Je vous l’avais dit (trop tôt)

Je vais vous parler de moi (un peu et en toute modestie….parce que les marchés rendent modeste) et de ce qui m’est arrivé sur les marchés boursiers, mes vues et recommandations dans le temps.

Je viens de réaliser que c’est le timing qui est le plus difficile. On voit toujours les choses survenir, mais la difficulté c’est l’instant X: http://blog.crottaz-finance.ch/market-timing/

Durant les années 90 (1993-1994 pour être plus précis), dans le département de gestion où je travaillais, nous avions pensé que les taux des obligations allaient baisser et avions (par exemple) acheté des obligations 7% EDF 2015 (22 ans !). Les taux sont monté  contre toute attente et le marché des actions  1994 n’avait pas été brillant. Ce n’est que par la suite que les taux ont commencé à baisser.

Fin des années 1990, je ne croyais pas au P/E de 5000 voire plus sur les titres technos et avais copieusement arrosé les portefeuilles de Nestlé, Unilever etc. (Qui ne faisaient pas grand chose).

Je me suis fait appeler « Arthur » plusieurs fois par des clients ne comprenant pas qu’on pouvait gagner de l’argent avec des poudres à lessive et que les Alcatel, Vivendi, Canal+ c’était l’avenir ….. On a vu ce qui est advenu de ces titres (Alcatel par exemple passant de 95 Eur à 2 Eur)

Puis en 2001, alors dans un autre établissement, nous avions reçu la visite de deux super analystes d’une banque allemande.

Objectif sur le Pétrole 5-10 USD (on traitait vers 30 USD). Après la présentation, nous avions acheté toutes les pétrolières (ENI, Repsol Total Royal Dutch, Shell etc..), pour les revendre quand Goldmann Sachs voyait 250 USD le baril (on était à 140) Là c’était bien vu. ! (Quels contrariants !Merci Jean-François, je sais que tu t’en souviens)

Historical Crude Oil Prices - Crude Oil Price History Chart
Puis j’ai vu la bulle sur l’immobilier américain avec des crédits débiles impossibles à rembourser. J’avais personnellement acheté des puts sur HGX. « Arrivé à échéance trois mois avant la débâcle ! » J’ai tout perdu.
hgx
J’avais vu la parité EUR/CHF (sur ce blog) avant que la BNS ne mette le plancher. Je vous ai parlé des taux d’intérêt négatifs
En 2011, j’ai vu le Brésil  et les problèmes à venir, je vous en ai parlé la semaine passée.
En 2011, J’ai vu la fin du taux plancher de la BNS (3.5 plus tard), le 15 janvier 2015 était la date fatidique pour la crédibilité de la BNS !
Je vous parle de la BNS et des problèmes que ce hedge funds va engendrer et des potentielles pertes abyssales (les deux premiers trimestres -50 milliards de CHF).
Que se passe-t-il avec les 100 milliards de CHF que la BNS a investi dans les actions (dont 1 milliard dans des actions APPLE).
La BNS perd 500 mios par jour depuis vendredi
Je ne compte pas les pertes sur le USD !
Depuis plusieurs années je vous parle de l’or et des mines qui ont perdu tellement et je suis faux depuis 3-4 ans….
gdx 24-8-15
Est-ce aujourd’hui l’instant X  ?
www.pdf24.org    Envoyer l'article en PDF   

9 réflexions au sujet de « Je vous l’avais dit (trop tôt) »

  • 24 août 2015 à 16 h 21 min
    Permalink

    Excusez-moi, Olivier…

    Mais est ce que toute prévision n’arrive pas tôt ou tard à se réaliser?
    Ne puis-je pas vous prévoir que l’or va baisser pour toutes sortes de raisons? Cela n’arrivera probablement pas avant longtemps, mais ca arrivera.

    Je suis d’accord avec vous sur l’or, il doit monter depuis longtemps. Mais il y avait également en compte le fait que les plans de relance donnaient de forts espoirs que la machine redémarre (donc que l’or baisse).
    Maintenant, ces espoirs semblent plus lointains et l’or devrait finalement monter.

    Très simpliste, comme raisonnement: je ne suis pas économiste.
    Mais de l’extérieur, toutes prévisions de tous bords qui ne se réalisent que plusieurs années plus tard me font convainquent que ce n’est pas une science exacte et qu’il faudrait avoir une boule de crystal ou derrière soit la machine de guerre de Warren Buffett pour y arriver.

    Meilleures salutations,

    Stéphane

  • 24 août 2015 à 19 h 15 min
    Permalink

    Bonjour,

    A propos de l’or, les fondamentaux restent solides mais l’analyse technique pense encore le contraire.

    Ce qui est évident sur les mines d’or, c’est qu’il y a des excès à la baisse mais malheureusement cela met beaucoup de temps à se résorber.

    Cordialement.

  • 24 août 2015 à 23 h 29 min
    Permalink

    Les pros de la gestion de fortune ont deux défauts irrémédiables. Le premier c’est d’opérer à court terme. Seule une vision à long terme du devenir d’une entreprise est payante. Et cela n’est possible qu’avec peu d’entreprises. Nestlé est l’exemple type par sa masse, sa répartition géographique, la diversification de ses produits, ses brevets, le tout combinés, la maîtrise de son actionnariat etc. Le second c’est le devoir qu’a le courtier de vendre en cas de baisse (pour limiter sa responsabilité) et la pratique d’acheter à la hausse. Les seules fois où j’ai gagné, c’est lors d’effondrements boursiers. Alors que les coutiers vendaient à tour de bras pour limiter les pertes de leur clients, j’achetais en escalier descendant. La semaine passée 100’000 francs me faisaient 2000 actions Nestlé et avec la baisse intervenue depuis, aujourd’hui la même somme vaut 2500 actions Nestlé expliquais-je à mon courtier médusé. Et j’achetais alors. ça s’appelle moyenner à la baisse. Non pas dans le but de limiter la perte, mais d’engranger les bénéfices futurs, car, après la baisse, il y a la hausse. Aussi sûr que le jour suit la nuit. Et quand le marché remontait, les courtiers voulaient que j’achète, mais en moyennant à la hausse, j’aurais réduit mon bégnole. Il fallait dormir. Rester cash jusqu’à la prochaine chute. Allez expliquer çà à un client ! seul un particulier peut se permettre cela. En plus, un dossier qui ne tourne pas ne rapporte pas. Les courtiers me détestent. Tout le reste, à mon avis, tient de la boule de cristal. Plus exactement des petites manipulations ici et là. Par exemple, je n’ai jamais vu une émission me rapporter autre chose que des pertes. J’ai perdu ma culotte lors de l’arrivée en bourse de bondpartners… Et puis il y a eu les fonds. Les fonds de fonds et les fonds de fonds de fonds. Dont la seule caractéristique commune est qu’ils prélèvent leurs frais fixes, voir la commission de mise sur le marché, avec la certitude d’être payés, en les plaçant sous portefeuilles des clients qui doivent ensuite se rattraper de ces coût sur d’hypothétiques bénéfices futurs.

  • 25 août 2015 à 8 h 57 min
    Permalink

    Bonjour Olivier,

    Si je me souviens bien en matiere de cycles il y a Schumpeter ,Kondratieff et plus pres de nous Armstrong
    http://www.economicconfidencemodels.com/

    J’ ai une petite question concernant les monnaies , j ai remarqué une forte hausse eur/cad , à votre avis quelle en est la cause ? le TSX se ramasse aussi il faut dire ,,,
    cela rend alléchant des titres comme drg.un ( immo allemand )

  • 25 août 2015 à 10 h 03 min
    Permalink

    Kondratieff a tout de même traversé les âges ! il y a un fondamental chez lui. L’observation de l’évolution des cours sur les 20 dernières années montre que nous sommes dans un cycle descendant. Mais cette fois, nous ne sommes pas dans la même situation que les autres fois. Les crises de 72 83 92 etc. étaient des crises de surchauffe. Il y a surchauffe lorsque le facteur de profit n’est pas la production, mais l’inflation fondée sur les spéculations. Il n’y plus de bénéfice réel. L’immobilier est un bon observatoire. Les affaires s’emballaient et la BNS mettait un frein en haussant les taux. Cela provoquait une récession Et les derniers arrivés ou les plus follement engagés faisaient faillite. Tant de faillites oubliées. Geilinger. Magnin, Pluss. Ou plus loin, Crédit Suisse Lugano etc. Les valeurs s’effondraient alors pendant un an. Puis les taux se calmaient et les affaires reprenaient d’abord lentement puis accelerato. Il fallait 8 ans en moyenne pour rattraper les pertes de valeur et devenir positif, ceci jusqu’à la crise suivante, selon le même profil. Et si la reprise tardait, la BNS faisait une fleur en baissant encore un peu les taux. Mais la crise de 2008 est différente. D’abord elle dure, puisque nous y sommes toujours. Faute de trouver des solutions. En plus, les taux mondiaux, normalement menés par la FED, n’ont pas été rehaussés pour mettre fin aux excès de la spéculation, car personne à New York n’était prêt à accepter les faillites nécessaires à expurger le système. Une seule banque américaine a fait faillite, Lehmann Brother, dépositaire de capitaux russes. L’hélicoptère a joué les pompiers au lieu de jouer les justiciers. Nous sommes toujours sous ce régime. Tant que le marché n’est pas expurgé de ses acteurs-spéculateurs, dont la particularité est de ne produire que du vent et de se nourrir d’une part de la production réelle, l’économie mondiale sera dans l’état d’instabilité et de non progression réelle actuelle. (Toutes ces crises s’accompagnent de problèmes politiques). La chute des valeurs des biens réels actuelle correspond bien moins à une baisse de la demande qu’à une hausse de l’offre de la part de débiteurs en manque de cash. (Exemple : l’émir qui n’a aucun retour sur ses placements tout en supportant des charges importantes du train de son Etat a deux solutions, s’il veu t préserver son capital (qui constitue sa sécurité) : introduire des impôts ou vendre plus de pétrole). Et là l’hélicoptère a beau tourner, il ne sert plus à rien. Ce qui montre bien que l’économie de base fonctionne bien et que l’on attend plus que la liquidation des spéculateurs. L’économie s’est donc engagée sur une voie jamais empruntée, celle de la déraison avec l’émission de monnaie sans limite prétendument pour relancer les affaires. Or, l’essentiel de ces crédits n’a pas été investis dans l’économie réelle. Le ralentissement de l’activité réelle était donc inévitable. Seulement cette fois, l’assainissement s’est fait en détruisant les monnaies plutôt qu’en les sauvegardant. La masse monétaire en circulation n’a plus aucune relation avec les besoins de l’économie. Une hausse des taux est impossible. Imaginez la ponction qu’il faudrait faire sur les revenus réels pour financer les intérêts sur une quantité de monnaie aussi massive ! La monnaie ne vaut plus rien. Elle n’offre aucun rendement. Elle ne garde son niveau que parce qu’elle ne circule pas. Il suffirait qu’elle se mette à circuler pour qu’elle se transforme en Mark de Weimar. En agissant comme il l’a fait, le FED a empêche l’inflation de survenir. Il a empêché, consécutivement, la hausse des taux, il a empêché consécutivement, la liquidation des canards boiteux de l’économie. Il a agit comme l’Union soviétique :à force de préserver le bon et le mauvais, le mauvais a tué le bon et le système s’est effondré. Par conséquent, seul un effondrement des valeurs est de nature à mettre en liquidation les canards boiteux, que l’économie s’essouffle pour l’instant à maintenir à bout de bras. Nous allons assister à une ultime émission de monnaie et puis plouf !

  • 25 août 2015 à 13 h 34 min
    Permalink

    @Vlad.

    vous dites que les gérants n’ont que des visions à court terme …et vous ? ce sont les clients qui veulent des perf annuelles etc…sans avoir à l’idée de devoir attendre…

  • 25 août 2015 à 18 h 35 min
    Permalink

    @ merci vlad belle synthèse.

  • 1 septembre 2015 à 14 h 07 min
    Permalink

    Petite anecdote sur le bon vieux temps de l’URSS.En URSS, 99% de l’économie était nationalisé.99% ? eh oui, car 1% (surtout orienté vers le complexe militaroindustriel) était détenu par les responsables politiques.Comme disait pépé aprés Verdun, « si a 20 ans tu n’es pas communiste , tu n’as pas de coeur, si à 40 ans t’es communiste, t’es un con ».

Les commentaires sont fermés.