillite de la Grèce.

  • 6 septembre 2011 à 21 h 32 min
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    @Olivier: Quand j’entends Delamarche dire tout à la fin de la vidéo qu’aujourd’hui on ne veut plus EUR, US, et Yen, je rigole… Aller dire ça à la banque du Japon qui se bat aussi contre la force de leur monnaie.

  • 6 septembre 2011 à 21 h 34 min
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    @macculey

    Donc pour simplifier la chose, vous trouvez normal que ceux qui n’ont pas voulu s’endetter soient solidaire de ceux qui on voulu s’endetter ?

    Je respecte votre liberté d’expression aussi je serrais intéressé à ce que vous nous présentiez ces gens qui aiment entretenir les profiteurs.

  • 6 septembre 2011 à 21 h 41 min
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    Bonjour TLM,

    Tout les avis ont déjà été discuté, pour… contre… la BNS a t’elle bien ou mal réagit ???
    Ce n’est certainement pas moi qui pourrais y répondre.

    Cependant, objectivement, que pouvons nous concrétement faire pour contrer ce qui nous pend au nez ? La BNS peut-elle agir autrement ? je ne suis absolument pas d’accord avec les agissements de celle-ci, mais y a t’il une réelle alternative dans le contexte actuel ?

    Quelle serait l’utilité d’un franc fort si l’économie mondiale s’effondre ? (ce qui, ceci dit, risque fort bien d’arriver, malheureusement)

    Autrement dit, comment sortir l’économie mondiale de son bourbier ? là est, selon moi, le réel défi, car toutes nos économies sont interdépendantes.

  • 6 septembre 2011 à 21 h 44 min
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    Je comprends que la décision de la BNS soit peut-être mauvaise ou en tout cas risquée. Mais quelles autres solutions avait-elle ? Par contre je pense qu’on a tiré vite des conclusions sur des croyances, pas sur des mesures (incidence réelle sur l’export, le tourisme, etc… ) Et puis avec un taux aussi bas de chômage, on pouvait peut-être tolérer une augmentation du chômage et simplement renforcer l’assurance chômage pour un temps.

    Si vous voyez d’autres solutions que la BNS aurait pu / du suivre, je suis curieuse.

  • 6 septembre 2011 à 21 h 53 min
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    @Marley

    Q: Cependant, objectivement, que pouvons nous concrètement faire pour contrer ce qui nous pend au nez ?

    R: Devenir raisonnable et rejeter la paresse, tout se paie un jour et chaque jour suffit à sa peine.

    Q: La BNS peut-elle agir autrement ?

    R: Oui, elle doit alerter le peuple, l’État et dénoncer à la justice la situation des banques, les mettre sous tutelle, proposer un plan d’assainissement et reprendre les actifs toxique pour reéchelonner la dette qui en générale après 8 ans commence à devenir rentable.

    Q: y a t’il une réelle alternative dans le contexte actuel ?

    R: la Suisse à toujours été un îlot de différence est jusqu’à maintenant ça lui a bien réussit, la rareté est toujours un source de richesse. Tout ce que nous devons faire a été dit en 2007 et rien n’a été fait et aujourd’hui c’est oublier. Donc s’acheter un bloc-notes serrais déjà un bénéfice en soi.

    Q: Quelle serait l’utilité d’un franc fort si l’économie mondiale s’effondre ?

    R: Une valeur refuge pour tout les gens qui n’acceptent pas cette politique de l’argent adosser à de la dette.

    Q: Autrement dit, comment sortir l’économie mondiale de son bourbier ?

    R: Envoyer les gens à l’école pour leur enseigner que le futur et le progrès même s’il vont à l’encontre du passée sont la seul est unique voie pour aller de l’avant.

  • 6 septembre 2011 à 22 h 03 min
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    Le plus sage de tout aurait été, au plan politique fédéral (ce qui semble représenter la quadrature du cercle), de créer un fonds pour les garanties à l’exportation à un horizon 3-5 ans dans lequel on incluait le tourisme.

    Pour un coût relativement modeste (env 1%)et certainement très inférieur au sauvetage de UBS.

    Et pour le reste, laisser les marchés décider des prix !
    Point barre!

    ET là, vous imaginez les économies d’échelle ???

  • 6 septembre 2011 à 22 h 09 min
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    @Gilles: Je ne dis pas qu’il faut être solidaire, je dis que la Suisse n’a pas le choix. Comment peut-on parler de baisse de pouvoir d’achat sachant que les salaires à Genève sont 5 fois plus élevés que de l’autre côté de la frontière, à 15 kms…

    Il faut redescendre sur terre, quel est le moins pire:

    1) on laisse un euro descendre jusqu’à 50 cts et plus personne n’achète en Suisse (même les Suisses vont ailleurs) => Vous pouvez être sur que nos salaires descendront (et oui, j’ai un salaire Suisse)

    2) on protège le cours de change et on s’assure que les prix ne montent pas (même à 1.60, un pot de Nivéa est 3 fois moins chèr en France , donc pourquoi monter les prix?)

  • 6 septembre 2011 à 22 h 12 min
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    Monsieur Philipp M. HILDEBRAND sera a Genève ! Ce sera l’occasion ou jamais de lui dire ce que l’on pense de son programme inflationniste !!!

    Jeudi 29 septembre 2011 à 18 h 30 pour la conférence de

    Monsieur Philipp M. HILDEBRAND
    Président de la Direction générale de la Banque nationale suisse

    « La politique monétaire et les défis internationaux »

    Cette soirée est organisée en collaboration avec Genève Place Financière et l’entrée est libre.

  • 6 septembre 2011 à 22 h 37 min
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    @macculey

    Bien sur qu’on toujours le choix dirent oui est toujours plus facile que de dirent non et quand il s’agit de se mettre au niveau de Madoff alors je crois qu’on a pas le choix mais apparemment on ne parle pas du même .

    J’ai les pieds sur terre.

    Je sais qu’on ne cherche pas à rattraper un couteau qui tombe et que c’est pas au Suisse de payé pour avoir dit pendant des années que le système de l’euro n’était pas très confédérale.
    Alors soit il rattrape le temps perdu soit ils acceptent leur échec.

    J’ai tellement les pieds sur terre Ça fait 10 ans que je vis avec 1982.50 et j’arrive à mettre 40% de mon salaire en épargne.
    Tout ça pour que des Genevois garde l’illusion de leur rêve de vie à Monaco

    Il ont eux 4 ans pour mobiliser Mr Prix et les autres organes de surveillance pour faire pression sur les prix, des décennies qu’il aurais du faire des coopérations d’achat pour les ressources que la suisse n’a pas, 10 ans que d’autre pratique les Edges. 2 ans qu’on nous dit que les banques résistent à une crise etc… etc…

    Comment ça se fait qu’aujourd’hui ce soit les pays paria du passé qui agissent correctement ?

    Donc il serrais plaisant d’être pas le seul a avoir les pieds sur terre et enfin échanger un peu de chaleur humaine qui vaux bien plus que tout l’or du monde quitte à ne pas être d’accords mais au moins on s’endormira moins cons et un peu plus respectueux de la différence humaine. Qui sont encore aujourd’hui les seuls richesses que l’on ne peut pas enlevé aux gens.

  • 6 septembre 2011 à 22 h 38 min
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    Essayons d’avoir les idées claires à partir de ce que nous savons de manière certaine. La Grèce est condamnée, son contexte économique et politique est tel qu’elle ne peut pas s’en sortir avec l’euro : sa sortie de l’euro est inéluctable.
    A partir de là deux Europe se dessinent. La première, vertueuse, avec comme chef de file l’Allemagne. La deuxième dépensière et en faillite avec comme chef de file la France.
    Ces deux Europe sont incompatibles culturellement et économiquement, elles pèsent le même poids démographique. A partir de là il n’y a que deux solutions possibles. Ou bien on crée deux euros l’un fort qui ressemblera au mark, et l’autre dévalué, condition nécessaire pour une reprise économique et un apurement des dettes. Ou bien ce sera le sauve qui peut chaque pays reprenant sa monnaie initiale. De toutes manières c’est la dévaluation qui est inscrite dans n’importe quel scénario, la seule inconnue étant de savoir si elle se fera de manière ordonnée ou sauvage. Les paris sont ouverts

  • 6 septembre 2011 à 22 h 41 min
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    Les banques centrales sont des machines qui servent à créer des bulles spéculatives et déprécier les monnaies. La BNS et la FED en sont un parfait exemple. Je ne comprends pas les Suisses qui se félicitent d’avoir perdu 10% de leur pouvoir d’achat aujourd’hui.

  • 6 septembre 2011 à 22 h 47 min
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    @Périclès

    Pas d’accords et c’est l’avis de l’UE.
    Si l’État Grec fessait sont boulot, il aurais largement de
    quoi sortir de leur problème avec moins d’austérité qu’actuellement.

  • 6 septembre 2011 à 22 h 56 min
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    La Suisse a la solution : les intérêts négatifs !

  • 6 septembre 2011 à 22 h 57 min
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    Personnellement, je pense que c’est malheureusement un mal utile. En effet, les cantons risquent d’avoir un manque de retributions venant de la BNS mais de l’autre cote, si nos autorites laissent le franc aller a parite avec l’euro, le ralentissement severe que risque de subir notre economie impactera aussi severement les finances de nos cantons via des revenus d’impots en chute libre. La BNS ne fera pas faillite car elle peut avoir recours a la planche a billets…soit, cela risque d’avoir un effet inflationniste mais a moyen-long terme..et le communique de la BNS dit bien qu’ils craignent des pressions deflationnistes avec un franc suisse trop fort donc je ne pense pas qu’ils craignent de creer de l’inflation pour le moment. De plus, les probables liquidites qui se creeront (afin de defendre les 1.20 quand le marche attaquera ce niveau) pourront aussi partiellement etre retirees de l’economie via l’emission de bons du tresor, voir meme des interets sur les reserves bancaires (exemple la FED !)

    Malheureusement pour la BNS et l’economie Suisse, la force de notre monnaie n’est pas tant pour nos excellents fondamentaux mais plutot par rapport a la situation catastrophique dans laquelle se trouve nos voisins europeens. A mon tres humble avis, tant que la zone euro ne reglera pas ses problemes (et je ne vois pas de solution a court terme), notre devise restera forte. Mais la BNS a tranche entre risque inflationniste et risque de ralentissement economique (recession?) et seule l’histoire nous dira si cela aura ete le bon choix. Mais je soutiens personnellement cette decision, a risque de m’attirer les foudres.

  • 6 septembre 2011 à 23 h 02 min
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    Dans peu de temps,l’euro va se retrouver encore sous pression lorsque les Etats acteront pour la faillite de la Grêce et donc pour l’arrêt des injections monétaires.La tension augmentera sur les autres états en déficit. Que se passerait il donc si des masses d’euro se changeait en Franc suisse ?
    A combien la monnaie suisse pourrait elle aller ? On sait que le marché de l’or est trafiqué par l’or papier représentant probablement 100 fois plus d’or qu’il en existe réellement .si tout le monde spécule sur le CH , explosion de l’économie réelle avec impossibilité de maintenir toute industrie exportatrice. Votre monnaie ne vous appartient plus.Désolé.
    Je crains qu’il ne vous reste d’autres choix que d’accepter l’euro, le rouble ou une autre monnaie plus importante en volume.Soyez rassuré car votre mésaventure pourra bientôt arriver à la couronne norvégienne.Peut être que l’UE va perdre la Grêce mais gagner la Suisse et la Norvege ?

  • 6 septembre 2011 à 23 h 43 min
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    « Peut être que l’UE va perdre la Grêce mais gagner la Suisse et la Norvege ? »

    Une eurozone reconfigurée en somme.

    Serait-ce le début d’un long et vaste mouvement :
    certains quittent l’UE tandis que d’autres l’intègrent

    Mais pour l’instant, il faut croire au miracle

  • 6 septembre 2011 à 23 h 48 min
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    Bonsoir,

    Nous sommes entrés dans une guerre de dévaluation compétitive des monnaies, du fait de la montagne de dettes accumulées sur tous les niveaux. La Suisse était bonne élève, mais elle doit aujourd’hui faire comme ses voisins, c’est une question de survie pour son économie, ses banques et ses caisses de pensions (les caisses de pension détiennent beaucoup d’obligations en euros et elles sont déjà mal en point avec leurs positions en actions!).

    Je suis d’avis, comme beaucoup d’autres, que 1CHF pour 1 euro était un cours extrêmement surévalué et que beaucoup de Suisses allaient en payer les conséquences d’ici une année ou deux. La panique des détenteurs d’euros dans le franc suisse (sans regard aux fondamentaux de notre monnaie) avait porté le taux de change à un seuil critique pour bien des entreprises du pays. Pensez un peu : qui renflouerait par exemple un transporteur comme CFF CARGO qui est payé principalement en euros? Qui viendrait à l’aide des dizaines (centaines?) de milliers d’emploi dans la chimie, l’horlogerie, le tourisme et tous les producteurs du swiss made? Laisser faire faillite? OK, mais les chômeurs ne paient plus beaucoup d’impôts et encore moins quand il sont à l’aide sociale! En fin de compte, j’ai l’impression que l’intervention de la BNS, si elle doit se solder par un renflouage, ne coûtera pas plus cher à la société que les dégâts d’un franc suisse surévalué. De toute façon, elle était politiquement forcée d’intervenir.

    Être fâché contre cet interventionnisme? Oui si je pariais contre l’inflation. Mais ce n’est pas le cas, car je partais du principe qu’une banque centrale peut faire pratiquement n’importe quoi pour dévaluer sa monnaie et faire payer la note au peuple, via l’inflation. Et si la législation ne le permet pas, on la change, pas plus difficile que ça. Il suffit de voir comment la BCE a contourné le problème en achetant massivement des obligations pourries en euros pour liquéfier le système.

    Le seul rempart contre les agissements des banques centrales reste l’or. Et ne croyez pas que ce soit un consensus parce que beaucoup d’intervenants sur ce blog en parlent! Ce blog n’est-il pas un peu contrarian? L’or est « sous-détenu » et représente une part très très faible dans les portefeuilles des investisseurs, beaucoup plus faible que durant les années 70. L’or n’est pas (encore) dans une bulle et comme dirait Marc Faber, « devenez votre propre banque centrale en achetant de l’or ». Le flux de l’or suivra le transfert de richesse auquel on assiste aujourd’hui : de l’Occident vers l’Orient. La Banque centrale chinoise n’oublie pas d’en acheter, probablement beaucoup plus que ce qu’elle déclare. En Russie non plus, on n’oublie pas ce qui fait la puissance d’une nation. Henry Kissinger disait :

    – qui contrôle la nourriture, contrôle les populations ;

    – qui contrôle l’énergie, contrôle les nations ;

    – qui contrôle la monnaie, contrôle le monde.

    Ce n’est pas l’or qui grimpe, ce sont toutes les monnaies qui baissent. Suivront ensuite toutes les matières premières, qui grimperont aussi en termes de monnaies-papier.

    Pour conclure, nous avons eu ce soir la confirmation que la BNS va jouer la dévaluation du franc dans la grande arène mondiale des dévaluations monétaires. C’est une guerre des monnaies-papier et seul l’or gagnera. L’or est actuellement suracheté, mais d’un point de vue long terme, il n’a pas terminé sa hausse, en termes de n’importe quelle monnaie-papier. Les Américains ont longtemps joué l’option « put Greenspan », puis le « put Bernanke ». Je crois que nous autres Suisse pouvons raisonnablement jouer le « put Hildebrand » pour les années à venir. En d’autres termes, il faudra s’attendre à un retour de l’inflation « visible » en Suisse (avec une possible accélération de notre bulle immobilière (valeur refuge contre l’inflation)… jusqu’à la prochaine hausse des taux!)

  • 6 septembre 2011 à 23 h 55 min
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    Depuis ce matin la monnaie la plus forte du monde sur 12 mois est le Guarani du Paraguay (PYG). Le Paraguay est un pays de 6 millions d’habitants (comme la Suisse), quasiment sans industrie, avec d’immenses exploitations agricoles contrôlées en grande partie par des étrangers (brésiliens), avec un système d’éducation calamiteux, une population ignorante, une classe politique caricaturale et de la corruption à tous les étages. Seules richesses : du soleil, pas de risques naturels, un sol fertile et une population globalement sympathique (bien qu’inculte, voir plus haut).

  • 7 septembre 2011 à 0 h 08 min
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    et pour compléter Behappy :
    Do you know the Golden Rule ? He Who Has the Gold, Makes the Rules.
    Mais même pour le Gold, à moins de l’enterrer dans son jardin (pas pratique, surtout quand on vit sur 2 continents) il y a toujours un risque de contrepartie.

  • 7 septembre 2011 à 0 h 26 min
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    Le gouvernement suisse fait preuve de solidarité avec le reste de a planète (solidarité à l’euro et levée progressive du secret bancaire). Je salue ce geste dans ce monde ou l’égoïsme est le sable qui grippe les rouages d’un monde meilleur. J’espère que les peuples suivront et qu’une Europe politique émerge enfin.

  • 7 septembre 2011 à 1 h 02 min
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    Bonjour Olivier,

    A mon avis le geste de la BNS dépasse notre simple compréhension et s’adresse d’avantage à un parterre de banquiers internationaux et de communautés « invisibles » (pour ne pas dire secrètes) qu’à un acte de bravoure pour sauver les emplois et les entreprises CH.
    Cet acte irrationnel mais prémédité n’est réalisé que pour gagner du temps, sans quoi la hausse des taux des emprunts étrangers en CHF dans les pays européens pourrait précipité l’Europe au fond du gouffre plus tôt qu’on ne le pense.
    Aussi, comme vous le savez, la CH à toujours été une plateforme d’échange et, en tant que telle, elle abrite quantités d’intérêts divers des 4 coins du globe. Aujourd’hui seulement commencez-vous à vous apercevoir que nous sommes que les pions de l’échiquier et que les vrais pouvoirs en place ne sont pas ceux que l’on imaginait ?
    La démocratie, …une mascarade !

    Pour mémoire, le GEAB, dans un de ces bulletins d’anticipation, soutenait qu’une perte de 50% du pouvoir d’achat aurait lieu en CH dans cette décennie. Jusqu’à ce jour, j’avais des doutes mais avec ce qui se décide, je crois que nous en prenons le chemin.
    Pauvres Suisses que nous sommes !

  • 7 septembre 2011 à 8 h 45 min
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    la démocratie: 2 loups et 1 mouton qui votent pour le repas du soir.

  • 7 septembre 2011 à 8 h 52 min
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    Bonjour,

    Suite à cette annonce surprise annoncant un plancher pour le cours EUR/CHF à 1.20, le franc suisse s’est affaibli contre toutes les monnaies assez agressivement. Cette réaction sur les marchés est certes logique cependant trouvez-vous rationnel que le dollars par exemple reprenne 8% pour une annonce qui ne concerne pas cette devise ? Comment voyez-vous les choses évoluées par rapport à l’USD ou au GBP ?

    Je vous remercie d’avance et vous félicite pour votre blog.

    Cordialement.

  • 7 septembre 2011 à 9 h 01 min
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    Bonjour Olivier,
    Juste une question. J’ai lu dans plusieur sources etrangères qu’il ya un projet en suisse pour un franc or à faire circuler en parallele avec le CHF. Etrangement je ne trouve aucune reference à ce projet dans les medias suisses. Etes vous au courant de ce projet et ce qu’il en est?

    Salutation.

  • 7 septembre 2011 à 9 h 15 min
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    si franc or venait à exister, inutile de vous dire qu’il bondirait vers des plus hauts, qu’il se concentrerait dans quelques mains, que les écarts de richesse exploseraient et qu’au final il apporterait plus d’inconvénients que d’avantage en diminuant la croissance par la diminution de la possibilité de crédit.L’or mondial correspond à un cube de 20 mètre d’arête.
    cf « guide d’investissement sur le marché de l’or par Y.COLLEU »

  • 7 septembre 2011 à 9 h 48 min
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    Bonjour

    Bravo pour votre travail avant tout.
    J’adore la clarté des explications – je suis assez néophyte –

    L’action de la BNS fait un peu désespérée, un bluff qui ne tiendra pas je pense face au monde entier qui craint pour ses euros ou ses dollars.
    Elle va s’épuiser très vite : on ne retient pas un fleuve avec un filet

  • 7 septembre 2011 à 9 h 51 min
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    Est ce que une mesure prise par la BNS ces dernières années a réussi?Je crois pas.

  • 7 septembre 2011 à 9 h 52 min
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    Messieurs,

    Ce que vient de décider la BNS toute seule et qui est applaudi des 2 mains et des 2 pieds par des politiciens qui ne faire que leur réelection est tout simplement la mort de l’économie Suisse et dans légendaire rigueure qui servait de refuge et forteresse inviolable.

    Non seulement nous perdons notre secret bancaire au fil des mois alors que cet anticonstitutionnel, mais voilà que nous nous portons secours à des pays qui ne savent pas ce qu’est la droiture et l’honnête. Inimaginable d’offrir à des gens sans foi ni loi ce que nous nous interdisons ici en Suisse à d’honnetes citoyens. C’est les subprimes revues et corrigées en 1000 fois plus grand. Nous avons sauvez l’UBS, et voilà que nous voulons sauvez les grecs, qui ne payent pas leur impots.

    Je pense effectivement que le marché va tester la BNS, mais comme notre hote le dit, il ne reviendrons pas en arrière. Ce test se fera dans les prochaines semaines et cela va couter très très cher. Mais dès que le marché aura compris que la BNS ne lachera pas alors le CHF va plonger puisque finalement il n’apporte plus de garantie à l’investisseur. Il sera revenu à 1.4 avant la fin de l’année. Mais le mal sera fait pour nous parce que notre monnaie ne vaudra plus rien au yeux du monde. La BNS aura beau jeu de nous dire qu’elle a gagné, personne ne voudra de ses euros pourris. Hier nous avions une formidable opportunité de conquérir des marchés à l’étranger grace à notre monnaie, demain nous n’exporterons plus rien l’inflation nous aura gagner. Pire, le métier phare de notre pays, la banque de dépôt en partira, qui viendra déposer son argent dans un pays qui ne garanti pas sa monnaire et n’a plus de secret bancaire.

  • 7 septembre 2011 à 10 h 23 min
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    Pour enrichir 5 personnes on en ruine 1000… c’est le principe de la spéculation vu par le contribuable-payeur, pour autant qu’il comprenne ce principe. Politiser l’économie comme c’est le cas actuellement est une source permanente de conflit d’intérêt. la cupidité des politiciens qui se soucient plus de leurs réélections que des réels besoins des électeurs, leur vanité ou leur aveuglement par le pouvoir.L’Europe unie est née d’un concept aussi Utopique que l’union Soviétique ou la Yougoslavie. L’histoire se répètera et nous, on pleurera sur nos retraites car quelques technocrates auront décidé que pour faire bonne figure et justifier leur salaire, il fallait mettre nos impôts au casino. On a beau dire, si le citoyen ne se fâche pas, ces gens continueront à faire n’importe quoi. Et le citoyen Suisse, ne bougera pas. C’est aussi une question de mentalité, comme les Français avec leurs acquis… nous avec notre  » on verra bien, on s’en fout si nos gamins seront dans la précarité, y en a de plus pauvres encore que l’on peut importer et qui feront le sâle travail… ) La décision de la BNS est un peu le reflet de notre société. Un mariage pour le meilleur et pour… le meilleur. Et si ça plante, y a toujours le contribuable qui sera là pour nettoyer et qui restera chez lui à se fâcher contre sa télé. Pathétique. Notre société vit une réelle carence de vision vers l’avenir et d’anticipation. On vit au jour le jour… mais jusqu’à quand?

  • 7 septembre 2011 à 10 h 59 min
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    Selon moi cette décision est une pure folie ou du bluff dans une partie de poker. Qu’on se le dise: la problème n’est pas le franc fort, mais la vitesse à laquelle il s’est renforcé à la suite de spéculations. La BNS n’aurait pas dû entrer dans ce jeu-là. Il y sûrement d’autres moyens de lutter là-contre, comme p.ex. une taxe sur les transactions financières (proposée par le prof. Marc Chesney dans Le Temps (article « La décision de la BNS en 10 questions »)). Et dire qu’en même temps la commission des finances du CN a rejetté les mesures pour aider les entreprises victimes du franc fort. Comme si la mesure de la BNS suffisait! Donc d’un côté on refuse de dépenser 2 mia pour aider l’économie et de l’autre on va en dépenser je en sais combien en pure perte. C’est absolument navrant!

  • 7 septembre 2011 à 11 h 29 min
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    Bonjour Mr Crottaz,

    Quelles solutions proposeriez-vous si vous étiez aux commandes tant an niveau de la Bns que fédéral.
    Ps1. Vous pouvez laisser libre cours à votre imagination à partir du momment ou les politiques ne font que réagir et non pas agir l’on peut considérer qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion par conséquent vous ne prenez la place de personne.
    Ps2: Je vous lis depuis plusieurs années, l’information que vous délivrez est de qualité. Ceci dit je ne partage pas la manière dont vous appréhendez l’économie par ce que vous vous refusez à prendre en compte l’aspect géopolitique qui sous-tend, englobe et dépasse le pur aspect économique. Rappelez-vous du mail que je vous avais envoyé concernant une visite à « Oradour-sur-Glane ». C’est un peu comme si lors de l’évaluation d’une entreprise vous ne teniez pas compte des valeurs intangibles de celle-ci. Que vous traitiez sur ce site que de problèmes économiques cela ce comprend, mais je persite en affirmant sans aucune aggrésivité qu’il vous manque à titre personnel cet aspect capital seul capable éventuellement de formuler des propositions originales et constructives.

    Bonne journée accompagnée de remerciements pour votre site.

  • 7 septembre 2011 à 11 h 32 min
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    J’en parlais hier avec un ami autour d’une bière et j’avoue que je ne comprends pas cette mesure de la BNS: nous av(i)ons la chance d’avoir un Franc fort, d’être plus ou moins coupés de la crise. Nous voila maintenant exposés au risque de contagion et l’ombre de l’inflation plane sur nos têtes. J’imagine que ces messieurs de la BNS doivent se dire que le sauvetage des emplois liés à l’exportation valait bien les risques encourus (moi j’en doute). Je trouve paradoxal aussi qu’on vote toutes les trois semaines pour choisir les couleurs panneaux routiers mais que l’avis du peuple ne soit pas consulté dans la prise d’une décision qui lie fortement l’avenir de la Suisse avec celui de l’Europe.

  • 7 septembre 2011 à 11 h 59 min
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    On a parié sur la survie de l’EUR et implicitement affirmé que la primauté de l’USD est/doit terminer.

  • 7 septembre 2011 à 12 h 14 min
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    Bonjour Olivier,

    La BNS fait n’importe quoi mais en vous lisant il me vient deux questions:
    1/ les suisses ne peuvent pas procéder à une votation sur ce sujet?
    2/ Les politiciens suisses rêvent d’adhérer à l’europe et à l’euro? On voit bien que cette monnaie est un enfer, alors pourquoi le veulent-ils? Ils ont une des meilleures monnaie du monde. J’avoue ne pas comprendre.

    Le franc fort peut être un problème dans un premier temps mais après comme tout on s’adapte, aux business de montrer qu’ils ont de la créativité.

  • 7 septembre 2011 à 12 h 54 min
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    @ Jean-Luc

    On y a en pratique adhéré, au moins à l’EUR, sans passer par la politique, fait qui prend du temps et surtout n’aurais jamais rencontré d’adhésion populaire et suscité un débat violent dans le Pays.
    Certainement la décision de soutenir le systéme EUR a été prise et cela vraisembleblement dans la considération que la défaite de ce système-là serait pire encore.
    Ce qui pourraît bien être.

    Pas de doutes que nous en ressentirons les conséquences de cet acte, mais c’est fait.

  • 7 septembre 2011 à 13 h 04 min
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    Message aux Suisses (d’un français amoureux des montagnes, de la tranquillité et de la discipline helvètes). Il y a le feu au lac les amis, c’est le moment de vous départir de votre calme légendaire, de descendre dans la rue et de mettre les crétins qui vous manipulent au caniveau. La richesse de la Suisse est bâtie sur sa réputation de neutralité politique, de bonne gouvernance économique, de faible pression fiscale et sociale, et de discrétion bancaire. Les entreprises technologiques, les sièges sociaux internationaux et les banques privées qui font votre PIB et vos emplois n’auront aucun état d’âme pour se relocaliser à Hong Kong, Singapour ou en Malaisie si ces conditions ne sont plus réunies. Il y a seulement un peu plus d’un siècle la misère était courante en Suisse, et les gens descendait des vallées poussés par la faim. Vous pouvez accepter plein de choses, y compris une augmentation modérée du chômage, une baisse de revenus et de niveau de vie (qui sont objectivement surévalués), mais c’est un non-sens que votre politique monétaire soit téléguidée par des états étrangers en faillite !

  • 7 septembre 2011 à 13 h 08 min
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    C’est le debut de la strategie de destruction programmee des monnaies et des nations (je n’aurais pas cru la BNS capable d’une telle trahison au peuple suisse). c’est le phantasme d’un monde globalisé pacifié et dominé par une petite élite illuminée qui controle et esclave la majorite (finances, resources, eau, etc… seront privatisées). Le résultat sera inévitablement desastreux pour les peuples.

  • 7 septembre 2011 à 14 h 09 min
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    @ Max
    « Suite à cette annonce surprise annoncant un plancher pour le cours EUR/CHF à 1.20, le franc suisse s’est affaibli contre toutes les monnaies assez agressivement. Cette réaction sur les marchés est certes logique cependant trouvez-vous rationnel que le dollars par exemple reprenne 8% pour une annonce qui ne concerne pas cette devise ? Comment voyez-vous les choses évoluées par rapport à l’USD ou au GBP ? »

    Les intervenants sur le marché des changes s’attendent à ce que la Grèce sorte de l’euro, il est donc logique que les cambistes vendent du CHF pour acheter du dollar.

    Si il s’avérait que la Grèce fasse banqueroute, le cours de l’euro s’effondrerait contre toutes les principales devises, je doute dans ce cas que la BNS soit encore à même de maintenir la parité du franc suisse encore longtemps à 1,20.

  • 7 septembre 2011 à 14 h 46 min
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    L’or à 51000.-frs le kg ça commence à faire soucis!

  • 7 septembre 2011 à 14 h 46 min
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    Mesdames, Messieurs,

    Tout d’abord, je suis heureux de voir que la question monétaire déchaîne les passions. En tant qu’ardent défenseur de la chose démocrate, je ne peux qu’applaudir ce débat, puisque c’est justement dans le débat que naît l’opinion et cette même opinion sert le bon fonctionnement de notre démocratie.

    Je pense que nous devons avant toute chose nous pencher sur le véritable rôle que l’Etat a donné à la BNS. La Constitution helvétique donne comme mandat à la Banque Nationale Suisse « indépendante » de « mène(r) une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays; elle est administrée avec le concours et sous la surveillance de la Confédération. »(art.99 al. 2) Dans la loi fédérale sur la Banque nationale, les tâches de la BNS sont précisées tout en laissant place à une part d’interprétation. Ainsi, « la Banque nationale conduit la politique monétaire dans l’intérêt général du pays. Elle assure la stabilité des prix. Ce faisant, elle tient compte de l’évolution de la conjoncture. » (art.5, al.1) De plus, « elle participe à la coopération monétaire internationale. Dans l’accomplissement de cette tâche, elle collabore avec le Conseil fédéral conformément à la législation applicable en la matière. » (art. 5, al. 3) Enfin, « la Banque nationale examine régulièrement avec le Conseil fédéral la situation économique, la politique monétaire et les questions d’actualité en relation avec la politique économique de la Confédération. Avant de prendre des décisions importantes en matière de politique économique et monétaire, le Conseil fédéral et la Banque nationale s’informent mutuellement de leurs intentions. » (art.7, al. 1)

    Ainsi, on peut d’ores et déjà affirmer que la décision de la BNS n’est absolument pas illégale. Elle est en parfaite harmonie avec la volonté du législateur puisqu’elle doit veiller à la stabilité des prix tout en tenant compte de la situation conjoncturelle (sorte de « Dualmandate helvétique »). Je tiens à vous rendre attentif également au fait que le Conseil fédéral (et par là, la Confédération) est censé être un acteur dans cette politique monétaire, notamment en étant un partenaire privilégié de la BNS mais aussi en s’impliquant dans cette même tâche. Et, force est de constater qu’à l’heure actuelle, le Conseil fédéral passe bien plus de temps à se cacher derrière la notion de frein à l’endettement pour éviter d’avoir une action énergique dans ce sens plutôt que d’agir. Je rappelle tout de même que la Confédération s’est targuée d’injecter, il y a quelques semaines à Sierre, 2 milliards de francs pour soutenir l’économie suisse, et notamment l’industrie d’exportation (confrontée au problème du taux de change). Ce même paquet se révèlera bien moins ambitieux et surtout d’une ampleur réduite quelques dizaines de jours plus tard (mesures très peu ambitieuses et réduction de l’enveloppe de près de 1,200 milliards de francs). D’ailleurs, le petit sourire de Johann Schneider-Amman lors de son interview de hier a suffit à me convaincre. Dans sa tête, la réflexion est claire : je n’ai rien fait (ou presque) et c’est ce cher Hildebrand qui se lance dans ce « trou fumeux ». Je sortirais la tête haute quoiqu’il arrive, je serais fidèle à mes principes sans offusquer mes partisans. Rappelons qu’il fait parti du parti de l’économie tout de même et que la doctrina de celui-ci exige que l’Etat se cantonne dans des tâches dont l’économie ne veut en tout cas pas s’occuper. Pour moi l’inaction totale de notre gouvernement est un scandale dans notre situation actuelle. Et même si je pressens comme un certain nombre d’entre vous « quelques difficultés » (doux euphémisme) durant la bataille dans laquelle vient de se lancer notre banque centrale, je remarque que c’est la seule institution qui se jette véritablement à l’eau.

    Dans ce contexte peut-on vraiment voir dans l’action de la BNS une stratégie politique de rapprochement avec l’UE ? Ou moins ironiquement, peut-on y voir une action bilatérale dans l’intérêt des deux zones monétaires ? Je ne le pense pas. D’ailleurs, pour confirmer cela, il suffit de lire le communiqué de la Banque Centrale Européenne au sujet de l’action de la BNS. Une seule petite phrase suffit à nous indiquer la position de la BCE à ce sujet : « Nous prenons acte de cette décision qui a été prise par la BNS sous sa propre responsabilité ». Dans cette petite phrase, on peut y lire la totale non-implication des autorités monétaires européennes dans la décision prise par la BNS. Cependant, il convient de rajouter un bémol à cette implication puisque les autorités monétaires travaillent en coordination depuis maintenant des décennies et donc ce choix n’a pas été fait dans le dos des européens. Mais, à mon humble avis, ils ont, à l’heure actuelle, d’autres chats à fouetter que le taux de change entre l’Euro et le franc suisse.

    Concernant le risque de faillite de la zone euro, faillite au sens de désastre total, il faut bien comprendre que les différentes études ont démontré que la sortie de la zone euro pour un pays, serait une catastrophe économique. Imaginez le temps qu’il fallu pour créer la monnaie unique (et là, je ne parle que du côté technique, pas du tout politique). Transposez maintenant le retour au Deutschemark dans la volatilité actuelle, bien plus forte qu’à l’époque. Il faudrait réintroduire le Deutschemark sur les marchés, en parallèle de l’euro et engager une sorte de politique monétaire de convergence comme on l’avait fait pour l’euro. En vous remémorant ce qui s’est passé à l’époque, je vous laisse vous rendre compte de la spéculation qu’une telle idée engendrerait : la plus grosse économie de la zone euro (autrement dit l’endroit où il est intéressant d’investir) va avoir sa propre monnaie. Et à l’inverse pour l’euro, qui voudrait encore y croire et y investir si la plus grosse économie de l’Europe devait s’y extraire. Je pense qu’il n’est pas besoin d’être Keynes pour comprendre les implications de cette volonté d’un point de vue financier. Mme Merkel, elle-même, a exclu cette possibilité dans un discours prononcé hier soir : « D’un point de vue technique et juridique, il n’y a vraiment aucune possibilité (de sortie). Mais je n’envisage pas cette possibilité également parce que nous pourrions provoquer un effet domino qui serait extraordinairement dangereux pour notre système monétaire. » De plus, le jugement tant attendu est tombé il y a quelques heures maintenant : la Court constitutionnelle allemande estime que l’intervention germanique dans le plan de sauvetage de la Grèce était parfaitement légal. A mon avis, il n’y absolument aucune place pour la faillite de la monnaie unique. Ce serait une catastrophe bien plus importante que la faillite de l’Etat grec, portugais ou irlandais. A l’heure actuelle, les idées apportées par la Chancelière allemande et le Président français sont les garants de la future stabilité du système de l’Euro. Une politique monétaire commune doit être accompagnée d’une politique budgétaire commune. Cependant, je vois dans ces mesures, des actions sur le moyen/long terme alors que le marché en attendait pour tout de suite.

    Au niveau de l’inflation, il est vrai que nous sommes dans une situation où il n’y a jamais eu autant de monnaie en circulation de toute l’histoire moderne de la politique monétaire. Les crises successives ont amené la banque centrale à injecter des milliards de francs dans le circuit économique. Pourtant, la question se pose : est-ce notre principal problème ? Je ne le pense pas. Les chiffres parlent d’eux-mêmes à l’heure actuelle : affaiblissement du taux de croissance, baisse des commandes constatée dans les entreprises d’exportation, vente à perte dans ce même domaine, sans compter tous les problèmes futurs concernant le chômage et ses conséquences. A force de ne rien faire, on sait où l’on va se diriger, exactement à « l’endroit » qui fait peur à l’ensemble des économistes : LA RECESSION. Je vous laisse imaginer si la Suisse devait entrer en récession la marge de manœuvre qu’il resterait à la BNS (ci-après le graphique du taux LIBOR l’heure actuelle, http://www.snb.ch/fr/iabout/stat/statpub/zidea/id/current_interest_exchange_rates/2).
    Dans l’optique actuelle, on ne peut pas parler de l’inflation comme un problème. La BNS a géré de manière hyper-professionnelle la stabilité des prix durant la dernière décennie. D’ailleurs, le bilan de notre institut d’émission monétaire est le plus honorable par rapport à toutes ces consœurs dans le monde. Ce que les professionnels appellent la « Monetary Normalisation Process » est certainement déjà dans la tête des économistes de la BNS. J’attire votre intention sur la stratégie qui va être adoptée dans ce contexte. Si la BNS a acheté des euros au taux de 1 € pour 1.10 frs et que l’euro venait à s’apprécier au-delà du taux-plancher, le processus de normalisation serait automatique. Dans la mesure où la BNS revendrait à un taux de change plus élevé ses euros , elle pourrait retirer plus de liquidités en francs suisses que ce qui a été nécessaire pour faire monter le taux jusqu’à 1.20. Pour ceux qui invoquent le précédent de la banque national, dans les années 70, il faut tout de même voir l’évolution qu’il y a eu ces 40 dernières années. La situation n’est pas comparable.

    Par contre, je trouve très intéressant, dans une période où l’on parle de ces fameuses banques « too big too fail » de voir la BNS se lancer corps et âme dans la bataille. Je rappelle comme l’a dit M Crettaz que la BNS a potentiellement des ressources illimitées en termes de francs suisses. Elle va créer de la monnaie tant qu’il en faudra. Pour moi, l’erreur, ici, a été d’annoncer ce taux-plancher car effectivement cela va induire un comportement stratégique des acteurs du FOREX. Car une fois passé l’effet d’annonce, les traders vont vouloir tester la solidité de ce plancher et y engager des sommes de plus en plus importantes, impliquant du même coup un engagement supplémentaire de la BNS pour maintenir le cours. On a donné aux traders une information capitale, le taux en dessous duquel on ne passera pas. Et comme, les intérêts entre la BNS et ces mêmes acteurs sont parfaitement divergents…cela promet de la casse. Il aurait été peut-être plus judicieux d’agir en coulisse, comme le fait très souvent la banque centrale de Chine ou encore comme l’avait fait naguère la Banque centrale japonaise. Dans ces deux exemples, il y avait forcément une suspicion puisque le yen (Japon) et le yuan (Chine) ne s’appréciaient absolument pas malgré les balances commerciales extrêmement excédentaires de ces deux pays. De plus, j’ose espérer que la BNS et les grandes banques de ce pays ont eu l’intelligence de signer un Memorandum of Understanding afin d’éviter que les banques suisses jouent du côté des traders dans cette manœuvre, entravant encore plus l’action de la BNS.

    Dans ce contexte, il est clair que nous avons perdu une partie de notre indépendance monétaire, c’est exactement ce que Mundell appelait « le triangle d’incompatibilité » : dans la situation actuelle avec une « presque » parfaite liberté de circulation des capitaux, soit une banque centrale s’entête à rester indépendante en se moquant éperdument de ce qui se passe à l’extérieur (indépendance de la politique monétaire), soit elle établit un taux de change fixe lui dictant dé facto sa politique monétaire.

    Mais, pouvons nous faire cavalier seul dans cette situation ? Quand notre industrie d’exportation (56,4 % du PIB ! !, en 2008) commence à se sentir en pleine agonie (60 % des exportations suisses partent à destination de l’Europe et donc partiellement mais en grande partie dans la zone euro), pouvons-nous rester sans rien faire comme le Conseil fédéral ? Il y a un telle interaction entre la Suisse et la zone Euro que c’est peut-être bien une manœuvre désespérée mais au moins quelqu’un tente quelque chose. Parce que le boulet, on y est déjà attaché depuis un certain moment…

  • 7 septembre 2011 à 14 h 55 min
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    Bonjour,

    Bien que Français, je connais bien votre pays puisque j’y passe assez souvent pour mon travail (siège de société à Genève).

    Deux choses:
    – Ou votre BNS est dirigée par des incompétents notoires qui ne comprennent rien à rien (ce qui me surprendrait tout de même)

    – Ou elle a une vision plus long terme et prend actuellement une orientation qui lui vaudra vos remerciements dans qq années

    Il parait évident que les USA sont en faillite, que le Dollar est en chute libre et que l’économie US ne reviendra jamais au niveau précédent.
    Seule l’activité intense des ‘honorables correspondants’ répartis un peu partout dans le monde au cours des décennies passées, laisse à croire que les USA sont toujours le banquier et le gendarme du monde.
    La Chine, qui possède à elle seule 40 ou 50% de la dette US, est la nouvelle élue.
    Que croyez vous qu’elle va faire de tous ces dollars amassés au cours des années passées et qui ne vont bientôt plus valoir que l’ombre de ce qu’ils représentent ?
    Elle va (comme elle l’a déjà indiqué clairement) soutenir l’Euro massivement.
    Donc, contrairement à ce que vous nous expliquez, à 5 ou 6 ans de délai l’Euro sera supérieur à 1,20…
    Et ce ne sont pas les rumeurs (largement dispensées par les USA et leurs ‘alliés’ depuis quelques mois) de faillite de la Grèce, d’explosion de l’Europe et de l’abandon de l’Euro qui y changeront quelque chose.
    Le nouveau monde économique est en marche et nul ne pourra l’arrêter… même si pour cela certains doivent souffrir.

    J’aimerai quelque fois que les dirigeants français soient aussi ‘délirants’ que ceux de votre BNS, cela me rassurerait un peu.

    Les USA ont joué avec le feu et se sont brulées.
    Ainsi vont les Empires depuis la création du monde.

    Cordialement
    Dominique

  • 7 septembre 2011 à 16 h 11 min
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    A force de fréquenter des gens endettés, M Hildebrand a du se dire que ça ne devait pas être si terrible…

  • 7 septembre 2011 à 16 h 42 min
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    Après tout pourquoi pas. Mais quitte à s’arrimer à une autre monnaie pour éviter de devenir « trop fort », autant en choisir une qui ne soit pas mourante. Si c’est pour sauver les emplois qui vivent des exportations, alors il ne faut pas choisir celle des pays, qui bientôt ruinés, n’importerons bientôt plus rien (-13 à -24% entre 2008 et 2010 pour la Grèce, l’Espagne, la France, l’Italie et l’Irlande – http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/06/05/blank/data.html).
    Mais l’argument du change sur la baisse des exportations n’est pas évident. Il suffit de regarder les exportations vers les Etats-Unis, stables depuis 2006, alors que le Franc a quasiment doublé dans le même temps face au dollar.
    Quitte à s’arrimer à une autre monnaie, ce n’est ni l’euro, ni le dollar qu’il faut choisir, c’est le Yuan. En 2010, les exportations vers la Chine (et Hong-Kong) pesaient presque autant en que celle de la France. A ce détail près que si leur croissance devait continuer au même rythme qu’actuellement, dans 20 ans la Chine pèsera autant sinon plus que l’Europe tout entière dans les exportations suisses. Et je ne parle même pas de l’Inde et de Singapour qui suivent le même chemin. Alors en effet, s’il fallait faire un choix sage et pour l’avenir, ce n’est certainement pas celui de l’Euro.
    Signé d’un Français qui a placé ses économies en CHF en attendant l’effondrement inexorable de la monnaie d’occupation.

  • 7 septembre 2011 à 17 h 25 min
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    La géopolitique actuelle est unique dans l’histoire. La stratégie de défense de la BNS ne peut pas se baser que sur des considérations purement économiques. Elle doit absolument viser une politique sur le long terme. La BNS a choisit visiblement de croire que l’euro remplacera le dollars ou du moins que l’euro restera plus fort que le dollars. Si on regarde l’euro face aux autres monnaies, celle-ci est bien moins moribonde que le dollars et la politique européene tend plus à l’austérité. Il est donc quasi certain(bien que pas absolument sûr) que l’euro retrouvera la confiance des investisseurs au détriment du dollars. En choisissant de défendre une politique d’affaiblissement du francs suisse (considéré comme la 5 ème monnaie mondiale après le dollars, l’euro le yen et le yuan), le signal est clair : « Nous ne laisserons pas s’apprécier notre monnaie, allez voir ailleurs. »

    Autre problème dont on ne parle pas beaucoup : C’est bien de racheter du franc suisse mais comment se le payer si on est endetté ? Comment font les banques et les états qui sont endettés jusqu’au cou pour racheter du francs suisse qui a tant de valeur… alors qu’ils sont ruinés ? Ben ils doivent s’endetter encore plus. Donc l’argent suisse qu’ils achètent ne leur appartient pas vraiment. Si la banque nationale maintient la parité à 1.20 les états et les banques endettés ne peuvent plus spéculer sur le franc suisse pour essayer de le revendre à un meilleur prix et donc rembourser leurs dettes, ils vont donc à leur ruine. Et l’argent que nous leur avons en quelque sorte prêté, comme il est libellé en franc suisse reviendra à la BNS qui pourra le récupérer et le soustraire à la masse monétaire. Autrement dit, si le monde accepte que les états s’endette encore et encore, la BNS perd. Si les Etats décident d’arrêter de jouer à ce jeu, la BNS limite la casse. Avec la mondialisation et l’état actuel de notre planète je ne suis pas certain que le monde accepte encore longtemps que certains continuent à s’endetter pendant que d’autres tirent la langue. Il va forcément y avoir un énorme brassage et ceux qui se sortiront le mieux sont ceux qui auront le moins de dettes…

  • 7 septembre 2011 à 17 h 37 min
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    Qu’attendent les politiques suisses ? J’ai peut-être un élément de réponse à cette question. J’ai eu l’occasion de voir au printemps un spectacle comique sur nos politiques et j’ai eu le sentiment de comprendre quelque chose d’édifiant, de trouver la dernière pièce du puzzle. Mais regardez plutôt : http://www.youtube.com/watch?v=LteanfFylxE
    Et si le but recherché était uniquement personnel ??

  • 7 septembre 2011 à 18 h 38 min
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    Enfin quelqu’un s’est réveillé …

    On peut tergiverser sur les exportations, les importations pendant des heures mais soyons un peu pragmatique s’il vous plaît. Le système que nous appelons « économie globale » n’est basé que sur de simples spéculations. Pour faire un raccourcis, ça ne s’améliorera pas. (Pensé un peu aux théories de feux notre ami Gossen).

    La BNS s’est jeté du 50ème étage d’un building et tente de ralentir sa chute en se vidant les poches et en marmonnant: Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien…

    … moi je dis: Attention à l’atterrissage !

  • 7 septembre 2011 à 21 h 54 min
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    c’est open bar comme toutes les banques centrales….
    Comme vous l’avez si bien noté aucune banque centrale n’a réussi à maitriser sa monnaie.
    Peut être la suisse y arrivera t elle ?
    Rien n’est moins sûr elle se bat contre le monde qui n’achète pas du franc suisse mais mais VENT du dollar de l’euro et du yen.
    Bon courage messieurs !

  • 8 septembre 2011 à 15 h 14 min
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    Les attaquent portées contre l’euro sont complètement disproportionnées. Et je ne crois pas à un éclatement de l’euro. Ni à une sortie d’un pays, ni à une « faillite ».

    La BNS et donc notre Conseil Fédéral montre clairement qu’ils croient en l’Euro et je suis assez de leurs avis. Même si juste maintenant ce n’est pas vraiment évident …

    Le paris qui est lancé est simple : l’euro doit tenir et nous avec, ou tout le monde tombe ensemble. Comme de toute façons si l’euro tombe, le système bancaire international le suivra de près et donc la Suisse itou droit derrière (nos 2 plus grosses banque pèsent 7x le pib Suisse).

    Dans ce cas autant soutenir notre plus gros client, et ceci avec pas mal de monde, on est pas tout seul (la chine entre autre soutien l’euro).

    Il faut juste tenir « un peu ».

  • 8 septembre 2011 à 19 h 46 min
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    Avec la tournure des évènements et l’addition grecque qui risque d’être normalisé rapidement avec l’arrêt des aides consécutif à la volonté des grecs de ne plus mettre l’argent dans leur banque induisant l’impossibilité du gouvernement de récupérer l’impôt, la bronca des électeurs sur les déficits passé et futur, sur le tour de vis budgétaire qui engendrera une baisse de consommation pour l’europe (donc surtout pour les allemands exportateurs),l’euro devrait remonter sur le court moyen terme.La BNS pourra s’en sortir avant que la situation économique replonge si plus personne ne consomme en europe.
    L’UE est le premier client de la Chine et la France est le premier client de l’Allemagne.
    Je ne suis pas loin de penser que la France (5ème économie mondiale environ) , dans la situation mondiale incertaine avec des US en banqueroute économique, sociale et presque morale et des émergents sans véritable marché intérieur pour l’instant, peut constituer la clef de vôute de l’édifice bancal de la finance mondiale.C’est peut être le domino de trop ; ce qui expliquerai la notation encore fantaisiste AAA.

  • 8 septembre 2011 à 19 h 52 min
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    Cette nouvelle n’est pas surprenante dans le contexte où elle survient après la réunion des Bilderberg tenue en Suisse récemment. Un des objectifs des globalistes, évoqué à ce moment, était de casser la Suisse, sa souveraineté économique, afin de l’intégrer complètement au volet européen du nouvel ordre mondial, un ordre basé sur un asservissement des masses. Cette décision de la BNS trahit la présence, au sein des pouvoirs financiers et politiques suisses, de représentants des forces obscures globalistes qui agisssent délibérément à l’encontre de l’intérêt de la nation. La justification de ces actions, défendre les exportations, fait évidemment partie de la rhétorique nécessaire au marketing du mensonge. La suppression de la souveraineté de la Suisse est clairement l’enjeu ici.

  • 8 septembre 2011 à 22 h 58 min
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    Au premier abord, en apprenant cette nouvelle pour le moins suprenante, j’ai eu la même récation que vous Monsieur Crottaz.

    Pour autant que fallait-il faire ? La BNS a déjà injecté 170 Milliards en moins de deux mois en augmentant les avoirs des banques de 30 à 200 Milliards. Compte tenu du principe de reserve fractionnaire cela représente un potentiel de plus de 1500 Milliards de nouveaux crédits soit plus de 2 fois la masse monétaire actuelle (M3 CHF) !! Le risque inflationniste qu’implique ce genre de décision est énorme et pourtant cela n’a pas visiblement pas découragé grand monde d’acheter des CHF.

    Dans le contexte actuel ou le dollar est condamné à force d’injections massives et ou l’Euro est encore plus surement menacé, le CHF a-t-il un rôle à jouer ?

    C’est possible mais la BNS se doit impérativement d’augmenter ses réserves d’or. En arrimant le CHF à l’Euro elle peut dorénavant le faire beaucoup plus à sa guise.

    Il faudra être attentif aux prochains rapports de la BNS mais je pense qu’on peut s’attendre à une très forte augmentation de ces réserves.

    Cet arrimage à l’Euro n’annoncerait-ïl pas des achats d’or en quantité « illimité » ?

  • 9 septembre 2011 à 0 h 26 min
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    Très d’accord avec Martin sauf que cf mon commentaire plus haut je ne pense pas qu’il existe beaucoup de représentants (en personne) des forces obscures globalistes au sein du pouvoir politique (financier sans doute), mais que ces politiques qui agisssent délibérément à l’encontre de l’intérêt de la nation comme leur commande le groupe Bilderberg le font par manque d’une réelle conviction. Leur seul but : autosatisfaction personnelle.

  • 9 septembre 2011 à 17 h 51 min
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    Je ne sais pas vous, mais moi j’ai comme l’impression d’être le spectateur d’un truc horrible qui est en train de se passer….. la fin …….. des haricots ?? va savoir…..
    un peu comme ce fameux 11 septembre, où on assistait horrifiés à l’attaque des world trade center……

    C’est ça l’internet et l’info continue…. un flot incessant de bonnes (pas si souvent) et de mauvaises nouvelles….. qui parfois donne le tournis !!

    Sur ce, bon week-end à tous !!

  • 11 septembre 2011 à 10 h 15 min
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    L’argent du monde cherche un port sur – la Suisse et son territoire, son peuple et sa démocratie, ses valeurs humaines et ses infrastructures, ses services et son Franc auraient pu le devenir, mais non.

  • 11 septembre 2011 à 20 h 32 min
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    Il est temps de se rappeler que l’Europe c’est :
    Une communauté de plus de 500 millions d’habitants
    Le PIB le plus important au monde
    Le plus grand exportateur au monde
    Le 2ème plus gros importateur au monde

    L’Union européenne (UE) forme un partenariat politique et économique entre 27 pays européens sans équivalent dans le monde.
    Facteur de paix, de stabilité et de prospérité depuis plus d’un demi-siècle, l’UE a contribué à relever le niveau de vie, a introduit l’euro, la monnaie unique européenne, et met progressivement en place un marché unique.

    L’Europe s’est construite, au sortir de la seconde Guerre Mondiale dans le sang, la peur et les larmes. L’Europe continue à se construire aujourd’hui. La crise que nous subissons est certes importante et ses conséquences douloureuses, mais cette crise se révélera fondamentalement nécessaire pour corriger les failles du système et cimenter d’autant plus l’unité européenne….il le faut !

    Pour conclure la BNS a choisi la voie de la reconnaissance et de la confiance dans l’Europe et sa monnaie……elle a vue juste. Le temps lui donnera raison.

  • 12 septembre 2011 à 10 h 46 min
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    l’UE a contribué à relever le niveau de vie, a introduit l’euro, la monnaie unique européenne, et met progressivement en place un marché unique.

    C’EST SE FICHER DU MONDE !!!!

    Pour moi la BNS sait très bien ce qu’elle fait . ça fait longtemps que nous sommes un petit caillou dans les souliers du nouvel ordre mondial. Notre insolente santé fait tache dans l’ europaradais . des ordres sont venus de très très haut de gens que vous connaissez même pas ,assorti de lourdes menaces. Si non comment expliquez vous une décision aussi sucidaire ? je pense qu’il faut de toute urgence lancer un referendum en posant la question clairement : voulez vous arrimer le franc Suisse à l’Euro ? pas une semaine qui ne nous rapproche pas de la guerre civile . Que fait l’ASIN , il y a le feu à la maison. Nous avons très peu d’opposition et une politique très salon de thé. Regardez le videos de Pierre Hillard , François Asselineau, Etienne Chouard et tremblez . Nous devons plus donner carte blanche ni avoir la moindre confiance à nos institutions .

    « Les rares personnes qui comprendront le système seront soit si intéressées par ses profits, soit si dépendantes de ses largesses qu’il n’y aura pas d’opposition à craindre de cette classe-là ! La grande masse des gens, mentalement incapables de comprendre l’immense avantage retiré du système par le capital, porteront leur fardeau sans se
    plaindre et peut-être sans même remarquer que le système
    ne sert aucunement leurs intérêts »
    Rothschild Brothers of London, citant John Sherman, communiqué aux associés , New York, le 25 juin 1863.

  • 15 septembre 2011 à 17 h 11 min
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    Bonjour M. Crottaz,

    Permettez-moi de vous donner quelques réflexions sur vos différents points abordés dans ce post :
    1) Bien que la BNS soit une SA, elle n’est pas pour autant régie par les mêmes rêgles qu’une SA classique ; je ne connaît en effet pas d’autres sociétés anonymes disposant de la planche à billet pour renflouer ses comptes… De cette différence (qui n’est pas la seule) découle le fait qu’il est difficile pour la BNS de faire faillite et les actionnaires (cantons, banques cantonales, particuliers) n’auront pas à passer à la caisse comme vous le dites. Néanmoins il est vrai qu’ils devront faire face à un « manque à gagner » du fait qu’en l’absence de bénéfice, la BNS ne pourra pas le redistribuer.
    2) Il faut bien différencier 2 « pegs » : celui d’une monnaie faible sur une monnaie forte et celui d’une monnaie forte sur une monnaie faible. La plupart des échecs de « pegging » font partie de la première catégorie alors que la décision de la BNS appartient clairement à la 2ème. Les armes à disposition pour tenir ce peg sont différentes et les chances de succès également ; ces chances dépendent aussi d’autres facteurs (cycles économiques semblables, inflations proches, etc.)
    3) La BNS a-t-elle annoncé qu’elle achetait de la dette grecque avec ses Euros ? Peut-être, en plaçant ses Euro auprès de la BCE, mais alors elle n’a pas de risque grecque dans son portefeuille.
    4) D’accord avec vous sur ce point.
    5) Comme le fait très bien remarquer L.M dans son commentaire ci-dessus, la BNS est la seule institution à se jeter à l’eau.
    6) Excusez-moi mais là c’est du délire. D’une part les ministres au sein du CF qui veulent l’adhésion sont en forte minorité (s’ils existent) et d’autres part vous oubliez l’indépendance de la BNS. Qu’on le veuille ou non, la Suisse est liée à l’Europe et à l’Euro pour des raisons économiques. On ne peut que se réjouir de réduire cette dépendance, notamment en se développant sur les marchés asiatiques, mais pour l’immédiat nos voisins restent nos principaux commerciaux.
    6) Je vous rejoins sur le fait que le risque d’une telle décision est une hausse de l’inflation et la création de bulles. Maintenant il est plus « facile » pour une banque centrale de combattre l’inflation que de combattre la déflation qui menaçait. Est-ce que le peuple suisse devra le payer par une hausse des prix et une perte du pouvoir d’achat ? c’est possible, mais c’est surtout trop tôt pour le dire.
    Dans tous les cas la fermeté qu’a montrée la BNS lors de son annonce a refrondi les spéculateurs qui se sont tournés vers d’autres monnaies (JPY, NOK). Est-ce que cela va durer ? ça dépendra certainement de la capacité de l’Europe a sortir de cette crise, mais il ne faut pas oublier que la BNS a encore d’autres cartouches dans sa manche (taux négatifs sur les comptes Giro par exemple).

    P.S: L.M, ce fut un plaisir de lire votre post ; c’est très bien écrit et tout à fait sensé.

  • 19 septembre 2011 à 19 h 22 min
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    Merci pour vos informations et vos analyses concernant ce peg du franc suisse sur l’euro.

    Personnellement, je suis frontalier et je ne recommande pas du tout que la Suisse rentre dans l’euro dans la situation actuelle de la zone euro.
    Par conséquent, j’invite particulièrement les suisses à se mobiliser si ce peg pouvait représenter une menace pour l’économie suisse et contraindre à terme la Suisse à une adhésion à la monnaie unique.

    Cordialement,

  • 26 septembre 2011 à 14 h 29 min
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    @symnos
    merci de votre contribution et de vos avis.
    1) là je n’ai rien appris de nouveau
    2) c’est pas un peg, c’est un plancher. et effectivement cela dépend de beaucoup de conditions économiques et celles que je vois venir font vraimeent peur, notamment en Europe
    3) ahahaha vous me faîtes sourire. Il n’y a pas de risque grec soit, mais si les euros sont placés à la BCE ou sur l’Allemagne il y a un risque grec que vous le vouliez ou non .
    Seriez-vous payé par la BNS ou la BCE pour ne pas vous rendre compte de l’évidence d’un effet domino ? les prêteurs à la Grèce vont perdre de l’argent et cela va avoir un impact européen, point barre
    4) merci
    5) Se jeter à l’eau ? pour couler le pays en disant vouloir sauver 100’000 emplois (improuvable par ailleurs). Le seul point où je rejoins quelques lecteurs c’est qu’on ne peut pas rester seul avec notre super monnaie forte, c’est hyper difficile.
    6) Du délire ? et si nier ce point était du délire.On en reparlera dans 10 ans. Cela me rappelle quand les banques suisses en 2002 on signé QI avec les USA. Elles ne se sont pas rendus comptes des tenants et aboutissants. On voit le résultas aujourd’hui. En 2002 l’arrêt de mort du secret bancaire avait été signé.
    6bis) La BNS ne va pas avoir bcp d’autres cartouches désolé (le seul vous le citez et uniquement sur les comptes, on a déjà des rendements négatifs sur pleins d’actifs)

  • 4 octobre 2011 à 18 h 08 min
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    La BNS aurait dû arrimer le franc suisse en octobre 2007
    le cours était à 1.68 Et le franc suisse était toujours considéré comme une monaie forte ??? tout ceci n’est que de la spéculation un euro vaut 1.58 ce n’est pas moi qui le dit c’est le FMI. Avec le franc suisse tout est un problème regardez les obligations DEXIA en frs la chute , les mêmes en euros n’ont pas bronchés ??? le franc suisse n’est plus une monnaie normale mais un instrument de spéculation et la BNS a raison de s’énerver. Si un spécialiste obli peut m’expliquer la différence de cours de DEXIA en frs et en euros je suis preneur. PS il y a le même probléme avec les oblig Italienne……cherchez l’erreur…..

  • 4 octobre 2011 à 19 h 23 min
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    Je me rejouis dans 3 semaines de voir les chiffres T3 de la BNS
    En effet avec de l’€ a 1.21 et du $ a 0.9 apres avoir grossi sa masse monétaire de 40% je parierais que le resultat sera flat voir avec un leger benefice.. la BNS a augmenté sa masse monétaire de 180 miards avec un € a env 1.1 et un $ a 0.8 ce qui a mon avis et au vu de leur recent deficit devrait leur donner un prix moyen autour de 1.2 Eur. Ainsi non seulement la BNS a remonter la perte de 20 milliard affichée fin juin mais devrait meme en tirer un benefice vu que les position change sont env 15% plus haut
    En plus il se dit que la BNS aurait plutot acheté du $ … nous verrons reponse dans 3 semaines

  • 5 octobre 2011 à 22 h 56 min
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    juste une précison sur les 71 obligation Dexia que j’ai trouvé en Frs ET en EUROS
    3 sont a env 15%
    5 OU 6 a env 70%
    et toutes les autres sont a un prix de 90% +
    C’est dire que la faillite de Dexia ne concerne que tres peu de monde

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