Billet invité: Léonard Sartoni sur la chute de l’or de ces derniers jours, la MM 200 jours et le golden cross

Bonjour,

Je pense que nous arrivons à un test très important pour l’or au seuil des $1300, sans doute le test le plus important de l’année. Les volumes de vente sur le GDXJ (fonds de mines d’or junior) hier ont battu tous les records. La cassure de la MM50jours pour l’indice phare des mines d’or, le HUI, a déclenché une grosse panique et beaucoup d’investisseurs ont sauté par les fenêtres sans se poser de questions.

Pour moi, il y a deux explications possibles:

La première, c’est une correction brutale mais normale pour les mines qui a déclenché un mouvement de panique, pendant que l’or était simplement en train de revenir sur sa MM50jours et sa MM200jours, précisément à $1300. Et coïncidence, ces deux MM sont justement en train de se croiser et d’émettre un puissant signal haussier de golden cross! La volatilité naturelle des mines d’or connaît parfois de brusques épisodes très déconcertants.

La seconde, c’est que deux jours avant le discours de la Fed, les manipulateurs ont décidé de reprendre le contrôle du marché de l’or en lançant de puissantes frappes pour casser sa reprise haussière, dans le but de le faire casser ses MM et détruire le signal haussier qu’allait envoyer le croisement des MM. Le fait que les mines aient si violemment plongé hier pourrait valider un tel scénario.

Pour mémoire, en 2013, les mines avaient agi en indicateur avancé pour les déboires à venir du marché de l’or. Donc on peut encore leur laisser le bénéfice du doute avec cette légère cassure, mais pas trop! Soit les mines
parviennent à re-clôturer assez rapidement au-dessus de leur MM200j (230 points pour le HUI) ou du moins à ne pas excéder 8% de débordement relativement à leur MM200jours, soit il faudra admettre que les  manipulateurs sont de retour et qu’il faudra laisser passer le rouleau compresseur, donc sortir du marché des mines d’or. Quitte à revenir plus tard s’il s’agit d’une fausse cassure.

L’historique des reprises du marché haussier de l’or en 2001 et en 2009, est riche en enseignements sur les légers débordements (false breakdown) sous la MM200jours, juste après le golden cross!

voir les graphiques joints:

gold et golden cross de 2001

golden cross de 2001 pour les mines d'or

 

mines d'or en 2008

gold et golden cross de 2009

 

golden cross de 2014 pour l'or

 

golden cross de 2014 pour les mines d'or

 

Pour l’heure je reste positif sur ce test en cours de la MM200jours pour l’or, mais en gardant un oeil attentif aux valeurs relatives des débordements, autant pour l’or que pour les mines. Une franche cassure indiquerait pour moi le retour en force des manipulateurs pour achever de casser la psychologie de ce marché avant l’entrée en phase de hausse parabolique. Mais contrairement à 2013, les mains faibles ont déjà toutes soldé leurs positions, et l’or restant dans les ETFs va être beaucoup plus difficile à déloger. La tâche pour les manipulateurs va devenir de plus en plus ardue et les déclarations publiques négatives de Goldman Sachs sur les perspectives de l’or risquent de ne plus toucher grand monde. Sur le long terme, plus la manipulation durera, et plus le mouvement de détente sera violent et désordonné pour revenir au prix que fixerait le marché libre, c’est-à-dire bien au-delà des $3000.

Le chemin vers la reprise du marché haussier de l’or ne ressemble pas à un long fleuve tranquille!

Léonard Sartoni

 

 

www.pdf24.org    Envoyer l'article en PDF   

Billet invité: Léonard Sartoni, suivi du marché de l’or

Tandis que l’or arrive au seuil important des $1250 et l’argent au seuil important des $20, les vendeurs de papier s’activent pour les empêcher de dépasser certaines limites ($1270 pour l’or), au-delà desquelles ils seraient obligés de couvrir leurs positions short en les rachetant, alimentant ainsi une détente du prix contre le haut, et attirant à elle les suiveurs de tendance et tous ceux qui attendent sur la touche pour revenir (tous ceux qui attendent que l’or touche les $1100-$1000). Un puissant rally pourrait s’enclencher.

leo1

 

Techniquement on ne peut pas encore parler d’une remise en cause de la tendance baissière intermédiaire, mais nous nous en approchons! D’ailleurs, on peut observer les mêmes divergences haussières sur les indicateurs qui avaient cours en juin. Alors que je pensais que les mines anticipaient une cassure des $1180 avec la rupture de leur plancher de juin, plusieurs indicateurs m’ont fait changer d’avis ces dernières semaines. Tout d’abord le signal envoyé par les commerciaux en décembre, ensuite les divergences haussières sur l’or et les mines, la bonne tenue du creux de juin pour l’or et l’argent, la tournure parabolique de la hausse sur les actions US avec l’aiguille du greedometer qui fait le tour du cadran (valeur historique jamais atteinte!!), les valorisations extraordinairement basses pour  les mines, le marché de l’or physique qui répond toujours à ces prix plancher (coûts de production) par une forte demande en Asie, ainsi que des stocks de lingots en forte baisse pour le COMEX et le LBMA.

leo2

leo3

leo4

leo5

 

 

On assiste aux mêmes divergences haussières sur les mines d’or. La séance de hier pour le GDXJ (fonds de mines juniors) a même enregistré un volume d’achat historique! Il est encore trop tôt pour le dire techniquement, mais en prenant en compte les fondamentaux exceptionnels du marché, en particulier les valorisations ridicules des mines, on devrait assister à un puissant rebond sur ce secteur haï (existe-t-il un terme plus fort?). Ensuite, dès que le marché action US établira son sommet majeur de marché haussier intermédiaire (si ce n’est pas déjà fait), nous devrions nous remettre en selle pour la chevauchée finale de ce marché haussier sur l’or… et je suis prêt à parier que son sommet final ne ressemblera pas du tout au sommet final de 1980 (blow off) mais plutôt à un palier très élevé par rapport à toutes les autres monnaies.

Un graphique intéressant sur les rendements du marché action US depuis 1928 (en rouge)

leo6
En bleu, le même rendement, mais calculé seulement durant les secondes années des mandats présidentiels de 4 ans. Et nous sommes justement en seconde année de mandat présidentiel. Voici encore les valorisations (P/E) des actions US depuis 1870:

leo7
Nous sommes arrivé dans la partie haute où, historiquement, ceux qui achètent finissent sur des pertes ou avec un profit minuscule 10 années plus tard! Ce présent cycle « hivernal » de K ne devrait se terminer qu’avec des valorisations pour les actions comprises entre 10 et 5. Donc la route est encore longue, comme on peut s’en apercevoir sur ce graphique, et il n’est pas question de « nouveau marché haussier séculaire » pour les actions, contrairement à tout ce qu’on peut lire dans la presse. Le présent marché haussier sur les actions est davantage dû aux interventions historiques (et désespérées) de la FED sur les marchés qu’aux fondamentaux.

Les journaux parlent de hausse du PIB aux USA pour justifier la hausse des actions. Voici le PIB officiel des US :

leo8

En hausse de $4000 milliards depuis 2009. L’économie repart! OK, mais qu’a-t-il fallu injecter dans le moteur?

leo9

$4000 milliards de dette publique supplémentaire!! Ca c’est pour la contribution de l’Etat. Et la FED?

leo11

$2000 milliards d’achats de titres depuis 2009 avec QE1, QE2 et QE3!!

La croissance économique des US est en réalité négative et entièrement dépendante de l’accroissement de la dette fédérale et des achats mensuels de la FED. Empêchez l’Etat d’emprunter davantage ou arrêtez immédiatement le QE3 de la FEd et on verra ce qu’il arrive à cette croissance anémique! Tôt ou tard, la confiance dans ce système, qui nécessite de plus en plus de dette pour de moins en moins de croissance, s’effondrera.

leo12

La croissance du PIB aux US en rouge et la performance des actions US en vert.

La FED monétise la dette de l’Etat US avec ses achats de bons du Trésor, et de même que l’Etat US n’a aucune intention de rembourser ses dettes astronomiques, la FED n’a aucun moyen de retrouver le bilan qu’elle avait avant la crise de 2008… sous peine de voir la valeur du dollar s’effondrer et de voir les taux longs prendre l’ascenseur. L’inflation ferait alors un retour en force avec la hausse simultanée du prix de toutes les matières premières en terme de dollars. La FED perdrait le contrôle de la situation, et devrait lancer un QE4 encore plus agressif que le QE3 pour freiner la chute du dollar et la hausse des taux longs (qui menaceraient de faillite l’Etat surendetté). Mais avec l’esquisse de sortir du QE3, c’est peut-être ce à quoi il faut s’attendre pour 2014? La FED pourra toujours renverser la vapeur après coup. Le jeu devient de plus en plus risqué, et elle pourrait perdre définitivement le contrôle des marchés, mais ses interventions musclées et ses planches à billets magiques ont formé un véritable fan’s club à Wall Street… du moins jusqu’au prochain krach boursier!

Le jeu de la dévaluation monétaire à petit feu se terminera probablement sur un accident de parcours ou une perte totale de confiance dans le dollar. Plus le conducteur roule vite, et plus la moindre faute devient fatale!

leo13

La vitesse de circulation de la monnaie. C’est l’autre facteur possible pour causer une hausse importante de l’inflation dans les années à venir. En perte de vitesse depuis l’entrée dans l’hiver de K. Mais la propension des gens à s’assoir sur leurs avoirs en banque et leurs actifs financiers peut changer subitement pour des raisons psychologiques, créant un pic dans la vitesse de circulation de la monnaie. La confiance dans le système est encore très élevée, surtout en Occident. Mais un changement peut se produire très rapidement, sur quelques semaines. Les changements dans la vitesse de circulation de la monnaie prennent toujours les économistes des banques centrales par surprise. Ils attendent généralement trop longtemps pour éponger la monnaie excessive qu’ils ont créée. En été 1922, la vitesse de circulation de la monnaie a connu un pic soudain, qui a surpris les dirigeants de la Reichsbank. Ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi le peuple allemand se comportait différemment, deux ans après qu’ils aient déjà gonflé la masse monétaire. Il faut croire que la confiance du public a soudainement sombré avec l’idée que la situation devenait ingérable.

Nous sommes loin de la situation allemande de 1922 (qui avait conduit à l’hyperinflation), mais la situation en Europe, au Japon et aux USA pourrait vite s’avérer ingérable … surtout si les taux longs continuent de grimper! De là, à causer un pic dans la vitesse de circulation de la monnaie, et précipiter le système dans le chaos, il n’y a qu’un pas. Les banquiers centraux marchent sur des oeufs!

leo14

Sur ce graphique, on peut voir l’anomalie de 2013 sur le cours de l’or. Tandis que la FED poursuit son QE3 et que les actions reflètent à leur manière l’augmentation de la masse monétaire (et la baisse du pouvoir d’achat de la monnaie), l’or a été pris temporairement sous contrôle et a subi des raids baissiers ponctuels et répétés tout au long de 2013, déclenchant des achats massifs d’or physique en Asie et au Moyen Orient et des ventes massives dans les ETFs sur l’or de la part d’investisseurs occidentaux. Comme par hasard cette année-là, le gouvernement indien, ami des USA, a imposé de nombreuses restrictions (de plus en plus impopulaires) sur le marché de l’or pour freiner la demande du plus gros consommateur d’or de la planète (place qui est revenue aux Chinois cette année). Comme par hasard cette année-là, la FED devait commencer à restituer de l’or physique aux Allemands et ne semblait plus pouvoir les retrouver parmi ses 8000t d’or officiels… Comme par hasard cette année-là, la France change sa fiscalité sur l’or, la Suisse interdit aux non résidents d’acheter de l’or, et un peu partout dans le monde d’autres griffes se sont resserrées sur le marché de l’or physique! On prépare ça et là la fermeture des issues de secours en cas d’effondrement du système et en cas de panique des populations hors des monnaies papiers. Parallèlement, on prépare les futurs renflouages des banques par les épargnants lors de la prochaine et inéluctable crise financière (qui risque aussi d’être monétaire cette fois).

Clairement, les planches à billets de la FED ont travaillé pour le bien être de Wall Street et ont conduit petit à petit à la formation d’une nouvelle bulle sur les marchés actions.

Systématiquement, depuis que nous sommes entrés en hiver de K, les interventions de la FED pour s’opposer aux crises « correctives » de l’hiver ont conduit à la formation de bulles jusqu’à leur éclatement : actions en 2000, immobilier US en 2007, et de nouveau actions sous Bernanke en 2013-2014, avec l’indicateur avancé d’entrée en phase d’exubérance irrationnelle : la crypto-monnaie bitcoin. La FED, à travers l’inflation, contribue également à la mauvaise redistribution des richesses comme on peut le voir avec la perte du pouvoir d’achat des classes moyennes et inférieures au fil du temps, et avec ce graphique de la distribution de la richesse aux US, où 80% de la population détient 7% de la fortune totale et où 1% de la population détient 43% de la fortune totale.

leo15

On parle d’un taux de chômage officiel en baisse aux US, mais en réalité beaucoup de personnes actives ne sont plus prises en compte dans les chiffres du chômage :

leo16

On doit sans doute en retrouver une partie à l’assistance alimentaire :

leo17

La seule reprise réelle aux USA est la reprise des bonus pour les banquiers!

Pour terminer j’aimerais revenir aux mines d’or. On peut voir dans le graphique ci-dessous que jamais les mines n’ont corrigé plus de 3 années consécutives :

leo18

Et qu’en terme de durée et de pourcentage total de baisse, cette phase corrective arrive en bout de course, si on la compare aux pires phases correctives que le secteur a subi depuis 1939 :

leo19

Je l’ai déjà dit en 2013, lorsque les mines étaient à un niveau plus élevé qu’aujourd’hui, mais je le répète aujourd’hui (même si un dernier mouvement de baisse pourrait nous porter 15%-20% plus bas avec les mines) : je pense que les mines d’or ont été victimes de ventes à découvert massives en parallèle avec les ventes d’or papier, qu’elles n’ont jamais été si bon marché en terme de valorisations depuis le début de ce marché haussier, et que d’ici quelques années elles auront déjà établi de nouveaux sommets et performé deux à trois fois mieux que l’or (ce qui n’est pas difficile vu le niveau du ratio HUI/GOLD)! Dans l’ensemble de ce marché haussier, les mines auront fait moins bien que l’or, car sur cette période elles ont plus que doublé leur nombre d’actions en circulation, les teneurs en or des réserves ont diminué, et l’exploration a produit peu de nouvelles découvertes. Mais sur la période qui s’ouvre à nous, le ratio va très probablement remonter, car les valorisations, comme par exemple capitalisation boursière/nombre d’onces en réserve, sont à des niveaux beaucoup trop bas!

L’investissement contrarien n’a pas payé en 2013, car ceux qui étaient chargé de contrôler le prix de l’or ont faussé les signaux du marché, et ce secteur est resté beaucoup plus longtemps en phase d’exécration, que ce à quoi on pouvait s’attendre. Les banquiers et tous ceux qui détestent l’or (en temps que baromètre de crise) se sont délectés de l’effondrement des cours en 2013 et il en est sorti des « je vous l’avais bien dit », « ne touchez pas à l’or »,  « l’or est une relique barbare pour fanatiques », etc. Les mêmes discours qu’on pouvait entendre vers la fin des années 2000. En réalité, le sentiment a subi un « reset » complet! Il existe à présent un mur de doutes énorme devant les investisseurs qui voudraient se lancer dans l’achat d’or ou de mines d’or. Pour un investisseur contrarien (doté d’un courage herculéen), cela reste une bonne nouvelle, malgré les lourdes pertes de 2013.

Pas loin de 1000t d’or physique sont sortis des poches des investisseurs occidentaux pour aller dans les poches des Asiatiques. C’est le flux de l’or dont je parlais dans mon livre, de l’Occident en déclin vers l’Asie qui monte en puissance. Et on peut se demander comment les investisseurs occidentaux feront pour récupérer l’or qu’ils ont vendu en 2013. On peut parier qu’à moins de $2000, les Asiatiques ne seront pas intéressés pour le revendre, même en partie. Surtout si les choses se gâtent au cours de 2014. Les banquiers se demandent combien d’or physique vont encore sortir des ETFs en 2014, et moi je me demande comment ces ETFs feront pour le récupérer dans un marché de plus en plus tendu! Le résultat sera probablement une détente fulgurante du prix à un moment donné. Ceux qui sont restés sur leurs positions en or physique savent qu’il se vend au niveau de ses coûts de production, que la prime de risque est actuellement nulle tandis que le marché actions nage en plein délire, et qu’à moins d’y être forcés pour des besoins de liquidité, il ne fait absolument aucun sens de le vendre à ces prix-là!

Il faut aussi relativiser ces 1000t d’or qui sont sorties des ETFs. Au début des années 2000, on avait pas loin de 500t d’or qui étaient vendues chaque année par les banques centrales… et le prix grimpait. En définitive, ce qui détermine le prix du physique, c’est la propension des gens à puiser dans la réserve mondiale des 170’000t d’or pour le vendre. C’est avant tout le degré de confiance envers la monnaie papier et les Etats qui les émettent. L’Occident ne comprend pas vraiment la fonction de réserve de valeur de l’or, mais la Chine, la Russie, l’Inde, le Moyen Orient et l’Asie dans son ensemble sont beaucoup plus méfiants de nature envers la monnaie papier, et ces prochaines années vont leur donner raison.

leo21

Un dernier coup d’oeil au greedometer, l’indicateur d’avidité sur les marchés,et indicateur avancé de sommets majeurs. Il bat tous les records! C’est encore pire qu’au sommet de la bulle des technologiques en 2000… Le vent est tellement puissant en ce moment que même les dindes volent! Le bitcoin, lui, est sorti de la stratosphère pour visiter le cyber espace et former la première bulle spatiale de l’histoire!

On voit que lorsque l’indicateur touchait un sommet à 7200 (7,2 sur le compteur) en 2000, le marché action a corrigé ensuite de 47% (stoppé dans sa chute par les actions de la FED), et lorsqu’il touchait un nouveau sommet à 7300 en 2007, le marché action a corrigé de 57% (stoppé dans sa chute par les réactions de la FED). Mais lorsqu’il a touché un nouveau sommet à 7300 en 2010, la FED lançait son QE2 et est parvenue à soutenir les actions jusqu’en 2013 avec  son QE3! Tandis que la FED fait mine de retirer son QE3 et que le greedometer touche un nouveau sommet historique proche de 8000, les concepteur de cet indicateur parlent de krach 2014-2015 qui fera référence dans les livres d’histoire!!

https://www.greedometer.com/interactive-greedometer/4614-2/

Il ne faut pas se leurrer. La FED peut imprimer autant de nouveaux dollars qu’elle veut, tandis qu’en 2014 il faut entre 9 et 12 ans pour passer de la découverte d’un nouveau gisement d’or à sa production! On imprime beaucoup moins facilement de l’or physique, et ce qu’on a vu en 2013 c’est avant tout une attaque d’imprimeurs de papier sur le COMEX pour faire main basse sur l’or physique. Une institution qui a le pouvoir d’imprimer l’équivalent annuel de 20’000t d’or en nouveaux dollars, a aussi le pouvoir de contrôler les marchés de l’or papier où l’or physique n’existe que pour une infime partie des contrats en circulation. Certains ETFs ne sont pas correctement couverts (ou pensent l’être alors que les lingots sur lesquels ils comptent ont été « prêtés » à d’autres banques), la plupart des comptes métaux ne sont couvert qu’à 10%, sans parler des produits dérivés. Lorsque la musique s’arrêtera et que ceux qui pensent détenir un droit sur de l’or physique avec leur papier voudront toucher le physique, ce sera aussi pour les livres d’histoire!

A suivre…

www.pdf24.org    Envoyer l'article en PDF   

Blog Suisse: La loi qui a permis la financiarisation à haut risque de la BNS

Je suis tombé sur un article d’un blog suisse (Lausanne) et son dernier article que je remets tel quel.

Le blog de Liliane Held-Khawam (je vous invite à lire ses articles sur « l’indépendance » de la BNS…..)

LilianeHeld--227x170

voici l’article:

BNS. Banque Nationale suisse! Autrefois temple de la fiabilité, du professionnalisme et de la prospérité Swiss Made, la BNS est aujourd’hui dans la tourmente.

Elle s’était distinguée depuis de nombreuses décennies par une excellente gestion du patrimoine et de la politique monétaire suisse. C’est dire à quel point le peuple lui est attaché et lui voue une confiance totale.

Malgré une structure impeccable et une stabilité qui ont fait leurs preuves, le département fédéral des finances, sous la direction de M. Villiger, s’est attelé de 1996 à 2003 à redéfinir la BNS de fond en comble. Les autorités chargèrent des groupes d’experts successifs de restructurer la politique, la législation, la gestion monétaire, la politique de placement et la distribution des bénéfices de la BNS (1). C’est ainsi que le 1er janvier 2000, la parité franc suisse-or était abolie. La vente de l’or à un prix ridiculement bas pouvait alors commencer. Pourquoi la BNS a-t-elle choisi ce moment pour le faire ? Bien qu’ayant renoncé à la parité avec l’or, elle n’y était pas obligée… Pour donner une idée du prix, les 1040 tonnes d’or détenues actuellement par la BNS n’auraient valu à l’époque que 15.8 milliards, au lieu des 37 mias affichés(2).

Cette redéfinition du modèle de la BNS s’est soldée par une loi adoptée en 2003, sans avoir été soumise à référendum. Son entrée en vigueur est passée quasiment inaperçue du grand public. D’un jour à l’autre et contrairement à l’esprit de la Constitution, la BNS est ainsi devenue souveraine, ne devant plus rendre de comptes aux autorités. On lui demande simplement de les informer. Pourtant, la Constitution dans son art 99 al2 stipule ceci : En sa qualité de banque centrale indépendante, la Banque nationale suisse mène une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays; elle est administrée avec le concours et sous la surveillance de la Confédération. Actuellement, cet article ne semble pas respecté, puisque l’article 6 de la loi sur la BNS de 2003 dit explicitement que : « Dans l’accomplissement des tâches de politique monétaire visées à art. 5, al. 1 et 2, la Banque nationale et les membres de ses organes ne peuvent ni solliciter ni accepter d’instructions du Conseil fédéral, de l’Assemblée fédérale ou d’autres organismes. »

Or, la BNS est une société anonyme, ce qui signifie que son conseil d’administration en est l’organe suprême. En outre, le contrôleur de sa gestion et de ses comptes est une société internationale privée. Cette loi a donc rendu de facto des personnes privées souveraines par rapport au pays et au peuple que la BNS était supposée servir. Elle échappe ainsi à tout contrôle fédéral public! Quand on sait que peuvent y siéger des représentants ou des lobbyistes d’établissements financiers directement impliqués dans les crises des marchés financiers (par exemple des subprimes ou de l’évasion fiscale de ressortissants étrangers), on est en droit de s’interroger sur tous les risques liés aux conflits d’intérêts. La BNS, bien que garantie par l’argent public, peut en effet se trouver au centre de tensions puissantes entre les intérêts privés d’une puissante corporation privée d’un côté, et l’intérêt du peuple de l’autre. Tout le monde a compris ces dernières années que les intérêts des uns et des autres sont inconciliables…

L’article 4 de la loi de 2003 a en outre donné autorité exclusive à la BNS de créer la monnaie du pays. Il dit ceci : « La Banque nationale a le droit exclusif d’émettre les billets de banque suisses. » Il contrevient directement à l’article 99 al 1de la Constitution, qui stipule que : « 1 La monnaie relève de la compétence de la Confédération; le droit de battre monnaie et celui d’émettre des billets de banque appartiennent exclusivement à la Confédération. » Comment dès lors une société anonyme à haut potentiel de conflits d’intérêts peut-elle récupérer ce droit?

Dans le cadre de sa souveraineté, une liberté totale et sans conditions pour diriger notre politique monétaire lui sont octroyées, au nom de sa souveraineté. Les règles de prudence dans la gestion de ses actifs et passifs ont, en revanche, disparu. A partir de ce moment, la probabilité que la BNS suive la tendance générale à la spéculation (y c. sur les devises) des marchés financiers devient grande. L’influence potentielle, entre autres, de puissants actionnaires du marché financier international ou de certains de ses administrateurs ne peut être occultée. Par ailleurs, la nomination en 2010 par Mme Widmer-Schlumpf (administratrice et vice-présidente de la BNS de 2004 à 2008) d’un spécialiste de fonds spéculatifs à la tête de la BNS n’est pas neutre.

Enfin, la loi de 2003 interdit à la BNS de financer la Confédération à bon compte. Celle-ci est donc forcée d’aller s’endetter auprès du marché financier, qui bénéficie du taux quasi nul de la BNS et réalise ainsi des bénéfices immédiats. En revanche, elle peut prêter massivement à d’autres gouvernements même à des taux négatifs (!), alors même que certains d’entre eux sont à haut risque de défaut de paiement… On cherche encore, dans cette loi sur la BNS de 2003, une mention de l’intérêt général et public suisse…

C’est ainsi que le bilan, la structure des actifs et des passifs de la BNS se sont métamorphosés. On y découvre, par exemple, que le total de ses actifs est passé de 111 à 495 mia de fin 2006 à fin 2013 (3). Il a donc gonflé de 346% en quelques années. Pour la même période, le PIB est passé de 508 à 603 mia, soit une progression de 18% seulement. C’est donc pratiquement sans lien avec l’évolution de l’économie réelle ou nationale que le bilan de la BNS atteint aujourd’hui 82% du PIB du pays. Les statistiques montrent par ailleurs que ce dopage a commencé bien avant l’introduction du taux plancher entre l’euro et le franc suisse.

Un compte à l’actif retient en particulier l’attention. Il est intitulé « placements de devises » et s’élève à 446 mia, soit 90% de son bilan! Ce sont des actifs immobilisés en devises étrangères dont le rendement est de 0.7%, toutes prises de risques comprises!

Le passif n’est pas moins inquiétant puisqu’on y trouve un compte intitulé « comptes de virement des banques en Suisse », qui a littéralement explosé. Il s’agit des dépôts des établissements financiers auprès de la BNS, qui sont passés de 7 mia en 2004 à près de 318 mia en 2013. Ce sont des dettes à vue que les établissements commerciaux détiennent auprès de la BNS. Est-ce par ce compte que la BNS finance ses devises? Ce sont des dettes à vue en franc suisse que les établissements commerciaux détiennent auprès de la BNS.

Les deux comptes ci-dessus montrent le gigantesque déséquilibre de ce bilan. La BNS a immobilisé des actifs sur le long terme en devises étrangères et en grande partie sous forme de créances gouvernementales, en échange d’emprunts bancaires tout aussi gigantesques en franc suisse et à court terme. Elle finance donc le long terme avec du court terme! C’est exactement ce qu’avaient fait les victimes américaines des subprimes: financer leurs hypothèques (long terme) avec des taux variables (court terme).

La BNS et la Confédération risquent de perdre le contrôle de la politique monétaire, et du taux de change du franc suisse lui-même. La tentation de vendre l’or restant pour renflouer et maintenir une stratégie perdante est déjà évoquée par certains. Mais voici à tout hasard l’article 99 al3 plein de bon sens de la Constitution qui demanderait le contraire: « 3 La Banque nationale constitue, à partir de ses revenus, des réserves monétaires suffisantes, dont une part doit consister en or ».

La loi sur la BNS de 2003 semble avoir permis de lever les règles de prudence qui devraient garantir les intérêts du citoyen, des cantons et du pays. Quelle est la validité d’une loi qui contredit la Constitution et l’intérêt général? Comment des élus ont-ils eu la possibilité de détacher un pan vital de la finance et du patrimoine du pays de la politique financière nationale ? Qu’est-ce qui a pu autoriser l’octroi d’une souveraineté à un groupe de personnes privées, dont certaines présentent des conflits d’intérêts manifestes? Une autre interrogation s’impose au vu du bilan: la BNS serait-elle en voie de devenir un établissement bancaire « Too big to fail »?

(1) Circonstances des ventes d’or de la BNS, Rapport du Conseil fédéral, 28 juillet 2008

(2) L’or de la BNS continuera à être vendu, Communiqué de presse de l’Administration fédérale des finances, 26 septembre 2003

(3) Postes du bilan de la BNS (séries temporelles)

A lire également :

http://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2013/09/05/la-democratie-suisse-devoyee/http://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2013/01/29/les-dangers-du-pouvoir-de-la-haute-finance/http://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2013/01/29/le-taux-plancher-avec-leuro-est-un-choix-partisan/

www.pdf24.org    Envoyer l'article en PDF   

L’assurance chômage suisse en futur danger ?

Billet invité: Sébastien Roten

Le 1er janvier 1984, la Suisse mit en place le système de l’assurance-chômage obligatoire.

Ce système visait et vise toujours à permettre aux travailleurs ayant perdu leur emploi, à temps complet ou partiel, de toucher une indemnité correspondant à 70% (voir 80% dans certains cas (marié, enfants)) de leur dernier salaire (mais avec un maximum, cf. ci-dessous) pendant une durée déterminée.

Actuellement le nombre de chômeur en Suisse touche 118’860 personnes (fin mai 2012) et représente 3% de la population active.

Chiffres clés du chômage, lien : http://www.seco.admin.ch/themen/00385/00387/index.html?lang=fr

Afin de mieux comprendre le fonctionnement de ce système, voici les chiffres clés des conditions et prestations de deux cantons (Genève et Vaud) concernant l’Assurance Chômage (AC) ainsi que les chiffres du Bilan de cette dernière :

Canton de Vaud

http://www.vaud.ch/fr/prestations/expat-guide/travailler/chomage/

Condition principale : avoir cotisé au moins 12 mois durant les 2 dernières années

Durée d’indemnité : 18 mois en moyenne (24 mois pour les plus de 55 ans)

Montant des indemnités * : max  Frs 328.- p/jour ouvrable (soit environ Frs 7’216 brut p/mois)

*70%, voir 80% dans certains cas, du dernier salaire mais au maximum Frs 328.- p/jour ouvrable

 

Canton de Genève

http://www.ge.ch/emploi-recherche/indemnites_chomage.asp#4

Condition principale : avoir cotisé au moins 12, 18 ou 22 mois durant les 2 dernières années

Durée d’indemnité : 400 jours ouvrables si vous avez cotisé au moins 18 mois et jusqu’à 520 jours si vous avez cotisé au moins 22 mois.

Montant des indemnités * : max  Frs 338.70 p/jour ouvrable (soit Frs 7’350 brut p/mois)

*70%, voir 80% dans certains cas, du dernier salaire mais au maximum Frs 338.70 p/jour ouvrable¨

 

Chiffres clés du bilan de l’Assurance Chômage (AC) 2011

http://www.espace-emploi.ch/ueberuns/arbeitslosenversicherung/

RECETTES

Montant(s)

CHARGES

Montant(s)

Cotisations   versées

6’144’800’000

Indemnités   versées aux chômeurs

4’157’900’000

Participation   de la Confédération et des Cantons

1’063’200’000

Frais   d’administration des caisses

613’100’000

 

 

Indemnités   RHT, MMT et relatifs aux accords bilatéraux CH-UE 

673’200’000

 

 

Divers

136’300’000

 

 

Résultat d’exploitation

1’627’500’000

 

7’208’000’000

 

7’208’000’000

 

Un chômeur du secteur bancaire 2,6 fois plus onéreux qu’un chômeur lambda !

En 2011, le montant moyen alloué par chômeur et par mois s’élevait à Frs 2’817.- en tenant compte des chiffres du bilan de l’AC mentionnés précédemment ainsi que le nombre moyen de chômeur (123’000) pour cette année là.

Les futures chômeurs du secteur bancaire toucheront le maximum de l’indemnité (car hauts salaires), soit Frs 7’350.- par mois pour Genève par exemple (70% de Frs 10’500)! 2,6 fois plus que le montant moyen versé à un chômeur moyen en 2011 !

Une petite augmentation de 18’500 chômeurs supplémentaires et provenant du secteur de la finance suffirait à « manger » la totalité du résultat d’exploitation de 1.6 milliard de Francs Suisses !

Je rappelle que ce résultat d’exploitation bénéficie déjà d’une participation financière supplémentaire de plus d’un milliard de la part de la Confédération et des Cantons ! (cf. tableau du Bilan ci-dessus)

Les experts anticipent une vague de 30 à 50’000 futures chômeurs provenant des milieux financiers !!!

Faites vos calculs !

A mon avis c’est pas gagné. Il se peut donc que l’Etat providence change les règles et révise à la baisse ses prestations chômage en cas de besoin de financement.

 

 

www.pdf24.org    Envoyer l'article en PDF   

Une dépression déflationniste semble inévitable

Billet invité Monsieur U.

Les pays du G10 nagent dans un océan de dettes. Une grande partie de ces dettes ne seront jamais remboursées. Une dépression déflationniste me paraît donc inévitable dans de nombreux pays.
Pour avoir une vue d’ensemble de l’endettement des pays du G10
À noter, la position peu envieuse de la Suisse dans ce classement des pays les plus endettés par rapport à leur PIB. Bien que les dettes existantes de son secteur public ne représentent que 40% de son PIB, le secteur bancaire (avec notamment les deux Frankensteins que sont l’UBS et le CS) ainsi que le très important endettement des ménages (hypothèques principalement) font que le pays a une dette totale de près de quatre fois son PIB.
Comment de nombreux analystes et économistes peuvent-ils encore pronostiquer de la croissance économique dans le futur ? Des années de récession pour nettoyer le système de toutes ces dettes me paraissent malheureusement inévitables…
Pourquoi, dans un premier temps en tout cas, faut-il craindre la déflation plutôt que l’inflation ou l’hyperinflation (des prix) malgré l’ahurissante quantité de « monnaie » qui a été créée par les banques centrales ?
Avez-vous entendu parler de Farinet, Joseph-Samuel de son prénom (1845-1880) ?
C’était un faux-monnayeur qui sévissait en Valais et qui a été condamné à la prison pour avoir fabriqué de fausses pièces de 20 centimes (près de 2 francs de valeur actuelle). Pour moi, les banquiers centraux actuels sont aussi, en quelque sorte, de faux-monnayeurs; mais eux, ils ne risqueront jamais la prison. En effet, dans les régimes de monnaies fiduciaires que nous connaissons depuis des décennies, ils oeuvrent en toute légalité et avec la bénédiction de la plupart des politiciens.
Avant que la crise actuelle ne commence, le plus grand créateur de monnaie a été le système bancaire (par le mécanisme du crédit). Les banques étant en pleine crise (au bord de la faillite), ce sont les banques centrales qui ont pris le relais. Que vous jetiez un oeil sur les chiffres de la banque centrale américaine, japonaise, européenne, anglaise ou suisse, partout vous pourrez remarquer un gonflement ahurissant de leur bilan respectif dû à une création de « monnaie » à partir de rien.
Ces milliers de milliards créés ne signifient-ils pas un retour prochain de l’inflation (une hausse importante des prix) voire de l’hyperinflation (une hausse phénoménale des prix) comme s’en inquiètent la plupart des commentateurs qui s’expriment sur le sujet ? En effet, ces excès de moyens monétaires par rapport à l’offre de biens et services devraient avoir pour conséquence une hausse des prix (et donc une perte de pouvoir d’achat des monnaies).
Je crois que ces analyses oublient de mentionner quelque chose d’important. Si les banques centrales peuvent créer pratiquement autant de moyens monétaires qu’elles le veulent, elles ne maîtrisent pas leur utilisation. Donc, l’analyse de ce problème ne doit pas s’arrêter à la quantité de monnaie en circulation mais tenir compte de sa circulation effective dans l’économie, ce que les gens en font. Là intervient la notion de vitesse de circulation de cette monnaie, ou de vélocité (velocity en anglais).
Je vais prendre un petit exemple un peu absurde pour illustrer cela. Si M. Philipp Hildebrand, président de la BNS (Banque Nationale Suisse), un grand copain à vous, vous fait livrer par camion cent milliards de francs en billets de mille fraîchement imprimés, et que vous décidiez de les stocker dans votre cave sans dépenser un seul de ces billets, quel en serait le résultat ? Quantité de nouvelle « monnaie » créée (à partir de rien) : cent milliards de francs. Vitesse de circulation de ces cent milliards : zéro !
Je vais maintenant prendre un exemple bien réel, celui des Etats-Unis, illustré par quelques graphiques  :
La banque centrale américaine, la Fed, s’est engagée dans un vaste plan de soutien au système financier et à l’Etat fédéral en faisant tourner « sa planche à billets » électronique. Elle a fabriqué une énorme quantité de « monnaie » (à partir de rien) et son bilan a explosé.

Cette nouvelle « monnaie » apparaît dans les mesures de masse monétaire comme M1 ou M2 dont la progression s’est accélérée ces dernières années.

Où est allé toute cette « monnaie » ?
Les premiers bénéficiaires ont été les banques. Politiciens et banquiers ont une relation particulière et s’entre-aident depuis des décennies sur le dos du reste de la population; les uns ont le privilège de pouvoir créer de la « monnaie » à partir de rien par un simple jeu d’écritures comptables, les autres leurs ont accordé ce privilège car ils peuvent payer une partie de leurs promesses électorales avec cette « monnaie ». Qu’ont fait les banques de toute cette « monnaie » ? Pas de nouveaux crédits, car après avoir pris des « bouillions » par leurs propres fautes (à force d’avoir trop prêté), elles sont devenues très conservatrices. D’ailleurs, la demande de nouveaux crédits de la part du secteur privé est quasi inexistante; le système est saturé de dettes et les entreprises n’ont guère envie d’investir pour développer leurs capacités dans le climat actuel. Les banques ont principalement fait deux choses : placer des sommes énormes auprès de la banque centrale
et prêter d’autres sommes énormes à l’Etat fédéral.
Laisser son argent moisir sur un compte de la banque centrale, c’est comme le mettre dans sa cave. Aucun impact sur les prix (et l’activité économique). Donc une grosse partie des milliards créés n’ont eu aucune influence inflationniste.
L’Etat fédéral a été l’autre principal bénéficiaire. Une grande partie de l’argent créé (à partir de rien) par la banque centrale a en effet servi à financer ses dépenses en très forte augmentation (politique keynésienne de soutien et d’intervention tout azimut qui a connu une accélération sous l’ère Bush junior et encore plus sous l’ère Obama), ceci soit directement, soit indirectement. En effet, d’une part la banque centrale a financé directement l’Etat par monétisation de ses dettes et d’autre part, les banques, comme j’en ai parlé au paragraphe précédent, ont dirigé une partie de cet argent créé au financement de l’Etat. Et qu’a fait l’Etat de tout cet argent ? Toutes sortes de dépenses dont la productivité totale doit être proche de zéro (et peut-être même négative). À part certains investissements qui seront productifs  un jour (infrastructures par exemple), le gros des dépenses va à l’assistanat de plus en plus généralisé, aux fonctionnaires de plus en plus nombreux (dont la productivité globale est certainement négative) et à l’armée (la plus grande armée du monde installée dans une centaine de pays, qui se bat sur plusieurs fronts et qui est destructeur de richesses). L’argent dépensé par le gouvernement entre bien dans le système économique et a donc une certaine influence. Une influence principalement sur les biens de première nécessité comme la nourriture, l’énergie et la santé, dont les prix augmentent généralement d’année en année. Mais pour le reste, l’effet me semble marginal.
Toute cette « monnaie » créée (à partir de rien, je le répète une nouvelle fois, chose qui n’est possible que dans le système de monnaie fiduciaire que nous connaissons), a donc une certaine influence sur certains prix. Pourquoi n’a-t-elle pas d’influence sur tous les prix et donc provoquer une inflation galopante ? À cause du niveau exorbitant de dettes accumulées ces dernières décennies, dettes qui étouffent par leur poids (le service de ces dettes, soit le paiement des intérêts et du principal) de plus en plus de particuliers, d’entreprises et même de collectivités publiques. Cela a un effet dépressionniste et déflationniste qui s’oppose à l’effet inflationniste de la création de nouvelle « monnaie ». Nous assistons donc à un combat titanesque entre inflation et déflation. D’un côté les Etats et leurs banques centrales qui dépensent et créent de la « monnaie », dans des proportions gigantesques, et de l’autre principalement le secteur privé qui a accumulé tellement de dettes qu’il ne peut plus les supporter, et, par le biais des faillites qui se multiplient, provoque une destruction de « monnaie ». D’un côté, on crée de la « monnaie » pour soutenir un système condamné à la faillite (en réalité, on ne fait que d’acheter du temps à crédit), de l’autre, on en détruit ou on refuse de l’utiliser (on dépense moins, on épargne plus). Résultat : on n’utilise plus autant la « monnaie » et sa vitesse de circulation diminue.
Cela a pour effet d’annuler tout ou partie, selon le moment, les effets inflationnistes que cette « monnaie » nouvellement créée pourrait ou devrait avoir.
Dans le texte, j’ai mis le terme « monnaie » entre guillemets car pour moi, la « monnaie » qui a cours légal dans le régime actuel n’est en réalité que de la fausse monnaie. On peut en fabriquer à partir de rien. Elle perd de sa valeur continuellement (sauf durant de rares périodes de déflation). Bien que la valeur ce cette « monnaie » ne repose sur rien, les gens l’utilisent parce qu’ils peuvent l’échanger contre des biens ou services. Un jour, cela risque de changer et les gens perdront totalement confiance si l’on n’entreprend pas une réforme monétaire radicale.
Cette crise, son ampleur et tous les excès qui lui sont associés (déficits, niveau des dettes, développement phénoménale du système financier, importance de la spéculation, déviances malhonnêtes de toutes sortes), n’ont été possibles à ce degré que parce que notre « monnaie fiduciaire » n’est pas une monnaie honnête. J’espère sincèrement que l’on retournera rapidement à une monnaie honnête, comme celle que l’on a connue durant la période de l’étalon-or, seul frein à tous ces excès. Si ce n’est pas le cas, on risque le chaos et peut-être même la fin de la civilisation occidentale…
Bonne chance et joyeuses fêtes !
Monsieur U.
www.pdf24.org    Envoyer l'article en PDF