La Banque Nationale Suisse au service du public ou des marchés? Par Liliane Held-Khawam

Madame Liliane Held-Khawan nous gratifie ce jour (comme à son habitude) d’un excellent article.

La BNS temple de la richesse de la Suisse du 20ème siècle est devenu son talon d’Achille. Depuis une dizaine d’années cette entreprise cotée en bourse semble avoir donné une place prépondérante aux besoins des marchés financiers par rapport à ceux du public. Dans son rapport d’activité de 2012 (p66) on peut lire ceci en réponse à la demande de la création d’un fond souverain : « … associer le placement des réserves monétaires de la BNS à des intérêts stratégiques de la Suisse engendrerait un risque de conflit d’intérêts et mettrait potentiellement en danger l’indépendance de la BNS ». Tout est dit.

Dans un contexte d’union douanière, le marché est roi et le marché financier le roi des rois. Bien avant la populaire crise des subprimes, les gouvernants de grandes puissances ont octroyé une place prépondérante aux banques commerciales. Ceci s’est fait grâce au pouvoir de création monétaire qui leur a été délégué. Cette monnaie qui s’appuie sur des dettes – appelée aussi scripturale (1)- est la racine d’un système financier déséquilibré et malade. Le pouvoir de créer de la monnaie ex-nihilo a permis aux financiers de s’infiltrer dans tous les coins de la vie politique, économique, sociale et privée. Cette monnaie scripturale représente plus de 90% de la masse monétaire mondiale ce qui bouleverse totalement la donne en matière de pouvoir monétaire, financier et politique. Sa portée politico-sociale est majeure!

Ce pouvoir étendu offert à un groupe de personnes a créé un chamboulement dans le métier bancaire rythmé par les crises et les scandales. La Suisse a été par exemple sonnée en 2007 par la découverte de l’implication de la légendaire UBS dans la crise américaine des subprimes et de ses pertes vertigineuses. La première surprise passée, on a expliqué au citoyen qu’il devait payer pour des personnes privées  ayant opéré sur sol américain. Encore plus surprenant, des pratiques criminelles éclaboussant ces grandes banques transnationales ont échappé aux mains de la justice.

Bref, les conséquences pratiques de tout cela se sont cristallisées en 2011 autour du financement des dettes publiques européennes et les risques de défaut de paiement de certains pays. La crise était si aigüe qu’elle menaçait d’emporter avec elle la zone euro et sa monnaie. Les banques européennes lourdement chargées en créances publiques (grecques, espagnoles,..) hautement risquées dans une monnaie qui l’était tout autant ne se faisaient plus confiance. C’en était à tel point qu’elles avaient du mal à se procurer du dollar américain. Elles couraient le risque de devoir vendre leurs actifs en dollars et de stopper le financement de compagnies américaines. Le système était en train de se gripper sévèrement !

C’est donc pour éviter un effondrement des marchés que 5 banques centrales dont la BNS ont décidé de mettre en place l’assouplissement quantitatif de manière massive en septembre 2011. C’est une politique monétaire dite « non conventionnelle » qui consiste en une expansion du bilan de la banque centrale qui rachète aux établissements financiers de manière définitive ou temporaire (REPO) des actifs même toxiques. Ces acquisitions se font en monnaie nationale via les comptes à vue que les banques possèdent auprès des banques centrales. C’est ainsi que la zone euros a pu refinancer à bon compte ses dettes souveraines et que l’euro a été sauvé.

Cette décision de l’assouplissement quantitatif -annoncée par le New York Times le 15 septembre 2011 (2)- explique à elle seule la décision quant à la fixation par la BNS d’un taux-plancher avec l’euro (septembre de la même année). Il semble évident que ce taux plancher lui permet à ce jour de ne pas faire apparaître les pertes comptables liées à la valeur réelle de l’euro. Le mécanisme de l’assouplissement quantitatif se lit dans le bilan de la BNS. On peut relever quelques éléments qui retiennent l’attention.

Le premier élément est l’expansion sans précédent de son bilan sans réalité économique. Celui-ci a été multiplié par plus de 4 entre fin 2004 et fin 2013. Cette tendance expansionniste s’est poursuivie immuablement durant les sept premiers mois de 2014, le bilan passant de 490 à 517 milliards de francs sur cette période !
Un deuxième élément qui interpelle est le soutien massif de l’euro qui occupe quasiment la moitié des devises (46%) pour atteindre la somme vertigineuse de 215 milliards de francs suisses au 30 juin 2014. A titre indicatif, cette rubrique s’élevait à 112 milliards de francs en 2010.

Le 3ème élément fort intéressant est que la BNS investit massivement dans la reprise d’obligations d’État. Ces actifs sont en effet passés de 170 milliards fin 2010 à 340 milliards en juillet 2014 !
Le 4ème élément est un comportement nouveau de la BNS. Il consiste à récupérer des créances d’institutions risquées. Ainsi, les placements avec une notation financière égale ou inférieure à « A » sont passés de 6 milliards de francs en 2010 à près de 37.5 milliards de francs en juillet 2014 ! Voilà une conséquence claire de l’assainissement des banques et institutions financières.

Toutes ces acquisitions/reprises d’actifs des établissements commerciaux doivent être financées. Ceci s’est fait via plusieurs comptes de l’actif ou du passif du bilan. En voici quelques-uns.

  • Lors des subprimes, la BNS a vendu 250 tonnes d’or entre 2007 et 2009.
  • La BNS a augmenté les billets physiques en circulation qui sont passés de 40 à 63 milliards de francs en moins de 10 ans.
  • La BNS a renfloué les banques en Suisse (« compte des virements des banques en Suisse »)  via leur compte à vue auprès de la banque centrale. Cette rubrique a littéralement explosé en même temps que le bilan de la BNS. Elle est passée de moins de 6 milliards en 2005 à 305 milliards en juillet 2014. Elle  constitue la contrepartie apportée par la banque centrale en échange des titres en devises qu’elle assume dorénavant appelés « placement en devises étrangères » inscrits au bilan de la BNS.

Cet argent déposé sur des comptes courants -rémunéré actuellement à 0%- appartient désormais à des banques commerciales (identités non communiquées). Il constitue un actif pour ses propriétaires et un dû pour la banque centrale. Ce sont donc de facto des crédits purs et durs contractés par la BNS auprès des banques commerciales. Celles-ci peuvent grâce à ce « renflouement » développer leur propre création monétaire scripturale et donc amplifier leurs activités plus ou moins spéculatives

  • les « comptes des virement de banques et d’institutions étrangères », autre source de financement des acquisitions de devises et de créances publiques. Le principe est le même que le précédent à la différence près que les établissements se trouvent à l’étranger. Cette rubrique est passée de moins de 2 milliards en 2011 à près de 15 milliards (19 mia en avril 2014). Un bond notable a eu lieu en 2012 (12 mia). Peut-on y voir un lien avec l’ouverture d’une agence de la BNS à Singapour ?

Cette observation du bilan de la BNS appelle plusieurs constats. Le premier c’est que la BNS semble s’être elle-même financiarisée à l’image des Etats ou des entreprises transnationales y c des grandes banques. Son impressionnante expansion sans lien avec l’économie réelle et le PIB donne le sentiment de la constitution d’une bulle spéculative géante.

La présence massive de placements en euros fait perdre de facto l’indépendance tant recherchée dans la loi sur la BNS de 2003. D’ailleurs, quelques semaines avant la fixation du taux-plancher on pouvait relever ce passage dans un article du Temps du 15 juillet 2011 (3):

« Alors que le franc s’envolait mercredi vers de nouveaux sommets, Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse, a fermement rejeté toute idée d’arrimer la monnaie helvétique à l’euro. «Notre mandat principal est d’assurer la stabilité des prix. Lier le franc à l’euro entraînerait de nouveaux problèmes, comme la hausse des taux d’intérêt en Suisse. En outre, une telle opération nécessiterait de modifier la Constitution. Nous ne pourrions plus assurer l’indépendance de notre politique monétaire», a-t-il rappelé mercredi à Zurich lors d’un podium de discussion organisé par l’Efficiency Club. »
La Constitution n’a pas été modifiée, le taux-plancher a été posé et la BNS a perdu son indépendance en matière de politique monétaire. A tout cela s’ajoute une question : que se passerait-il en cas de sortie d’un Etat-membre de la zone euro? Qui supportera les conséquences d’un défaut de paiement d’un des créanciers à risques?

Les risques d’hyperinflation sont réels. Tant que les banques commerciales accepteront de laisser leurs centaines de milliards dormir sur le compte à vue de la BNS à 0%, l’inflation sera en principe contenue. Mais que se passerait-il si ces mêmes banques pilotées en bonne partie par des puissances financières étrangères venaient à retirer leurs dépôts non obligatoires ? Et si elles décidaient de les injecter dans le marché suisse?

Le même septembre 2011, un évènement peu relayé dans la presse a eu lieu à Berne. Les autorités fédérales ont validé une loi appelée Too big to fail. Celle-ci garantit de manière illimitée et sans condition toute défaillance de toute banque répertoriée comme too big to fail. Cette garantie concerne l’argent public du pays mais aussi l’argent des citoyens (épargnes, caisses de pension, assurance-vie…). Le citoyen-contribuable qui gagne son argent grâce à son effort au travail doit garantir un circuit financier représenté par des responsables qui semblent bénéficier d’une impunité à toute épreuve. Les risques liés au concept de la Too big to fail a été remis en question par le FMI (4).

Les enjeux en termes de démocratie et du bien commun sont gigantesques, existentiels et essentiels pour l’avenir. Le travail n’est plus le facteur créateur de richesses. Le danger d’une création d’un circuit fermé créateur de richesses gigantesques réservé à une élite semble être en train de se mettre en place. Les gains basés avant tout sur la spéculation et les « coups » peuvent être si importants que la tentation des banquiers de tourner le dos au financement de l’économie réelle augmente.

A ce stade les questions et interrogations sont nombreuses. Est-ce que le portefeuille gigantesque de la BNS est encore utilisé pour le bien commun compte tenu de son refus de constituer un fond souverain pour la Suisse? Sa force de frappe boursière peut-elle « booster » artificiellement les marchés boursiers? Participe-t-elle alors à enrichir un petit nombre de manière démesurée? Est-elle devenue partie prenante de la finance-casino? Cette politique est-elle compatible avec la mission que le législateur lui a assignée ? Est-il légitime de faire porter des risques majeurs d’un système pour le moins problématique par les petits épargnants, contribuables, retraités? Est-elle en train de transférer son indépendance à des tiers étrangers avec l’assouplissement quantitatif et l’explosion du compte des virements des banques en Suisse remettant alors en cause la souveraineté du pays sans mandat connu? Quel poids politique ce compte de virements des banques donne-t-il à leurs propriétaires?

Surprenante BNS qui nous avait habitués à la prudence. Nous nous retrouvons avec une monnaie quasiment privatisée et une indépendance monétaire pratiquement perdue! La monnaie, la politique monétaire et la banque centrale sont autant de pierres angulaires à l’édifice de l’intérêt public, du bien commun et de la démocratie. Objectivité et neutralité doivent garantir l’équité entre les citoyens. Tout comportement qui ressemblerait à du favoritisme d’un groupe ou d’un autre est contraire à l’esprit d’une économie libre, à la liberté d’entreprendre et à l’Etat de droits.

Au pouvoir illégitime octroyé au marché financier, s’ajoute le fait que la richesse de la Suisse et des suisses est en mode de dilution avancée. Alors qu’une minorité d’individus a acquis un pouvoir de vie et de mort sur la monnaie nationale, un nombre grandissant du peuple peine à boucler ses fins de mois. C’est par la monnaie que la démocratie est en train de filer…

Liliane Held-Khawam

(1)La monnaie scripturale détruit les États! https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2014/07/19/la-monnaie-scripturale-detruit-les-etats/

(2) 5 Central Banks Move to Supply Cash to Europe, September 15, 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/16/business/global/borrowing-costs-stubbornly-high-at-spanish-auction.html?_r=0

(3) http://www.letemps.ch/Page/Uuid/823b8ba4-ae59-11e0-8d13-d03d80d505be/Lier_le_franc_%C3%A0_leuro_cr%C3%A9erait_de_nouveaux_probl%C3%A8mes

(4) Le dernier « Rapport sur la stabilité financière globale » du FMI consacre un chapitre entier (sur trois) aux problèmes générés par les garanties étatiques offertes aux établissements considérés comme TBTF. Il y est très clairement expliqué que les banques qui bénéficient de ce type de garantie « ont peu d’incitation à surveiller et punir les prises de risque excessives ». Elles bénéficient par ailleurs de conditions d’emprunt plus avantageuses que ne le justifierait leur profil de risque, ce qui peut leur permettre d’augmenter leur niveau d’endettement pour « s’engager dans des activités plus risquées ». Ces établissements sont ainsi encouragés à rechercher une rentabilité à brève échéance, au détriment de leur viabilité à plus long terme.

Source : Global Financial Stability Report, avril 2014, p.102,

http://www.imf.org/External/Pubs/FT/GFSR/2014/01/pdf/text.pdf

The implicit government protection of these banks distorts prices and resource allocation. Because creditors of SIBs do not bear the full cost of failure, they are willing to provide funding at a lower cost than warranted by the institutions’ risk profiles. They also have little incentive to monitor and punish excessive risk-taking. SIBs then may take advantage of the lower funding costs to increase their leverage and engage in riskier activities. Banks may also seek to grow faster and larger than justified by economies of scale and scope to reap the benefits of the implicit funding subsidy granted to TITF institutions.

  • les « comptes des virement de banques et d’institutions étrangères », autre source de financement des acquisitions de devises et de créances publiques. Le principe est le même que le précédent à la différence près que les établissements se trouvent à l’étranger. Cette rubrique est passée de moins de 2 milliards en 2011 à près de 15 milliards (19 mia en avril 2014). Un bond notable a eu lieu en 2012 (12 mia). Peut-on y voir un lien avec l’ouverture d’une agence de la BNS à Singapour ?

Cette observation du bilan de la BNS appelle plusieurs constats. Le premier c’est que la BNS semble s’être elle-même financiarisée à l’image des Etats ou des entreprises transnationales y c des grandes banques. Son impressionnante expansion sans lien avec l’économie réelle et le PIB donne le sentiment de la constitution d’une bulle spéculative géante.

La présence massive de placements en euros fait perdre de facto l’indépendance tant recherchée dans la loi sur la BNS de 2003. D’ailleurs, quelques semaines avant la fixation du taux-plancher on pouvait relever ce passage dans un article du Temps du 15 juillet 2011 (3):

« Alors que le franc s’envolait mercredi vers de nouveaux sommets, Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse, a fermement rejeté toute idée d’arrimer la monnaie helvétique à l’euro. «Notre mandat principal est d’assurer la stabilité des prix. Lier le franc à l’euro entraînerait de nouveaux problèmes, comme la hausse des taux d’intérêt en Suisse. En outre, une telle opération nécessiterait de modifier la Constitution. Nous ne pourrions plus assurer l’indépendance de notre politique monétaire», a-t-il rappelé mercredi à Zurich lors d’un podium de discussion organisé par l’Efficiency Club. »
La Constitution n’a pas été modifiée, le taux-plancher a été posé et la BNS a perdu son indépendance en matière de politique monétaire. A tout cela s’ajoute une question : que se passerait-il en cas de sortie d’un Etat-membre de la zone euro? Qui supportera les conséquences d’un défaut de paiement d’un des créanciers à risques?

Les risques d’hyperinflation sont réels. Tant que les banques commerciales accepteront de laisser leurs centaines de milliards dormir sur le compte à vue de la BNS à 0%, l’inflation sera en principe contenue. Mais que se passerait-il si ces mêmes banques pilotées en bonne partie par des puissances financières étrangères venaient à retirer leurs dépôts non obligatoires ? Et si elles décidaient de les injecter dans le marché suisse?

Le même septembre 2011, un évènement peu relayé dans la presse a eu lieu à Berne. Les autorités fédérales ont validé une loi appelée Too big to fail. Celle-ci garantit de manière illimitée et sans condition toute défaillance de toute banque répertoriée comme too big to fail. Cette garantie concerne l’argent public du pays mais aussi l’argent des citoyens (épargnes, caisses de pension, assurance-vie…). Le citoyen-contribuable qui gagne son argent grâce à son effort au travail doit garantir un circuit financier représenté par des responsables qui semblent bénéficier d’une impunité à toute épreuve. Les risques liés au concept de la Too big to fail a été remis en question par le FMI (4).

Les enjeux en termes de démocratie et du bien commun sont gigantesques, existentiels et essentiels pour l’avenir. Le travail n’est plus le facteur créateur de richesses. Le danger d’une création d’un circuit fermé créateur de richesses gigantesques réservé à une élite semble être en train de se mettre en place. Les gains basés avant tout sur la spéculation et les « coups » peuvent être si importants que la tentation des banquiers de tourner le dos au financement de l’économie réelle augmente.

A ce stade les questions et interrogations sont nombreuses. Est-ce que le portefeuille gigantesque de la BNS est encore utilisé pour le bien commun compte tenu de son refus de constituer un fond souverain pour la Suisse? Sa force de frappe boursière peut-elle « booster » artificiellement les marchés boursiers? Participe-t-elle alors à enrichir un petit nombre de manière démesurée? Est-elle devenue partie prenante de la finance-casino? Cette politique est-elle compatible avec la mission que le législateur lui a assignée ? Est-il légitime de faire porter des risques majeurs d’un système pour le moins problématique par les petits épargnants, contribuables, retraités? Est-elle en train de transférer son indépendance à des tiers étrangers avec l’assouplissement quantitatif et l’explosion du compte des virements des banques en Suisse remettant alors en cause la souveraineté du pays sans mandat connu? Quel poids politique ce compte de virements des banques donne-t-il à leurs propriétaires?

Surprenante BNS qui nous avait habitués à la prudence. Nous nous retrouvons avec une monnaie quasiment privatisée et une indépendance monétaire pratiquement perdue! La monnaie, la politique monétaire et la banque centrale sont autant de pierres angulaires à l’édifice de l’intérêt public, du bien commun et de la démocratie. Objectivité et neutralité doivent garantir l’équité entre les citoyens. Tout comportement qui ressemblerait à du favoritisme d’un groupe ou d’un autre est contraire à l’esprit d’une économie libre, à la liberté d’entreprendre et à l’Etat de droits.

Au pouvoir illégitime octroyé au marché financier, s’ajoute le fait que la richesse de la Suisse et des suisses est en mode de dilution avancée. Alors qu’une minorité d’individus a acquis un pouvoir de vie et de mort sur la monnaie nationale, un nombre grandissant du peuple peine à boucler ses fins de mois. C’est par la monnaie que la démocratie est en train de filer…

Liliane Held-Khawam

(1)La monnaie scripturale détruit les États! https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2014/07/19/la-monnaie-scripturale-detruit-les-etats/

(2) 5 Central Banks Move to Supply Cash to Europe, September 15, 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/16/business/global/borrowing-costs-stubbornly-high-at-spanish-auction.html?_r=0

(3) http://www.letemps.ch/Page/Uuid/823b8ba4-ae59-11e0-8d13-d03d80d505be/Lier_le_franc_%C3%A0_leuro_cr%C3%A9erait_de_nouveaux_probl%C3%A8mes

(4) Le dernier « Rapport sur la stabilité financière globale » du FMI consacre un chapitre entier (sur trois) aux problèmes générés par les garanties étatiques offertes aux établissements considérés comme TBTF. Il y est très clairement expliqué que les banques qui bénéficient de ce type de garantie « ont peu d’incitation à surveiller et punir les prises de risque excessives ». Elles bénéficient par ailleurs de conditions d’emprunt plus avantageuses que ne le justifierait leur profil de risque, ce qui peut leur permettre d’augmenter leur niveau d’endettement pour « s’engager dans des activités plus risquées ». Ces établissements sont ainsi encouragés à rechercher une rentabilité à brève échéance, au détriment de leur viabilité à plus long terme.

Source : Global Financial Stability Report, avril 2014, p.102,

http://www.imf.org/External/Pubs/FT/GFSR/2014/01/pdf/text.pdf

The implicit government protection of these banks distorts prices and resource allocation. Because creditors of SIBs do not bear the full cost of failure, they are willing to provide funding at a lower cost than warranted by the institutions’ risk profiles. They also have little incentive to monitor and punish excessive risk-taking. SIBs then may take advantage of the lower funding costs to increase their leverage and engage in riskier activities. Banks may also seek to grow faster and larger than justified by economies of scale and scope to reap the benefits of the implicit funding subsidy granted to TITF institutions.

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6 réflexions au sujet de « La Banque Nationale Suisse au service du public ou des marchés? Par Liliane Held-Khawam »

  • 14 septembre 2014 à 11 h 19 min
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    A vouloir faire comme les autres ont perd tout.

  • 14 septembre 2014 à 16 h 25 min
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    Excellent article très bien résumé qui démontre parfaitement la perte de souveraineté de la Suisse par une politique irresponsable de la BNS cédant aux sirènes de la finance spéculative et de la mondialisation. Ce n’est pas de « quantitative easing » qu’il nous faut mais de « qualitative easing », argent qui n’irait plus aux multinationales, aux banques spéculatives et à ceux qui prônent la vassalité de l’Europe géographique entière(pas que l’Union Européenne) à l’arrogant expansionniste américain que sont les USA voulant rester les Décideurs et les Maîtres de la planète. L’aspect concret à ce plan s’appelle FATCA( «Foreign Account Tax Compliance Act»)et la rupture de tout commerce entre l’Europe géographique et la Russie en semant la désinformation et la guerre en Ukraine; programme mis en route dès la chute du mur de Berlin en 1990 pour la création d’un monde unipolaire(les Etats-Unis comme dictateurs ou « gendarmes du monde » dans le langage de la pensée unique)à travers l’institution plus que mafieuse de l’OTAN. Il faut que les suisses et les européens se réveillent enfin…

  • 15 septembre 2014 à 18 h 00 min
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    C’est la mort de l’épargne et donc du capitalisme. En fin d’année 2014 on va voter sur l’obligation de la BNS de détenir des réserves d’or et de les détenir sur le territoire suisse. Peut-être subsiste-t-il un espoir…

  • 18 septembre 2014 à 22 h 42 min
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    UUUUH ! Voilà l’Euro qui plonge. Et dire que Sicpa, Renens, (leader dans la fabrication d’encres à billets) est en mains privées allemandes…Même pas de quoi spéculer sur le titre ! Snif ! Non mais, allô ! Imaginez qu’en novembre le peuple suisse dise OUI (comme vous et moi) à l’initiative sur l’or de la BNS. hi hi hi ! Dans les semaines qui viennent notre establishment (à la limite de l’autisme) va nous expliquer, en bon socio-démocrates aveugles que la monnaie, c’est caca. Qu’il faut donc en mettre partout pour que l’économie produise, comme un engrais. Dans la même veine, tant qu’on y est : aujourd’hui le catalan Valls déclare : les rentiers on s’en fiche si leurs rentes tombent sous l’effet de l’inflation (merci pour eux – un bon retraité est un retraité mort ?) L’important, c’est la relance par l’inflation. (Rappel : Lorsque Mitterrand a mis en place une administration européenne centralisée, il a aussi mis en place les critères de stabilité de Maastricht comme règle d’or. Objectif : sauvegarder les retraites – justement, pour favoriser les travailleurs au détriment des investisseurs – d’où l’absence de rémunération correcte de ceux-ci depuis lors). Changement de paradigme. La dette va s’effacer grâce à l’hyper-inflation. Mes amis à vos Vreneli ! Après tout, l’Ukraine a eu son chaos, alors pourquoi pas nous, hein ? En plus les USA vont très bien, merci et avec un dollar en hausse, il vont pouvoir finir par racheter nos fleurons. On a quelqu’un pour nous faire l’aumône, s’ilvoplèèè. Youpeeee ! Vive John Wayne ! Vive les hambourgueurs.

  • 22 septembre 2014 à 22 h 52 min
    Permalink

    Partout dans le monde, les dettes publiques forment une gigantesque bulle de savon.

    QUAND cette gigantesque bulle de savon va-t-elle éclater ?

    Lundi 22 septembre 2014 :

    «Il y a beaucoup trop de liquidités, et trop d’endettement en Europe et dans le monde», a indiqué Wolfgang Schäuble, refusant toute croissance financée par la dette.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/09/21/20002-20140921ARTFIG00037-le-g20-s-engage-a-doper-la-croissance-mondiale-de-2000-milliards-de-dollars.php

    En Europe :

    1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 314,801 milliards d’euros, soit 174,1% du PIB.

    2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2120,143 milliards d’euros, soit 135,6 % du PIB.

    3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 220,696 milliards d’euros, soit 132,9 % du PIB.

    4- Irlande : dette publique de 202,920 milliards d’euros, soit 123,7 % du PIB.

    5- Chypre : dette publique de 18,206 milliards d’euros, soit 112,2 % du PIB.

    6- Belgique : dette publique de 404,248 milliards d’euros, soit 105,1 % du PIB.

    7- Espagne : dette publique de 989,925 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB.

    8- France : dette publique de 1985,918 milliards d’euros, soit 96,6 % du PIB.

    9- Royaume-Uni : dette publique de 1486,878 milliards de livres sterling, soit 91,1 % du PIB.

    Ailleurs qu’en Europe :

    Etats-Unis : dette publique de 17 751,224 milliards de dollars, soit 105,59 % du PIB.

    Japon : dette publique d’environ 240 % du PIB.

    « En 2014, compte tenu de la très forte dette publique du Japon, qui est d’environ 240 % du produit intérieur brut … »

    http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20140903-japon-plus-jamais-shinzo-abe-veut-relance-croissance/

  • 23 septembre 2014 à 21 h 27 min
    Permalink

    On parle de dette lorsque l’argent prêté procure un investissement susceptible d’être liquidé pour rembourser le prêt. c’est pourquoi on ne prête qu’aux riches, c’est à dire à ceux qui investissent et non à ceux qui demeurent fauchés parce qu’ils se paient de vacances avec. Le prêt fait à un emprunteur qui n’a pas de biens à liquider pour rembourser n’est pas un prêt, mais un don. C’est comme ça que la banque Altus a vidé le Crédit Lyonnais de sa substance. Officiellement, le Lyonnais prêtait à une banque respectable. La banque Altus en l’occurrence. Puis la banque Altus « prêtait » des sommes dont il était entendu d’avance qu’elles ne seraient jamais remboursées. Il s’agissait bien de dons. Sauf que dans le cas d’Altus, les prêts ont été fait aux amis politiques de ceux qui avaient nationalisé le Lyonnais et qui en avaient donc la maîtrise (la boucle était bouclée), alors qu’aujourd’hui les prêts ont été fait à des collectivités publiques qui les ont dépensés dans la couverture de dépenses sociales et non dans des investissements. Bref, que les bénéficiaires soient des filous ou des assistés sociaux, rien n’a été acquis avec cet argent qui pourrait être liquidé pour procéder au remboursement. Dans un tel cas, la dette, qui n’est rien d’autre qu’un don, est passée par pertes et profits. Que faire pour éviter la faillite du prêteur (la Banque centrale, via les banques privées)? a) D’abord, il faut stopper l’hémorragie, donc cesser les déficits publics fondés sur l’excès de dépenses. b)Ensuite, il faut faire appel à l’impôt pour rembourser la dette. Cet impôt s’ajoute à celui sensé couvrir les dépenses courantes désormais dépourvues de financement par le crédit (double effort). Cet impôt frappe rarement le filous ou les assistés sociaux. Les personnes qui ont les moyens de payer des impôts payent donc deux fois. La première fois ils ont payé pour contribuer aux dépenses des autres, contrairement aux assistés, qui eux ont reçu des prestations sans les payer. Et comme cela n’a pas suffit, ceux qui encore des moyens payent maintenant un surplus pour rembourser l’excédent de dépenses faite en faveur des filous ou des assistés (troisième effort). On devine bien que ce système a des limites. Si les investisseurs ne reçoivent plus un retour net d’impôts correct sur leurs investissements, alors ils ont intérêt à partir pour d’autres horizons, du moins à investir ailleurs. C’est ce qui se passe actuellement et rien ni personne ne l’empêchera. c)Reste la vente du patrimoine détenu par l’Etat. Or, là encore, il faut des investisseurs, lesquels n’ont plus d’intérêt à investir, vu la ponction fiscale que cela suppose. Comme les crédits ont été fait non pas par les banques centrales, mais par les banques privées, passer les pertes par PP entraînerait la faillite de ces banques et la faillite, au moins virtuelle, de la banque centrale qui a fourni les fonds aux banques. Cela permettrait de mettre la main sur les réserves que les banques ont cumulées au cours des ans. Mais vu les sommes monstrueuses dépensées par les collectivités publiques cela ne suffirait pas. Mais où est donc la solution. Eh bien, elle existe. On a déjà vécu cela avec la faillite de la grosse pomme (New York). L’idée de Reagan a été la suivante : a) l’Etat fédéral garantit les prêts aux créanciers qui font un effort pour relancer l’investissement à New York b)on baisse drastiquement les impôts frappant les investisseurs et on les compense par un impôt sur la consommation (TVA New-Yorkaise) c) on fait une promotion de la ville conforme à sa vocation/destination. Depuis lors, New York est devenue la ville la plus riche et le centre financier le plus important au Monde. Cette recette a été appliquée ensuite à Londres, ce qui a profité à toute l’Angleterre. Mais voilà, les défenseurs des assités sont trop puissants. Ils conduisent donc ces derniers à la ruine progressive, faute de reprise alors que les investisseurs migrent vers d’autre horizons.

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