Audio: Stéphane Garelli, le club de Paris, myopie et amnésie.

Pour faire suite à mon article d’hier et de l’exemple des emprunts obligataires argentins voici:

Le Professeur Garelli de l’IMD – que j’aime bien écouter- qui nous parle de ce qu’il faudrait faire pour essayer de sauver la zone euro, de l’histoire des dettes et de sa vision du politique.

Je comprends bien ses raisonnements et je ne possède pas le 10ème de sa culture économique. J’aurais bien voulu lui poser quelques questions et faire part de quelques remarques.

Ecoutons tout d’abord:

  1. La dette mexicaine
  2. Le Club de Paris (422 restructions de dettes…depuis 1956)
  3. Sur Jean-Claude Trichet
  4. Le Hair Cut et le plan Brady de 1989
  5. Les décisions qui sont prises par des politiques (sous entendu, plus intéressés par les élections que l’économie…)
  6. La BNS (la grande muette) (Ndlr: bourrée d’euros…) et la petite pique sur l’immobilier Suisse vu par le président de la BNS

ici: Stéphane Garelli le-journal-du-matin_20110720 RSR 11 minutes

Mes questions/remarques:

  1. Oui mettons qu’on octroie du temps aux grecs: Lorsque le plan Brady a été mis en place…quels étaient les endettements des pays « sauveurs » ? Certainement pas au même niveau que ceux d’aujourd’hui.
  2. Les banques doivent participer à la facture (passer à la caisse). Je pense que les banques sont beaucoup plus fragiles surtout après 2008 et Lehman et qu’il va être difficile de les faire payer.
  3. Combien de pertes la BNS subit aujourd’hui avec sa tentatvie déserpérée d’affaiblir le franc suisse ?

Si l’histoire doit nous servir de guide, cela va se faire dans la douleur.

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Etat en faillite, l’impact obligataire

En 2001 l’Argentine a fait défaut sur ses émissions obligataires.
Quel a été l’impact pour les détenteurs d’obligations Argentine ?
Si mes souvenirs sont bons (il y a déjà 10 ans de ça), on négociait sur le marché les obligations « Argentina » à des taux élevés (normal, le débiteur était moyennement fiable) et notamment un emprunt 10% Argentine 2009 en USD. Il devait, je pense, se négocier au dessous du pair (en dessous de 100%) et le rendement devait être donc bien supérieur à 10% annuel.

Lorsque que l’Argentine fit défaut que se passa-t-il ?

On changea tout simplement les règles ! En lieu et place du fameux coupon de 10%, on attribua un ….0% et en lieu et place de 2009……on décida d’une échéance 2035.
Ce qui revient à dire. Je ne paie plus aucun intérêt et je me laisse tellement de temps pour éventuellement te rembourser le principal que tu seras décédé entre-temps. On paie parfois un intérêt ou pas. C’est comme si vous prêtez de l’argent à un ami sans le sous et que de temps en temps il vous donne 10 francs quand il vous voit au bistrot et qu’il n’a pas tout bu.

L’avantage de l’Argentine, c’est qu’elle est entrain de s’en sortir, notamment grâce au fait qu’elle possède bien des ressources (mines, pétrole, etc.) et qu’elle peut agir sur SA monnaie, tout le contraire de la Grèce.

L’histoire de la crise argentine d’après Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_%C3%A9conomique_argentine

Ci-après, un article qui explique la faillite du pays (source:http://caderange.canalblog.com/archives/2011/07/19/21624583.html):

La signification d’une faillite ou d’un défaut de paiement de la Grèce reste faible pour l’européen,- et pour le grec-, moyen qui ne comprennent pas vraiment quel est le risque, qu’est ce qui se passerait concrètement dans ce cas pour eux , et pourquoi ils se battent en essayant de l’éviter à coup de privations et de sacrifices personnels.

La dernière faillite d’un état en date est celle de l’Argentine en 2001 dont elle n’est d’ailleurs pas encore sortie. La cause en était pourtant la même, plus de dépenses que de recettes pendant des années. A l’époque, l’Argentine était un pays exportateur de denrées agricoles, affichait un déficit budgétaire de 3.2 pct de PIB, avait une dette de 54 pct de son PIB mais avait sa monnaie propre et donc de la liberté de manoeuvre monétaire.

L’avant faillite 1990/2000 fut une période d’hyperinflation en Argentine, de taux d’intêret internationaux en hausse qui rendirent les refinancements de la dette impossibles car trop couteux. La vente massive des bijoux de famille, entendez les privatisations; se traduirent par des licenciements massifs également et par du chômage, de la pauvreté et des tensions sociales. Après la faillite de 2001, les argentins quittèrent leur pays par vagues avec la sensation que tout était perdu pour leur pays. Huit grèves successives eurent lieu en 2001 et pas moins de cinq nominations d’un président nouveau. Ce fut ce cinquième, Eduardo Duhalde, qui décida d’une autre dévaluation en 2002 et de la reconnaissance par la Congrès du défaut de paiement.

La politique de maintien d’un peso faible permit d’engranger de l’argent en exportant beaucoup de produits agricoles et en décourageant les importations. Par ailleurs les « dégraissages » brutaux d’après privatisation redonnèrent de la compétitivité à l’industrie argentine ce qui permit de revenir lentement à un meilleur équilibre primaire (avant service de la dette) des recettes et dépenses budgétaires.

Restait à restructurer les dettes existantes ce qui fut fait au détriment des préteurs/investisseurs étrangers qui y perdirent les 2/3 de leurs prêts/investissements. Seul le FMI fut intégralement remboursé.Reste encore à rembourser 9 milliards de dollars aux créanciers du Club de Paris avant de pouvoir revenir sur le marché financier international. Encore faudra t il soit payer très cher, soit donner des garanties en béton pour y arriver. Ce n’est donc pas gagné mais l’économie et donc les emplois prospèrent.

Quel parallèle avec la Grèce ou les autres pays de la zone euro? Le fait que chacun de ces pays n’a plus de capacité de manoeuvre pour dévaluer qui est la vraie réponse, à mon sens, à de telles crises de manière socialement acceptable. Le fait également que les créanciers privés laisseront des plumes inévitablement dans le cadre d’une restructuration de la dette ultérieure. Vous comprenez maintenant pourquoi l’Allemagne en particulier pousse les investisseurs privés, cad les banques, à faire d’ores et déjà leur deuil de 30pct de leur dette. Vous comprenez aussi pourquoi il est demandé à la Grèce de privatiser massivement pour rendre le tissu industriel compétitif, mais bien sur au détriment de l’emploi.

Par contre, l’Argentine des années 2001 était en bien meilleur état économique que la Grèce d’aujourd’hui: 3.2 de PIB de déficit au lieu de 10,5, 54 pct de PIB de dette au lieu de 150 pct, une bien plus forte situation exportatrice. Et pourtant elle n’a pas échappé à la faillite et à une longue remontée à la surface. Ca fait frémir.

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Vidéo: Collapse by Michael Ruppert

Un reportage intéressant (sous titré en français). Ce média date de 2009. Michael Ruppert (http://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Ruppert) fut officier de police à L.A., puis journaliste d’investigation et il est adepte de la théorie du peak oil.
Il y a des passage intéressants comme: Les dirigeants sont entrain de perdre le contrôle…..les problèmes de dérivés…..le pétrole….un billet = monnaie fiduciaire, etc.

 

 

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